29.07.2010
Le nouveau dérapage impérialiste de Barack Obama
Le bilan du président étasunien est décidemment mi-figue mi-raisin. Dans les plus : la réforme du système de santé, le plan de soutien à l’économie ou le changement de ton vis-à-vis d’Israël. Dans les moins : une réforme de la finance totalement insuffisante ou quelques dérapages impérialistes.
Burqa or not burqa ?
La polémique n’est pas nouvelle. Comme le rappelle le Figaro, Barack Obama avait « appelé les pays occidentaux à ne pas gêner les musulmans dans la pratique de leur religion, critiquant ceux d'entre eux qui dictent les vêtements qu'une femme doit porter » lors de son discours du Caire de juin 2009 qui avait suivi les débuts du débat sur la burqa en France. Le porte-parole du département d’Etat a répliqué au vote de la loi il y a quelques jours en affirmant « nous ne pensons pas qu'il faille légiférer sur ce que les gens ont le droit, ou pas, de porter en fonction de leurs croyances religieuses ».
Bref, dans un pays où la liberté passe avant tout, même quand cette liberté consiste à dire n’importe quoi ou à défendre des idées particulièrement extrémistes, l’interdiction du port de la burqa passe mal. Le souci de liberté n’est pas encadré par le besoin d’égalité ou de fraternité. La liberté de faire tout ce que l’on souhaite, dans la mesure où cela ne porte pas atteinte à autrui tout de même, est au cœur de la mentalité étasunienne, même si cela revient à accepter la discrimination à l’égard des femmes de certains islamistes extrémistes, sous couvert de respect des pratiques religieuses.
Les Etats-Unis, grand frère de l’Europe
En fait, cette attitude de Barack Obama est profondément révélatrice du rapport que Washington a avec l’Europe. Rien n’a changé depuis soixante ans. Les Etats-Unis nous considèrent toujours comme dans sa sphère d’influence, se permettant des déclarations sur la politique de nos gouvernements qui seraient vues comme scandaleuses si elles étaient faites dans l’autre sens. Imagine-t-on en effet l’effet qu’aurait eu outre-Atlantique la critique par la porte-parole du ministère de l’économie du plan de réglementation de la finance voté par le Congrès ?
Il est donc totalement anormal que les Etats-Unis persistent dans cette distribution de bons et de mauvais points, comme lorsque Barack Obama était intervenu pour soutenir l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne. Pourtant, cette question ne regarde en rien les Etats-Unis. Sommes-nous intervenus pour réclamer l’intégration du Nicaragua dans l’ALENA ? Le gouvernement d’un pays n’a pas à commenter les décisions d’un autre gouvernement souverain quand ces décisions ne le regardent pas. Il serait temps que les Etats-Unis cessent de se comporter comme le régent de l’Europe.
Malheureusement, le gouvernement a répondu bien mollement à cette immixtion des Etats-Unis dans notre politique intérieure. Pour que ces déclarations scandaleuses cessent, Nicolas Sarkozy aurait du, a minima, convoquer l’ambassadeur des Etats-Unis sur le champ.
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17.07.2010
La réformette de la finance de Barack Obama
Un temps, on avait pu croire que le président des Etats-Unis allait vraiment s’attaquer à la réforme de la finance : il faisait même peur à Wall Street. Malheureusement, malgré les annonces granguignolesques de certains médias, le texte passé cette semaine n’a rien à voir avec Roosevelt.
Une réforme a minima
Bien sûr, quelques dispositions représentent des progrès. La première d’entre elle est la mise en place d’un Conseil de Surveillance de la Stabilité Financière : il n’est pas un mal qu’un organisme spécifique soit chargé d’évaluer le risque de crises, étant données les conséquences de la dernière. La limitation de la spéculation sur fonds propres est aussi une bonne chose, de même que le plus grand encadrement des produits dérivés ou les nouvelles contraintes sur les crédits.
Malheureusement, toutes ces mesures présentent le point commun de ne pas aller très loin, comme le Monde le souligne, alors que le quotidien du soir n’a jamais montré un grand zèle régulateur, insistant sur les coûts supplémentaires que la réglementation pouvait occasionner. Tout d’abord, les contraintes restent assez limitées, dans tous les cas. De nombreuses transactions resteront opaques et l’encadrement des crédits n’est pas complet.
Pire, la couverture demandée pour les dérivés ne correspond qu’à 5% des engagements et les banques pourront toujours spéculer avec leurs fonds propres. Il n’y a pas de véritable mécanisme mis en place pour limiter l’effet de levier. L’idée de taxe sur les banques a été oubliée pour faire passer le texte. Le refus affiché de ne pas secourir les établissements bancaires est plus une déclaration d’intention à l’attention d’une population choquée par les aides versées par l’Etat.
La victoire du lobby bancaire
Le fait de dire qu’il s’agit de la plus grande réforme depuis les années 30 est peut-être juste, mais au final, il s’agit d’une réformette par rapport à ce qu’avait mis en place Franklin Roosevelt. Barack Obama ne met décidemment pas ses pieds dans ceux de son illustre prédécesseur. On pouvait sans doute s’y attendre tant le candidat avait été prudent lors de la campagne, malgré la crise, et tant son équipe ne comporte pas de véritables penseurs alternatifs en matière de réglementation.
Le président étasunien a fait de beaux discours qui ne sont malheureusement pas suivis dans les faits. D’ailleurs, la réaction de Wall Street a été positive, sans doute soulagée par le fait que ces réformes ne vont pas réduire les bénéfices à venir des banques, ni ajouter les contraintes qui étaient craintes. Les lobbyistes ont eu raison des taxes et de nombreuses restrictions un tant envisagées. La finance a tout gagné : elle a été sauvée sans avoir à changer ensuite !
Le pire est que les Etats-Unis sont les plus avancés dans le domaine puisque l’Europe est totalement incapable d’avancer sur le sujet. Si la Commission Européenne est toujours prompt à essayer d’imposer les OGM ou laisser faire une délocalisation, elle est totalement incapable de proposer une quelconque réforme de la finance, bloquée qu’elle est par ses dogmes néolibéraux. La victoire de la finance est donc totale : les dirigeants du monde ont fait ce qu’elle voulait.
Barack Obama a obtenu une loi, mais pour l’obtenir, contrairement à ce qui est dit par de nombreux médias, il a tellement cédé que cette réforme n’est absolument pas ce qu’il fallait pour réformer structurellement la finance. Dommage, ce ne sont pas les idées qui manquaient…
Demain, reprise des textes sur « Intérêt général et souveraineté en Europe »
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29.06.2010
L’échec du G20 ou le suicide programmé de la mondialisation
Ce week-end, le sommet du G20 s’est terminé sur un échec patent : les principales puissances du monde ont été incapables de s’entendre sur les deux principaux sujets à l’ordre du jour : l’équilibre entre rigueur budgétaire et relance et la taxation des banques.
Du « laissez faire » au chacun pour soi
La conclusion du G20 laisse songeur. Même si la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont poussé l’idée d’une taxe sur les banques, cette proposition n’a pas intéressé des pays émergents qui ont répliqué que leurs banques avaient traversé la crise sans encombre et qu’elles n’en avaient pas besoin. Il est navrant de constater qu’ils n’utilisent pas l’expérience des pays occidentaux pour mieux encadrer leur secteur bancaire et justement éviter de reproduire les erreurs d’hier.
Sur le soutien à l’activité, le sommet a été l’occasion de nombreuses passes d’armes. Alors que les tensions sont déjà fortes entre Etats-Unis et Grande-Bretagne du fait de l’accident de la plate-forme pétrolière BP, Barack Obama et David Cameron se sont opposés sur la relance, le second privilégiant la rigueur, comme Angela Merkel. Enfin, l’Argentine a affirmé que l’Europe avait « tout faux » en soulignant que la voie choisie ressemblait à celle choisie par le pays avant son défaut…
Quand mondialisation rime avec impuissance
L’absence de plus en plus patente de véritables mesures pour éviter qu’une crise comme celle de 2008 ne se reproduise montre l’échec absolu de la mondialisation néolibérale. En effet, le monde a traversé sa plus grave crise depuis 80 ans et les dirigeants de la planète sont incapables de prendre la moindre décision un peu significative pour tirer les conséquences du krach financier, qui n’a pas été loin de provoquer l’effondrement total de la planète financière.
Et il faut être clair, plus le temps passe, moins des décisions ont des chances d’être prises tant le spectre du chaos s’éloigne et les pays reviennent à leur train-train habituel. Il est vraiment stupéfiant qu’aucune leçon n’ait été tirée ! Cela démontre à nouveau la pertinence de l’analyse de Frédéric Lordon, pour qui « en appeler au gouvernement mondial est le plus sûr moyen d’avoir la paix – entendre, pas de gouvernement du tout ». Ce G20 montre l’échec de la gouvernance mondiale.
Vers le retour des nations
En fait, ce n’est pas dans ces pince-fesses mondiaux que des solutions à la crise que nous avons traversée pourront être trouvées. Il n’y a que les Etats qui pourront prendre des décisions justes suffisamment rapidement pour tirer les leçons de cette crise, à condition de restaurer des frontières commerciales et financières qui redonneront un sens à ce cadre et donc aux décisions qui pourront être prises. Un petit groupe d’Etats peut aujourd’hui faire avancer la réforme financière.
Il n’est pas grave que le G20 ne se soit pas mis d’accord sur la taxe sur les banques. La France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ensemble peuvent parfaitement la mettre en place car il s’agit de pays à la fois suffisamment autonomes et suffisamment puissants. Il suffirait d’encadrer de nouveau les mouvements de capitaux. Du coup, nous verrons bien dans les prochains mois si les pays européens tenaient véritablement à cette mesure ou pas.
L’échec de ce G20 est celui d’une mondialisation qui promeut l’égoïsme et un libéralisme dogmatique et non la nécessaire coopération pour encadrer un capitalisme devenu fou. Cet échec du supranational montre que demain, la solution ne pourra venir que des Etats.
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22.06.2010
Avis de conflits entre Etats et compagnies minières et pétrolières
Il y a en ce moment deux confits sévères entre des gouvernements et des entreprises d’exploitation de matières premières : aux Etats-Unis avec l’incident de la plate-forme pétrolière de BP et en Australie avec le projet de réforme de la taxation des entreprises minières.
Les Etats-Unis contre BP
Aux Etats-Unis, la catastrophe pétrolière occupe les devants de l’actualité depuis des semaines. Tous les quatre jours, c’est l’équivalent de la catastrophe de l’Exxon-Valdez qui se déverse dans les eaux du Golfe du Mexique. Les images des plages souillées et des oiseaux mazoutés font le tour de la planète. Cette catastrophe pétrolière est sans doute la pire d’autant plus que toutes les solutions ont jusqu’à présent échoué et que la fuite devrait au mieux être colmatée en août !
Face à ce désastre écologique et économique pour une région touristique, le gouvernement étasunien manque de moyens d’action, ne pouvait apporter une solution que seule la compagnie pétrolière est capable de trouver. C’est pourquoi l’administration Obama recourt à des déclarations marquantes pour montrer son engagement à trouver une issue. Mais les beaux discours n’ont pas satisfait longtemps une population locale outrée par le désastre.
C’est pourquoi le président est allée un cran plus loin la semaine dernière en demandant à BP de mettre de côté 20 milliards de dollars pour indemniser l’ensemble des préjudices subis en insistant pour que l’entreprise ne verse pas le moindre dividende à ses actionnaires en 2010. L’ensemble de ces demandes outrepassent très largement les pouvoirs du gouvernement, mais les dirigeants de l’entreprise les ont acceptées face à la pression populaire.
L’Australie contre les entreprises minières
Je m’étais déjà fait l’écho du débat en cours en Australie, où le Premier Ministre veut imposer une « Taxe sur les super profits sur les ressources naturelles », qui imposerait à 40% tous les profits dépassant le niveau de rentabilité des emprunts d’Etat à dix ans. Les patrons de Rio Tinto et Xstrata sont montés au créneau pour dénoncer ce projet, affirmer qu’il s’agissait du « pire assaut contre l’industrie minière auquel ils avaient assisté » et annoncer le gel de tout investissement selon The Economist.
Le ministère des finances a répliqué en dénonçant les immenses profits réalisés en vendant le sol de l’Australie à la Chine sans payer le juste montant de taxe au peuple Australien. Le gouvernement avance que les compagnies minières ne paient que 17% de leurs profits en taxe. BHP Billiton et Rio Tinto ont répliqué avec leurs estimations (43 et 35%) mais sur une longue période sachant que la hausse actuelle des cours réduit nettement le niveau de taxation (surtout basé sur le volume).
Les grandes entreprises affirment que, tout compris, la nouvelle taxe pourrait pousser le niveau de taxation à près de 60%, un des niveaux les plus élevés du monde. Elles soutiennent également qu’elles ont permis au pays d’avoir évité une récession en 2009. Cependant, même en prenant pour acquis les chiffres qu’elles donnent, est-il si choquant que la moitié des profits issus de l’exploitation des sols d’un pays reviennent à la collectivité par le biais de taxes ?
Quand l’intérêt général terrasse les intérêts particuliers
En effet, il semble normal que les profits de l’exploitation d’une richesse nationale collective reviennent au moins pour moitié à la collectivité. Ce qui n’est pas juste, c’est que 80% des profits issus de cette exploitation aillent à une entreprise privée. Bien sûr, cette exploitation était légale et basée sur un contrat dûment signé par un précédent gouvernement, ce qui légitime la colère des entreprises minières mais les Etats ont le droit de modifier leur fiscalité…
En outre, nous ne sommes tout de même pas dans le cas d’une expropriation ou d’une taxation confiscatoire. Beaucoup de pays sont beaucoup moins généreux que l’Australie dans la répartition des profits issus de l’exploitation des ressources naturelles nationales. En conservant 60% des profits, la rentabilité des compagnies minières restera importante, même si elle sera significativement moins forte que prévue. C’étaient les chiffres précédents qui n’étaient pas normaux.
Même si cela fera hurler certains libéraux attachés au droit, je crois qu’il est légitime que l’Etat utilise sa force pour défendre l’intérêt général et revienne sur la privatisation abusive de biens communs. Merci à l’Australie de montrer qu’il y a encore des gouvernements qui défendent l’intérêt général national.
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25.04.2010
Remettre de l’ordre dans la finance
Hier, Barack Obama s’est exprimé sur la réforme de la finance. Wall Street a été rassurée par ses propos. En clair, rien ne sera fait pour réformer le système qui a mené le monde au bord du gouffre en 2008…
Rien ne change
Fin janvier, le président des Etats-Unis avait annoncé des mesures pour limiter la spéculation des banques avec leurs fonds propres ainsi que leur taille pour éviter qu’elles ne soient « trop grosses pour faire faillite ». Ces propos avaient même provoqué une correction sévère des bourses qui pouvait faire espérer que de véritables réformes allaient être mises en place, même à Washington.
Las, le discours de jeudi indique sans doute que nous en resterons à une « réformette de la finance », comme on pouvait le pressentir depuis quelques mois. Il faut dire que l’équipe qui entoure le président des Etats-Unis est plutôt conservatrice. Un membre avait confié à The Economist qu’heureusement, aucun « gauchiste » du genre Stiglitz, Reich ou Krugman n’avait été choisi. Le rebond de Wall Street hier indique bien que les banques pourront continuer leurs affaires tranquillement.
L’anarchie financière, responsable de la crise
Bien sûr, la déréglementation de la finance n’est pas la seule responsable de la crise de l’automne 2008 mais elle y a plus que sa part de responsabilité. Et parce qu’ils ont justement renoncé à encadrer l’activité financière, les hommes politiques (de droite comme de gauche) sont les premiers coupables. Ce sont eux qui ont progressivement renoncé à encadrer l’activité des marchés, laissant par exemple les banquiers mettre au point les normes Bâle 2 qui ont amplifié la crise.
Cette anarchie financière est bien responsable de la crise pour plusieurs raisons. La première de ces raisons est, comme pour la Grande Dépression de 1929, l’utilisation de l’effet de levier pour maximiser les gains. Grosso modo, les institutions financières ont cherché à parier toujours plus d’argent pour un même capital donné de manière à augmenter les rendements. Pour cela, elles ont utilisé toutes les subtilités des réglementations qu’elles avaient établies pour faire du hors-bilan ou titriser.
Cette augmentation de l’effet de levier démultiplie les gains quand les marchés montent, mais le monde de la finance a oublié qu’il démultiplie les pertes quand les marchés baissent. Les assurances prises contre le risque n’ont fait que rendre le risque insaisable au lieu de le faire disparaître. L’innovation financière a augmenté les rendements, mais aussi augmenté l’instabilité du système tout en le rendant plus opaque, défaut extrêmement dangereux en cas de perte de confiance généralisée.
L’action des Etats a permis d’éviter le pire, pour le moment
Quand toutes les bulles d’actif ont fini par s’effondrer, l’ensemble du système financier a menacé s’écrouler et emporter l’économie mondiale avec lui. Les Etats sont alors intervenus pour éviter une redite de la Grande Dépression. Ils ont sauvé les banques à coup de milliards et de garanties et ont injecté des sommes inédites pour relancer une économie réelle entraînée dans la chute de la finance.
Heureusement, les dirigeants de la planète ont tiré les leçons de la crise de 1929 pour éviter que le chaos économique ne succède au chaos financier. Et cette crise a aussi eu le bénéfice de nous montrer les travers du système économique actuel, fruit de quarante années de déréglementation, démarrée en 1971 avec la décision des Etats-Unis de suspendre la convertibilité du dollar.
Le capitalisme actionnarial et financier, sangsue de l’économie réelle
Le système économique actuel est injuste car il ne profite qu’à une infime minorité dans les pays développés, comme l’illustrent bien la hausse de la part des dividendes dans le PIB (de 3 à 7% en 20 ans) ou les bonus de plus en plus indécents des banquiers. Ce capitalisme actionnarial pressure toujours davantage l’économie réelle, demandant des rendements indécents. Aujourd’hui, la bourse ne finance plus les grands groupes mais en extrait de l’argent, sous forme de dividendes et de rachats d’action.
Et les mêmes banques qui ont été sauvées par les Etats il y a 18 mois s’enrichissent en empruntant à 1% à la BCE pour prêter cet argent plus cher aux Etats. Ces mêmes banques augmentent tous les ans les frais bancaires pour extraire toujours plus de valeur de leurs chers clients, sans jamais se battre sur les prix pour bien préserver leurs marges. Bref, le monde financier est devenu une sangsue toujours plus vorace qui vit sur le dos de l’économie productive.
Alors que les hommes politiques en place, Barack Obama en tête, sont incapables de tirer les leçons de cette crise, je proposerai demain une liste de mesures concrètes pour remettre la finance au service de l’économie productive avant d’étudier ensuite les modalités de leur mise en place.
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02.04.2010
Sarah Palin à la rescousse de John McCain
Il y a un an et demi, il la faisait coacher pour la préparer aux questions des média. Aujourd’hui, elle vient à sa rescousse pour qu’il sauve le siège qu’il détient depuis plus de deux décennies. Les destins croisés de John McCain et Sarah Palin illustrent bien l’évolution incroyable de l’opinion étasunienne…
L’incroyable appel de John McCain
J’avoue que j’étais assez estomaqué quand j’ai lu le papier du Figaro sur les primaires républicaines de l’Arizona. John McCain, un homme très apprécié, une figure de la vie politique, apprécié pour son courage, son parcours, sa capacité à porter des projets, y compris avec les démocrates, est aujourd’hui menacé lors des primaires de son parti par un ancien député ultraconservateur. Il a donc appelé à la rescousse sa colistière de 2008, Sarah Palin !
Il y a deux ans, il était perçu comme le seul républicain capable de résister à la lame de fond qui portait Barack Obama, et sans la crise, le duel aurait été beaucoup plus serré qu’il n’a été. Son aura et tout ce qu’il a fait auraient du le protéger mais la situation a changé et ce papier montre qu’il est en danger de perdre l’investiture républicaine face à un candidat à la droite du parti qui dénonce le fait qu’il a travaillé avec les démocrates sur l’immigration ou l’environnement.
Résultat, John McCain est contraint d’appeler à la rescousse Sarah Palin, extrêmement populaire auprès des ultraconservateurs, pour se défendre sur la droite. Son ancienne colistière, qui lui doit son existence politique, devient, par un incroyable renversement de situation, son meilleur atout. La star des « Tea Party » conservatrices qui dénoncent le poids de l’Etat lui a donc décerné le titre de premier membre, vantant les qualités de celui qui fut son patron le temps d’une campagne.
Le grand virage à droite des Etats-Unis
L’établissement démocrate des deux côtes a sans doute tort de se moquer de Sarah Palin, des notes qu’elle écrit sur sa main ou de ses connaissances limitées en politique étrangère. Car la candidate républicaine à la vice-présidence est devenue une véritable star, qui a vendu plus de trois millions d’exemplaires de son dernier livre et qui pourrait bien devenir l’épouvantail des primaires républicaines de 2012. Elle bénéficie d’une immense popularité au sein de la base conservatrice.
En outre, les railleries d’une certaine élite pourraient bien être contre-productives car cela pourrait renforcer le positionnement de Sarah Palin comme la représentante de l’Amérique profonde, pleine de bon sens, par opposition à des élites côtières socialisantes, et qui dépensent sans compter l’argent des contribuables, que ce soit pour sauver les banques ou mettre en place l’Assurance-Maladie généralisée. On ne pourrait imaginer un climat plus propice à une ascension à la Maison Blanche…
Pire, elle serait sans doute une adversaire redoutable pour Barack Obama. L’histoire semble déjà écrite. Une femme contre un noir. Une représentante de l’Amérique profonde contre le représentant des élites. Le bon sens populaire contre des intellectuels dépensiers. Quelque soit le bilan du président sortant, l’opposition sera telle que l’élection risque de se faire sur les valeurs et les républicains ont paradoxalement une longueur d’avance dans leur présentation de la crise.
Dès janvier 2009, j’avais évoqué la perspective d’une élection de Sarah Palin à la présidence des Etats-Unis. Malheureusement, plus le temps passe et plus ce pronostic funeste semble devoir devenir réalité. Cet épisode montre à nouveau que le climat politique lui est favorable.
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30.03.2010
Barack Obama écrit l’histoire avec sa réforme de l’assurance-maladie
Cela aura été extrêmement difficile et à un moment, il aura semblé que le président des Etats-Unis n’allait pas être en mesure de faire passer sa réforme du système de santé étasunien. Pourtant, Barack Obama a tenu sa promesse, en démontrant son caractère.
Une bataille juste
Le 22 mars 2010 restera une date historique dans les histoires des Etats-Unis puisque le Congrès a voté le texte initialement adopté par le Sénat. Les républicains ont tenté une dernière manœuvre en utilisant un vice de forme pour imposer un second vote jeudi qui a malgré tout confirmé le vote de dimanche. Cette réforme majeure de l’Assurance Maladie va permettre aux Etats-Unis de rejoindre la plupart des pays occidentaux avec un système de couverture maladie généralisée, tout en empêchant les assureurs de refuser de couvrir les personnes en mauvaise santé.
Comme le soulignait Paul Krugman dans « L’Amérique que nous voulons », il s’agissait sans doute d’un des derniers combats à mener pour faire des Etats-Unis un grand pays comme les autres. Après tout, il était choquant qu’un pays aussi riche (et qui dépense plus que quiconque pour sa santé), ne soit pas capable d’assurer l’ensemble de sa population. Avant la réforme Obama, des dizaines de million d’étasuniens n’avaient pas les moyens de se soigner et devaient parfois vendre leur maison pour payer une opération vitale, situation inacceptable pour un tel pays.
Une bataille de Verdun
Pourtant, le débat sur cette réforme a été l’occasion d’un débat hallucinant pour des européens. Barack Obama a été comparé à Adolf Hitler. Il a été qualifié de communiste. Bref, les opposants du Président n’ont reculé devant aucun abus pour disqualifier cette réforme qui a été desservie par le fait qu’elle est venue après le sauvetage du système financier et de l’économie, qui a engendré des dépenses massives qui ont rendu méfiante la population à l’égard de toute nouvelle extension du rôle de l’Etat ou de toute nouvelle dépense publique.
Après d’innombrables compromis, le Sénat avait adopté un texte cet hiver mais l’élection d’un sénateur républicain au Massachussetts a fait perdre aux démocrates la super majorité qui les protégeait du « fillibuster », une manœuvre permettant à une minorité d’au moins 41 sénateurs de bloquer tout projet de loi. A un moment, il semblait que l’ensemble de la réforme allait tomber à l’eau tant la conjonction du blocage législatif et de l’opposition d’une petite majorité de l’opinion publique menaçaient l’ensemble de la réforme pourtant promise par Barack Obama pendant sa campagne.
Le président a fait preuve de caractère et de pragmatisme en utilisant la procédure dite de réconciliation, au grand dam d’élus républicains qui ont dénoncé la manœuvre, même s’ils y ont eu recours dans le passé. Ceci était rendu nécessaire pour prendre en compte les remarques de la Chambre sur le texte du Sénat. En effet, la Chambre des Représentants a adopté tel quel le texte du Sénat avant que les deux chambres ne passent les modifications avec une simple majorité. Le président a choisi de passer en force et les démocrates l’ont suivi, comprenant bien qu’un échec serait dramatique.
Après un feuilleton incroyable et malgré une opposition redoutablement agressive, Barack Obama a tenu bon. Il faut dire qu’il jouait en partie son mandat sur cette réforme. Il restera dans l’histoire le président qui a fait avancer les Etats-Unis vers une couverture maladie universelle.
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21.02.2010
Sarah Palin, en route vers la Maison Blanche ?
Je l’avais évoqué il y a un peu plus d’un an, en espérant que cette prévision serait infirmée par la réalité. Malheureusement, plus le temps passe, et plus elle semble pouvoir devenir réalité…
Un renversement narratif
Pourtant, la campagne présidentielle de 2008 n’avait pas forcément été à l’avantage de la candidate à la vice-présidence de John McCain. Inexpérimentée, peu à l’aise dans l’équipe du candidat républicain, elle était volontiers moquée par les commentateurs démocrates pour son manque de connaissance de l’international et sa rusticité d’élue de l’Alaska. Enfin, la crise économique avait laissé le parti de l’éléphant dans une situation inconfortable, ne sachant comment y répondre.
Mais depuis, les républicains ont réussi à écrire une histoire qui leur est favorable. Alors que c’est la déréglementation qu’ils ont poussée qui a provoqué la crise et qui a imposé à l’Etat fédéral une coûteuse intervention, qu’ils ont accepté en partie, ils utilisent aujourd’hui l’envolée des dépenses publiques et de l’endettement pour mener une offensive radicale contre l’Etat et les démocrates, en n’hésitant pas à recourir aux pires abus, comme on a pu le voir dans le débat sur la réforme du système de santé.
Population en colère, Palin présidente ?
C’est ce que décrit un sondage de The Economist du 13 février. Quand on demande aux étasuniens ce qu’ils pensent de l’Etat, 24% des démocrates se décrivent « en colère » (et 35% insatisfaits), de même que 60% des républicains et 52% des indépendants. La violence du sentiment anti-Etat semble proche de celle qui avait mené Reagan à la présidence en 1980, quand il déclarait que « l’Etat n’était pas la solution mais le problème » ou de la révolution de Newt Gingrich de 1994…
Bref, le terreau semble fertile pour une candidate comme Sarah Palin qui pourra attaquer à loisir Washington, le gaspillage d’argent public et un Barack Obama qui sera dépeint comme le représentant d’élites déconnectées de la réalité. D’ailleurs, elle est déjà l’héroïne des « Tea Party » qui fleurissent dans le pays. Et elle a toutes ses chances pour gagner des primaires républicaines qui se remportent en général par la droite. Et elle bénéficie d’une notoriété sans égal…
Bien sûr, elle sera durement attaquée par les élites libérales (au sens étasunien du terme) des deux Côtes, comme cela a été le cas avec ses antisèches marquées sur la main il y a quelques semaines. Même la Maison Blanche s’est moquée d’elle. Malheureusement, ces attaques des élites pourraient la servir car cela renforce son côté représentante du peuple par rapport à des élites déconnectées et volontiers arrogantes à l’égard des classes populaires.
Si un tel scénario venait à se réaliser, les historiens se pencheront avec intérêt sur une période qui a vu la faillite des idées néolibérales avec la crise mais qui aura mis au pouvoir les partisans les plus extrêmes de ces idées, en espérant que la suite soit plus favorable aux idées alternatives…
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14.02.2010
L’Europe de Maastricht et Lisbonne à bout de souffle
Depuis quelques semaines, l’Europe est sous le feu de la rampe, mais rarement de manière très positive. Refus de Barack Obama de participer à un sommet européen, crise économique et financière. Le vieux Continent va mal. La faute à une construction européenne mal conçue.
L’euro, une catastrophe économique
Au début des années 90, on nous avait vendu la monnaie unique comme un moyen pour les européens de retrouver une forme de souveraineté monétaire face au dollar, d’avoir une croissance plus forte. Les dix dernières années montrent bien que l’euro est un très lourd boulet accroché aux pieds des économies européennes. Car l’euro est extrêmement surévalué, d’encore 25% aujourd’hui puisque les économistes estiment qu’il devrait coter entre 1,05 et 1,1 dollars. La baisse récente est insuffisante.
La meilleure preuve est la comparaison des performances économiques de la zone euro et des Etats-Unis depuis deux ans. Alors que les Etats-Unis sortent de la récession vivement avec une croissance du PIB de plus de 5% en rythme annuel au 4ème trimestre, la zone euro atteint péniblement… 0,4% le même trimestre, le tout sachant que la récession a été plus violente de notre côté de l’Atlantique, où le PIB a baissé globalement de 4% en 2009, contre 2.5% aux Etats-Unis.
Il y a un immense paradoxe économique à ce que la récession soit moins violente outre-Atlantique alors que la crise financière y a été beaucoup plus dure, que le désendettement des ménages est plus violent et que des millions d’étasuniens ont été privé de logement et d’emploi. Comme le souligne Paul Krugman, la raison est simple : la sous-évaluation du dollar a donné une bouffée d’oxygène aux industriels, alors que l’Europe traîne la surévaluation de l’euro comme un boulet attaché au cou de ses industriels.
Pire, les crises irlandaises, espagnoles ou grecques montrent que la bonne croissance de ces pays pendant les années 2000 ne reposait que sur une bulle qu’ils paient bien cher aujourd’hui puisque le PIB de l’Irlande a baissé de 10% en deux ans, que le chômage atteint 20% en Espagne et que la Grèce est aujourd’hui soumise à un plan d’austérité draconien. Bref, au final, personne n’a vraiment profité de l’euro et chaque jour qui passe le démontre de manière de plus en plus clair.
Des institutions européennes ubuesques
Mais l’échec économique européen est complété par un échec institutionnel patent. Là encore, on nous avait vendu le Traité Constitutionnel Européen, puis le traité de Lisbonne, comme des moyens pour l’Europe de fonctionner de manière plus efficace. Las, même Daniel Cohn-Bendit finit par dénoncer le fonctionnement de l’Union Européenne avec des accents gaulliens, comme le note malicieusement Slovar.
Plus globalement, l’organisation de l’Europe est encore plus compliquée qu’avant puisqu’il y a désormais trois présidents : le président de la Commission Européenne, le président de la présidence tournante (l’Espagne en ce moment) et le nouveau poste de président de l’Europe, le belge Van Rompuy, Cette architecture compliquée est l’occasion de conflits dérisoires sur le lieu des sommets José-Luis Zapatero le voulant en Espagne alors que la présidence européenne préfère Bruxelles.
Sans doute lassé par cette organisation, Barack Obama a donc renoncé au sommet prévu au printemps, dans un geste assez humiliant pour l’Europe. Bref, l’Union Européenne telle qu’elle est conçue aujourd’hui handicape les pays européens, tant économiquement que diplomatiquement. Loin d’être le moyen de renforcer l’Europe, les évènements actuels montrent qu’elle nous affaiblit, comme le souligne justement Jean-Pierre Chevènement dans une interview à la Tribune.
Le seul point positif de la situation est le fait que cela devrait théoriquement favoriser une prise de conscience des limites de la construction européenne telle qu’elle est conçue aujourd’hui. Comme le souligne Edgar, cela pourrait provoquer un débat nécessaire sur la vocation ou non de cette Union à évoluer vers un modèle fédéral, ce qui permettrait enfin de trancher par la négative étant donnés les résultats actuels. Comme quoi, cette crise pourrait avoir des conséquences positives.
2010 sera peut-être le début de la fin pour cette Union Européenne d’inspiration fédéraliste et néolibérale. Son échec patent sur tous les fronts pourrait bien encourager les peuples à soutenir les partisans d’une autre Europe, plus respectueuse des peuples.
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02.02.2010
Etats-Unis : une nouvelle révolution néoconservatrice est en marche
Ce n’est pas le moindre des paradoxes, mais outre-Atlantique, comme le montre le résultat de l’élection du Massachussetts, il semblerait qu’en réaction à la crise et à son traitement, le balancier politique reparte violemment à droite dans les prochains mois.
Un changement radical de climat
Et pourtant, tout devrait concourir à renforcer la majorité démocrate historique que Barack Obama avait obtenue il y a un peu plus d’un an. D’ailleurs, c’est bien le désarroi des républicains et de John McCain en particulier qui avait permis au candidat démocrate d’emporter une très large victoire. Cependant, les résultats de l’élection du Massachussetts montrent que quelque chose de très fort est à l’œuvre : cet Etat est profondément démocrate et avait élu sans discontinuer un démocrate à ce poste depuis plus de 50 ans. Il ne s’agit malheureusement pas d’un simple mouvement d’humeur.
En fait, les étasuniens sont en colère. Ils sont en colère contre les banques et les banquiers qui ont provoqué la crise, mais ils sont peut-être encore plus en colère contre l’explosion des dépenses publiques et l’extension inédite du rôle de l’Etat dans un pays où beaucoup pensent encore comme Ronald Reagan que « l’Etat est plus le problème que la solution ». Des « tea party » de protestation contre les dépenses publiques et les impôts sont organisés et il suffit de constater la radicalité de l’opposition au projet de réforme du système de santé pour constater que quelque chose se passe.
Un immense paradoxe
Cette réaction est pourtant complètement incohérente. En effet, c’est bien l’administration Clinton qui avait remis de l’ordre dans les finances publiques que les administrations Reagan et Bush Sr avaient fait déraper. De même, Georges Bush Jr a laissé une situation très largement dégradée du fait de la hausse des dépenses (militaires notamment) et des baisses d’impôt. Bref, Barack Obama a le malheur de passer après une administration peu soucieuse des deniers publics.
Pire, à peu près tous les économistes étaient d’accord pour dire qu’il fallait une intervention vigoureuse de l’Etat pour sauver les banques et éviter un cataclysme financier, ainsi qu’un plan de soutien à l’économie pour éviter une Dépression. Et pour le coup, Barack Obama a apporté une bonne réponse aux deux problèmes quand on constate que le PIB a progressé de plus de 5% en rythme annuel au 4ème trimestre 2009. Les républicains n’avaient pas de plan alternatif.
Une révolution en marche
Cependant, le niveau colossal des déficits inquiète les Etats-Unis, d’autant plus qu’il y a cette méfiance naturelle vis-à-vis du rôle de l’Etat. Et le plan d’extension du système de santé vient paradoxalement à un mauvais moment dans la mesure où il représente une nouvelle avancée de l’Etat. Résultat, les néoconservateurs peuvent facilement effrayer la population sur l’état de leur pays et réclamer une vigoureuse remise en question des programmes publics.
La lecture de The Economist est terrifiante dans la mesure où l’hebdomadaire néolibéral se montre de plus en plus agressif vis-à-vis de l’Etat, qui a pourtant sauvé l’économie du précipice dans lequel le marché-roi l’envoyait. Le journal anglais ne cesse de réclamer des baisses de salaires pour les fonctionnaires et une réduction radicale des programmes sociaux pour combler les déficits. Paradoxalement, la crise pourrait favoriser un mouvement de balancier à droite des Etats-Unis.
Se pose alors la question du pourquoi. En effet, le contexte devrait être favorable aux démocrates et à un meilleur encadrement du marché. Mais les néolibéraux ont réussi à construire une histoire où la responsabilité vient davantage de la Fed, qui n’a pas réussi à prévenir la formation des bulles. Il faut dire également que le ton très apaisé de Barack Obama, qui contraste tellement avec le ton de Roosevelt, n’a pas permis une véritable remise en question des abus qui ont mené à la crise.
L’administration actuelle se retrouve donc dans un cul de sac depuis qu’elle a perdu sa majorité qualifiée au Sénat. Malheureusement, il y a fort à parier que les républicains sont sur le point de réaliser un des holdups idéologiques les plus incroyables qui soient. Sarah Palin a ses chances…
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