03.01.2010
Avatar, blockbuster politique
C’est l’évènement cinématographique de la fin d’année : le nouveau film de James Cameron repousse toutes les limites en matière d’effets spéciaux, de budget et de spectacle. Mais derrière le blockbuster, il y a également un film très engagé politiquement.
Un grand film
Avatar, c’est avant tout un film extrêmement spectaculaire, qui devient la nouvelle référence en matière d’animation, dépassant le Seigneur des Anneaux ou la deuxième trilogie Star Wars. Presque chaque image du film est composée d’une myriade d’effets spéciaux qui donnent vie à la faune et la flore de la planète Pandora d’une manière aussi réaliste qu’inventive. L’imagination de l’équipe du film est vraiment incroyable et elle est parfaitement servie par les prouesses de l’équipe numérique.
L’histoire est également rendue passionnante par la description de la culture des Na’vis, les habitants de la planète. James Cameron a vraiment imaginé un univers complexe et foisonnant, ce qui explique la longueur du film. Cependant, il est vrai que le déroulé reste assez classique : l’histoire d’amour impossible, la rivalité entre le héros et l’autochtone, les méchants très méchants, la bataille qui manque d’être perdue avant une intervention surprise, le quota de gentils qui meurent…
Mais après tout, ces figures imposées sont communes à quasiment tous les grands films d’action, même quand ils sont issus de livres (Seigneur des Anneaux, Harry Potter). Une narration trop originale ou complexe n’aurait peut-être pas permis de s’attarder autant sur les somptueuses images, la culture des Na’vis ou sur le message politique sous-jacent… Ce sont ces derniers points qui constituent la richesse du scénario et c’est très bien comme cela.
Un film engagé
Du coup, cela laisse du temps pour se concentrer sur la lecture plus politique du film. Quelques grincheux pourront soutenir que le message écologiste et pacifiste est un peu basique, voire déjà-vu. Néanmoins, Avatar va très loin dans la critique des travers de l’humanité en général, et des Etats-Unis en particulier. Comment ne pas voir le parallèle entre le film et la quête de l’or par les colons de l’Amérique qui n’hésitaient pas à massacrer les populations indigènes pour l’argent ?
Plus prêt de nous, ce film dénonce également les interventions des Etats-Unis en Irak ou en Afghanistan. Il y a un moment particulièrement saisissant ou les Na’vis disent qu’ils pourront se défendre face à un ennemi plus fort dans les montagnes qu’ils connaissent si bien… Avatar représente une critique radicale du néo-conservatisme étasunien, qui se juge supérieur aux autres et qui ne respecte rien. Le film porte un message de respect de l’autre et de sa souveraineté, qui, à défaut d’être nouveau, est bien renouvelé.
Et à un moment où même les démocrates conservateurs imposent le non-remboursement des avortements dans le projet de réforme du système de santé de Barack Obama, il est heureux de voir un message d’opposition aussi net aux idées conservatrices qui règnent outre-Atlantique. Cela rappelle le message de Wall-E, pamphlet qui représentait les hommes du futur comme des obèses incapables de marcher qui avaient fini par annihiler toute possibilité de vie sur la Terre.
Pour cela, mais tout autant pour le magnifique spectacle qu’il procure, Avatar est un film particulièrement réussi, que je vous recommande vivement. Cela fait plaisir qu’un film étasunien avec un tel message connaisse un tel succès. Les Etats-Unis changeront. Un jour.
10:55 Publié dans Actualités, International, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : avatar, james cameron, néoconservatisme, afghanistan, irak



