24.08.2011
Affaire DSK : l’indécente réaction du PS
Hier, Dominique Strauss-Kahn a été libéré. Au bout d’un feuilleton judiciaire dont les rebondissements n’ont rien eu à envier aux séries hollywoodiennes, il ne sera même pas poursuivi au pénal. Mais le blanc-seing et le soulagement de certains socialistes ne sont pas sans poser de gros problèmes.
Un Dallas judiciaire qui n’épargne pas DSK
Même s’il n’est même pas jugé au pénal et même s’il ne l’était pas au civil, il serait bien abusif de le laver de tout soupçon. Certes, le procureur a préféré mettre fin à ce mauvais feuilleton judiciaire par manque de preuves et du fait de divergences dans les récits de Nafissatou Diallo. Mais, tout d’abord, le manque de preuves est fréquent dans les cas de viol et il est en revanche avéré que DSK a eu un rapport avec la femme de chambre en moins de dix minutes.
D’ailleurs, le procureur souligne que la brièveté de la relation ne plaide pas en faveur de DSK. Ensuite, si l’argument selon lequel la victime présumée aurait menti n’est pas irrecevable, il faut tout de même souligner qu’il ne faudrait pas non plus accorder un passe-droit aux violeurs de personnes qui ont déjà menti dans leur vie. En outre, on peut imaginer que le choc d’un viol puisse quelque peu perturber sa victime, jusqu’à provoquer quelques contradictions dans le discours…
Bref, Dominique Strauss-Kahn n’est pas innocenté. Il ne sera pas jugé parce que le procureur a jugé trop aléatoire une procédure en pénal où il faut l’unanimité des jurés pour établir la culpabilité d’un accusé. Son rapport ne conclut pas clairement. En outre, toute cette affaire a fait ressortir le côté obscur d’un homme marié, qui, après avoir passé une partie de la nuit avec une call girl, a sauté sur une femme de ménage le lendemain matin, sans parler de l’affaire Banon.
Quand certains socialistes dérapent
C’est pourquoi on peut s’interroger sur les réactions d’un certain nombre de socialistes. Bien sûr, une partie de ces réactions peut être mise sur le compte de la proximité avec DSK. Mais tout de même, étant donné que DSK n’est pas clairement innocenté et qu’un fort doute subsistera sur ce qui s’est passé dans la suite de l’hôtel Sofitel, n’auraient-ils pas du essayer de travailler des éléments de langage plus prudents et moins triomphateurs, qui semblent, à tort, exonérer DSK de toute faute.
Bien sûr, il ne s’agit pas d’accabler leur camarade. Mais entre la mise en cause et certaines déclarations, il y a une grande marge. Comment Martine Aubry peut-elle se déclarer « très heureuse » de cette annonce, qui ne tranche pas définitivement la culpabilité de l’ancien patron du FMI ? Même François Hollande est allé jusqu’à se réjouir de « ce dénouement qui vient après trois mois d'une épreuve insupportable et de rebondissements qui ont été extrêmement durs à vivre ».
Manuel Valls va un peu vite en besogne en affirmant que « l'accusation insupportable de viol ne tenait pas la route ». Sur Marianne 2, Jack Dion a fait un excellent papier qui soutient que « les socialistes n’ont rien compris à l’affaire DSK ». A gauche, une voix a fait entendre sa différence, Marie-Georges Buffet qui a qualifié la décision de « mauvaise nouvelle pour la justice » et « pour les femmes » affirmant que « la vérité n’est pas dite ». Merci à elle de relever le niveau !
Je n’aime pas trop mélanger politique et faits divers, d’où la place relativement faible accordée à l’affaire DSK sur le blog. Je persiste à croire que l’attitude française sur la question est bien plus souhaitable que les excès anglo-saxons, mais uniquement en absence de délits ou de crimes.
10:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste, Société | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : affaire dsk, parti socialiste, dominique strauss-kahn, nafissatou diallo, martine aubry, françois hollande, jack dion, manuel valls, marie-georges buffet



