05.09.2010
L’envie d’alternance n’est pas forcément une envie de gauche
En un an, le climat a radicalement changé. La présidence de Nicolas Sarkozy s’enlise dans ses contradictions, ses postures, ses excès, ses affaires. Son bilan sera très mauvais et il semble difficile de l’imaginer faire cinq ans de plus à l’Elysée.
Envie de gauche ou envie de sortir Sarkozy ?
L’élection présidentielle de 2007 a déjà été marquée par la force des motivations négatives pour déterminer les votes. Des études avaient montré que la moitié de l’électorat de Nicolas Sarkozy comme de Ségolène Royal au second tour était principalement motivé par la défaite de l’adversaire. Ainsi, en votant Nicolas Sarkozy, on votait souvent davantage contre les socialistes, contre la candidate du PS, son incompétence supposée que pour le candidat de l’UMP. Idem pour une partie de l’électorat Royal, qui votait surtout contre Nicolas Sarkozy (ce que je peux comprendre).
Les chiffres sont impressionnants. En janvier, DSK était donné gagnant 51/49 contre le président sortant. Aujourd’hui, le rapport atteint un 59/41 rarement (jamais ?) atteint pour un duel gauche / droite classique entre un président sortant et son adversaire favori. Certains y voient une envie de gauche qui s’emparerait des Français. Mais ne serions-nous pas dans une répétition amplifiée de l’élection présidentielle de 2007, à savoir essentiellement un mouvement de rejet massif du président actuel aboutissant à la remontée uniquement mécanique de l’opposition ?
Une envie d’alternance frustrée ?
Il faut dire qu’il ne reste pas grand chose à Nicolas Sarkozy. Son volontarisme affiché se réduit de plus en plus à un affichage décodé comme tel par les Français. Les gesticulations sécuritaires (sur le seul sujet où il reste encore davantage crédible que les socialistes) n’ont pas fait bouger des sondages pourtant bien bas. Il faut dire qu’après huit années en charge de la sécurité des Français, le président est tenu responsable de la situation actuelle. Et les déclarations martiales et les propositions de loi ont un air de déjà vu qui tranche avec la baisse des effectifs dans la police…
Plus globalement, les Français ont surtout envie de fermer la parenthèse Sarkozy et ils se raccrochent donc à celui qui a la meilleure chance de le faire. En outre, DSK fait compétent, il ne présente pas trop mal, parle plutôt bien, se conduit mieux en public que le président actuel. Bref, il a toutes les qualités pour rassembler les opposants au président actuel. Malheureusement, la personne de Nicolas Sarkozy déplace le débat sur des questions de personnes et de méthodes, amoindrissant le nécessaire débat sur une véritable alternative au système économique actuel.
Les Français ont davantage envie de changer le locataire de l’Elysée plus que d’une envie de changer de majorité présidentielle. Même une large victoire des socialistes ne traduira pas forcément une envie de gauche mais surtout une envie d’en finir avec la présidence de Nicolas Sarkozy.
10:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, gauche, nicolas sarkozy, alternance



