08.12.2009

Comment nourrir le monde (1/2) : libre-échange ou marchés protégés ?

Dans son édition du 21 novembre, The Economist se penche sur le thème passionnant de l’agriculture et se demande comment nous allons faire pour nourrir le monde. S’il soutient la déréglementation, l’hebdomadaire ultralibéral donne pourtant des arguments à ses opposants.

Les limites du tout marché

Bien évidemment, ce dossier est l’occasion pour la revue britannique de se lamenter sur les limites mises aux mécanismes du marché. En effet, devant l’envolée du prix des produits agricoles en 2007, de nombreux pays ont pris des mesures radicales, comme l’interdiction des exportations, ce qui, par ricochet, a provoqué de graves crises dans les pays importateurs. L’envol des prix a provoqué une hausse historique d’environ cent millions du nombre de personnes mal nourries dans le monde.

The Economist se fait l’avocat de la libéralisation des marchés agricoles et appelle à la suppression des barrières douanières récemment mises en place. Pourtant, ce dossier montre bien que les mécanismes du marché aboutissent aux drames que nous avons connus depuis quelques mois. En effet, la main invisible a abouti à une concentration de la production qui rend plus volatiles les cours des produits agricoles, menaçant les populations les plus pauvres de la planète.

Pire, The Economist revient longuement sur le phénomène de l’achat de terres arables dans les pays du Tiers Monde par les importateurs de produits agricoles, comme la Chine, la Corée du Sud ou les pays exportateurs de pétrole. Pas moins de vingt millions d’hectares des meilleures terres des pays pauvres d’Afrique ou d’Asie ont ainsi été achetés par des pays plus riches, handicapant sérieusement la capacité de ces pays à développer leur agriculture…

Le besoin d’encadrement des marchés agricoles

Paradoxalement, The Economist développe des exemples qui montrent l’intérêt de l’intervention publique. Il cite le cas du Malawi. Ce petit pays africain importait 40% de sa nourriture en 2005. Mais le développement de subventions au secteur agricole (à hauteur de 4% du PIB) a transformé ce pays puisqu’il exporte désormais 50% de sa production, après avoir triplé sa production de maïs en seulement 4 ans. De même, après les pénuries de riz, les Philippines visent aujourd’hui l’autosuffisance.

L’ensemble du dossier montre une chose très claire : la libéralisation des marchés conduit à une spécialisation et une concentration de la production, qui, rend plus volatiles les prix agricoles. En effet, avec un marché plus concentré, le moindre incident dans un des grands pays producteurs provoque une tension majeure qui peut faire s’envoler ou effondrer les prix. Même s’il ne s’agit pas d’étatiser la production agricole, une moindre concentration peut donner de la stabilité au système.

C’est pourquoi l’autosuffisance a encore un bel avenir devant elle et il y a fort à parier que malgré l’OMC, beaucoup de pays, y compris en voie de développement, préféreront réguler leur marché intérieur pour permettre à leur agriculture de se développer, phase essentielle du développement économique. Et de toutes les façons, la remontée prévisible du prix du carbone finira par rendre plus cher le commerce des produits agricoles, ce qui devrait favoriser une relocalisation de l’activité.

Le bilan de la libéralisation est là : le nombre de personnes souffrant de malnutrition dans le monde augmente depuis 1995. Il est donc grand temps de revenir à une vision plus locale et plus stable de l’agriculture, pour le bénéfice de tous.

Source : The Economist 21 novembre

07.12.2009

Contradictions afghanes

Barack Obama, prix Nobel de la paix 2009, a annoncé la semaine dernière, un renforcement important des moyens militaires étasuniens ainsi qu’un calendrier de sortie, suivant l’exemple irakien et les recommandations des généraux. Un dossier plein de contradictions.

Beaucoup de réflexions pour peu de surprises

Lors de la campagne présidentielle de 2008, le futur président avait annoncé qu’il renforcerait les moyens de l’armée étasunienne. Les généraux lui avaient demandé quarante mille hommes pour leur nouvelle stratégie. Barack Obama leur en fournit directement trente mille et les alliés devraient apporter le complément. Bref, il n’y a guère de surprise dans les annonces faites la semaine dernière. Il faut juste noter l’annonce d’un départ progressif à partir de mi 2011.

Mais le plus frappant est sans doute le fait qu’après huit ans, il semble surtout que la guerre en Afghanistan était également une mauvaise décision. Après tout, les réseaux terroristes ne semblent pas vraiment avoir été affaiblis, puisqu’ils trouvent refuge au Pakistan. Il y a fort à parier qu’une fois que l’OTAN se sera retirée, la situation ne sera pas meilleure qu’avant 2001 et que la population risque même de garder une rancœur tenace contre l’Occident.

Une position Française incompréhensible

Le gouvernement Français n’a pas encore clairement annoncé ce qu’il fera. La rumeur affirme que nous enverrons des troupes de formation pour les troupes Afghanes. Bref, Nicolas Sarkozy a envoyé des troupes de combat à un Georges Bush incapable de trouver une stratégie alternative à celle qu’il suivait sans succès depuis plus de 6 ans, mais il renâcle à soutenir un Barack Obama qui, lui, présente une véritable stratégie cohérente et incluant un calendrier de sortie.

Tout ceci montre la légèreté d’une diplomatie Française qui est dans les limbes depuis 2007. Le président a envoyé davantage de soldats au casse-pipe malgré l’absence de stratégie et de calendrier mais aujourd’hui que le périmètre de l’intervention est recadré, il fait le difficile. Difficile de ne pas voir dans cette incohérence la proximité personnelle de Nicolas Sarkozy avec Georges Bush et son entente difficile avec le nouveau président des Etats-Unis. A quoi tient la position du Quai d’Orsay aujourd’hui !

Bien sûr, Barack Obama s’est retrouvé coincé dans le bourbier de Georges Bush et il lui est difficile de partir aujourd’hui sur un constat d’échec, d’où cette offensive à venir. Mais les huit années passées montrent surtout que nous n’aurions jamais dû y aller en premier lieu…

03.12.2009

Michael Moore, réalisateur éditorialiste

Il y a deux jours, je suis allé voir « Capitalism, a love story », de Michael Moore. Même s’il ne fait pas dans la nuance, le célèbre réalisateur a le mérite de poser des questions très pertinentes sur la crise et les solutions qui y ont été portées aux Etats-Unis.

Une critique radicale du système

La crise économique que nous traversons révolte le réalisateur. Même s’il défend clairement un point de vue, il le fait avec brio, en sachant également se montrer didactique, en montrant par exemple comment les banques ont poussé une déréglementation bancaire qui a favorisé le développement des crédits hypothécaires à des taux usuriers. Il dénonce le plan de sauvetage des banques, largement inspiré par Wall Street et notamment Goldman Sachs alors que rien n’est pas pour les personnes expulsées.

Michael Moore démonte également les bizarreries du système étasunien, comme le système d’assurance décès souscrit par les entreprises sur leurs employés. Il montre le cas d’une employée de Wal Mart décédée à 28 ans d’un cancer, qui a rapporté 60 000 dollars à son employeur, quand sa famille s’est retrouvée contrainte de payer 100 000 dollars de frais médicaux. Même s’il s’agit d’un cas extrême, cela montre tout de même l’injustice d’un système qui profite aux gros et maltraite les petits.

Plus globalement, Michael Moore dénonce les inégalités d’un développement économique, qui, depuis plusieurs décennies, ne profite qu’à 1% de la population et dont le reste voit, au mieux, ses revenus stagner. Il cite le cas du scientifique qui a découvert le vaccin de la polio et qui a préféré ne pas le déposer, estimant qu’il gagnait déjà suffisamment sa vie. Il dénonce l’attirance qu’exerce Wall Street sur les meilleurs scientifiques, ce qui les détourne de carrière où ils pourraient être plus utiles.

Obama, nouveau Roosevelt ?

Michael Moore termine son film par une allocution de 1943 de Franklin Delano Roosevelt, où celui-ci annonçait vouloir instituer un second « Bill of right » qui aurait inclus un droit à logement décent, à un emploi utile et justement rémunéré, pour les agriculteurs, un droit à des prix de produits agricoles leur permettant de vivre dignement de leur travail. Il souligne à quel point le président du New Deal a poussé des politiques de justice sociale qui ont transformé le pays.

Naturellement, Michael Moore présente Barack Obama comme le digne successeur de Roosevelt, soulignant le contraste avec un Georges Bush qu’il exècre et qu’il ne se prive pas de critiquer à nouveau. Cependant, comment ne pas souligner que sur la question centrale de la régulation de la finance, Barack Obama ne dévie guère de la ligne du précédent gouvernement. Michael Moore s’en tire en attaquant Tim Geithner, mais c’est bien Barack Obama qui a choisi ce dernier…

Bien sûr, il s’agit d’un film très manichéen, mais c’est aussi ce côté partisan qui donne ce piment à un film qui réussit le tour de force d’être distrayant tout en faisant réfléchir. C’est pourquoi je vous le recommande vivement.

26.11.2009

Nouveau coup de pouce pour la taxe Tobin

Après le président de l’autorité de régulation de la finance, c’est au tour de Gordon Brown de se prononcer en faveur d’une taxe très proche de la taxe Tobin en Grande-Bretagne. Réelle avancée ou faux-semblant ?

Révolution en Grande-Bretagne

The Economist rapporte cette proposition du Premier Ministre britannique dans un article titré « mesures désespérées ». Lors de la réunion du G20 du 7 novembre, Gordon Brown a évoqué l’idée d’une taxe globale sur les transactions financières destinée à financer un fond d’assurance au cas où les banques auraient à nouveau besoin d’un soutien financier des gouvernements lors d’une crise financière. Même la Grande-Bretagne semble donc faire un pas en faveur d’une plus grande contribution du monde de la finance à la collectivité suite à la terrible crise d’il y a un an.

La proposition du Premier Ministre britannique rappelle certaines solutions évoquées aux Etats-Unis. En effet, devant l’immensité des sommes mobilisées par l’Etat dans les deux pays, il y a un consensus politique pour imposer, sinon une nouvelle taxe sur la finance, au moins une forme d’assurance obligatoire pour compenser la garantie de fait que l’Etat leur donne en cas de crise. The Economist note même avec horreur que les conservateurs se sont à peine opposés à l’idée et évoquent eux-aussi l’idée d’une assurance obligatoire pour les banques ou une réduction des bonus !

Réelle avancée ou faux-semblant ?

A court terme, il y a pourtant peu de chances que cette annonce soit autre chose qu’une gesticulation électoraliste pour mobiliser un électorat écœuré par une crise qui aura vu les Etats voler au secours des banques sans se soucier des difficultés des individus. Gordon Brown ne semble pas sérieusement vouloir mettre ce sujet à l’ordre du jour sinon il aurait essayé de trouver des appuis parmi les autres dirigeants du G20 pour faire avancer l’idée. Rien n’aurait été plus facile tant certains pays flirtent avec l’idée. Il aurait pu demander de lancer un groupe de travail sur le sujet par exemple.

Cependant, cette annonce du Premier Ministre britannique recèle sans doute une avancée pour un avenir plus lointain. En effet, cette conversion orale à l’idée d’une taxe sur les transactions financières de la part d’un des dirigeants de la planète qui a le plus contribué à la globalisation néolibérale peut contribuer à populariser cette idée et à lui faire dépasser le cadre un peu trop étroit des penseurs alternatifs. En cela, cela ouvre peut-être la voie à sa mise en place dans quelques années.

Bien sûr, tout laisse à croire que la déclaration de Gordon Brown est principalement électoraliste, tant il ne fait rien pour réellement mettre en œuvre une telle taxe. Cependant, il aura contribué à populariser l’idée.

Source : The Economist 13 novembre

23.11.2009

Le retour de Sarah Palin

Elle a sans doute été la personnalité la plus polarisante de l’élection présidentielle de 2008, adorée par la base conservatrice du parti républicain, détestée par les démocrates. Sarah Palin revient avec un livre, qui pourrait bien n’être qu’une étape en vue de 2012.

En route vers 2012

On croyait Sarah Palin disparue du paysage politique après l’annonce surprise de sa démission du poste de gouverneur de l’Alaska. Mais cela était une illusion. En effet, la candidate au poste de vice-présidente a fait son grand retour. Son livre « En voie de rébellion : une vie américaine » est en tête des ventes aux Etats-Unis. Elle en profite pour régler ses comptes avec l’équipe de campagne de John McCain  et démarre un tour de l’Amérique conservatrice en bus, où elle compte défendre le « sens commun ».

Il est difficile de ne pas voir dans cette initiative l’exploration d’une candidature pour l’élection présidentielle de 2012. Sarah Palin se façonne un personnage, celui de la représentante de l’Amérique profonde en colère contre les élites libérales des deux côtes, qui a les pieds sur terre et de fermes convictions conservatrices. C’est ce qui l’a amené récemment à soutenir le candidat d’un petit parti droitier contre le candidat officiel du parti républicain, jugé trop modéré, lors d’une élection à New York.

Une candidate dangereuse

Un regard européen pourrait la disqualifier, mais ce serait une erreur. Sarah Palin part avec des avantages certains pour les primaires républicaines. En effet, elle bénéficie d’une notoriété sans égale et elle électrise littéralement la base conservatrice du parti de l’éléphant, tant elle épouse ses idées. Elle serait un adversaire redoutable face à un Mitt Romney, sans doute trop proche du grand patronat dans les circonstances actuelles ou même Mick Huckabee, qui n’est pas aussi charismatique.

Et même Barack Obama devrait se méfier d’une telle candidate. Il est facile d’imaginer à quoi tournerait un affrontement Obama / Palin en 2012. Ce serait un combat entre les élites modérées, qui défendent le rôle de l’Etat et de la dépense publique face à l’Amérique profonde anti-Etat, anti-taxe, qui se présenterait comme dépositaire du bon sens commun. Pas sûr que le président sortant, affrontant des contraintes budgétaires difficiles, puisse en sortir gagnant, comme je l’avais avancé il y a presque un an…

Le retour de Sarah Palin est peut-être malheureusement annonciateur d’un futur changement politique aux Etats-Unis. Les difficultés de Barack Obama sur la réforme du système de santé et sur le plan de relance pourraient permettre au parti républicain de prendre sa revanche rapidement.

Source : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/11/17/sarah-...

22.11.2009

La rébellion des pays émergents contre l’anarchie monétaire

Après une courte remontée au plus fort de la crise, le dollar faiblit de nouveau depuis le mois de mars et la remontée des marchés financiers. Une occasion de plus de montrer les méfaits de l’anarchie monétaire à travers les réactions des pays émergents.

Pourquoi le dollar baisse ?

A priori, la raison est simple : le dollar baisse à cause des déficits. Malgré une amélioration notable, la balance commerciale étasunienne reste largement déficitaire. Pire, le déficit budgétaire dépasse 10% du PIB, ce qui provoque des inquiétudes sur la capacité du pays à honorer sa dette. Du coup, cela pourrait pousser les investisseurs à limiter leurs positions en dollars pour ne pas être exposés au risque de défaut des Etats-Unis. Mais cela n’est qu’une raison de la faiblesse actuelle.

En effet, une autre raison importante est le décalage des taux d’intérêts. En effet, les investisseurs utilisent aujourd’hui le « carry trade », empruntant en dollar (à taux très bas) pour placer dans des pays où la rémunération de l’argent est plus élevée. Le fait que le gros de la crise semble passée leur redonne de l’appétit pour aller placer dans des destinations plus exotiques. Résultat, le réal brésilien a gagné 41% depuis mars et le won coréen 36%, ce qui pénalise fortement leurs exportations.

En fait, les Etats-Unis ont trouvé un moyen commode d’amortir leur crise par la monnaie. En effet, en ayant les taux d’intérêts les plus faibles du marché, ils poussent le dollar à la baisse, ce qui renforce leur compétitivité commerciale, pénalisant les importations et favorisant les exportations. C’est ainsi que depuis plusieurs trimestres, leurs exportations ont tendance à bien se porter. Les Etats-Unis utilisent l’extérieur comme variable d’ajustement grâce au statut du dollar.

Que faire ?

Cette situation est difficile pour des pays émergents qui misent sur les exportations pour leur développement. C’est ainsi que le gouvernement brésilien a mis en place une taxe sur les placements réalisés au Brésil pour limiter la spéculation. La Corée du Sud a annoncé un contrôle sur les entrées de capitaux ainsi que des règles sur les placements effectués. Bref, les pays émergents répondent par une plus grande réglementation des flux de capitaux de manière à limiter la spéculation.

Mais ces règles ne sont malheureusement que des réactions à un système mal conçu, un système qui est surtout un non-système, sans la moindre règle. Il est impressionnant de voir à quel point quelques pays (Etats-Unis et Grande-Bretagne) utilisent la dépréciation monétaire comme un moyen de soulager leur économie, imitant les dévaluations compétitives des années 30. Pour l’instant, les autres pays ne savent pas trop comment réagir dans un système où seuls les marchés évaluent les monnaies.

Il y a pourtant des pistes pour améliorer la situation. Tout d’abord, il faudrait limiter drastiquement le pouvoir du marché, qui décide seul aujourd’hui de la valeur d’une monnaie par rapport à une autre, par une taxe Tobin et une révision des règles prudentielles. Ensuite, il faudrait remettre en question le privilège du dollar en mettant en place une alternative. Enfin, il faudrait envisager un retour à un système monétaire international, où les parités seraient fixées par les Etats.

Il y a bien une solution pour mettre fin à cette anarchie monétaire dont certains savent bien jouer pour défendre leurs intérêts au détriment des autres. Mais, seule une alliance très large (BRIC, zone euro et Japon) pourrait renverser un système qui ne profite qu’aux Etats-Unis.

Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/11/21/les-pay...

21.11.2009

La communauté internationale, impuissante face à la colonisation de la Palestine

L’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche a été l’occasion d’un changement de ton assez radical de l’administration étasunienne à l’égard d’Israël avec la dénonciation de la colonisation de la Palestine. Malheureusement, les mots n’ont pas changé l’attitude israélienne.

Une colonisation qui continue

On ne mesurera que dans quelques décennies, avec du recul, à quel point la politique de colonisation a freiné le processus de paix au Proche-Orient. En effet, rien ne justifie cette forme d’annexion partielle et partiale de la Palestine par l’Etat israélien. Qui plus est, cette pratique humilie le peuple palestinien qui assiste impuissant à l’invasion de son territoire par un occupant qui utilise des méthodes non guerrières et donc d’autant plus redoutables.

Barack Obama avait demandé très fermement un arrêt de la construction des colonies, menaçant même Israël de sanctions financières. La seule chose que Benyamin Netanyahou a bien voulu accorder est un faux moratoire puisqu’Israël pourra continuer à construire dans les colonies dont la population augmente ainsi que les projets qui ont déjà été acceptés. Pire, mardi, le ministère israélien de l’intérieur a donné son accord pour la construction de neuf cents logements à Jérusalem Est.

Une communauté internationale impuissante

L’administration étasunienne a réagi très vivement, par la voix de Barack Obama. « Je crois que la construction de logements supplémentaires dans les colonies ne contribue pas à la sécurité d’Israël. Je pense que cela rend plus dur le fait de faire la paix avec leurs voisins. (…) Je crois que cela rend les Palestiniens amers, de telle manière que cela peut finir par être très dangereux » a-t-il affirmé. Une intervention qui justifierait presque le terrorisme palestinien !

Il faut dire que la politique israélienne de colonisation est un énorme frein à la paix et qu’il est temps que la communauté internationale soit plus ferme. Il y aurait pourtant des solutions pour faire pression sur Israël. Les Etats-Unis pourraient conditionner leur aide financière. L’Europe pourrait revoir ses relations commerciales avec Tel Aviv en fonction de ses avancées et même éventuellement conditionner ses relations diplomatiques à la fin de la colonisation.

Aujourd’hui, Israël poursuit sa politique de colonisation quelques que soient les critiques de la communauté internationale. La seule solution revient donc à prendre des mesures pour montrer que cette situation n’est pas acceptable. Ne rien faire revient à accepter à mi-mot.

Source : http://www.lefigaro.fr/international/2009/11/18/01003-200...

28.09.2009

La victoire de Muti Angela

La grande coalition a vécu. Le SPD s’est effondré, la CDU a résisté et les libéraux du FDP ont triomphé. Angela Merkel vient donc de gagner un nouveau mandat à la tête de l’Allemagne mais elle change de partenaire de coalition en s’associant classiquement avec les libéraux.

Un Bundestag recomposé

Les résultats d’hier sont historiques à plus d’un titre. Car si le SPD a perdu plus de 10 points, à 23%, et enregistre son plus mauvais résultat, la CDU, avec 34%, perd quelques voix également, une nouvelle étape dans l’érosion des deux « Volkspartei » qui dominent de moins en moins la vie politique Allemande. Derrière, le FDP signe son meilleur score depuis près de 50 ans avec 14% des voix. L’Allemagne va revenir à l’alliance qui avait dominé les années 80 et le début des années 90.

La percée de Die Linke, à 12%, est spectaculaire puisque le parti d’Oskar Lafontaine parvient à plus que doubler son score. Désormais, il pèse la moitié du SPD, le rendant sans doute incontournable, y compris au niveau fédéral, alors que les socio-démocrates refusaient précédemment toute coalition à Berlin avec leurs frères ennemis…. Mieux, Die Linke est désormais le 4ème parti du Bundestag, reléguant les Verts à la 5ème position alors qu’ils visaient la 3ème place auparavant.

Une victoire personnelle de la chancelière

Et cette victoire doit beaucoup à Angela Merkel, qui est restée très populaire, devenant une figure protectrice pour une Allemagne finalement heureuse d’être maternée par la première chancelière du pays, qui allie simplicité et compétence. Alors que la Grande Coalition a sans doute achevé de réduire les différences entre les deux grands partis, l’équation personnelle supérieure de la chancelière a permis à la CDU de battre un SPD dans une position très difficile.

Gerhard Schröder avait fait prendre un virage très libéral à son parti dans les années 90. Le SPD va devoir choisir entre deux voies : conserver cet héritage et compter sur un leader plus charismatique ou remettre en question l’adhésion au modèle néolibéral. Espérons que la crise et cet échec cuisant favoriseront une véritable remise en question. La victoire d’Angela Merkel est également intéressante par ce qu’elle dit des Allemands et du leadership qu’ils apprécient, compétent, calme, simple.

La perspective d’un gouvernement CDU-CSU-FDP est une mauvaise nouvelle en revanche pour la refondation du capitalisme. Le glissement libéral de la nouvelle coalition au pouvoir ne sera guère favorable à une remise en question du système qui nous a menés dans le mur…

Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/09/27/les-conse...

20.09.2009

Barack Obama contre-attaque !

Mister Cool n’est pas content et ça fait plaisir à voir. Après avoir buté sur les limites de sa méthode participative, qui n’a pas empêché le développement d’un débat hallucinant sur sa réforme de santé, le président étasunien monte au créneau pour défendre son projet, sur la santé et la finance.

Un débat sur la santé empoisonné

Au début de sa présidence, Barack Obama avait innové en délégant au Congrès le soin de se mettre d’accord sur le détail des réformes, se contentant de tracer les grandes lignes. C’est ainsi que le plan de soutien à l’économie de près de 800 milliards de dollars avait été essentiellement conçu par les sénateurs et les représentants du Congrès. Mais cette méthode a trouvé ses limites avec la réforme du système de santé, qui a déjà pris beaucoup de retard et dont le débat est devenu complètement fou.

Le projet de Barack Obama comporte deux volets : la couverture d’un plus grand nombre  (15% de la population n’est pas couverte) et une maîtrise des coûts (la santé engloutit 16% du PIB contre 9% en Europe). Parmi les options proposées, il y avait la création d’une assurance publique, sur un modèle européen. L’idée était d’introduire plus de concurrence face aux assurances privées.

Mais l’assemblage de ces propositions a fait l’objet d’une double critique. Les opposants au projet comparent l’instauration d’une assurance publique au nazisme et au communisme, bien que cette assurance publique aurait été en compétition avec les assurances privées (contrairement à la Grande-Bretagne, où le système public est en monopole). Ils assurent également que des bureaucrates pourraient alors décider de soigner ou pas un malade en fonction de critères économiques, pour effrayer les personnes âgées.

Un ton beaucoup plus ferme

Barack Obama a donc décidé de mettre tout son poids politique dans la balance pour faire passer la réforme (même si l’assurance publique a de bonnes chances d’être abandonnée). Il a attaqué vertement « la tactique de la peur » ainsi que les « mensonges » de ses adversaires et multiplie les interventions médiatiques sur le sujet. Son administration se prépare donc à un passage en force avant la fin de l’année, même s’il essaie encore d’attirer quelques soutiens républicains.

De même, sur la réforme de la finance, le président a réaffirmé sa volonté « d’empêcher que de grandes banques prennent des risques qui menacent l’ensemble du système ». Alors que l’appétit pour la réforme s’évanouit avec la hausse de la bourse et la pression des lobbys bancaires, le président a souligné que « la stabilité croissante qui résulte de nos interventions veut dire que nous commençons à revenir vers une situation normale. Mais (…) la normalité n’est pas synonyme d’abandon de notre vigilance. »

Barack Obama a repris la barre de la réforme de la santé et de la finance aux Etats-Unis,  ce qui devrait garantir une réforme significative. Malheureusement, le président conserve un agenda relativement centriste. Quel dommage qu’il n’ait pas été plus réformateur !

Source : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/09/10/m-obam...

http://www.lefigaro.fr/international/2009/09/14/01003-200...

http://www.lefigaro.fr/economie/2009/09/14/04001-20090914...

08.09.2009

L’espoir venu du pays du soleil levant

Il y a une semaine, les élections législatives au Japon ont provoqué une vraie révolution dans le pays. Après cinquante années passées au pouvoir de manière quasiment ininterrompue, le PLD a subi une cuisante défaite qui permet à l’opposition de s’emparer fermement des rênes du pouvoir.

Un pays en recherche d’un nouveau souffle

Pendant des décennies, le Parti Libéral Démocrate a présidé aux destinées du pays du soleil levant. Sa capacité à organiser la croissance économique du pays lui a longtemps permis de régner sur le pays sans véritable opposition. Les Japonais étaient heureux de l’essor de leur pays, dont ils profitaient largement. Personne n’avait intérêt à changer une formule gagnante. Curieusement, il aura fallu presque vingt ans au Japon pour remettre en question la domination du PLD depuis que l’économie est entrée dans une torpeur dont le pays ne parvient pas à sortir.

Si le PLD a brièvement été exclu du pouvoir dans les années 90, c’était par le biais d’une alliance de courte durée des principaux partis d’opposition. Il avait alors conservé sa place de premier parti du pays. En fait, son règne a été prolongé par le passage de Junichiro Koizumi comme Premier Ministre, le seul depuis longtemps à être resté cinq ans au pouvoir. Il avait réussi l’exploit de convaincre les Japonais à voter PLD pour changer leur pays, malgré les résistances de certains de ses collègues de parti. Mais le PLD s’est ensuite montré incapable de changer pour changer le Japon.

Une leçon pour le monde ?

Résultat, les électeurs Japonais ont bouleversé la donne politique lors des élections législatives, provoquant un changement radical de majorité. Le PLD, qui avait plus de 300 sièges dans l’Assemblée sortante, n’en gagne qu’à peine plus de 100. A contrario, le Parti Démocrate du Japon, qui avait à peine plus de 100 sièges dans la précédente législature, a remporté plus de 300 sièges, avec un mandat très clair de changement et de remise en question du statut quo qui dominait le Japon depuis des décennies. Le parti a pris des engagements concrets de réforme en rupture avec le passé.

Le fait que les électeurs Japonais aient renversé la table et changé aussi brutalement d’orientation politique peut donner un espoir de changement pour d’autres pays sclérosés par la présence d’un ou de deux partis dominants. Certes, on pourra dire que la situation Japonaise est atypique dans le sens où un seul parti a dominé la vie politique nationale pendant des décennies. Mais cela signifie également qu’un changement aussi radical de majorité représente un véritable saut dans l’inconnu et que les Japonais n’ont pas hésité à bousculer l’ordre établi. En cela, ce vote représente un message d’espoir pour le monde.

L’avènement du PDJ représente un immense message d’espoir pour tous ceux qui se désespèrent du manque d’une véritable alternance démocratique. Les peuples, finissent toujours par se réveiller et renverser démocratiquement les tenants d’un ordre qui a failli.

Source : http://www.lefigaro.fr/international/2009/08/31/01003-200...

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