24.12.2009

Faut-il craindre le réchauffement climatique ?

Un certain nombre de penseurs alternatifs remettent volontiers en cause le discours officiel qui veut que l’homme soit responsable d’un réchauffement climatique dangereux pour la planète. Pour une fois, la position de The Economist sur la question me semble la bonne.

Mythe ou réalité ?

Pour être honnête, un certain nombre de scientifiques contestent sérieusement l’hypothèse du réchauffement climatique consécutif à l’émission de gaz à effet de serre, comme l’avait bien montré Malakine il y a quelques mois. On pourrait attribuer aux oscillations naturelles de la Terre les évolutions de température, ou même au soleil. Force est de reconnaître que ces thèses ne sont pas beaucoup moins crédibles que la thèse dominante.

Cependant, il y a davantage de scientifiques qui croient aujourd’hui qu’il y a un réchauffement climatique et que ce réchauffement climatique est la conséquence directe de l’activité humaine, qui génère des gaz à effet de serre, que ce soit pour les transports, l’énergie ou l’agriculture. En outre, ces scientifiques affirment aujourd’hui que la température à la surface de la terre devrait augmenter en conséquence de 1 à 6 degrés d’ici à la fin du siècle, un non-évènement ou une catastrophe…

La vérité est ailleurs

Et c’est là que la position de The Economist me semble particulièrement pertinente. Contrairement aux écologistes radicaux qui ne tolèrent aucune autre position, l’hebdomadaire anglais tient le raisonnement suivant : les vérités scientifiques varient avec le temps, mais comme aujourd’hui la majorité des scientifiques soutiennent la thèse du réchauffement climatique d’origine humaine et que ses conséquences pourraient être désastreuses, il vaut mieux agir.

The Economist admet donc les opinions contradictoires et reconnaît qu’elles pourraient bien se révéler justes dans dix ans, mais l’ampleur des conséquences potentielles de la thèse aujourd’hui dominante lui font pencher pour une action vigoureuse de réduction des gaz à effet de serre. Ne pas agir est trop risqué. Malgré tout, cela ne l’empêche pas de rendre compte de l’ensemble des travaux des scientifiques, quitte à souligner les différences de point de vue sur les questions climatiques.

Protectionnisme et taxe carbone

En outre, étant donnée la finitude des ressources de carbone fossile, il est essentiel de réduire l’intensité carbone de nos économies. C’est pourquoi il est important d’agir, quelque soit son opinion sur le climat. En revanche, le système de quotas, idéal théoriquement, a montré de grandes faiblesses. Tout d’abord, les pays se battent pour avoir des quotas les plus élevés possibles. Ensuite, les variations du prix du carbone rendent trop incertaine la rentabilité des investissements pour les entreprises.

En fait, ce sont les nations ou des groupes de nations qui pourront apporter la solution. En effet, si l’Europe décidait de surtaxer les produits en fonction de l’éloignement du site de production, alors, cela provoquerait un mouvement de relocalisation. Après tout, a-t-on besoin de faire venir des pommes du Chili ? Pire, le coût pour la collectivité n’est pas pris en compte puisque les bateaux utilisent du fuel qui n’est pas taxé. Une taxe à la consommation est le moyen de forcer les industriels à un comportement plus économe en carbone.

A titre personnel, je crois au réchauffement climatique d’origine humaine, même si je reconnais que la science pourra démontrer le contraire plus tard. Et les conséquences potentielles font qu’il est urgent d’agir, notamment par des mesures de type protectionniste.

31.03.2008

Des biocarburants bien encombrants

Après avoir été encensés comme une alternative écologique au pétrole, la polémique grandit sur les biocarburants, à la fois sur leurs bienfaits supposés et sur l’impact qu’ils ont sur le marché des produits alimentaires.

Face à la hausse continue du prix du pétrole depuis le début du siècle, beaucoup de pays aident la filière des biocarburants qui a l’immense avantage de procurer des ressources renouvelables. Malheureusement, de nombreuses études ont souligné que le bilan écologique de ces biocarburants n’est pas si rose. En effet, ils demandent souvent beaucoup d’énergie pour être produits. Aux Etats-Unis, il a été montré que la production d’un litre de biocarburant demande pratiquement un litre d’essence au total (pour la production et le transport), ce qui rend le bilan écologique absolument nul. La situation est moins négative selon les pays : au Brésil, le litre d’alcool de sucre ne demanderait qu’environ un quart de l’équivalent essence et les productions européennes tourneraient autour de 40 à 50%.

Malheureusement, outre l’utilisation importante d’énergie fossile pour être produits, les biocarburants posent de nombreux autres problèmes. Ils réclament une grande quantité d’eau, alors que tous les scientifiques alertent depuis des années l’opinion et les pays sur les manques d’eau de la planète. C’est ainsi que le patron de Nestlé, Peter Brabeck, a souligné qu’il faut quatre mille litres d’eau pour produire un litre de biocarburant, ce qui amène à se poser la question du bilan écologique global des biocarburants, qui semble tous les jours moins bon… Au Brésil, les exploitations créés pour produire de l’alcool de sucre sont souvent prises sur la forêt amazonienne, qui a pourtant un rôle écologique majeur.

Pire, les aides à la production de biocarburant ont poussé de nombreux agriculteurs à convertir leur production. Aux Etats-Unis, la production de maïs explose pour satisfaire les besoins de bioéthanol. Le problème est que cette hausse des surfaces de maïs s’est faite au détriment de la production de blé, ce qui a eu pour conséquence la très forte hausse des prix de cette céréale, qui explique in fine la hausse actuelle des prix du pain ou des pâtes. C’est bien la demande de bioéthanol aux Etats-Unis, suite aux subventions décidées par le gouvernement Bush qui est responsable de l’envolée des prix de l’alimentaire en Europe…

Bilan écologique contestable, contrecoups majeurs sur les prix de l’alimentaire : l’impact des biocarburants ne semble pas aujourd’hui extrêmement bon. La principale leçon à tirer est sans doute un nécessaire rééquilibrage entre le souci d’agir vite et la meilleure analyse des décisions a priori.

Source : http://www.lefigaro.fr/societes-etrangeres/2008/03/24/04011-20080324ARTFIG00274-nestle-predit-la-famine.php