19.09.2011

Il faut reconnaître la Palestine !

Vendredi, Mahmoud Abbas a déclaré qu’il va déposer une demande de reconnaissance de l’Etat Palestinien auprès des Nations Unies, malgré les pressions de l’Europe, des Etats-Unis ou d’Israël. Ce serait la moindre des choses pour le peuple palestinien, trop souvent ignoré.

L’offensive diplomatique de Mahmoud Abbas

Pendant que les négociations diplomatiques avec Tel Aviv piétinent encore et toujours, qu’Israël continue de manière scandaleuse à construire ou étendre ses colonies en plein territoire palestinien, l’initiative du président de l’Autorité Palestinienne semble le seul moyen pour ce peuple opprimé d’attirer l’attention du monde sur son triste sort. D’ailleurs, l’UE, la Russie, les Etats-Unis et l’ONU ont essayé de le dissuader d’aller jusqu’au bout de sa démarche.

Naturellement, Israël est tout à fait hostile à cette démarche : si la Palestine était reconnue, sa colonisation prendrait une autre dimension et pourrait enfin provoquer de véritables sanctions. Mais il est probable que les Etats-Unis utiliseront leur droit de veto sur cette demande de reconnaissance. L’Union Européenne est à nouveau profondément divisée, démontrant une fois de plus l’inanité d’une diplomatie commune pour des pays aussi différents.

Le Fatah a appelé à des manifestations pacifiques de soutien à la reconnaissance de la Palestine en précisant bien qu’il fallait éviter tout acte violent. Mahmoud Abbas a ainsi affirmé que « nous devons rester unis et manifester pacifiquement afin de ne pas fournir à l’occupant un prétexte pour qu’il détruise notre Etat ». Très curieusement, le Hamas ne soutient pas cette demande, évoquant le droit des réfugiés présents hors du territoire palestinien.

Le besoin de France

Plus globalement, il serait temps que les pays occidentaux se décident enfin à dire leur vérité à Tel Aviv. Oui, nous sommes les amis d’Israël et nous ne soucions de sa sécurité mais depuis quelques années, l’Etat Israélien a pris le mauvais rôle. Il profite de sa force militaire supérieure pour s’affranchir des règles les plus élémentaires de relations entre les peuples. Israël maintient la Palestine dans un état économique précaire et continue à morceler et coloniser son territoire.

Tel Aviv décide également à loisir de mener des incursions militaires dans les territoires occupés. Bien sûr, Benyamin Netanyahou évoque la sécurité de son Etat. Mais aujourd’hui, c’est surtout la loi du plus fort qu’il applique. Un comportement inacceptable et imbécile : il ne faudrait pas s’étonner si les pays arabes voisins venaient à user de la force demain s’ils parvenaient à devenir plus forts. Et là, Israël ne ferait que récolter ce que le pays sème depuis plusieurs années.

C’est pour cela qu’il est important que le monde en général et la France condamnent sérieusement les actes inacceptables de l’Etat israélien et soutiennent l’accession de la Palestine au rang d’Etat. Nous devons également engager un dialogue beaucoup plus musclé avec Tel Aviv et ne pas hésiter à recourir à des boycotts si jamais il n’était pas mis fin à la colonisation et au démantèlement de ces colonies, dont absolument rien ne peut justifier l’existence.

A titre personnel, j’apporte mon entier soutien à cette initiative. Il est lamentable que la communauté internationale laisse faire l’occupation de la Palestine par Israël sans réagir. J’ose espérer que la diplomatie Française se manifestera positivement à cette occasion.

02.03.2011

Israël tourne le dos aux lumières

C’est une petite musique bien désagréable qu’on entend dans certains milieux occidentaux et en Israël, le regret d’Hosni Moubarak : « certes, c’était un dictateur, mais aussi un allié fidèle ». Une nouvelle illustration de la mauvaise direction prise par Israël.

Révolution arabe et Israël

A dire vrai, on peut quand même comprendre en partie cette position. Depuis des décennies, le pays était protégé en son Sud par l’alliance avec une Egypte sous influence étasunienne, un bol d’air pur dans une région où certains partis et certains régimes professent leur volonté de rayer Israël de la carte. La perte d’un allié fidèle qui pourrait être remplacé par un nouveau régime hostile à l’Etat hébreu est donc légitimement un souci pour le gouvernement et les médias Israéliens.

Mais le problème est qu’afficher une telle opinion ne peut que renforcer la très mauvaise image d’Israël dans les opinions publiques arabes. Alors que les peuples se libèrent d’autocrates qui exploitaient les richesses de leur pays à leur profit, il est tout de même désolant de ne pas voir Israël se réjouir un minimum de ces révolutions non islamistes qui semblent en marche chez ses voisins. Israël semble préférer une dictature alliée à une démocratie moins favorable.

Le côté obscur de la force

Israël persiste dans une attitude totalement suicidaire. Après avoir déclenché une guerre contre Gaza, arraisonner un bateau d’aides, continuer à construire des colonies en plein territoire Palestinien, le gouvernement de Benjamin Netanyahou multiplie les gestes de défiance vis-à-vis des Palestiniens et de la communauté internationale. Du coup, quelques gouvernements commencent à reconnaître l’autorité Palestinienne et le vent tourne dans le monde, y compris aux Etats-Unis.

Bien sûr, aujourd’hui encore, Israël est le plus fort dans la région et le régime le plus démocratique. Mais le second argument pourrait bien tomber très rapidement quand on constate que même Kadhafi devrait bientôt être de l’histoire ancienne. Ensuite, Israël serait bien mal inspiré de compter sur sa force pour se protéger. Car à force de montrer qu’ils peuvent l’utiliser sans mesure, il a montré un bien mauvais exemple à qui parviendrait à égaler sa force

Le rôle de la France

Que faire alors ? La priorité me semble être de défendre l’intégrité des territoires Palestiniens et exiger non seulement la fin des colonies mais aussi le retrait de celles qui sont les plus isolées et qui fracturent le plus durement le territoire Palestinien. Rien, absolument rien, ne justifie ce mitage humiliant des Territoires Occupés. En agissant de la sorte, Israël compromet durablement toute solution au conflit. C’est pourquoi nous devons passer de la parole aux actes.

Nous pouvons cesser toute relation diplomatique avec Israël tant que la colonisation n’est pas arrêtée. Mais nous devons aller plus loin et même envisager un véritable boycott des produits Israéliens (comme cela avait été fait pour l’Afrique du Sud). En ne faisant rien, la communauté internationale se fait complice des agissements délétères d’Israël. Nous devons montrer qu’un tel comportement est inadmissible et véritablement peser pour qu’il change.

Parce qu’Israël a été attaqué et son existence même menacée, à force d’effort, il est devenu plus fort que tous ses agresseurs potentiels. Le problème est qu’il exerce cette force sans mesure ni raison. A nous de bien lui faire comprendre que ce n’est pas son intérêt, par la force s’il le faut.

20.02.2009

La dangereuse radicalisation d’Israël

La semaine dernière, lors des élections législatives, le parti Israel Beitenou d’Avigdor Lieberman, est arrivé en troisième position du scrutin, devant le parti travailliste. Il pourrait bien entrer au gouvernement, dans un nouveau signe de radicalisation de l’Etat hébreu.

Une radicalisation qui vient de loin…

À dire vrai, la radicalisation d’Israël n’est pas nouvelle et vient de loin. Il y a bien sûr les deux guerres menées contre le Liban et Gaza dans le but d’affaiblir (sans doute en vain) les plus radicaux des palestiniens. Même s’il est naturel d’accorder à Israël un droit à se défendre, évident pour un pays qui a été agressé dans le passé, le problème est qu’aujourd’hui, on peut se demander si Israël n’est pas devenu l’agresseur, surtout après une guerre de Gaza qui a laissé 1350 victimes du côté palestinien (l’équivalent de 50 000 personnes pour un pays comme la France).

En outre, l’Etat hébreu multiplie les provocations depuis des années. La construction d’un mur qui ampute une part non négligeable de la Cisjordanie, au mépris des résolutions de l’ONU, est un véritable scandale. Pire, depuis des décennies, Israël colonise une partie de la Cisjordanie comme le montrent ces articles du Figaro. Le premier indique que plus de 1250 habitations ont été installées en 2008, une hausse de 60% par rapport à l’an dernier ! Le second rapporte « la prise de contrôle d’une parcelle de 72 hectares en Cisjordanie ouvrant la voie à une possible construction de 2500 maisons ».

Une radicalisation politique que nous ne devons pas accepter

Si le parti de Tzipi Livni, Kadima, est arrivé en tête avec un siège d’avance sur le Likoud de Benyamin Netanyahou, c’est en grande partie la conséquence du succès surprise du parti d’extrême droite Israel Beitenou. Le problème est qu’un gouvernement censé être modéré comme celui qui unissaient Kadima et le parti travailliste a déclenché deux guerres et poursuit la construction des colonies et d’un mur en plein Cisjordanie. On peut donc être très inquiet à la perspective d’un gouvernement plus radical qui unirait le Likoud, les partis religieux et le parti d’Avigdor Lieberman.

Et c’est sans doute là que la communauté internationale a un rôle à jouer. Il est tout de même surprenant de continuer à entretenir des relations parfaitement normales avec un Etat qui a déclenché deux guerres sanglantes en cinq ans et qui persiste à coloniser un territoire sur lequel il n’a aucun droit, tout en soumettant ce territoire à une forme de blocus qui ne lui permet de se développer. N’est-il pas temps que la communauté internationale exige la destruction du mur et des colonies et prenne de véritables mesures pour mettre fin à ces agissements qui éloignent toute perspective de paix ?

Bien sûr, Israël subit un terrorisme violent, mais rien ne justifie la colonisation de la Cisjordanie qui continue encore et toujours. Avec l’arrivée d’un nouveau gouvernement plus radical, la communauté internationale devra être prête à agir, quitte à rompre nos relations diplomatiques.

Source : http://www.lefigaro.fr/international/2009/01/28/01003-200...

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/02/16/01011-200902...