09.08.2010
Corrida : la double erreur de la Catalogne
Fin juillet, par 68 voix contre 55, le parlement de Catalogne a voté l’interdiction des corridas sur son territoire à partir de début 2012. Une double défaite, celle des traditions culturelles, mais aussi celle de l’Etat central Espagnol face à ses communautés autonomes rebelles.
La défaite des traditions
Beaucoup voient dans les corridas un spectacle un peu barbare où l’on assiste au « massacre » d’innocentes bêtes jetées en pâture aux matadors. Les opposants cherchent également à agir en France mais pour l’instant, ils ne sont pas écoutés par les autorités. Et heureusement ! Car la façon dont les opposants présentent les choses est extrêmement caricaturale. Ils oublient que les taureaux de combat ne doivent leur existence qu’à la perpétuation des corridas. En outre, il faut noter que ces animaux font l’objet d’un soin peu commun jusqu’à leur dernier combat.
Mieux, quelques taureaux sont graciés à l’issue du combat et deviennent des reproducteurs. Merci à Marianne d’avoir pris le soin d’expliquer le fonctionnement des corridas puis d’avoir donné la parole à Aliocha, qui a très bien souligné la dimension culturelle de la corrida, cet art taurin que seules les personnes qui y ont assisté peuvent comprendre. Comme elle le souligne, il est important de défendre ces traditions que l’uniformisation culturelle du monde tend à vouloir supprimer. La corrida, c’est aussi le témoignage incroyable du courage de ces matadors qui risquent leur vie à chaque faena.
La défaite de l’Etat Espagnol
Mais il y a une deuxième dimension à cette interdiction de la corrida par Barcelone. En effet, comment ne pas y voir un geste de défi de la communauté catalane à l’égard de l’Etat Espagnol. En Espagne, les corridas ont une popularité qu’il est difficile d’imaginer en France. Les matadors sont des stars aussi connues que les joueurs de football (qui y est encore plus populaire que chez nous). Les corridas sont fréquemment diffusées aux heures de grandes écoutes tant elles intéressent les Espagnols. Les cachets des matadors atteignent plusieurs dizaines de milliers d’euros par corrida.
Par ce geste, la Catalogne a sans doute voulu à la fois démontré sa singularité par rapport au reste de l’Espagne et insisté sur sa capacité à définir les règles de vie sur son territoire. Une telle décision est le meilleur moyen d’assurer une publicité maximum à ce vote. Il serait dommage que les parlementaires catalans aient accepté de sacrifier cette belle tradition taurine pour défier à nouveau l’Etat Espagnol. Après la belle victoire de l’Espagne en Coupe du Monde, qui semblait avoir renforcé le sentiment national, la Catalogne rappelle la tentation autonomiste des régions.
Demain, il faut espérer que l’Europe ne s’empare pas de ce dossier pour y imposer à nouveau une vision normative et uniformisatrice du continent qui viendrait à interdire toutes les pratiques culturelles différentes…
10:55 Publié dans Actualités, Europe | Lien permanent | Commentaires (37) | Envoyer cette note | Tags : corrida, catalogne, espagne, aliocha, marianne 2



