18.09.2009

Nicolas Sarkozy protège-t-il le cartel téléphonique ?

Bientôt deux ans et demi que Nicolas Sarkozy est président de la République. Il a depuis longtemps évoqué le besoin d’instituer davantage de concurrence dans les secteurs protégés pour faire baisser les prix. Bizarrement, il semble moins pressé quand cela concerne la téléphonie mobile…

Un marché faiblement concurrentiel

Il suffit de voir les publicités de ce secteur pour se rendre compte de la faiblesse de l’intensité concurrentielle entre les trois principaux opérateurs téléphoniques, Orange, SFR et Bouygues Telecom. Le prix n’est jamais évoqué, on ne parle que de services annexes. Et il faut dire que les marges de la téléphonie mobile sont reconnues pour gonfler les résultats des maisons-mère des trois opérateurs. D’ailleurs, aucune ne semble disposée à revendre leurs juteuses participations dans le secteur…

Il n’y a pas forcément de comportements illégaux, même si la Commission de Bruxelles avait en son temps condamné leur entente. Après tout, il suffit de se comporter en bonne intelligence, de ne jamais communiquer sur le prix, ce qui permet, en modifiant régulièrement les formules d’abonnements, d’en augmenter discrètement mais sûrement le prix, en jouant notamment sur les options contenues dans les différents packs. L’OCDE a souligné que le prix des abonnements est élevé en France.

Un pouvoir trop ambigu pour être honnête

Depuis qu’il est élu, Nicolas Sarkozy et le gouvernement soufflent le chaud et le froid. Un moment, il est urgent d’attribuer une quatrième licence pour rendre le marché plus compétitif. Un autre, des questions se posent et il est urgent d’attendre. La première attribution de fréquences n’avait pas permis à Illiad, propriétaire de Free, de se lancer dans l’aventure. Les derniers rebondissements semblent devoir encore prolonger la comédie du pouvoir sur l’attribution de la quatrième licence.

Car comment ne pas être suspicieux devant le retard que prend cette ouverture à une plus grande concurrence quand on sait la proximité du groupe Bouygues avec Nicolas Sarkozy, proximité renforcée par la propriété de la première chaîne de télévision nationale ? Est-ce vraiment un hasard si l’attribution de la quatrième licence prend tant de temps, quand on sait à quel point elle risquerait de mettre à mal les marges des trois premiers opérateurs ? Tous les doutes semblent permis ici.

Cette affaire téléphonique permet de retrouver tout ce qui fait Nicolas Sarkozy : de beaux discours auxquels il est difficile de ne pas adhérer. Mais dans la réalité, les intérêts personnels et privés semblent faire la loi, bien plus que les beaux textes d’Henri Guaino….

Source : http://www.lefigaro.fr/societes/2009/09/15/04015-20090915ARTFIG00550-sarkozy-reserve-sur-le-choix-d-un-quatrieme-operateur-mobile-.php

http://www.degroupnews.com/actualite/n3906-telephonie-mobilite-tarifs-ocde-licence_3g.html