19.12.2008
Le retour de Villepin l’opposant
Alors que Bruno Julliard a « révélé » que Nicolas Sarkozy soutenait en sous-main les manifestants contre le CPE après avoir revendiqué la paternité du projet, Dominique de Villepin a répliqué hier matin sur France Inter en reprenant le flambeau de l’opposition qu’il avait brandi à l’automne 2007.
Villepin, ou l’opposant à contre courant
Il y a un peu plus d’un an, à la rentrée 2007, alors que Nicolas Sarkozy était encore très populaire dans l’opinion, Dominique de Villepin avait été le premier à formuler une critique globale de la présidence de son rival. Il avait mis en avant les phénomènes de cour, la remise en cause de certains principes républicains comme la laïcité, une certaine dérive médiatique et les mauvaises priorités de l’action gouvernementale (notamment la réforme des Institutions). Cette phase avait culminé en février 2008 par la signature de l’appel de Marianne au côté de François Bayrou et Ségolène Royal.
Il avait eu le courage d’être le premier à formuler certaines critiques, au point de devenir brièvement le premier opposant du pays dans certains sondages, alors que Nicolas Sarkozy était au zénith des sondages. Mais ensuite, l’ancien Premier Ministre s’était fait plus discret, arguant un besoin d’unité en période de difficulté. Aujourd’hui que le gros temps est passé, la présidence de l’Union terminée et le président remonté dans les sondages, Dominique de Villepin devient plus offensif. De manière assez élégante, il préfère être l’aiguillon d’un temps calme plutôt que d’attaquer le président quand il est à terre.
Une critique forte de la politique actuelle
Et la critique de la politique gouvernementale ne manquait pas de substance. Dominique de Villepin est revenu sur un argument qu’il avançait déjà il y a un an, à savoir la dispersion de l’action gouvernementale. Il y a quelques mois, l’argument portait sur la réforme institutionnelle. Aujourd’hui, cela porte sur le travail du dimanche, un « débat inutile » selon lui, pour une mesure qui « n’aura pas d’effet sur notre situation économique ». Il a également attaqué la réforme de l’audiovisuel, « une régression sur le plan des libertés publiques » et un risque pour les moyens financiers du Service Public.
L’ancien Premier Ministre a également critiqué le plan de relance « pas suffisant pour aider notre pays ». Il a attaqué « la confusion des projets, la confusion des initiatives ». Il a dit craindre que l’on ait pas saisi l’ampleur de la crise. Enfin, il a attaqué la distribution des milliards qui a conduit à faire exploser le déficit passé de 36 milliards à sa sortie de Matignon à 80 milliards pour l’an prochain. Enfin, en vue de 2012, Dominique de Villepin a estimé que « si l’on poursuit dans la voie actuelle, les résultats ne seront pas au rendez-vous », sachant que « Nicolas Sarkozy sera jugé à ses résultats »…
Quand on additionne tous les reproches faits par l’ancien Premier Ministre, on se demande vraiment s’il fait partie de la majorité ou s’il se considère dans l’opposition au pouvoir en place. La peinture de la présidence de Nicolas Sarkozy est bien peu flatteuse. Néanmoins, elle est argumentée et bien résumée. La dispersion est un principe de gouvernance de Nicolas Sarkozy et sa politique économique se résume à une série de coups souvent coûteux dont on se demande bien quelle est la cohérence. Globalement, il est difficile de ne pas voir dans chacune de ses critiques un constat difficilement contestable.
Certains y verront une animosité mal placée. Mais Dominique de Villepin est sans doute l’homme politique qui formule la meilleure critique de l’action du président de la République, largement devant François Bayrou ou des socialistes plus concentrés à se critiquer eux-mêmes. Pour cela, merci.
Source : http://2villepin.free.fr/index.php/2008/12/18/974-audiovi...
http://lheraultrepublicain.midiblogs.com/archive/2008/12/...
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy, Villepin | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, villepin, france inter, appel de marianne
11.12.2008
Signez le nouvel appel de Marianne !
Le journal Marianne est décidemment le poil à gratter d’une planète médiatique Française trop souvent conformiste. Après l’appel lancé l’an dernier pour la défense des valeurs républicaines, qui avait été signé par Dominique de Villepin, le journal lance un nouvel appel pour le pluralisme des médias.
On pourra trouver que l’hebdomadaire fondé par Jean-François Kahn en fait parfois trop. Néanmoins, cet appel vient à point nommé pour souligner le caractère choquant de la réforme de l’audiovisuel voulu par Nicolas Sarkozy. L’appel tient en quelques lignes : « au nom des principes de la démocratie et des valeurs républicaines, les soussignés demandent au Parlement de renoncer à la loi qui permettrait au président de la République de nommer et de révoquer les présidents de France Télévisions et de Radio France. Ils rappellent que la télévision et la radio publiques n’appartiennent pas au pouvoir politique, quel qu’il soit, mais à tous les citoyens. Ils réitèrent leur engagement à défendre l’indépendance de la presse et le pluralisme de l’information ».
Cette réforme est doublement choquante. Choquante parce qu’elle avantage outrageusement TF1, qui avait l’avait proposée dans un livre blanc en décembre 2007. La chaîne privée récolte déjà plus de 50% du marché publicitaire à la télévision et demandait l’élimination d’un de ses deux seuls rivaux sur ce marché, ce qui accentuera encore une position tellement dominante qu’il est difficile de ne pas y voir un abus. Cela est d’autant plus choquant que Nicolas Sarkozy est proche du patron de Bouygues, qui la possède, et que la chaîne a été accusée de rouler ouvertement pour le candidat devenu président. Et TF1 ne fait rien pour contrer cette accusation comme le montre la nomination de Jean-Claude Dassier à la tête de sa rédaction en 2008 alors qu’il a été candidat majorité présidentielle aux élections municipales la même année !
Cette réforme est également choquante parce qu’elle met France Télévisions sous la coupe permanente du président, dans la mesure où il pourra révoquer à tout moment son président ou jouer avec le budget du Service Public. En Grande-Bretagne les moyens de la BBC et son président sont assurés pour plusieurs années sans possibilité de revenir dessus, ce qui garantit son indépendance. Chez nous, le nouveau statut de France Télévisions sera une pression permanente en faveur d’un pouvoir qui pourra à tout moment modifier le financement du Service Public ou ses dirigeants. Cette sujétion est un recul démocratique qui démontre une volonté malsaine du pouvoir de contrôler les médias.
D’ailleurs, sur RTL hier matin, Nonce Paolini n’a pas vraiment nié les accusations à fleuret moucheté de Jean-Michel Apathie, qui lui a demandé si cette réforme n’était pas un cadeau pour TF1. Naturellement, le patron de la première chaîne Française a répondu que c’était un cadeau pour France Télévisions, et a tenté bien malhonnêtement d’expliquer que le Service Public y gagnait de l’argent en comparant les recettes perdues (200 millions) en 2008 avec les sommes gagnées (450) en 2009 ! Et quand le journaliste de RTL a fait le parallèle entre la publication du livre blanc en décembre 2007 et l’annonce du président en janvier 2008 pour demander si c’était TF1 qui faisait les lois, Nonce Paolini n’a même pas ressenti le besoin de nier en disant que chaque entreprise était libre de faire du lobbying.
Favoritisme insupportable à l’égard de TF1, mise au pas programmée du Service Public : merci à Marianne de porter la contestation à travers cette nouvelle initiative. Et merci à tous ceux qui l’ont déjà signé, notamment François Bayrou et Nicolas Dupont-Aignan.
Source : Marianne 6 décembre, RTL
Signez l’appel : http://www.marianne2.fr/L-appel-de-Marianne-pour-l-indepe...
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy, Société | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : appel de marianne, marianne, tf1, france télévisions, service public, nicolas sarkozy



