29.08.2011

Rendez-vous les 10 et 11 septembre pour les universités d’été DLR

Dans un peu moins de deux semaines auront lieu les universités d’été de Debout la République. L’occasion de réunir les militants mais aussi pour tous les sympathisants de venir pour nous rencontrer et découvrir le parti présidé par Nicolas Dupont-Aignan à la veille de la campagne présidentielle.

Un moment essentiel dans la vie d’un parti

Depuis 2007, j’ai pu constater le changement de Debout la République. Chaque année, nous accueillons davantage de militants, notamment des jeunes. Les universités d’été sont donc toujours un moment fort car elles permettent de discuter avec les forces vives du mouvement, de prendre le pouls du terrain, de refaire le monde jusque tard dans la soirée du samedi. Des moments qui conjuguent politique et convivialité, sans l’aspect politicien que peut avoir la politique.

Mais ces universités ne s’adressent pas uniquement aux membres du parti. A quelques mois du rendez-vous crucial des élections présidentielles, où je suis convaincu que Nicolas Dupont-Aignan sera la révélation de la campagne, elles peuvent être le moyen pour vous de découvrir le parti en chair et en os. Et même si vous n’êtes pas adhérent, n’hésitez pas à passer, au moins dimanche pour le discours de NDA. Cela vous permettra de nous découvrir. Vous trouverez le programme ici.

Ce rendez-vous est important pour nous. Un immense travail a été réalisé depuis six mois pour récolter les signatures des maires. Une équipe aussi professionnelle qu’engagée nous a permis de tirer les leçons de 2007  et, même s’il reste du travail à faire, cela se présente bien comme l’a confié NDA au Figaro. Mais la présidentielle est une campagne où nous aurons besoin de l’aide de tous pour porter les idées que nous défendons et dont l’actualité montre chaque jour la pertinence.

L’euro, les banques, la mondialisation, l’arnaque du siècle

Après avoir fait pas mal de publicité pour de nombreux livres pendant tout l’été, j’en profite pour rappeler que le dernier livre de Nicolas Dupont-Aignan, « L’euro, les banques, la mondialisation, l’arnaque du siècle » est un gros succès puisqu’il en est au 4ème tirage et s’est déjà vendu à près de 10 000 exemplaires, un score considérable dans le milieu politique, d’autant plus qu’il n’a pas bénéficié d’une couverture médiatique extraordinaire, malgré un sujet d’actualité.

Avec cinq mois de recul, ce livre apparaît comme extrêmement actuel. Le plan de soutien aux créanciers du Portugal, le nouveau plan de soutien aux créanciers de la Grèce, le débat actuel sur la dette n’ont fait que le rendre plus encore d’actualité. En effet, outre le fait de démontrer les méfaits de la monnaie unique, que Jean-Jacques Rosa ou Alain Cotta dénoncent depuis longtemps, ce livre propose une réflexion plus globale sur l’économie et la mondialisation.

NDA y dénonce ce système financier qui vit comme une sangsue sur l’économie réelle et il fait le lien entre les excès de la financiarisation et l’affaiblissement du tissu productif de notre pays. La mondialisation est un processus global, où le monde financier, qui ne tourne qu’à son unique profit, pousse les délocalisations. Et parce que cette globalisation ne défend pas l’intérêt général, ce sont bien les nations qui seront les outils des peuples de briser cette grande régression sociale qu’on leur impose.

Je vous dis donc rendez-vous à Dourdan les 10 et 11 septembre, en espérant vous y voir très nombreux pour échanger en toute liberté. Et d’ici là, pour ceux qui ne l’ont pas encore lu, n’oubliez pas de vous procurer le dernier livre de Nicolas Dupont-Aignan.

31.07.2011

Alain Cotta flingue la monnaie unique

Il avait combattu l’euro, avec Rosa et Lafay dans les années 1990. Il y a un an, il avait sorti un petit livre savoureux et toujours d’actualité « Sortir de l’euro ou mourir à petit feu ».

Les arguments des partisans de l’euro hachés menu

Comme Jean-Jacques Rosa après lui, l’économiste revient sur les nombreux arguments avancés par les partisans de l’unification monétaire européenne et depuis démentis par les faits. Il cite donc le fameux article du 28 octobre 1997 du Monde signé par tout ce que la pensée unique compte de partisans, de Pascal Lamy à Claude Bébéar. Le premier argument avancé était la protection contre les crises, prévision que les hoquets des bourses européennes depuis 18 mois infirment fortement.

Ensuite, l’euro devait apporter des prix stables : ceux des grandes marques de grande consommation ont fait l’exact inverse. Il devait ensuite assurer « une gestion saine des finances publiques ». C’est sans doute pour cela que nous sommes aujourd’hui en plein une crise des dettes souveraines… Enfin, l’euro devait nous apporter croissance et emploi. Manque de chance, la zone euro est, avec le Japon, la zone où la croissance est la plus faible depuis dix ans dans le monde entier.

Ensuite, l’euro devait nous donner « une position centrale dans le concert international ». En lieu et place, comme le dit Emmanuel Todd, « avec l’euro fou, l’Europe réussit le tour de force d’utiliser sa propre puissance économique pour se torturer ». Enfin, l’euro devait nous apporter une « cohésion interne » dont on discerne mal les contours en voyant certains Allemands demander aux Grecs de vendre leurs îles et certains grecs évoquer rien moins qu’un « 4ème Reich » !

Pourquoi l’euro ne marche pas

Alain Cotta développe des arguments repris par Patrick Artus et Jacques Sapir, à savoir que l’euro pousse à « contenir les salaires, accroître les impôts indirects pesant sur le consommateur et non sur les entreprises ». Il souligne que l’Allemagne s’y est adapté, accumulant 200 milliards d’excédent extérieur, correspondant à peu près aux déficits des autres pays. Pour lui, « la rente et les rentiers sont les grands bénéficiaires de l’euro », monnaie de la « gérontocratie européenne ».

Pour lui, les politiques qui ont construit l’euro sont « les pompiers zélés d’un incendie qu’ils auront allumé eux-mêmes ». Il note que la monnaie unique bénéficie de nombreux soutiens : tous les gouvernements en place, les rentiers, le système financier et les grands pays (Etats-Unis, Grande-Bretagne et Chine inclus), ce qui risque de faire durer le supplice de l’euro encore un peu, « la force du statu quo ».

Mais pour lui, les plans d’austérité pourraient bien réveiller les peuples, comme le montre le mouvement des Indignados. Il ne croît pas à un mouvement fédéraliste qui « condamnerait les représentants du peuple à devenir (…) des décideurs de la localisation des pissotières ». Il souligne également que l’Allemagne ne sauvera pas l’euro « à n’importe quel prix » et trouve les réticences du peuple allemand « justifiées ». Il n’attaque pas des marchés qui ne font que refléter la réalité.

Vers une nouvelle Europe monétaire

Il souligne que ce sont les porteurs d’obligations de la Grèce qui ont profité du plan de soutien qui a permis de leur rembourser 100 milliards d’euros. Il préconise la transformation de l’euro en une monnaie commune accompagnée de monnaies nationales aux parités ajustables. Il souligne qu’Athènes ne retrouvera pas la croissance sans pouvoir dévaluer et souligne qu’il y a « des dévaluations réussies, d’autres qui échouent, certaines suivies d’inflations, et d’autres non ».

Il pense que l’Allemagne peut changer de modèle et pourrait bien « condamner la zone euro, dont elle détient les clés financières de la cohésion ». Comme Jacques Sapir, il évoque l’utilisation de l’article 16 et prévoit plus de croissance en cas de sortie de l’euro, préconisant aussi l’utilisation de la monétisation. Il croit fortement à l’avenir de notre pays, qui peut s’appuyer sur quatre atouts majeurs : le tourisme, notre système de santé, notre langue ainsi que notre épargne.

Avec ce petit livre mêlant économie et politique, Alain Cotta signe un essai facile à lire, aussi élégant que percutant qui synthétise remarquablement les enjeux autour de la monnaie unique européenne.

Source : Alain Cotta, « Sortir de l’euro ou mourir à petit feu », Plon, collection Tribune Libre

10.07.2011

Euro : réponse à la réponse de Georges à Coralie

Il y a quelques jours, Coralie Delaume taquinait NKM dont les arguments pour essayer de disqualifier le retour aux monnaies nationales pourraient laisser penser qu’elle est encore plus incompétente que Marine Le Pen en économie, s’attirant une réponse de Georges Kaplan.

L’économie -1.0

Démagogie ? Incompétence crasse ? Au final, j’en viens à espérer qu’il s’agit du premier... Car si Marine Le Pen a du mal avec l’économie, Nathalie Kosciusko-Morizet semble vouloir descendre encore plus bas pour la critiquer. C’est ainsi qu’elle s’est bien imprudemment avancée sur les plateaux de télévision en sous-entendant que le retour au franc conduirait à une multiplication par 6,5 des prix et donc à une perte dramatique de pouvoir d’achat pour les Français…

Coralie Delaume l’a donc remise à sa place, suivant l’exemple d’Eric Zemmour qui n’a pas été tendre avec la ministre de l’écologie sur le plateau de France 2, ridiculisant sa bien faible argumentation économique et retournant contre elle son exemple de la baguette, qui montre bien que le passage à l’euro a permis une envolée de certains prix. Où l’on comprend que l’économie n’est pas une matière nécessaire pour entrer à Polytechnique, semble-t-il…

Un nouveau franc pas si mini que ça…

Georges Kaplan en profite pour faire un sort aux partisans d’une transformation de la monnaie unique en une monnaie commune accompagnée d’un retour aux monnaies nationales. Son premier argument est d’évoquer une dévaluation du franc de 25% par rapport à l’euro. Or on peut argumenter que le franc ne dévaluerait pas. Miracle ? Tour de passe-passe médiatique ? Non, même la banque ING confirmait un tel scénario dans ses prédictions.

En effet, la France se trouve au centre de gravité de la monnaie unique, entre la fourmi allemande et les cigales du Sud. Résultat, si l’euro éclate, le mark nouveau sera réévalué, les peseta, lire, escudo et drachme nouveaux seront dévalués. Et au milieu, notre nouveau franc devrait rester à parité avec l’ancien euro monnaie unique, devenue monnaie commune composée de fractions des nouvelles monnaies nationales. La dévaluation du franc serait limitée au mark et au florin…

Georges au pays des merveilles libérales

Georges poursuit en nous expliquant bizarrement que les déficits commerciaux n’ont aucune importance. Il n’y aurait pas de problème quand la France vend pour 34,2 milliards d’euros et achète pour 41,6 milliards de produits, laissant un déficit de 7,4 milliards en mai. Bien sûr, nous pouvons nous endetter à l’extérieur ou vendre nos bijoux de famille pour combler ce trou. Mais in fine, il y a quand même appauvrissement puisque le pays s’endette vis-à-vis de l’extérieur pour financer ce déficit.

Puis il critique la proposition de revenir sur la loi de 1973 permettant à la Banque Centrale de financer l’Etat. Il agite le spectre de l’hyper-inflation et de la spoliation des épargnants. Tout d’abord, c’est le système actuel qui a permis l’hyper-inflation du prix de nombreux actifs depuis une quinzaine d’années, aboutissant à différents krachs. Ensuite, la monétisation peut être conduite de manière responsable et elle peut permettre d’éviter la déflation en cas de baisse de la masse monétaire.

Enfin, je ne peux pas résister à l’envie d’évoquer la théorie des Zone Monétaire Optimale, évoquée par des économistes libéraux comme Jean-Jacques Rosa, Alain Cotta ou Gérard Lafay, selon laquelle il est absurde d’avoir une seule monnaie pour des pays aussi hétérogènes que ceux de la zone euro. Et je suis curieux de savoir quels seraient les moyens, pour lui, de faire fonctionner l’euro avec tous les travers que nous amène cette construction baroque et artificielle.

Non, Georges, la fausse bonne idée, ce n’est pas le retour aux monnaies nationales, c’était la création de l’euro. En outre, quelle est la crédibilité de ceux qui nous avaient promis croissance et emplois avec l’euro quand ils nous prédisent aujourd’hui l’apocalypse si nous le quittions ?

09.01.2011

Les victoires de l’économiquement incorrect

La pensée unique économique déploie dans les médias de nombreux « experts » chargés de porter la bonne parole, qui trustent la plupart des plateaux et des tribunes. Cependant, petit à petit, les alternatifs commencent à casser le plafond de verre et gagnent en audience.

Des tribunes s’ouvrent à nouveau

La crise du début des années 1990 et le débat sur le traité de Maastricht avaient permis à un certain nombre d’alternatifs de prendre la parole et de plaider pour une « autre politique », au premier rang desquels Maurice Allais, Jacques Calvet et Emmanuel Todd du côté de la société civile, ainsi que Philippe Séguin et Jean-Pierre Chevènement en chefs de fil politiques. On y traitait déjà de protectionnisme et de problèmes monétaires avec l’arrimage du franc au mark.

La grave crise de 2008 semble avoir profondément réveillé les consciences, d’autant plus que la décennie 2000 n’a guère été réussie pour beaucoup de pays européens, enfermés dans la torpeur économique d’un euro cher puis victimes de la pire crise économique depuis 80 ans, et enfin d’une crise majeure des dettes souveraines depuis le printemps 2010. Résultat, comme beaucoup d’alternatifs (Allais, Stiglitz, Gréau, Jorion, GEAB) avaient anticipé la crie, on les écoute davantage.

Bien sûr, leur présence reste limitée dans les plus grands médias, mais Paul Krugman et Joseph Stiglitz, de plus en plus critiques vis-à-vis de la globalisation néolibérale, gagnent une belle audience. En France, Frédéric Taddéi ou Yves Calvi ouvrent leurs émissions à des alternatifs. Et comment ne pas reconnaître le rôle majeur joué par Marianne, qui ouvre grand ses pages et son site à Frédéric Lordon, Jacques Sapir ou Jean-Luc Gréau, leur permettant de populariser leurs thèses.

Des brèches dans la pensée unique

Le site pour un protectionnisme européen autour d’Emmanuel Todd, Jean-Luc Gréau et Hakim el Karoui a été un pionnier. Depuis, les idées protectionnistes avancent. Si Joseph Stiglitz y est encore opposé, Paul Krugman y est de plus en plus sensible en constatant son rôle dans la croissance des inégalités. Marianne a récemment publié deux tribunes très intéressantes de Pierre-Noël Giraud, en faveur d’un protectionnisme coopératif. Et même Laurent Wauquiez s’en rapproche.

Mais ce sont aujourd’hui les questions monétaires et financières qui dominent le débat. Elie Arié a très bien souligné le rôle de la libéralisation des mouvements de capitaux dans le mouvement de déréglementation économique, illustrée par la crise asiatique de la fin des années 1990. Joseph Stiglitz vient de remettre en cause l’indépendance des banques centrales dans son dernier livre. Enfin, André-Jacques Holbecq et RST sont des défenseurs acharnés de la monétisation.

Mais le nouveau combat porte aujourd’hui sur l’euro. Ce blog est le témoin de la virulence des échanges, y compris avec des blogueurs alternatifs comme Malakine ou Incognitototo. Joël Halpern vient de signer un papier très intéressant sur les circonstances d’une sortie de l’euro et Bernard Prudhon, un avocat, complète les charges contre la monnaie unique déjà menée par Jacques Sapir, dans une nouvelle série remarquable ou Alain Cotta, auteur de « Sortir de l’euro ou mourir à petit feu ».

Cependant, la vivacité du débat a l’intérêt d’affuter les arguments. Puisque les défenseurs de l’euro pointent les risques économiques d’un retour aux monnaies nationales, je vais revenir sur les risques évoqués (inflation, récession) tout en analysant les risques de conserver l’euro.

17.09.2010

L’euro, la monnaie inique

Quel beau révélateur ! Alors qu’une immense majorité des élites économiques, politiques et médiatiques persistent à penser que l’euro est une bonne chose, qui nous aurait même protégés pendant la crise, le peuple Français pense de plus en plus le contraire.

La fracture monétaire

C’est en effet ce que révèle un nouveau sondage qui montre que 60% des Français sont mécontents de l’euro, soit le score le plus élevé de la zone (contre 53% des Allemands, les britanniques étant plus de 80% à penser que l’euro n’apporterait aucun bénéfice). A peine 33% de la population pense que l’euro a apporté des bénéfices économiques à notre pays. Bref, la rupture avec la monnaie unique semble consommée. Rappelons que près de 40% des Français souhaitent le retour du franc.

Nul doute que les élites concluront qu’elles ont saisi les bénéfices de cette monnaie unique que le bas peuple est incapable de comprendre. Cela serait sans doute un bon éditorial pour Alain Duhamel, Libération ou le Monde, qui soutiennent la monnaie unique avec la foi des religieux les plus extrêmes. Pourtant de plus en plus d’économistes réputés (Alain Cotta, Christian Saint Etienne, Jacques Sapir, Gérard Lafay) prennent position contre la monnaie unique, sans compter ceux qui critiquent la politique de la BCE…

Populisme et réalité

D’ailleurs, une analyse de fond de la monnaie unique permet de conclure à sa dangerosité et je n’ai jamais croisé le fer avec une argumentation un tant soit peu solide défendant la monnaie unique. Ses partisans se contentent en général de dire qu’il serait trop compliqué de revenir en arrière (alors que cela a été fait dans les ex Yougoslavie et Tchécoslovaquie), que cela reviendrait à tuer l’Europe ou que revenir au franc est passéiste. Mais d’une solide argumentation économique, il n’est jamais question.

Et le décalage d’opinion entre les élites et le peuple tient sans doute au fait que si la monnaie unique a des avantages pour les premières (facilité pour les voyages intra-européens, protection des épargnants par la politique anti-inflationniste), ses inconvénients ne sont que pour le second (destruction d’emplois dans l’industrie du fait de sa surévaluation, compression du pouvoir d’achat dans une course sans fin à la compétitivité). Le peuple a compris que l’euro ne sert pas l’intérêt général.

Depuis leur bulle, certaines élites ne parviennent pas à comprendre les travers de cette construction monétaire inique. Mais les sondages indiquent une grande fracture sociale dans l’appréciation de cet euro. Et cette fracture révèle tout simplement une fracture dans les intérêts…

24.07.2010

L’euro, fardeau de l’Europe et de la France

L’euro remonte. La monnaie unique européenne est désormais proche de 1,3 dollars, une surévaluation de 15 à 30% dévastatrice pour notre industrie. Croyez-vous que les médias s’en inquiètent ? Non, la plupart s’en réjouissent, y voyant un signe de l’amélioration des conditions de marché !

« L’Europe utilise sa propre puissance pour se torturer »

Cette phrase d’Emmanuel Todd résume terriblement bien ce que fait la monnaie unique à l’Europe. Sa surévaluation chronique a considérablement accéléré le mouvement de délocalisations de l’industrie européenne. Ce n’est pas pour rien que Renault et PSA ont délocalisé la moitié de leur production Française en dehors de la zone euro en seulement quatre ans, de 2005 à 2009. Il faut encore rappeler que les économistes estiment que la juste parité de l’euro se situe entre 1 et 1,15 dollars.

C’est pourquoi il est totalement sidérant d’entendre les défenseurs de l’euro se réjouir de sa remontée. Comment peuvent-ils ignorer que cette hausse est une calamité pour notre industrie ? Comment imaginer conserver des emplois productifs avec nos salaires, notre protection sociale et un euro surévalué sans la moindre protection commerciale ? C’est à croire que certains ne pensent qu’au pouvoir d’achat qu’ils gagnent quand ils partent aux Etats-Unis !

La victoire des néolibéraux

Plus globalement, c’est la ligne favorable à la globalisation néolibérale qui a gagné. On la retrouve aux commandes dans les interventions du FMI. Dominique Strauss Kahn devra assumer les programmes de rigueur extrême appliqués en Grèce ou en Roumanie. Outre le fait de baisser le salaire des fonctionnaires, Athènes a ainsi mis en place un SMIC-jeunes couplée à une hausse de 4 points de la TVA, programme proche de celui appliqué à Bucarest.

Mais le plus impressionnant reste d’entendre Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, affirmer que « le rééquilibrage des finances publiques et le soutien de la croissance ne peuvent donc plus être présentés comme deux objectifs incompatibles, un dilemme imposé à la politique économique » à un moment où l’austérité budgétaire va peser sur la croissance. Et la perspective de dix années de rigueur, promise par Jacques Attali, n’est guère riante non plus…

Pourtant, il existe des alternatives !

Devant les tristes perspectives évoquées par les uns et les autres, on comprend qu’il faut changer radicalement pour épargner des peuples qui paient très cher les errements d’un système économique dont ils ne profitent pas. Patrick Artus a sonné la charge en faisant une proposition hautement hétérodoxe : une hausse des salaires de 20% compensée par une baisse d’autant de l’euro. Voilà un moyen de régler le problème des finances publiques de manière plus juste !

La remontée de l’euro montre également que la monnaie unique fait sans doute davantage partie du problème que de la solution. Il est donc urgent de la quitter pour retrouver une politique monétaire adaptée à notre réalité, comme le soulignent un nombre grandissant d’économistes (Gérard Lafay, Jean-Luc Gréau, Alain Cotta…). De plus en plus d’économistes évoquent également la possibilité de monétiser la dette pour éviter une saignée de l’économie réelle qui épargnera seulement les plus riches.

L’Europe telle qu’elle est construite aujourd’hui, entre construction monétaire artificielle et dogmatisme libéral est la raison de notre déprime économique. La seule solution sera donc de tout reprendre à zéro pour remettre l’économie au service de l’homme, seule querelle qui vaille, et non l’inverse.