05.07.2009

Appel au soutien de DLR

Les élections européennes se sont soldées par un bon résultat de Debout la République. Mais, en ne franchissant pas le cap des 3%, nous n’aurons droit à aucun remboursement de l’Etat. DLR a donc besoin de la générosité de ses adhérents et sympathisants.

Un bon résultat

Il y a plusieurs façons de regarder le résultat de Debout la République. Avec 1,77% au niveau national, notre parti est devenu le dixième parti national devant Lutte Ouvrière. Ce score peut paraître décevant car nous terminons loin derrière Philippe de Villiers et il faut être clair, nous espérions aller au-delà. Cependant, un peu de recul permet de comprendre que ce résultat est un bon résultat, surtout pour un parti qui affrontait pour la première fois une véritable campagne nationale.

En effet, en 2007, lors des élections législatives, nous étions présents dans une soixantaine de circonscriptions et avions dépassé 1% dans 17. En deux ans, le parti a réussi à couvrir presque toute la France, et à y dépasser le cap des 2% dans près de la moitié du territoire. En outre, le 1,77% englobe les DOM-TOM, où nous n’avions pas de liste, ainsi que la région Ouest, où nous avons fait une campagne avec moins de moyens. Sur les six autres régions, nous faisons 2%.

Les complications

 L’écart avec Philippe de Villiers est compréhensible. C’était sa quatrième candidature aux élections européennes, qui représentent une véritable franchise pour lui. En outre, il a bénéficié d’un accès aux médias bien plus important que nous. Et il faut dire que les règles médiatiques actuelles pénalisent les petits partis. Nicolas Sarkozy et l’UMP disposent de 75% du temps de parole politique, ne laissant que 25% aux autres partis, soit des miettes pour le dixième parti que nous sommes aujourd’hui.

Les sondages ne nous ont pas aidés non plus, du fait de leur méthodologie. En testant le nom du parti (peu connu et peu signifiant) avec le nom de nos têtes de liste (très peu connues également), les instituts ont sous-estimé notre potentiel pendant toute la campagne, décourageant sans doute beaucoup d’électeurs de nous apporter leur suffrage. Car c’est bien Nicolas Dupont-Aignan qui est connu par nos compatriotes et qui peut mobiliser sur son nom, ce qu’il pourra faire en 2012.

Mais en ne passant pas le cap des 3%, nous n’avons droit à aucun remboursement public. C’est pourquoi nous avons besoin du soutien de nos sympathisants pour continuer la bataille que nous menons.

Source : http://www.youtube.com/watch?v=u8qlJRaSUT0

http://www.debout-la-republique.fr/En-effectuant-une-adhe...

11.06.2009

Le PS ou la chronique d’un suicide annoncé

J’avoue qu’il est un peu facile de tirer sur une ambulance, mais devant un tel acharnement à foncer dans le mur, il est difficile de résister à la tentation d’écrire sur le sujet, ne serait-ce que pour réfléchir aux conséquences de l’effondrement du Parti Socialiste Français.

Une campagne désastreuse

Pire encore que la campagne du Modem, le Parti Socialiste a osé des arguments moins crédibles et moins intéressants les uns que les autres. Après avoir ratifié tous les traités qui lui ont été présentés, le PS a osé faire campagne pour « changer d’Europe », semblant renier tout ce qu’il avait fait hier mais sans véritablement aller au bout de cette remise en question.

Ensuite, Martine Aubry a expliqué qu’il fallait aider le PS à renverser le président de la Commission, argument aussi peu crédible que motivant. Les Français n’ont que faire de qui est à la tête de la Commission Européenne et ceux qui s’y intéressent savaient que la situation catastrophique de la gauche en Europe ne permettrait pas de tenir cette promesse de gascone.

Le pire à venir ?

Si le Parti Socialiste n’est pas tombé plus bas, c’est sans doute grâce au poids des habitudes car il méritait bien moins, même si cela représente une perte de près de 40% par rapport à 2007… Il faut dire que le spectacle offert depuis trois ans est terrifiant de nombrilisme et d’agressivité entre camarades. Mais le pire est, pour paraphraser Le Monde, que « le navire prend l’eau sans qu’aucune brèche ne soit colmatée ».

Car le choix de mener des primaires fin 2011 promet encore deux années et demi de guerres intestines. Le Parti Socialiste semble incapable de tirer la moindre leçon de ses erreurs. Il est évident que les deux années à venir vont être une catastrophe tant la guerre des egos va se poursuivre. Comme depuis trois ans, nous allons continuer à entendre des socialistes dire du mal d’autres socialistes.

Vers l’anéantissement ?

C’est bien la conclusion qui semble la plus probable pour le Parti Socialiste. Car pour les primaires de 2011, nul doute que l’affrontement entre partisans et opposants de Ségolène Royal sera terrible. J’ai le sentiment que le « Tout sauf Ségolène » devrait l’emporter, sans doute autour de DSK, revenu de New York. Mais alors, la fracture sera tellement grande que les partisans de Ségolène ne le suivront pas tous…

Ces années auront au moins le mérite de montrer ce que sont réellement les chefs du PS : un rassemblement d’ambitieux à la tête d’une franchise électorale en perdition. Les Français sont en train de comprendre que les socialistes ne représentent pas une vraie force d’alternance. Quant au Modem, il ne représente qu’une alternative de papier sur certains domaines, notamment l’économie.

« Je n’aime pas les socialistes car ils ne sont pas socialistes » aurait dit le Général de Gaulle. Encore une citation qui traverse les temps sans perdre en vérité. Sans doute un indice pour les Français que la véritable alternance n’est pas socialiste mais bien gaulliste.

Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/06/10/le-nav...

10.06.2009

Les manipulations médiatiques de Nicolas Sarkozy

Je n’ai jamais été un grand partisan de la théorie du complot. Je l’ai toujours refusé en matière économique. Mais, là, un faisceau de faits conduit à se poser des questions sur le comportement du gouvernement.

Ripostes troublantes

Un indice a été semé à quelques jours des élections européennes. Alors qu’il fait une des meilleures audiences de France 5, Serge Moati voit son émission « Ripostes » supprimée de l’antenne. D’ailleurs, si la direction de la chaîne souligne que l’audience n’est pas en question, elle ne formule pas la moindre explication pour la disparition de cette émission politique...

Ah, c’est vrai, Serge Moati est plutôt un esprit libre. Il offrait souvent une tribune à Dominique de Villepin. Il avait même reçu le pestiféré Nicolas Dupont-Aignan et ne semblait pas spécialement favorable au gouvernement en place. Y aurait-il un lien de cause à effet ? Il est difficile de ne pas le soupçonner étant donné le lourd passif de l’actuel locataire de l’Elysée.

Flash back : Nicolas Sarkozy était connu pour appeler les patrons de presse afin de se plaindre du traitement d’un article ou d’un dessin (Le Monde, Libération…). On se souvient des menaces pas vraiment voilées proférées à l’égard des employés de France 3 et qui avaient fuité. On peut mettre en parallèle le changement de statut du Service Public qui lui permet désormais de nommer et révoquer à tout moment son président ou cette suppression de la publicité qui profite tant à son ami Martin Bouygues.

Une campagne européenne trop idéale

Bref, le président a un lourd passif d’interventionnisme médiatique pour ne pas dire plus. Et on peut s’interroger sur le déroulement de cette campagne des élections européennes, qui semble tellement servir l’Elysée. À titre personnel, je n’ai toujours pas reçu les professions de foi et je connais beaucoup de gens qui l’ont reçu très tard. Et que dire du traitement des médias de la campagne.

Beaucoup se sont plaints du manque d’intérêt des Français alors qu’ils ne parlaient pas de la campagne ! N’y a t il pas un paradoxe à ce que TF1 évoque ainsi la désaffection des Français alors qu’ils n’ont pas organisé le moindre débat ? Et le seul débat organisé sur le Service Public a eu lieu bien tard et dans des conditions contestables (éviction des chefs de Lutte Ouvrière et de Debout la République).

Comment ne pas évoquer également le traitement incroyable de la soirée électorale où presque personne n’a parlé du score de Debout la République (1,8%) alors que le score pourtant inférieur de Lutte Ouvrière était pourtant parfois affiché ! Dès lors, comment ne pas soupçonner que la main de l’Elysée soit en partie responsable de certaines bizarreries de cette campagne électorale.

Le contexte politique actuel risque de donner les coudées franches à un Nicolas Sarkozy qui ne devrait plus douter de sa victoire dans trois ans. Mais en faisant de la sorte, il oublierait que les Français sont un peuple rebelle qui ne suit pas toujours le vent médiatique, comme il l’a prouvé en 2005.

Source : http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2009/06/01...

09.06.2009

François Bayrou est-il rayé de la carte politique ?

Devant le très mauvais score du Modem aux élections européennes, beaucoup tirent un trait définitif sur les ambitions présidentielles de François Bayrou. Cette conclusion est tentante devant un tel échec, mais peut-être un peu rapide.

Le troisième homme devenu quatrième

Et il faut dire qu’avec à peine 8% des voix, le Modem est à la peine. La moitié seulement du score d’Europe Ecologie et du Parti Socialiste. Le capital électoral de François Bayrou, qui avait approché les 19% en 2007, a fondu de plus de moitié en seulement deux ans, ce qui laisse mal augurer pour 2012. Des fissures semblent apparaître au Modem et comment imaginer un meilleur contexte pour que Dominique de Villepin trouve un espace politique, forcément concurrent de celui du leader centriste.

Et il faut dire que la campagne de François Bayrou n’a pas été brillante. L’Europe n’était sans doute pas le meilleur sujet pour lui, qui a voté depuis 25 ans de la même manière que le PS et l’UMP. Résultat, il a essayé de faire de cette élection une répétition de la présidentielle, sans grand succès. Mal à l’aise, le président du Modem s’est discrédité dans une polémique avec Daniel Cohn Bendit qui lui a sans doute coûter des voix dans la dernière ligne droite.

L’expérience Mitterrand et Chirac

Alors, mort politiquement François Bayrou ? On pourrait être tenté de le dire, d’autant plus qu’il a de nouveau montré des limites qui peuvent sembler rédhibitoires pour atteindre l’Elysée. Mais finalement, le chef du Modem ne suit-il pas les exemples de François Mitterrand et Jacques Chirac, arrivés à l’Elysée après d’innombrables échecs, qui avaient poussé de nombreux commentateurs à les compter pour morts politiquement ? Ce premier indice permet de prendre du recul sur cette défaite.

Une équation politique pas si défavorable

Tout d’abord, l’énorme succès des écologistes aura du mal à se traduire aux élections présidentielles, d’autant plus qu’il n’y a pas de présidentiable incontestable rassemblant l’ensemble de la famille écologiste. Comme nous l’avons vu avec Philippe de Villiers, c’est une chose de voter pour une liste aux élections européennes, c’en est une autre de voter pour son chef lors d’une élection présidentielle. Ce constat devrait dégeler une partie importante de l’électorat en 2012.

Si Daniel Cohn-Bendit plaît comme député européen, il séduirait moins comme président de la République. En outre, il a déclaré ne pas vouloir être candidat. Et on voit mal Dominique Voynet, Yves Cochet ou Cécile Duflot jouer les troubles fêtes de l’élection présidentielle de 2012. En outre, le succès de l’UMP est à modérer par la faible participation, concentrée sur son électorat. L’équation de Nicolas Sarkozy pour un second tour semble toujours très fragile.

Mais surtout, le Parti Socialiste sort en lambeaux de cette élection. Il a fondu de près de 10 points en seulement deux ans, signe de la lassitude des Français devant ses querelles internes. Avec encore deux années de lutte pour la candidature, la situation aura sans doute encore empirée. Et comment ne pas imaginer que le camp perdant (les pro ou anti-Ségolène) joue contre le camp gagnant tant des horreurs auront été dites pendant six ans, fracturant un électorat déjà réduit ?

Et c’est pourquoi, malgré toutes ses limites, François Bayrou ne doit pas être oublié. Le Parti Socialiste arrivera en charpies aux élections de 2012 et Nicolas Sarkozy devra assumer un bilan peu glorieux. Par défaut, François Bayrou garde sa chance.

Source : http://horizons.typepad.fr/accueil/2009/06/cétait-bien-un...

08.06.2009

Les élections européennes bouleversent-elles le paysage politique ?

Les Français ont joué un drôle de tour aux prévisionnistes avec le bon score de l’UMP et des Verts et l’effondrement du Parti Socialiste et du Modem. Qu’est-ce que ces résultats disent du paysage politique Français et Européen ?

Les grandes tendances

Les résultats Français ressemblent aux résultats du reste de l’Europe. L’abstention atteint un nouveau sommet, la gauche modérée s’effondre et les Verts atteignent des sommets. Et finalement, ces résultats ont du sens. La force de l’abstention s’explique sans doute en partie par la crise. En effet, il y a six mois, on nous expliquait que l’Europe et l’euro nous protégeaient. Mais l’ensemble des peuples européens constatent que cela est faux puisque le PIB de la zone euro recule deux fois plus vite qu’aux Etats-Unis…

L’effondrement de la gauche, général en Europe, que ce soit pour les partis au pouvoir ou dans l’opposition, montre que les citoyens du continent ont bien compris que ces partis n’ont pas la moindre alternative économique à proposer. Cette sanction est donc méritée. Le succès des écologistes vient à mon sens du fait qu’ils représentent quelque part une véritable alternative à un système qu’ils ont toujours dénoncé. En votant pour les écologistes, les Français ont aussi voté contre un système économique.

Un autre regard

Les 28% de l’UMP représentent visuellement un beau succès. Mais il faut le modérer de deux manières : seulement 4 Français sur 10 ont voté. Et surtout, ce sont les personnes âgées et les CSP élevées, électorat naturel de l’UMP, qui se sont déplacées, favorisant la majorité. Résultat, dans une configuration avec une participation plus importante, le potentiel de Nicolas Sarkozy serait sans doute beaucoup plus limité. En revanche, la sanction à l’égard du Parti Socialiste semble à la fois justifiée et durable.

Le score des Ecologistes doit également être modéré. Après tout, c’est une chose de voter pour un parti aux élections européennes, c’en est une autre de voter pour lui lors des élections présidentielles. Philippe de Villiers pèse toujours beaucoup plus lors des premières que lors des secondes (12% en 1994, moins de 4,7% en 1995, puis 6% en 2004 et 2% en 2007). C’est pour cela qu’il ne faut surestimer les Verts ni sous-estimer un François Bayrou qui gagne une nouvelle cicatrice

Le score du Modem est clairement une énorme déception pour François Bayrou. Sous les 10%, loin derrière les écologistes et le PS, on pourrait croire son destin présidentiel mal-en-point. Mais il faut dire que cette élection était sans doute la plus dure, étant donné qu’il a toujours voté de la même manière que le PS et l’UMP. En outre, sa campagne n’a pas été bonne. Et comme les Français aiment bien les hommes politiques avec des cicatrices, cela ne le disqualifie pas forcément pour 2012...

Et Debout la République ?

À cette heure, nous sommes le grand absent des commentaires qui nous ignorent totalement, alors que les quelques chiffres que nous avons nous placent devant Lutte Ouvrière. La barre des 2% semble à notre portée dans plusieurs régions (Ile de France, Nord et Est notamment) et il faut espérer que le cap des 3% pourra être atteint en Ile de France. De tels résultats seraient un démenti cinglant pour les sondages qui nous annonçaient à 0,5%…

Malheureusement, ces sondages ont sans doute découragé beaucoup d’électeurs de porter leurs voix sur une liste aussi marginale, outre le fait de nous avoir barré la porte de nombreuses émissions. Au final, pour un parti aussi récent, qui présentait à peine une soixantaine de candidats aux législatives de 2007 (dont un quart avait dépassé 1%), cela représente une belle progression, surtout dans un tel désert médiatique. Un bel encouragement pour continuer le combat.

De manière assez amusante, Xavier Bertrand souligne que pour la première fois depuis 1979, la majorité arrive en tête lors des élections européennes. On sait pourtant ce qui arriva deux ans après au président d’alors. Souhaite-il la même chose à Nicolas Sarkozy ?

06.06.2009

Pourquoi voter Debout la République le 7 juin

Certes, je suis à la fois juge et parti, mais à la veille de cette élection cruciale pour notre mouvement, je dois expliquer pourquoi il est important d’aller voter demain et plus encore de choisir un bulletin de Debout la République afin de soutenir notre combat.

Un potentiel électoral sous-évalué

Légitimement, certaines personnes qui partagent notre combat se posent la question de l’utilité de voter pour une liste qui ne rassemble qu’1% des suffrages, comme l’annoncent les sondages aujourd’hui. Même si les attaques contre les sondages n’apportent pas grand-chose au débat, il faut préciser que la méthodologie employée par les principaux instituts sous estime grandement notre score. Ils testent en général les noms des partis avec les noms des têtes de liste régionale.

La méthodologie est légitime mais elle revient à sous-estimer considérablement notre potentiel puisque ni le nom de notre parti, ni le nom de nos têtes de liste ne sont connus. En revanche, le nom de Nicolas Dupont-Aignan est beaucoup plus connu. C’est pourquoi le nom des listes comporte le nom de notre président, ce qui nous permet de mettre son nom sur les bulletins dimanche. Or, en mentionnant son nom, notre potentiel électoral tournerait plutôt autour de 4%, nous permettant d’envisager d’avoir un élu en Ile de France.

Un vote utile aujourd’hui

Atteindre 3% nationalement serait une immense réussite pour un parti qui avait à peine présenté une soixantaine de candidats aux législatives en 2007, dont seulement une quinzaine avaient dépassé la barre du 1%. Même si Debout la République reste un petit parti, c’est un petit parti qui monte, rapidement même. Et puis, il est important d’atteindre le cap des 3% pour le financement de la campagne. En outre, un tel score, parfaitement atteignable, ferait de DLR une force politique qui compte.

Debout la République représente aussi une véritable alternative à la politique européenne suivie depuis un quart de siècle. Nous nous opposons à l’Europe technocratique et irrespectueuse des peuples et voulons construire une Europe des Etats démocratique. Nous souhaitons que le projet européen remette l’économie au service de l’homme au lieu de l’asservir aux excès de la finance. Enfin, nous souhaitons construire une Europe à la carte et riche de sa diversité au lieu du monstre bureaucratique uniformisateur.

Demain, il sera important d’aller voter. Voter Debout la République permet non seulement d’exprimer la volonté de construire une Europe radicalement différente, mais également de soutenir un parti qui pourra, après demain, représenter une bien nécessaire force d’alternance. 

05.06.2009

Européennes : un débat effroyable

À la fin du débat hier soir, Arlette Chabot, dépitée, a sous-entendu que la triste image donnée par l’émission risquait au final de favoriser l’abstention. Ce sera sans doute sa meilleure remarque de l’ensemble d’un débat aussi confus qu’agressif et malhonnête.

Un débat biaisé

Ce n’est pas un débat qu’il fallait organiser, mais sans doute deux, pour permettre à chacun de davantage s’exprimer. Les débats à 8 sont rarement très réussis car il y a trop de monde pour s’exprimer. Pire, France 2 avait sciemment décidé de zapper deux partis présentant pourtant des listes dans toute la France : Lutte Ouvrière (qui présente un candidat aux élections présidentielles depuis 1974) et Debout la République, sur la foi de sondages dont les limites sont pourtant exposées tous les jours.

Comment ne pas voir une claire intention politique, en ligne avec les souhaits de l’Elysée, derrière l’élimination de ces deux partis ? En laissant Olivier Besancenot seul, le NPA est favorisé par rapport à Lutte Ouvrière, pour éviter un trop grand émiettement de l’électorat d’extrême gauche. Et en refusant d’inviter Nicolas Dupont-Aignan, cela laisse le champ libre à Philippe de Villiers. En outre, on sentait bien dans le ton d’Arlette Chabot qui elle appréciait ou pas.

Un débat mal tenu

Si la plupart des résumés du débat se concentrent sur la bien peu glorieuse passe d’armes entre François Bayrou et Daniel Cohn-Bendit, l’atmosphère générale était déplorable. Ce débat a été un festival de comportements irrespectueux de la plupart des candidats  et de coupages de parole agressif, ce qui a souvent rendu les échanges inaudibles. Daniel Cohn Bendit n’écoutait guère ses contradicteurs et leur coupait volontiers la parole, comme Philippe de Villiers ou Marine Le Pen.

La sortie de François Bayrou sur le leader écologiste démontre une nouvelle fois toutes les limites du président du Modem, guère à l’aise dans un débat européen où il doit assumer un parcours très proche du PS et de l’UMP. Ses attaques n’auraient pas dû trouver place dans un tel débat. Curieusement, Olivier Besancenot a été un des candidats les plus polis, respectant davantage que la plupart la parole de ses opposants. Globalement, Arlette Chabot n’a pas su animer le débat.

Un festival de mauvaise foi

Mais outre une organisation et une forme déplorables, ce débat a également été l’occasion d’un concours de mauvaise foi assez incroyable. Et là, ce sont les chefs des deux principaux partis qui ont battu des records. Xavier Bertrand et Martine Aubry n’ont cessé de plaider pour changer une Europe dont ils ont pourtant accepté toutes les étapes de la construction depuis 25 ans, et notamment en 2008, lors de la ratification du traité de Lisbonne. On aurait aimé qu’Arlette Chabot les place devant leurs contradictions…

Martine Aubry a continué à plaider pour une majorité de gauche au Parlement Européen, ignorant totalement les réalités électorales du continent, qui devraient montrer un recul historique du PSE, ainsi que l’accord de 30 ans entre gauche et droite pour se partager le pouvoir. Quant à Xavier Bertrand, il continue à soutenir la ligne improbable de Nicolas Sarkozy, contre l’entrée de la Turquie à Paris, mais qui ouvre des chapitres de négociation à Bruxelles et a levé le verrou du référendum l’an dernier.

Cette soirée a sans doute été un des pires débats électoraux de l’histoire politique récente de notre pays. À défaut d’y avoir participé (ce qui était anormal), il reste à espérer que le show pathétique donné par l’émission pousse les électeurs à voter pour un des grands absents : Nicolas Dupont-Aignan.

Source : http://europeennes.blog.lemonde.fr/2009/06/04/europeennes...

03.06.2009

Le gaullisme, boussole de notre combat

Intervention écrite pour le meeting de fin de campagne DLR

Mes chers compagnons,

Le 29 mai 2005, nous avons gagné une belle bataille avec le « non » au référendum sur le TCE. Le 20 février 2008, nous en avons perdu une, lors de la ratification du traité de Lisbonne par le Congrès. Mais le 7 juin, nous allons gagner une bataille importante. En effet, Debout la République sera devenu un véritable parti national, avec des listes présentes dans toutes les régions de la métropole.

Cette élection est également un nouvel épisode de notre combat pour une autre Europe. Un combat contre cette Europe, technocratique et irrespectueuse de la volonté des peuples. Un combat contre cette Europe qui asservit l’homme à la finance et promeut l’anarchie économique et la loi de la jungle. Enfin, un combat contre l’Europe Américaine telle qu’elle est inscrite dans les traités.

Et ces combats, c’est bien le Général de Gaulle qui nous les inspire. C’est lui qui nous a montré l’exemple en se battant contre une Europe supranationale et technocratique. C’est lui qui a imposé le compromis de Luxembourg par la politique de la chaise vide. C’est lui qui a également proposé une voie alternative, celle de l’Europe des Etats Nations, avec le plan Fouchet.

Mais c’est aussi le Général de Gaulle qui est notre boussole en économie. De son temps, « la politique de la France ne se faisait pas à la corbeille ». En 1965, il a prononcé cette phrase qui trouve une actualité criante aujourd’hui. Je le cite: « le laissez-faire ! le laissez passer appliqué à l’économie (…) a souvent, (…) donné au développement une puissante impulsion. Mais on ne saurait méconnaître qu’il en est résulté beaucoup de rudes secousses et une somme énorme d’injustices ». Lui avait conscience des travers naturels du laissez faire ! et du laissez passer !, les anciens noms de la « concurrence libre et non faussée ». Une phrase que beaucoup devraient méditer aujourd’hui.

C’est lui également qui s’est battu pour construire une Europe européenne et non pas une Europe Américaine.

Aujourd’hui, nous sommes les soldats d’une Europe démocratique et respectueuse des nations, d’une Europe européenne et indépendante qui s’inscrit dans un monde multipolaire, et d’une Europe qui mettrait enfin l’économie au service de l’homme et non l’inverse.

Notre combat d’aujourd’hui est donc profondément gaulliste. Et c’est moi, qui suis né après la mort du plus illustre des Français, qui vous le dit. C’est moi, qui n’ai pas été éduqué dans une famille gaulliste qui vous le dit. Si je suis heureux de militer à Debout la République et pour Nicolas Dupont-Aignan, c’est parce que nous partageons le même groupe sanguin politique : la croix de Lorraine !

Je sais que certains d’entre nous ne veulent pas forcément brandir la référence au gaullisme dans notre combat. Certains de nos compatriotes jugent la référence vieillotte, inadaptée à la situation actuelle. À nous de leur montrer que ce n’est pas vrai !

Le Général de Gaulle était un visionnaire. Dans les années 30, il annonçait que la force mécanique déterminerait l’issue de la guerre à venir. Le 18 juin 1940, il expliquait comment la guerre allait finir. Dans les années 60, il parlait de la « Russie de toujours » et annonçait la construction du monde multipolaire qui est apparu. Et comment ne pas reconnaître aujourd’hui l’actualité de sa pensée qui évoquait les « rudes secousses et une somme énorme d’injustices » comme conséquences du laissez faire et du laissez passer ?

Car le gaullisme est finalement beaucoup plus actuel que les deux grands courants de pensée qui structure notre vie politique. N’oublions pas que le libéralisme est né au 18ème siècle et le socialisme au 19ème alors que le gaullisme est une idéologie de la 2ème moitié du 20ème siècle ! C’est pourquoi la pensée politique du Général de Gaulle est parfaitement à même d’être la boussole de notre pays dans les années à venir.

C’est pourquoi, dans la guerre politique que nous menons, n’hésitons pas à brandir la croix de Lorraine. C’est elle qui unit notre pensée et clarifie ce que nous proposons aux Français. Le 7 juin, nous allons remporter une bataille décisive pour commencer à établir notre parti comme une force politique alternative. Mais cette bataille n’est que le prélude à d’autres combats auxquels nous devons nous préparer, pour que vive la République et vive la France !

31.05.2009

Européennes : manipulations sondagières, suite

Décidément, certains journalistes n’apprennent rien. Alors qu’ils pourraient parler du débat d’idées (PAC, frontières de l’Europe, institutions, protectionnisme, leçons de la crise…), certains préfèrent toujours commenter les variations non significatives des sondages.

L’oubli de la marge d’erreur

Pour un sondage réalisé sur un millier de personnes, la marge d’erreur est de 2 à 3%. Pourtant, certains articles continuent de commenter des mouvements d’un point comme s’il s’agissait d’une vérité scientifique digne d’un prix Nobel. La palme revient sans doute à ce sondage du Monde , qui mesure l’impact de la réunion rassemblant Martine Aubry et Ségolène Royal. L’article parle d’un « léger rebond (…) au détriment du Modem » alors que les mouvements enregistrés (1 point) ne sont pas significatifs.

Bref, le journaliste commente des chiffres qui n’ont aucun sens. Mais l’autre problème est également le biais de certaines questions. En effet, dans le cas de Debout la République (très peu connu), sont testés les noms des têtes de liste avec le nom du parti, sans mention de Nicolas Dupont-Aignan alors que les sondages mentionnant son nom nous place plutôt à 4%. Résultat, ces mauvais sondages sont brandis pour éviter de nous inviter, dans un cercle vicieux machiavélique. Prélude à une bonne surprise le 7 juin ?

Un biais terrifiant

Comme en 2005 lors de la campagne référendaire sur le Traité Constitutionnel Européen, la majorité des médias ont un biais important. À l’époque, 90% des journaux appelaient à voter « oui », dont une grande partie de manière unilatérale et sans nuance, avec le succès que l’on sait. Il n’est donc sans doute pas surprenant que beaucoup de « oui-ouistes » préfèrent ignorer les véritables débats de fond pour se concentrer sur des commentaires inutiles sur des variations sondagières non significatives.

Et ce traitement indigent de la campagne doit également beaucoup aux trois premiers partis de France. Nicolas Sarkozy multiplie les contre-feux entre insécurité et Claude Allègre. Le Parti Socialiste, lui, essaie de capitaliser sur l’impopularité de Nicolas Sarkozy et avance des arguments plus incohérents les uns que les autres. Quant à François Bayrou, il préfère également se projeter en 2012 et s’opposer au président puisqu’il a voté comme lui tous les traités qui sont passés depuis 25 ans…

Oui, cette campagne électorale est très décevante. Elle a commencée trop tard pour éviter de donner du temps aux petites listes de monter et reste souvent cantonnée à des polémiques stériles sur les sondages ou des questions annexes. Le camp du « oui » en 2005 veut en tirer une forme de revanche.

Source : http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/...

30.05.2009

Les éléphants se rassemblent pour mourir

Semaine difficile pour le Parti Socialiste : malgré le grand meeting rassemblant Ségolène Royal et Martine Aubry, la perspective d’un score inférieur à 20% le 7 juin grandit et le siège de Benoît Hamon est menacé, provoquant un rassemblement des quadras pour venir à son secours.

Un contexte pourtant idéal

C’est bien le paradoxe de la situation : le Parti Socialiste va mal alors que tous les éléments qui lui sont extérieurs lui sont favorables. Après tout, l’UMP est au pouvoir depuis 7 ans, ce qui l’exonère pour une bonne partie de la situation actuelle. La crise, sévère, a provoqué une envolée du chômage, après une crise sur le pouvoir d’achat. Qui plus est, cette crise du « laissez faire » et du « laissez passer » devrait favoriser une gauche représentant théoriquement une alternative au néolibéralisme.

En outre, Nicolas Sarkozy est clairement impopulaire. Celui qui promettait de « travailler plus pour gagner plus », d’être le « président du pouvoir d’achat » et de réduire le chômage à 5% en 2012 a logiquement perdu en crédibilité. Et ce ne sont pas ses gesticulations sur l’insécurité à la veille du scrutin qui devraient beaucoup l’aider puisqu’elles rappellent également que les innombrables lois et déclarations musclées n’ont pas fait grand chose pour améliorer la situation depuis 7 ans.

Le parti de la rose aux fraises

Mais ce contexte trop beau pour être vrai est plus que compensé par les faiblesses internes du parti. En effet, si le meeting de rassemblement a sans doute plu aux militants, il a été précédé par une multitude de commentaires sur la rivalité exacerbée entre les deux protagonistes. Du coup, il ressort encore et toujours les querelles de personnes. On pourra dire que les médias en rajoutent, mais cela est aussi la conséquence logique des trop nombreuses critiques publiques exprimées entre camarades…

À cette guerre des chefs sans fin, s’ajoute une indigence programmatique incroyable. Hier matin sur RTL, la première secrétaire expliquait comment les partis socialistes allaient changer l’Europe si une majorité de gauche était élue et appelait donc à voter utile pour le changement. Mais cet argument s’effondre à la moindre analyse. Comment le Parti Socialiste peut-il espérer être crédible pour changer d’Europe après avoir voté tous les traités depuis 25 ans, y compris celui de Lisbonne ?

Pire, l’argument de changer l’Europe par le Parlement est doublement malhonnête. Si le Parlement décide d’un certain nombre de choses, ce n’est pas l’Institution la plus puissante en Europe. La Commission a beaucoup plus de pouvoir. En outre, les partis de gauche ne sont pas unis puisque certains (Royaume-Uni, Portugal) soutiennent le président actuel de la Commission. Enfin, PSE et PPE s’entendent depuis 30 ans pour co-gérer le Parlement, condamnant toute alternance…

Ce rassemblement ressemble à un chant du cygne du Parti Socialiste. Cette entente cordiale affichée mais tellement factice ne fait que renforcer cette image de parti davantage préoccupé par son nombril que par des idées, expliquant la faiblesse de son argumentation.

Source : http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2009-05-27/eur...