14.08.2008

Sarkozy 15 mois après : ce qu’il a réussi

Parce que nul bilan ne saurait être complètement blanc ou noir, et parce que les critiques ont sans doute moins de valeur quand on ne sait pas reconnaître les réussites, il est intéressant de commencer ce bilan d’étapes par les réussites du président et de son gouvernement.

La première des réussites est sans doute assez bien illustrée par son voyage éclair pour contribuer à trouver une solution à la guerre qui a été déclenchée entre la Russie et la Géorgie. Nicolas Sarkozy fait toujours preuve d’un grand volontarisme, qui réjouit de la part d’un dirigeant politique. Oui, les politiques peuvent déplacer des montagnes, quand ils le veulent vraiment, et le président l’a parfois montré, que ce soit pour le sauvetage d’Alstom ou la fusion Sanofi-Aventis. C’est ce volontarisme qui a aussi abouti au Grenelle de l’Environnement ou à l’Union pour la Méditerranée. Par-delà toutes les limites de ces constructions et même si elles ne tiennent pas toutes leurs promesses, ce sont des initiatives bienvenues et qui montrent tout ce que la Politique peut réussir à faire.

Et ce volontarisme, s’il est souvent de façade, est parfois au service de justes causes. C’est notamment le cas de l’enseignement supérieur. Pour le coup, le gouvernement a décidé d’une réforme en profondeur de nos universités, tout en leur donnant des moyens largement accrus puisque pas moins de cinq milliards d’euros supplémentaires seront consacrés à l’enseignement supérieur. Mieux, l’autonomie accordée aux universités donnera davantage de responsabilités à leurs dirigeants et devrait encourager la prise d’initiatives. Encore mieux, le gouvernement a décidé de ne pas saupoudrer son effort, puisque dix universités prioritaires devraient recevoir le gros des sommes engagées, ce qui leur permettra d’avoir les moyens pour affronter la concurrence internationale.

Le gouvernement a également fait avancer la réforme de l’Etat. Bien sûr, tous les aspects de cette réforme ne sont pas forcément réussis et on peut contester certaines décisions. Néanmoins, jamais un gouvernement n’avait entrepris de réformer aussi en profondeur l’organisation de l’administration française, qu’elle soit judiciaire, hospitalière ou militaire. Cette réorganisation en profondeur va permettre à l’Etat de retrouver des marges de manœuvre financière et également d’améliorer la qualité du service public. L’épisode de la réforme des régimes spéciaux de retraite est également intéressant, car même si, au final, le gouvernement a sans doute trop cédé, il est bon de montrer que des dirigeants politiques peuvent faire passer une réforme malgré la pression de la rue.

Malheureusement, ces points positifs restent relativement isolés dans le bilan global de la présidence de Nicolas Sarkozy. Je reviendrai dans les prochains jours sur les aspects plus négatifs en commençant demain par son mauvais bilan économique.