20.09.2011
Libye : une bataille a été gagnée
Il y a six mois, sous l’impulsion de la France et de la Grande-Bretagne, une partie de la communauté internationale décidait d’intervenir en Libye pour aider les rebelles à renverser Kadhafi. Même s’il reste beaucoup à faire, il semble que cette décision était bien la bonne.
La Libye, ce n’est pas l’Irak
Pour être clair, sur le principe, je suis opposé à l’ingérence militaire dans un pays. Comme le souligne remarquablement bien Jacques Sapir, cette ingérence est toujours le fait du plus fort sur plus faible que lui. Qui plus est, cela représente également une puissante incitation pour tous les dictateurs à s’armer toujours plus pour éviter que d’autres pays ne puissent se mêler de leurs affaires et les renverser. Bref, intervenir est une décision délicate et je comprends que l’on puisse s’y opposer.
Bref, le cas pour intervenir n’était pas facile, d’autant plus qu’il y avait les précédents irakien et afghan qui démontraient les limites d’une intervention occidentale. Malgré tout, la Libye, ce n’était pas et ce n’est toujours pas du tout l’Afghanistan. Quatre conditions bien spécifiques permettaient de justifier cette opération : le vote des Nations Unies, le soutien de la ligue arabe, la demande d’une partie du peuple libyen et la perspective d’un massacre à Benghazi.
Ces conditions bien spécifiques permettaient à mon sens de faire une exception à la règle d’opposition de principe à toute ingérence militaire. Bien sûr, certains soulignent que nous avons soutenu une faction contre une autre et que n’aurions pas du nous mêler d’un conflit interne. Sauf que d’un côté, il y avait un dictateur et de l’autre une opposition qui semble réellement vouloir mettre en place la démocratie. Dans ces conditions, il est possible de faire deux poids deux mesures.
L’action déterminante de la France
En outre, il faut noter que cette opération était soutenue par des personnalités respectées dans le monde diplomatique et plutôt connues pour leur attachement à la souveraineté nationale, ce qui les avait conduit à s’opposer à la guerre en Irak. Une fois que les rebelles auront libéré les derniers bastions, le plus dur restera à faire, à savoir construire un Etat démocratique et apaisé, ce qui ne sera pas une mince affaire, même si l’argent des hydrocarbures devrait aider…
Globalement, même si cela a pris du temps, le déroulé des opérations a parfaitement justifié l’opération : il n’a pas été nécessaire d’envoyer des troupes sur place, l’opération est restée limitée dans le temps (contrairement à l’Afghanistan) et, comme l’a montré la libération de Tripoli, rapide, la réaction de la population semble démontrer que les Libyens n’étaient pas particulièrement attachés à leur dictateur. Il n’y a pas de résistance forte aux rebelles.
Et si nous en sommes là aujourd’hui, c’est bien grâce à l’action déterminée de Nicolas Sarkozy. Si cela ne change en rien mon jugement global très négatif, il porte la responsabilité de cette opération, qui efface en partie les guerres d’Irak et d’Afghanistan. Et comment ne pas vibrer devant les images de Tripoli et Benghazi acclamant la France la semaine dernière ? Mieux, le président Français a eu pour une fois le bon goût de partager la vedette avec David Cameron.
Comme l’avait bien souligné Coralie Delaume il y a un mois, cette première bataille a été gagnée et elle était sans doute juste. Bien sûr, tout reste à reconstruire, mais il semble que la direction soit la bonne. Pour la Libye, pour la France, pour une fois, merci Nicolas Sarkozy !
08:55 Publié dans Actualités, International, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (46) | Envoyer cette note | Tags : libye, kadhafi, jacques sapir, benghazi, afghanistan, coralie delaume, nicolas sarkozy, david cameron
31.07.2010
Le fiasco Afghan
Cela fera neuf ans cet automne que l’OTAN a décidé d’intervenir en Afghanistan, sans qu’une issue semble se dessiner ni même une stratégie de victoire ou de sortie. Les récentes fuites du site Wikileaks exposent à nouveau à quel point cette guerre est une grave erreur à laquelle il est temps de mettre fin.
Une guerre injustifiable
Il n’est malheureusement pas difficile de comprendre pourquoi les Etats-Unis sont intervenus en Afghanistan, à peine 23 jours après les attentats du 11 septembre 2001. L’administration Bush n’avait pas particulièrement brillé sur le moment et déclencher une opération militaire plus ou moins justifiée était le moyen de ressouder la population derrière son gouvernement. Avec du recul, même si les Talibans dirigeaient le pays, une telle opération semble difficilement justifiable.
En effet, en pratique, il a suffi aux Talibans de déplacer leurs bases arrière au Pakistan pour se mettre largement à l’abri de la coalition occidentale. En outre, l’histoire montrait que l’Afghanistan est un pays particulièrement difficile à contrôler, du fait de sa géographie. Et renverser un régime autoritaire n’est pas un motif valable dans la mesure où l’occident s’accommode bien souvent de tels régimes quand on peut faire des affaires avec ou qu’il est suffisamment puissant.
Bref, il est impossible de véritablement justifier pourquoi nous sommes partis en guerre. Et aujourd’hui, personne ne comprend les objectifs ou la stratégie des Etats-Unis dans cette intervention, à moins que les révélations sur la richesse du sous-sol afghan ne révèle finalement des motivations bassement matérielles. Barack Obama se retrouve à gérer le bazar hérité de l’administration Bush mais cet opposant de la première heure à la guerre en Irak n’ose pas sortir de son rôle de faucon…
Une France à contretemps
Si l’on peut comprendre (en partie seulement) pourquoi la France a suivi les Etats-Unis dans cette expédition punitive quelques jours seulement après le 11 septembre 2001, il faut constater que notre pays s’était ressaisi en 2003 en s’opposant fortement à la guerre en Irak, dont l’histoire a bien montré qu’elle n’était pas justifié et qu’elle était en outre mal préparée. Malheureusement, depuis l’accession de Nicolas Sarkozy au pouvoir, la ligne atlantiste et suiviste a des avocats à l’Elysée et au Quai d’Orsay.
Du coup, la France continue à perdre des soldats inutilement dans une mission qui n’a pas de sens. Pire, notre pays a accepté de renforcer son contingent en dépit de l’absence d’une stratégie claire de l’OTAN. Et cette décision a été prise en contradiction avec les discours de campagne du candidat Sarkozy qui jugeait sévèrement cette opération et annonçait alors le départ de la France. 9 ans après, nous attendons toujours une stratégie de sortie de ce bourbier aussi désastreux pour l’OTAN que pour l’Afghanistan.
Heureusement, Nicolas Dupont-Aignan continue à plaider pour une autre politique et souligne l’enlisement de la coalition à laquelle la France participe. Malheureusement, ce ne sera sans doute qu’un témoignage de l’entêtement des Etats-Unis et de notre président.
10:55 Publié dans Actualités, International, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : afghanistan, nicolas sarkozy, otan
03.01.2010
Avatar, blockbuster politique
C’est l’évènement cinématographique de la fin d’année : le nouveau film de James Cameron repousse toutes les limites en matière d’effets spéciaux, de budget et de spectacle. Mais derrière le blockbuster, il y a également un film très engagé politiquement.
Un grand film
Avatar, c’est avant tout un film extrêmement spectaculaire, qui devient la nouvelle référence en matière d’animation, dépassant le Seigneur des Anneaux ou la deuxième trilogie Star Wars. Presque chaque image du film est composée d’une myriade d’effets spéciaux qui donnent vie à la faune et la flore de la planète Pandora d’une manière aussi réaliste qu’inventive. L’imagination de l’équipe du film est vraiment incroyable et elle est parfaitement servie par les prouesses de l’équipe numérique.
L’histoire est également rendue passionnante par la description de la culture des Na’vis, les habitants de la planète. James Cameron a vraiment imaginé un univers complexe et foisonnant, ce qui explique la longueur du film. Cependant, il est vrai que le déroulé reste assez classique : l’histoire d’amour impossible, la rivalité entre le héros et l’autochtone, les méchants très méchants, la bataille qui manque d’être perdue avant une intervention surprise, le quota de gentils qui meurent…
Mais après tout, ces figures imposées sont communes à quasiment tous les grands films d’action, même quand ils sont issus de livres (Seigneur des Anneaux, Harry Potter). Une narration trop originale ou complexe n’aurait peut-être pas permis de s’attarder autant sur les somptueuses images, la culture des Na’vis ou sur le message politique sous-jacent… Ce sont ces derniers points qui constituent la richesse du scénario et c’est très bien comme cela.
Un film engagé
Du coup, cela laisse du temps pour se concentrer sur la lecture plus politique du film. Quelques grincheux pourront soutenir que le message écologiste et pacifiste est un peu basique, voire déjà-vu. Néanmoins, Avatar va très loin dans la critique des travers de l’humanité en général, et des Etats-Unis en particulier. Comment ne pas voir le parallèle entre le film et la quête de l’or par les colons de l’Amérique qui n’hésitaient pas à massacrer les populations indigènes pour l’argent ?
Plus prêt de nous, ce film dénonce également les interventions des Etats-Unis en Irak ou en Afghanistan. Il y a un moment particulièrement saisissant ou les Na’vis disent qu’ils pourront se défendre face à un ennemi plus fort dans les montagnes qu’ils connaissent si bien… Avatar représente une critique radicale du néo-conservatisme étasunien, qui se juge supérieur aux autres et qui ne respecte rien. Le film porte un message de respect de l’autre et de sa souveraineté, qui, à défaut d’être nouveau, est bien renouvelé.
Et à un moment où même les démocrates conservateurs imposent le non-remboursement des avortements dans le projet de réforme du système de santé de Barack Obama, il est heureux de voir un message d’opposition aussi net aux idées conservatrices qui règnent outre-Atlantique. Cela rappelle le message de Wall-E, pamphlet qui représentait les hommes du futur comme des obèses incapables de marcher qui avaient fini par annihiler toute possibilité de vie sur la Terre.
Pour cela, mais tout autant pour le magnifique spectacle qu’il procure, Avatar est un film particulièrement réussi, que je vous recommande vivement. Cela fait plaisir qu’un film étasunien avec un tel message connaisse un tel succès. Les Etats-Unis changeront. Un jour.
10:55 Publié dans Actualités, International, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : avatar, james cameron, néoconservatisme, afghanistan, irak
07.12.2009
Contradictions afghanes
Barack Obama, prix Nobel de la paix 2009, a annoncé la semaine dernière, un renforcement important des moyens militaires étasuniens ainsi qu’un calendrier de sortie, suivant l’exemple irakien et les recommandations des généraux. Un dossier plein de contradictions.
Beaucoup de réflexions pour peu de surprises
Lors de la campagne présidentielle de 2008, le futur président avait annoncé qu’il renforcerait les moyens de l’armée étasunienne. Les généraux lui avaient demandé quarante mille hommes pour leur nouvelle stratégie. Barack Obama leur en fournit directement trente mille et les alliés devraient apporter le complément. Bref, il n’y a guère de surprise dans les annonces faites la semaine dernière. Il faut juste noter l’annonce d’un départ progressif à partir de mi 2011.
Mais le plus frappant est sans doute le fait qu’après huit ans, il semble surtout que la guerre en Afghanistan était également une mauvaise décision. Après tout, les réseaux terroristes ne semblent pas vraiment avoir été affaiblis, puisqu’ils trouvent refuge au Pakistan. Il y a fort à parier qu’une fois que l’OTAN se sera retirée, la situation ne sera pas meilleure qu’avant 2001 et que la population risque même de garder une rancœur tenace contre l’Occident.
Une position Française incompréhensible
Le gouvernement Français n’a pas encore clairement annoncé ce qu’il fera. La rumeur affirme que nous enverrons des troupes de formation pour les troupes Afghanes. Bref, Nicolas Sarkozy a envoyé des troupes de combat à un Georges Bush incapable de trouver une stratégie alternative à celle qu’il suivait sans succès depuis plus de 6 ans, mais il renâcle à soutenir un Barack Obama qui, lui, présente une véritable stratégie cohérente et incluant un calendrier de sortie.
Tout ceci montre la légèreté d’une diplomatie Française qui est dans les limbes depuis 2007. Le président a envoyé davantage de soldats au casse-pipe malgré l’absence de stratégie et de calendrier mais aujourd’hui que le périmètre de l’intervention est recadré, il fait le difficile. Difficile de ne pas voir dans cette incohérence la proximité personnelle de Nicolas Sarkozy avec Georges Bush et son entente difficile avec le nouveau président des Etats-Unis. A quoi tient la position du Quai d’Orsay aujourd’hui !
Bien sûr, Barack Obama s’est retrouvé coincé dans le bourbier de Georges Bush et il lui est difficile de partir aujourd’hui sur un constat d’échec, d’où cette offensive à venir. Mais les huit années passées montrent surtout que nous n’aurions jamais dû y aller en premier lieu…
10:54 Publié dans Actualités, International, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, georges bush, afghanistan, nicolas sarkozy
21.08.2009
Le bourbier Afghan
Hier a eu lieu un nouveau scrutin en Afghanistan. Ce rendez-vous démocratique pourrait donner l’impression d’un progrès. Mais le fait que l’intervention de l’OTAN remonte à près de 8 ans et la baisse de la participation montre bien l’échec de l’opération initiée par Georges W Bush.
L’échec de l’intervention occidentale
Alors que la participation était de 70% en 2004, elle est retombée entre 40 et 50% cette année, signe que la situation s’est détériorée en quatre ans. L’influence des talibans semble progresser puisqu’ils ont réussi à dissuader une partie importante de la population de ne pas voter lors du scrutin d’hier. Il est frappant de constater à quel point la présence occidentale depuis 2001 n’a pas réussi à améliorer la situation du pays. Le Washington Post a même annoncé qu’une étude réalisée par des militaires estime que les Etats-Unis devraient maintenir leur présence pendant une décennie...
Malheureusement, cette guerre a été décidée dans l’urgence, sans réelle préparation, sous le coup du choc du 11 septembre. Pour preuve, les opérations ont débuté moins d’un mois après les attentats, le 7 octobre, signe d’une précipitation rarement source de bonnes décisions. Huit ans après, si les talibans ne sont toujours plus au pouvoir et si des élections peuvent se tenir, le nombre de morts continue à augmenter, l’influence des talibans progresse à nouveau (comme le montre la baisse de la participation) et aucune stratégie claire de sortie ne semble établie.
L’héritage vénéneux de Georges W Bush
Bien sûr, Barack Obama, lors de la campagne électorale, avait plaidé pour une augmentation des moyens militaires de manière à stabiliser la situation, s’appuyant sur l’exemple irakien. Néanmoins, il est tout de même incroyable qu’après plus de sept années de présence, la seule solution évoquée soit celle-là et qu’il ait fallu tant de temps pour la formuler. Les Etats-Unis ne semblent pas savoir quoi faire pour sortir de ce bourbier. Quitter l’Afghanistan maintenant serait un terrible aveu d’échec. En même temps, y rester sans arriver à améliorer la situation démontre chaque jour un peu plus leur terrible erreur.
Le président a sans doute voulu jouer les durs sur l’Afghanistan pour compenser sa courageuse opposition à la guerre d’Irak. Mais il tarde à formuler une stratégie claire, sans doute parce qu’il n’y en a pas. Georges Bush a laissé un cadeau empoisonné à son successeur avec ce conflit de 7 ans non résolu et en voie de détérioration sans la moindre stratégie alternative sérieuse. Malheureusement, Barack Obama s’enferme dans le problème en reprenant la rhétorique de son prédécesseur sur le fait que « ceux qui ont attaqué l’Amérique se préparent à le faire de nouveau ».
Dès lors, il est complètement incompréhensible que la France ait renforcé son contingent pour une opération en échec et dont le principal commanditaire est incapable de formuler une stratégie claire. Cela est malheureusement la conséquence du tropisme étasunien de Nicolas Sarkozy
10:55 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : afghanistan, barack obama, georges w bush, nicolas sarkozy
20.01.2009
Les Etats-Unis, de l’ombre à la lumière
C’est aujourd’hui que Barack Obama est devenu officiellement le nouveau président des Etats-Unis en remplacement d’un Georges Bush qui sera très peu regretté. Le nouveau résidant de la Maison-Blanche porte de grandes espérances qui ne lui seront pas faciles de combler.
Au revoir Georges !
L’histoire ne gardera sans doute pas une bonne image du 43ème président des Etats-Unis. Déjà contesté avant sa première élection pour ses innombrables gaffes (les « bushisme »), son bilan désastreux a fait de lui le président le plus impopulaire depuis Richard Nixon, qui avait quitté son mandat à cause du scandale du Watergate. Celui qui s’était fait élire en 2000 en se présentant comme un « conservateur ayant de la compassion » a fait tout le contraire en dirigeant son pays avec un agenda idéologique très marqué à droite sur toutes les questions, qu’elles soient économiques ou sociales.
Mais on retiendra aussi de cette présidence un certain manque de professionnalisme. Les conflits en Irak et en Afghanistan ont été déclenchés pour de mauvaises raisons et très mal préparés. L’administration Bush n’a pas su réagir au désastre de la Nouvelle-Orléans, laissant se développer une situation indigne de la première puissance économique de la planète. Il a refusé de signer le protocole de Kyoto, ne permettant pas l’émergence d’un accord global pour lutter contre le réchauffement climatique et la création d’une zone de non-droit et de torture à Guantanamo Bay représente une honte pour les Etats-Unis.
À ce bilan désastreux s’est ajoutée la pire crise économique traversée par le pays depuis la Grande Dépression. Bien sûr, Georges Bush n’est pas le responsable de cette crise, mais il était le représentant de l’idéologie ultralibérale et dérégulatrice qui l’a provoquée. Et s’il n’a pas hésité à mobiliser les moyens de l’Etat pour sauver les institutions financières, l’administration Bush n’a pas su répondre aux angoisses d’une population qui voit les saisies et le chômage s’envoler. En outre, alors qu’il avait trouvé un excédent budgétaire, il laisse un déficit de plus de 1000 milliards de dollars !
Bienvenue Barack !
Bref, il ne sera pas difficile à Barack Obama de faire oublier son prédécesseur. Il apparaît d’ors et déjà beaucoup plus professionnel et plus sérieux qu’un Georges Bush qui n’a pas hésité à donner dans un humour parfois plus que douteux et indigne de sa fonction. Le nouveau président a démontré de grandes qualités de leadership et d’animation d’équipe pendant la campagne électorale en arrivant à battre Hillary Clinton puis les républicains. Il a su conserver un calme olympien, tout en restant plus positif et moins agressif que ses deux rivaux. Il semble avoir la trempe d’un grand dirigeant.
Sur le fond, la présidence Obama est porteuse de promesses mais également de quelques limites. Elle promet un grand professionnalisme par le calibre des membres de son administration. Elle promet également une réponse à la mesure de la dureté de la crise puisque le plan de relance devrait largement dépasser les timides initiatives européennes. En revanche, si la réponse budgétaire à la crise promet d’être à la hauteur, on peut se poser des questions sur la nécessaire refondation du capitalisme, tant son équipe semble peu ouverte aux suggestions des économistes alternatifs.
Même si Barack Obama ne répond pas à toutes les attentes placées en lui, nul doute qu’il sera un bien meilleur président que Georges Bush. Ce sera tout le paradoxe des Etats-Unis que d’avoir fait passer leur pays de l’ombre à la lumière en passant d’un blanc à un métis.
Source : http://www.liberation.fr/monde/0101311627-ce-que-l-on-reg...
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23.09.2008
L’erreur Afghane
Hier, le Parlement a voté sans surprise la poursuite de la guerre en Afghanistan. Nicolas Sarkozy voulait faire de ce vote un piège pour l’opposition mais il en restera seulement un débat superficiel qui a complètement oublié les véritables enjeux de ce conflit.
Cette guerre a été déclarée le 4 octobre 2001, moins d’un mois après les attentats, en partie sous le coup de l’émotion suscitée par le 11 septembre. Contrairement à la guerre d’Irak, elle a été autorisée par l’ONU et avait pour but de renverser les talibans au pouvoir qui étaient accusés d’aider les terroristes et de libérer le pays de l’oppression de ses chefs. L’engagement de 45 000 soldats a permis de renverser le régime en place à Kaboul mais le moins que l’on puisse dire est que la situation semble pourrir depuis : l’OTAN ne parvient pas à réduire l’influence des talibans, qui conservent le contrôle d’une grande partie du pays, le nombre de victimes augmente tous les ans et la présence des forces occidentales contribue sans doute à pousser de nombreuses personnes vers le terrorisme. Enfin, il est difficile de se demander si cela ne contribue pas à déstabiliser le Pakistan voisin.
L’opération telle qu’elle a été conçue il y a sept ans ne fonctionne toujours pas. Les forces de l’OTAN ne sont pas suffisantes pour remettre de l’ordre dans le pays. Les troupes de la coalition représentent à peine plus du tiers des troupes qui ont été nécessaires en Irak dans un pays plus peuplé, beaucoup plus grand et dont la géographie est beaucoup plus complexe. De nombreux experts estiment que la situation ne pourra pas être stabilisée avec moins de 150 000 soldats ! L’exemple des renforts qui ont permis de casser le cycle de la violence en Irak montre bien que l’importance des moyens est cruciale pour stabiliser un pays. Dans le cadre de l’Afghanistan, cela est d’autant plus choquant que les forces de l’OTAN sont présentes depuis sept années alors qu’il a fallu quatre ans aux Etats-Unis pour changer de stratégie en Irak. L’opération telle qu’elle est conçue aujourd’hui ne peut pas fonctionner !
Mais outre le fait que cette opération n’est pas dimensionnée de manière à réussir, on peut également se poser des questions sur les raisons d’une telle présence, en dehors de l’affichage d’une réaction aux attentats du 11 septembre. Ses partisans parlent de « guerre contre le terrorisme », de « guerre pour la liberté », un moyen habile de taire tout débat puisqu’il est difficile d’être opposé à de telles positions. Pourtant, l’OTAN ne mène pas de guerre pour la liberté dans d’autres pays. Et la guerre contre le terrorisme est limitée à deux pays alors que ces terroristes sont bien sûrs présents dans d’autres endroits. Les soutiens de cette guerre d’Afghanistan se distinguent davantage par leur rhétorique habile que par leur capacité à mener leur mission à bien sur le terrain.
Comme le dit justement Jean-Marc Ayrault, la guerre d’Afghanistan est devenue une guerre d’occupation. Pire, cette guerre n’a plus vraiment de motif puisque si on s’accorde pour faire la guerre dans de telles conditions, alors, l’OTAN devrait intervenir dans de nombreux pays, ce qui n’est pas possible. En outre, comment ne pas comprendre que cette présence prolongée renforce les talibans qui peuvent présenter la présence occidentale comme une occupation du pays ? Nicolas Sarkozy a essayé d’instrumentaliser le vote inutile du Parlement sur cette question pour mettre l’opposition en difficulté. Finalement, elle s’est simplement opposée à une mauvaise guerre, mal menée, et qui dure depuis trop longtemps.
Le pire dans ce débat reste clairement le traitement indigent de la plupart des médias, qui ne font que répéter les mots habiles du gouvernement sans chercher à se poser les vraies questions. Résultat, l’erreur afghane se rapproche toujours plus du bourbier vietnamien.
Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2008/09/21/01002-2008092...
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/09/22/f...
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04.09.2008
Amateurisme gouvernemental et présidentiel
Si Nicolas Sarkozy a été élu en mai 2007, c’est notamment parce qu’il dégageait une plus grande compétence que ses rivaux. Depuis, les nombreux cafouillages gouvernementaux sont venus tempérer ce jugement, comme le montrent les couacs des derniers jours.
Il faut dire que la semaine a commencé en fanfare avec les nombreuses déclarations contradictoires au sujet du RSA et de l’ISF. Alors que vendredi dernier, Martin Hirsch indiquait sa préférence pour que la taxe sur le capital pour financer une partie du RSA ne puisse pas être prise en compte dans le bouclier fiscal, Christine Lagarde a indiqué qu’elle souhaitait le contraire. La ministre de l’économie a également provoqué un incident dans cette interview en annonçant une possible réforme de l’ISF, qui a été immédiatement démentie par le Premier Ministre sur Europe 1. Le même François Fillon a fini par corriger les prévisions de croissance pour l’année en cours en admettant qu’elle tournerait plutôt autour de 1% alors que le gouvernement parlait encore d’une fourchette de 1,7 à 2% il y a quelques semaines.
Pire, à ces couacs gouvernementaux s’ajoutent les bourdes présidentielles qui s’accumulent depuis quelques jours. La dernière en date est le renvoi du « Monsieur sécurité » de Corse juste après l’occupation de la villa de Christian Clavier à Porto Vecchio. Le lien entre les deux évènements peut amener à penser que la justice n’est pas la même en France selon qu’on soit ami ou pas avec le président de la République. Pire, et cela n’a pas été relevé par la plupart des médias (Le Canard Enchaîné à part), le président de la République, dans sa hâte à trouver un accord sur la crise du Caucase, a proposé un plan qui ne faisait pas référence à l’intégrité territoriale de la Géorgie et laissait de larges possibilités d’action à la Russie. Une fois encore, il a confondu vitesse et précipitation, à tel point que l’Union Européenne essaie de revenir sur cet accord alors que Moscou a beau jeu de s’y accrocher. Enfin, comment ne pas évoquer l’extrême légèreté de son comportement lors d’une cérémonie pour les victimes d’Afghanistan (voir la vidéo ci-après).
Les raisons de ces multiples couacs sont malheureusement assez simples. La cacophonie du gouvernement est un produit de l’exemple donné par Nicolas Sarkozy, dans un gouvernement tout en en critiquant la ligne. Il n’est pas étonnant que l’équipe d’un président qui a été un ministre ignorant le collectif, ignore elle aussi la solidarité gouvernementale. Concernant Christine Lagarde, ses bourdes sont malheureusement une constante dont le summum reste son conseil de faire du vélo ou de marcher face à la hausse du prix de l’essence. Les couacs présidentiels sont, eux, la conséquence d’une attention trop forte donnée à la forme au détriment du fond, comme le montre bien l’accord maladroit sur la Géorgie. Malheureusement, l’addition de toutes ces bourdes donne une impression d’amateurisme qu’on attendait davantage de sa rivale…
Heureusement pour Nicolas Sarkozy, le spectacle pitoyable du Parti Socialiste depuis la présidentielle lui offre un beau filet de sécurité : l’opposition ne semble pas à même d’assumer la moindre alternance. Résultat, malgré les bourdes, il conserve un minimum de soutien.
Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/09/01/tension...
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/09/02/le-m-sec...
La vidéo de la cérémonie : http://fr.youtube.com/watch?v=mTiaJST29XI
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20.08.2008
Victimes inutiles en Afghanistan
Hier, 10 soldats Français ont été tués et 21 blessés dans une embuscade des Talibans contre les troupes de l’OTAN. La réaction rapide du président et du gouvernement ne les exonère pas de la responsabilité de la participation de la France à une opération contestable et mal préparée.
Bien sûr, la participation à des opérations de guerre, comme en Afghanistan n’est pas sans danger et il est malheureusement logique que notre engagement dans ses opérations entraîne des conséquences dramatiques. Mais cette opération militaire en Afghanistan est très contestable, surtout aujourd’hui. D’un point de vue du droit international, l’intervention des Etats-Unis dans un pays souverain, même si elle est destinée à lutter contre des terroristes, est plus que contestable. Elle a uniquement été permise par le traumatisme du 11 septembre puisque le déclenchement des opérations a eu lieu moins d’un an après les attentats contre les Etats-Unis.
Mais outre la décision de lancer l’opération, c’est sa conduite qui est choquante. Presque sept ans après son démarrage et plus de six et demi après le renversement du régime taliban et la prise de Kaboul, la situation ne semble plus progresser. À quoi sert encore la présence de 45 000 soldats de l’OTAN dans ce pays ? La situation semble même se détériorer, comme le montre malheureusement l’augmentation du nombre de victimes militaires, passé de 58 à 232 en 3 ans. Le bilan 2008 devrait être pire puisqu’on compte déjà plus de 200 victimes. La présence des forces occidentales telle qu’elle est conçue aujourd’hui semble faire davantage partie du problème que de la solution. Certains experts militaires affirment qu’il faudrait au moins 150 000 soldats pour stabiliser la situation, près de 7 ans après le démarrage des opérations…
Pendant la campagne électorale, Nicolas Sarkozy avait émis un jugement très sévère sur l’opération en Afghanistan et annoncé vouloir retirer les forces Françaises, dans le grand mouvement gaulliste et républicain des discours d’Henri Guaino, qui avait fait oublier les prises de position antérieures du candidat. Une fois élu, il est revenu à ses premières idées et a donc décidé de renforcer le contingent Français dans une opération qui ne fonctionne pourtant pas bien depuis des années et dont l’issue semble tous les jours plus incertaine. Il porte donc une responsabilité dans le drame de cette semaine.
Si la mort de militaires en opération est dramatique, elle est malheureusement une conséquence possible. Mais, ici, il est particulièrement rageant de constater qu’elles sont la conséquence d’une participation un peu légère à une opération mal ficelée.
Source : http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/08/19/d...
Je terminerai la série d’article sur le bilan de Nicolas Sarkozy ce week-end
10:49 Publié dans Actualités, International, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, otan, afghanistan
09.04.2008
Nicolas Dupont-Aignan relève la croix de Lorraine
Hier, le Parlement examinait la motion de censure, déposée par le parti socialiste, contre la politique étrangère de Nicolas Sarkozy. Nicolas Dupont-Aignan a dignement représenté les idées gaullistes en votant la motion, par-delà les clivages traditionnels.
Bien sûr, c’est le parti socialiste qui a déposé la motion de censure du gouvernement et il est assez piquant qu’il se pose en défenseur de la politique internationale définie par le Général de Gaulle, contre les dérives d’un pseudo héritier du gaullisme qui se recueille occasionnellement à Colombey… François Hollande a repris l’argumentaire développé par Dominique de Villepin à l’ESSEC jeudi et dimanche sur Canal Plus. Il a dénoncé l’atteinte à l’indépendance de la France et l’erreur politique qui consiste à s’aligner sur un Georges Bush, dont les initiatives ont pourtant toutes échoué et qui est même discrédité dans son propre pays.
Il était pour le moins paradoxal de voir alors François Fillon, un temps considéré comme un gaulliste social, défendre le retour dans le commandement militaire de l’OTAN et l’envoi d’un nouveau contingent de soldats français en Afghanistan. Plutôt que de chercher à défendre ces deux décisions, le premier ministre a eu recours à une mauvaise foi incroyable pour répondre à la motion de censure. Il a dénoncé le pseudo « anti-américanisme » des socialistes, ce qui est un peu simpliste quand on voit le débat que créé aux Etats-Unis même l’intervention en Irak. Ensuite, il a souligné que ce sont Jacques Chirac et Lionel Jospin qui avaient décidé l’envoi du premier contingent. Mais cet argument est assez douteux étant donné que cette décision avait été prise en 2001, que la situation a beaucoup changé depuis et que l’intervention est un échec.
Alors que François Bayrou s’est une fois de plus réfugié dans la neutralité, Nicolas Dupont-Aignan a fait preuve d’un véritable courage politique en votant la motion de censure socialiste. Ce vote est cohérent par rapport à ses convictions, mais il a le courage de voter contre l’UMP, dont il reste forcément plus proche que du PS. Ainsi, il rejoint les leaders de caractère que sont Philippe Séguin, Jean-Pierre Chevènement ou Dominique de Villepin qui n’ont jamais hésité à affirmer leurs convictions, même quand celles-ci allaient dans un sens différent de celui de leur camp. En cela, le président de Debout la République fait honneur au courant gaulliste dont il devient chaque jour un peu plus un leader naturel.
Pendant la campagne, Nicolas Sarkozy avait promis la rupture sur la croissance et le pouvoir d’achat, et la continuité sur les affaires étrangères. Faute de réussir les premiers, la rupture se fait sur une politique étrangère qui avait pourtant fait l’objet d’un large consensus depuis cinquante ans. Merci à NDA de le dénoncer haut et fort.
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/04/08/l-assemblee-rejette-la-motion-de-censure-deposee-par-l-opposition_1032463_823448.html#ens_id=1025757
11:42 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nda, censure, otan, afghanistan



