05.07.2008
Oui à la présence de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d’ouverture des J.O. !
Une indiscrétion du Monde hier a révélé que Nicolas Sarkozy devrait assister à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques en Chine. Certains pourront trouver que c’est une concession insoutenable au régime de Pékin. Et si c’était au contraire le bon choix ?
Après avoir promis une rupture avec la politique de Jacques Chirac, jugée trop tendre avec les dictatures et trop orientée vers la signature de contrats commerciaux, au risque d’oublier les droits de l’homme, le « président des droits de l’homme » a fini par adopter une politique finalement très proche de son prédécesseur. Lé révélateur fut la visite de Kadhafi en France fin 2007. Résultat, aujourd’hui, avec l’annonce de cette participation à la cérémonie d’ouverture aux Jeux Olympiques (que Gordon Brown et Angela Merkel devraient boycotter), beaucoup verront dans ce geste un nouveau compromis inacceptable avec les droits de l’homme pour préserver nos relations commerciales avec la Chine.
Au contraire, le choix du président de la République dans ses relations avec l’Empire du milieu est le bon. Bien sûr, il faut condamner ce qui a été fait au Tibet et nous devons pouvoir recevoir le dalaï-lama si nous le souhaitons, ce que Nicolas Sarkozy semble avoir prévu d’ailleurs. En revanche, de même que l’agressivité des manifestations lors du passage de la flamme olympique pouvait être choquante et incohérente même avec la position du dalaï-lama, il ne faut pas forcément boycotter la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques. En effet, il est important de distinguer la réaction aux actes inacceptables du régime chinois de celles à l’égard de la nation chinoise. Et si le boycott était une solution un peu facile pour avoir bonne conscience mais qui faisait plus reculer les choses que les faire avancer ?
En manifestant de manière aussi agressive ou en boycottant la cérémonie d’ouverture, les nations occidentales n’envoient-elles pas surtout un geste d’hostilité envers la Chine, trop déconnecté du Tibet ? Après tout, quelle a pu être la réaction des Chinois en voyant les images de la porteuse de la flamme handicapée bousculée comme elle l’a été et l’hostilité des manifestations? Ne risquaient-ils pas trop facilement de prendre ses actes pour des agressions contre leur pays plus qu’une dénonciation d’un acte précis ? C’est pourquoi la participation à la cérémonie d’ouverture des J.O. est sans doute une bonne chose qui permettra de renouer le dialogue avec les Chinois, en espérant qu’une ouverture sur le monde réussie dans un mois les fera avancer dans la bonne direction, comme pour la Corée du Sud auparavant.
Pour une fois, je crois que Nicolas Sarkozy fait exactement le bon choix dans nos relations avec la Chine. Ce choix n’est pas facile il est vrai et il n’est pas sûr que ce soit la bonne solution. Mais, c’est sans doute la moins mauvaise des solutions aujourd’hui.
Source : http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/07/04/nicolas-sarkozy-sera-a-pekin-pour-l-ouverture-des-jeux-olympiques_1066220_3216.html#ens_id=1060088
11:16 Publié dans Actualités, International, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, jo, chine, boycott, cérémonie d'ouverture
12.04.2008
Cafouillages gouvernementaux
Depuis la défaite des élections municipales, Nicolas Sarkozy et son gouvernement se sont employés à donner un nouveau souffle à leur action. Le nouveau ton donné par la plus grande sobriété du président est aujourd’hui éclipsé par les cafouillages à répétition du gouvernement.
La semaine passée a été l’occasion d’un grand nombre de cafouillages. Malgré sa réorganisation, l’UMP semble toujours avoir du mal à se remettre de l’élection de son président. Christian Estrosi, pourtant au gouvernement, continue à critiquer dès qu’il le peut Patrick Devedjian. La réorganisation ne semble pas tellement en mesure d’améliorer son fonctionnement, tant elle semble destinée à organiser la confrontation des ambitions. L’UMP s’est également déchirée lors du débat sur les OGM. Le sénateur Jean-François Le Grand a même dénoncé l’influence de Monsanto parmi ses collègues dans le Monde. Et ce débat a été l’occasion d’une passe d’arme particulièrement inhabituelle au sein d’une majorité avec les propos de Nathalie Kosciusko-Morizet, puis ses excuses et son recadrage.
Les cafouillages ont également porté sur le boycott éventuel de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques. Rama Yade est ainsi monté au créneau en suggérant des conditions à la participation de la France avant de se faire recadrer par Bernard Kouchner. De même, après le tollé provoqué par l’annonce de la suppression du financement par l’Etat de la carte famille nombreuse de la SNCF, le gouvernement a finalement annoncé vendredi qu’on l’avait mal compris… Enfin, après un déplacement fort médiatisé début février pour annoncer que l’usine Arcelor-Mittal de Gandrange ne serait jamais fermée, Nicolas Sarkozy a fini par accepter le plan de suppression d’embauche.
Cette cacophonie gouvernementale ne fait pas très sérieux et montre qu’il y a un flottement sévère à la tête de l’Etat. On découvre finalement que l’effacement volontaire de Nicolas Sarkozy dévoile une équipe gouvernementale bien peu solidaire et que sous la forme, le fond ne suit pas.
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/04/11/la-cacophonie-a-droite-oblige-m-sarkozy-a-intervenir_1033492_823448.html#ens_id=998385
12:07 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, gouvernement, boycott, ogm, familles nombreuses
11.04.2008
Tibet contre Jeux Olympiques ?
Les nombreux incidents qui ont émaillé le parcours difficile de la flamme olympique lors de sa traversée de Paris lundi ont à nouveau rallumé le débat sur la réaction que doit avoir la France à la répression du Tibet par la Chine. Je persiste à me demander si la mesure n’est pas la meilleure voie.
Bien sûr, ce qui se passe en Chine et au Tibet est horrible. Répression sanglante, censure, police politique, camp d’internements : le régime de Pékin dispose d’un arsenal répressif impressionnant. La France, patrie des droits de l’homme, ne peut que dénoncer de tels agissements. Mais que cherchons-nous à faire : changer les choses, accompagner la Chine vers la démocratie et un plus grand respect de l’homme ou prendre des postures, certes cohérentes et justes dans l’absolu, mais qui peuvent envenimer la situation et finalement n’être que des postures un peu faciles ? Après tout, l’isolation dont ont été victimes certaines dictatures (Cuba, Irak), n’ont absolument pas contribué au progrès des droits de l’homme. En revanche, elle ont appauvri leur population tout en épargnant les dirigeants tellement honnis...
Et puis, pour être honnête, l’attitude de l’Occident ne fait-elle pas un peu dans le « deux poids deux mesures » ? Nos pays ne trouvent pas grand-chose à redire à des régimes autoritaires et bien peu reluisants, du moment qu’ils servent nos intérêts. Pourquoi l’Arabie Saoudite est-elle à ce point épargnée ? Il est aussi paradoxal d’attribuer les Jeux Olympiques à la Chine pour ensuite vouloir gâcher cette ouverture sur le monde que les chinois souhaitaient tellement. L’attitude de l’Occident peut être difficilement compréhensible pour eux. En fait, elle risque d’apparaître comme terriblement arrogante pour des pays qui traînent aussi quelques casseroles (Guantanamo Bay, la guerre d’Irak).
La volonté de défendre nos idéaux peut nous faire prendre des voies contreproductives qui risquent de pousser la Chine vers l’isolation et une absence complète d’écoute. Certaines dénonciations peuvent être prises comme une insulte ou une humiliation de l’honneur nationale, ce qui n’est jamais bon et risque de créer un ressentiment qui sera peut-être lourd de conséquences. Nos politiques sont aujourd’hui sommés de dire qu’ils envisagent un boycott. Mais la diplomatie la plus efficace n’est pas forcément une diplomatie qui se fait sous les caméras. Ne peut-il pas exister une voie qui respecterait à la fois les valeurs que nous défendons, mais qui respecterait mieux la nation chinoise indépendamment des actes que peuvent commettre ses dirigeants ?
Bien sûr, il ne s’agit pas de transiger sur nos valeurs ou même de tout conditionner à des intérêts purement matériels. Je crois qu’il faut recevoir le dalaï-lama à l’Elysée et dénoncer la répression au Tibet. Mais, organiser une course de la flamme de la liberté parallèlement à la flamme olympique n’aurait-il pas pu être une solution moins agressive que de chercher à éteindre cette dernière ? Le boycott de la cérémonie d’ouverture peut rester une possibilité et il serait inconcevable de participer si le régime de Pékin poursuit sa répression. Mais, ne vaut-il mieux pas laisser les options ouvertes pour encourager les Chinois ? Si nous devons rester fermes, il convient également de respecter la nation chinoise. Nous devons dénoncer les dérives mais sans humilier ses dirigeants car à travers eux, ce sont les Chinois dans leur ensemble que nous attaquons et cela ne fera pas avancer les droits de l’homme.
Il est difficile de savoir quel est le meilleur comportement à adopter dans cette crise. J’ai néanmoins l’impression que la réaction de l’Occident, si elle répond à de nobles principes, peut, au final, se révéler contreproductive par le manque de distinction qu’elle fait entre la critique d’abus d’un régime et la critique de tout un peuple.
17:04 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tibet, j.o., boycott
07.04.2008
Faut-il boycotter les J.O. de Pékin ?
C’est le débat du moment en France depuis l’accélération de la répression au Tibet. D’un côté, des associations qui réclament un boycott de la cérémonie d’ouverture, a minima, de l’autre, des athlètes qui ont opté pour une voie plus modérée.
Se pencher sur les agissements du régime de Pékin pousse évidemment vers le boycott. La semaine dernière, Marianne décrivait bien les agissements des autorités chinoises, dotées de tout l’arsenal des régimes totalitaires, entre camps de travail, police politique ou manipulation des médias. La répression sanglante au Tibet ne peut que choquer dans le pays des Droits de l’Homme. Le discours des autorités chinoises, qui dénoncent les appels à la violence du pourtant pacifique dalaï-lama qui refuse pourtant tout boycott, rappelle douloureusement 1984 de Georges Orwell. Bref, à première vue, il semble évident que les pays démocratiques doivent marquer leur opposition aux agissements du régime de Pékin et boycotter la cérémonie d’ouverture, si ce n’est les J.O., par respect de nos valeurs.
Malheureusement, la question est sans doute plus compliquée. Tout d’abord, comme le soulignait fort justement Jean-Michel Apathie, l’Occident se réveille un peu tard. Même si nous déplorons les agissements actuels des autorités chinoises, ils n’étaient pas bien différents quand les Jeux furent attribués à la Chine. La véritable question qu’il faudrait se poser est s’il faut ou non attribuer les Jeux Olympiques à une dictature. Car la Chine n’est pas moins démocratique aujourd’hui qu’en 2001. En fait, l’idée de départ était que l’attribution des Jeux devait être un encouragement dans la route que la Chine prendra, on l’espère, vers la démocratie et le respect des droits de l’homme.
Le principal objectif que nous pouvons avoir est l’accompagnement de ce mouvement. Et malheureusement, je doute qu’un boycott un peu agressif des nations occidentales ait l’effet souhaité. Une telle action pourrait froisser les Chinois et représenter une forme d’humiliation nationale qui pourrait ne pas les pousser dans la bonne direction. Car malgré tout, il faut également se mettre à la place des autorités chinoises pour anticiper leur réaction. S’il faut bien sûr continuer à faire pression sur la question du Tibet, la discrétion me semble largement préférable dans un souci d’efficacité. Car des actions trop agressives pourraient provoquer le repli de la Chine dans une attitude totalitaire et empêcher tout dialogue avec l’Occident, alors que c’est ce dialogue qui permettra l’évolution du pays. S’il faut respecter nos valeurs et donc recevoir le dalaï-lama, il ne faut sans doute pas non plus humilier un pays qui a soif de reconnaissance et qu’un traitement trop cavalier pourrait enfermer avec ses démons.
À dire vrai, cette question du boycott soulève beaucoup de questions que j’ai du mal à trancher. S’il convient de respecter nos valeurs, j’ai peur que l’humiliation de la Chine ne serve pas réellement le but que nous avons. Ainsi, aux cris de certains, je préfère finalement la réaction positive des athlètes, qui permet de préserver un dialogue dont on peut espérer qu’il aura plus d’effet qu’une dénonciation agressive.
13:43 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : chine, j.o., boycott



