13.07.2008

Royal, Montebourg, Saussez, Bertrand : les prix citron de la semaine

À la veille du 14 juillet, l’actualité politique ne prend toujours pas de vacances comme nous avons pu le constater cette semaine, pour le meilleur, mais surtout pour le pire !

Ségolène Royal a choisi : alors que ces camarades se concentrent sur leur nombril, elle a décidé de reprendre le flambeau de l’opposition. Mais au flambeau, elle semble préférer le lance-flammes. Ce sont trois salves de kalachnikovs que la candidate du PS a envoyé en direction de l’Elysée. Résumons : une attaque sur la récupération de la libération d’Ingrid Bettancourt, puis une offensive sur le rapport du président à l’argent et son clan puis mardi un nouveau scud sur France 2 en affirmant que « la France de Sarkozy, c’est la télévision de Berlusconi et les méthodes de Poutine », en suggérant qu’il y avait un rapport entre la mise à sac de son appartement et son opposition au « clan » au pouvoir. Si cette triple charge ravira certains opposants au pouvoir, ses excès la rendent contre-productive. En maniant l’outrance à ce point, on ne retient que les excès de la candidate qui semble au final servir le président par le manque de subtilité de ses critiques alors qu’il y a tant de choses plus rationnelles à dire.

Le Parti Socialiste va décidemment bien mal. Enviant sans doute la position de Jean-François Copé qui prépare un destin qu’il espère présidentiel à la tête du groupe UMP de l’Assemblée, Arnaud Montebourg a essayé de prendre la direction du groupe socialiste. Le député de Saône et Loire est une caricature de tous les excès de la politique. Longtemps avocat du non cumul des mandats, il a finalement décidé de conquérir la présidence de son conseil général après avoir manqué être battu aux législatives, affirmant désormais que la questions qu’il est « croyant, mais non pratiquant »… Après avoir incarné l’aile gauche du parti lors du référendum de 2005, il a complètement tourné casaque en présentant une motion avec les partisans de Strauss-Kahn. Heureusement, les députés socialistes ont eu le bon sens de ne pas élire cet opportuniste à leur tête et de conserver Jean-Marc Ayrault, quelles que soient ses limites.

Le Canard Enchaîné a révélé cette semaine le quadruplement du budget de communication du gouvernement demandé par Thierry Saussez, le patron du CIG, pour 2009. L’annonce est d’autant plus choquante que le Premier Ministre est venu sur RTL pour expliquer que 30 000 postes de fonctionnaires seront supprimés l’an prochain. Tout le monde ne fait pas ceinture dans l’équipe présidentielle ! Mais il est pour le moins paradoxal qu’à un moment où il est en permanence demandé aux Français de faire des efforts, le budget de communication d’une majorité augmente de la sorte, d’autant plus que l’UMP et son président dispose déjà des trois-quarts du temps de parole politique. Quand on sait en plus que cet argent remplira notamment les poches de TF1, il y a là un véritable scandale, dont il est curieux qu’on en ait pas plus parlé.

Le gouvernement continue sa guerre contre les 35 heures. L’assemblée vient de voter un texte qui fixe à 235 le nombre de jours travaillés par an pour les cadres, au lieu des 218 prévus par la loi Aubry. Problème : cela correspond à environ trois semaines de congés payés si on compte les jours fériés. Xavier Bertrand a beau jeu de dire que ce texte ne remet rien en cause, mais pourquoi alors a-t-il été voté ? Curieusement, aucune explication n’est donnée pour expliquer le pourquoi de cette remise en cause du temps de travail des cadres, bien au-delà des modifications liées aux 35 Heures. Pire, la limite maximale sera de 282 jours, soit une semaine de 6 jours avec 3 semaines de congés payés ! Avec des journées de travail de 13 heures, le cadre Français pourra travailler deux fois plus que les Japonais !

De ces prix citron, Ségolène Royal a gagné la palme médiatique. Mais elle a aussi éclipsé les deux derniers, qui auraient sans doute mérité plus d’attention.

Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/07/09/mme-royal-etablit-un-rapport-entre-ses-attaques-sur-le-clan-sarkozy-et-le-cambriolage-de-son-appartement_1067901_823448.html#ens_id=910156

http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/07/08/thierry-saussez-veut-quadrupler-le-budget-de-la-communication-gouvernementale_1067892_823448.html#ens_id=1060583

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/337772.FR.php

http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/07/08/les-deputes-ont-adopte-un-amendement-qui-augmente-le-nombre-de-jours-travailles-pour-les-salaries-au-forfait_1067469_823448.html

07.06.2008

Bouger pour exister

Depuis quelques semaines, face à une opinion qui lui reste peu favorable, Nicolas Sarkozy a décidé de revenir à ces fondamentaux et de revenir en campagne. Résultat, c’est à un véritable déluge de lois, discours et déplacements que nous assistons, sans qu’un sens général n’apparaisse…

Le président est décidemment sur tous les fronts, éclipsant toujours plus l’hôte de Matignon, dont il ne faudra pas oublier le faire-part de départ pour que les Français se rendent compte qu’il n’est plus premier ministre… Nicolas Sarkozy multiplie donc les déplacements, en Italie pour le sommet de la FAO, en Pologne pour préparer la présidence française de l’Union Européenne, en Savoie pour soutenir les familles de l’accident de bus comme à Rungis, dès cinq heures du matin pour bien montrer qu’il est du côté de la « France qui se lève tôt ». Ce tourbillon lui permet de reprendre en partie la main en maîtrisant l’agenda médiatique et donne l’impression qu’il est sur tous les fronts.

Qui plus est, ce tourbillon touche également le domaine des propositions et de la loi puisqu’une multitude de réformes sont en cours en même temps. C’est ainsi que l’économie serait en train d’être modernisée, les institutions révisées, l’audiovisuel public transformé. Et parce qu’il n’en a jamais assez, le président a annoncé une réforme du lycée qui sera bouclée en 2012 et a demandé aux autorités européennes d’envisager une baisse de la TVA sur les produits pétroliers pour compenser les effets de la hausse du prix du baril. Malheureusement, le plus n’est pas le mieux. La réforme des Institutions risque bien d’être enterrée au Congrès. Et la loi dite « de modernisation de l’économie » est surtout un beau cadeau pour les lobbys.

Mais surtout, cet activisme n’a pas été exempt de nouveaux couacs. Les ministres des finances européens ont sèchement refusé la proposition du président, ce qui était plus que prévisible (et que le gouvernement espérait sans doute, tant on se demande comment il aurait pu le financer). Sur les 35 Heures, nous avons eu droit à une série de déclarations contradictoires, en passant de la proposition de démantèlement de Patrick Devedjian au recadrage de Xavier Bertrand, avant que le gouvernement lance à nouveau un projet de remise en cause. Enfin, sur l’affaire du mariage annulé, Rachida Dati a balancé entre déclarations contradictoires, victimisation et attaque hors de propos.

N’arrivant pas à convaincre les Français, Nicolas Sarkozy se rassure en remplissant l’agenda médiatique. Une telle saturation des médias a l’avantage de ne pas vraiment permettre un examen approfondi de chaque événement, mais il ne résout en rien la question du sens de cette présidence ou de sa direction.