02.05.2009

Les syndicats jouent-ils un double jeu ?

Hier, plus d’un million de Français ont défilé selon les syndicats et plus de quatre cent mille selon la police. Une mobilisation beaucoup plus forte que l’an dernier mais également sensiblement moins importante que le 19 mars. Une nouvelle manifestation qui pose les mêmes questions qu’après celle du 19 mars.

Le drôle de mouvement social

La pire crise économique que traverse le pays depuis 80 ans, plus de deux cent mille chômeurs de plus en un trimestre et un gouvernement de droite impopulaire : tout semble réuni pour provoquer un mouvement social d’une ampleur inédite. Et pourtant, la mobilisation sociale provoque une manifestation tous les mois et demi sans qu’un véritable mouvement ne s’organise vraiment. D’ailleurs la prochaine journée d’action devrait avoir lieu en juin, dernier soubresaut avant la pause estivale.

La baisse très importante de mobilisation par rapport au 19 mars démontre un essoufflement du mouvement qui pourrait être surprenant à première vue tant les circonstances (aggravement de la crise et journée d’action un jour férié) semblaient favorables. En même temps, l’absence de mot d’ordre clair ne facilite pas la mobilisation puisque que ce mouvement n’exprime pas de revendication formelle à part une protestation contre la crise et ses conséquences.

Clairs obscurs de ce mouvement

Et c’est justement cette absence de claire direction qui peut créer quelques soupçons. Que veulent vraiment les syndicats en organisant des manifestations tous les mois et demi sans la moindre demande claire ? Ces manifestations semblent agir comme une soupape sur la cocotte-minute sociale : une manifestation et la pression retombe pour quelques semaines. Et le gouvernement n’a même pas à modifier son agenda puisque aucune revendication précise n’y est exprimée.

Ce mouvement social n’est-il pas trop confortable pour le pouvoir pour que les choses ne soient pas organisées avec l’Elysée ? Bien sûr, il n’est pas évident d’avoir une demande en période de crise. Ce n’est pas comme quand la rue manifeste contre un projet de loi. Néanmoins, les syndicats ne semblent pas trop chercher… L’activisme communicant du gouvernement fait le reste en éparpillant les sujets pouvant faire débat tout en désamorçant les grèves en disant qu’il les comprend.

Je ne dis pas que les syndicats devraient demander une mesure spécifique au gouvernement. Néanmoins, je trouve très troublant ce mouvement sans direction qui mobilise les Français une fois tous les 45 jours et trop confortable pour les syndicats comme pour l’Elysée.

Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/05/01/01016-...

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2009...