19.05.2011
Les conséquences politiques de l’affaire DSK
L’élimination désormais quasiment certaine du favori de l’élection présidentielle de 2012 bouleverse la donne. Quelles pourraient être les conséquences pour le paysage politique, au Parti Socialiste, comme pour l’élection qui aura lieu dans onze petits mois ?
François Hollande, nouveau favori au PS
Les évènements récents nous ont permis de clarifier ce qui se tramait réellement au PS. Les journalistes de Marianne, qui avaient vu Dominique Strauss-Kahn fin avril, ont confirmé qu’il était bien candidat, comme Manuel Valls lundi matin sur RTL. Le Figaro affirme même que Ségolène Royal avait prévu de le rallier, du fait de la persistance de ses mauvais sondages, ce qu’elle dément aujourd’hui (mais peut-elle faire autrement ?). Cette fois, j’avais bien anticipé les choses.
Les sondages le disent : l’ancien premier secrétaire est désormais en pôle position pour la nomination socialiste. Bien sûr, le camp qui soutenait DSK regorge de candidats potentiels : Martine Aubry, Laurent Fabius, voir même Bertrand Delanoë. Mais François Hollande dispose désormais de deux atouts majeurs. Tout d’abord, il est parti le premier et a démontré une volonté plus forte que nombre de ses rivaux, qui étaient prêts à s’effacer derrière le patron du FMI.
Mais surtout, l’association de ses rivaux avec ce dernier pourrait se révéler radioactive et faire de Hollande le nouveau sauveur des socialistes. En effet, Martine Aubry semblait prête à confier la France à DSK et si ce dernier n’est pas innocenté, il est difficile d’imaginer que cela n’ait pas de conséquence sur le jugement que les militants porteront sur les soutiens de Dominique Strauss-Kahn. Bref, François Hollande a sans doute pris un avantage encore plus décisif qu’on ne le pense.
Une présidentielle bouleversée ?
Cet événement pourrait contribuer à rendre la présidentielle plus ouverte. En effet, le PS pourrait en sortir affaibli, surtout si le parti se déchire entre de multiples candidatures et une campagne dure entre les différents protagonistes. L’affaiblissement des socialistes pourrait alors renforcer Nicolas Sarkozy, dont la réélection semble moins improbable. Mais elle pourrait également avoir des conséquences pour le centre politique, Bayrou, Borloo, Villepin et les Verts.
En effet, DSK était un candidat redoutable pour le centre dans la mesure où il était beaucoup plus fort auprès de cet électorat que dans l’électorat populaire. On pouvait penser qu’il allait totalement éclipser (voir rendre totalement inutile) les candidats centristes, dissuadant notamment Dominique de Villepin d’y aller. A priori, le paysage devient un petit peu plus favorable à ces candidats, même si une candidature de Martine Aubry leur serait encore plus favorable.
François Hollande ne semble pas autant à même d’attirer l’électorat centriste que DSK. Il est perçu comme un peu plus à gauche que le patron du FMI (ce qui n’est pas difficile), même si ses idées sont très proches. Il sera sans doute un peu moins crédible. En revanche, sa personnalité, plus modeste, et moins dépensière, le rapproche d’un François Bayrou et devrait renvoyer Nicolas Sarkozy à son image « bling bling » qu’il espérait pouvoir modérer face à DSK…
Pour les alternatifs, cela ne change pas forcément grand chose. Si le Parti Socialiste choisit François Hollande, il s’agira d’un candidat exactement sur la même ligne idéologique que DSK, un social libéralisme compassionnel complètement à côté de la plaque par rapport aux enjeux économiques actuels. Et si le centre s’en trouve enhardi, cela n’est pas forcément gênant. La multiplication des candidats de la pensée unique pourrait servir les vraies alternatives, comme NDA.
Bien sûr, il est assez aventureux de faire des pronostics aussi rapidement, mais je crois que François Hollande a désormais toutes les chances de s’imposer comme candidat du Parti Socialiste. Au global, la campagne présidentielle m’en semble un petit peu plus ouverte.
10:57 Publié dans Actualités, Parti Socialiste | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : dominique strauss kahn, parti socialiste, ps, ségolène royal, martine aubry, françois hollande, bertrand delanoë, laurent fabius
27.07.2009
Martine Aubry, soutenue comme une pendue à une corde
Royal, Fabius, Delanoë, les soutiens de Dominique Strauss-Kahn : la grande majorité des éléphants du Parti Socialiste ont volé à la rescousse de la première secrétaire dans ses échanges avec Manuel Valls. Essentiellement pour de mauvaises raisons.
Le cas Manuel Valls
Sur le principe, la maire de Lille a raison de vouloir remettre de l’ordre au sein de la maison commune. Après tout, le Parti Socialiste est miné par les querelles internes depuis trois ans et la primaire délétère pour les élections présidentielles de 2007. Dès lors, face à des troupes indisciplinées, il est sans doute nécessaire de sévir en cas de manquement à la ligne du parti. C’est pourquoi elle avait raison sur le fond de rappeler à l’ordre un Manuel Valls toujours prêt à se répandre dans les médias pour médire sur ses camarades.
Malheureusement, Martine Aubry a fait deux fautes majeures. Tout d’abord, elle a rendu public la lettre envoyée au camarade coupable, ce qui a provoqué un emballement médiatique colossal en cette période estivale peu riche en actualité. Mais surtout, après avoir annoncé qu’elle allait sévir, et alors que Manuel Valls restait droit dans ses bottes, elle n’a rien fait. Tout le monde sait désormais au PS que les avertissements de la première secrétaire ne sont que des mots qui ne sont pas suivis des actes.
Pourquoi les éléphants la soutiennent ?
Il peut donc apparaître comme paradoxal que l’ensemble des poids lourds soutiennent la bien maladroite initiative de Martine Aubry. Pourtant, les raisons pour la soutenir, aussi mauvaises soient-elles, ne manquent pas. Tout d’abord, les éléphants ont toutes les raisons de se liguer ensemble pour s’assurer que les éléphanteaux ne viendront pas les concurrencer pour représenter leur parti à l’élection présidentielle en 2012. Ils se liguent donc pour étouffer toute contestation par plus jeunes qu’eux.
Mais surtout, c’est parce qu’ils ne souhaitaient pas un changement de premier secrétaire qu’ils ont soutenu Martine Aubry. En effet, personne n’a intérêt à une nouvelle campagne interne pour trouver son ou sa remplaçante. En outre personne ne souhaite sans doute assumer la tâche finalement très ingrate d’être à la tête de troupes aussi indisciplinées et uniquement guidées par leurs intérêts particuliers. Enfin, il y a sûrement le sentiment que Martine Aubry est désormais hors du jeu pour les primaires…
Cette nouvelle passe d’armes entre camarades socialistes a atteint un niveau de ridicule rarement atteint. Pire, les éléphants se sont mis d’accord pour ne rien remettre en question. On ne change pas une équipe qui perd…
Source : http://www.lexpress.fr/actualites/2/royal-soutient-aubry-...
http://tv.lepost.fr/2009/07/15/1620477_fabius-soutient-au...
Sur ce sujet, le texte très enlevé d’un collègue Kiwi : http://h16.free.fr/index.php?2009/07/20/617-de-pires-en-p...
11:19 Publié dans Actualités, Parti Socialiste | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, manuel valls, martine aubry, laurent fabius, bertrand delanoë



