26.08.2011
Agriculture : passer de la compassion à l’action !
Il serait vraiment temps que le gouvernement passe à l’action en matière d’agriculture. Si Bruno Le Maire se révèle être un ministre plein de compassion depuis sa prise de fonction, il continue à être un pompier qui déverse des aides en cas d’incendie mais ne traite pas les causes des problèmes.
Le drame des agriculteurs
Quand on pense au sort des agriculteurs, un mot vient à l’esprit : la colère. Comment peut-on laisser les personnes qui nous nourrissent et qui font que la France est la France, être la variable d’ajustement de marchés mondiaux devenus fous du fait de l’arrivée des spéculateurs ? Comment accepter que ces personnes qui travaillent aussi durement, se retrouvent à vendre à perte le fruit de leurs efforts ? Il serait temps de passer des aides ponctuelles à des solutions durables.
Après les producteurs du lait, cette année, ce sont les éleveurs et les producteurs de fruits et légumes qui auront été particulièrement touchés. La forte chaleur et la sècheresse du printemps ont encore accentué les difficultés des agriculteurs. Cet article du Dauphiné explique que les tomates sont vendues entre 35 et 45 centimes le kilo quand le prix de revient tourne autour de 65 centimes. Les pêches rapportent 1 euro par kilo alors qu’elles coûtent entre 1,2 et 1,4 euros…
Il est totalement anormal de laisser faire une telle situation. Les agriculteurs doivent pouvoir vivre de leur travail. Il est révoltant que le revenu agricole ait baissé de 34% en 2009, pour tomber à 14 500 euros annuel, un chiffre inférieur à celui de 1990. Pire, il s’agit d’une moyenne, ce qui signifie qu’environ la moitié des agriculteurs gagne donc moins que le SMIC… Quelle autre profession subit de manière aussi brutale les conséquences délétères de la mondialisation ?
Des solutions existent
A ce titre, il faut noter le travail fait par la Coordination Rurale, qui, outre le fait de dénoncer la politique européenne, fait de nombreuses propositions, y compris très pragmatiques dans le traitement des excédents de production alors que les autorités en charge de la question démontrent tous les jours leur incapacité à traiter les problèmes auxquels sont confrontés les agriculteurs. Je vous signale également le blog de Michel Sorin, du MRC qui traite souvent du sujet avec une grande pertinence.
Comment ne pas être révolté par la Commission Européenne qui exige le remboursement de ces aides, comme elle l’avait fait en 2009 pour des aides touchées de 1992 à 2002. Plus globalement, l’UE fait aujourd’hui partie du problème et non de la solution. La libéralisation des échanges agricoles est un suicide programmé de notre agriculture étant donné le niveau de nos salaires et de notre protection sociale. Il est illusoire de vouloir concurrencer ne serait-ce que l’Espagne…
Pire, plus globalement, cette libéralisation est extrêmement dangereuse pour l’avenir de la planète. L’agriculture n’est pas une activité comme les autres. Outre le fait de nourrir les hommes, elle est très dépendante des aléas climatiques. Or, la concentration induite par la libéralisation accentue encore l’importance de ces aléas. Il est donc essentiel de défendre une exception agricole et de permettre aux pays qui le souhaitent de défendre leur indépendance alimentaire.
Aujourd’hui, le gouvernement fait la charité aux agriculteurs. Il leur donne de l’argent quand la situation devient intenable alors qu’il faudrait trouver les moyens de permettre aux agriculteurs de vivre de leur métier. Monsieur Le Maire, il serait temps de passer de la compassion à l’action.
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20.06.2011
Bruno Le Maire au chevet de l’agriculture
S’il fallait en sauver un seul au gouvernement, ce serait peut-être lui. Bruno Le Maire appartient à une espèce en voie de disparition en Sarkozye : les serviteurs de l’Etat compétents et impliqués. Mais s’il est un bon gestionnaire, est-il pour autant un bon politique ?
Serviteur de l’Etat compétent et impliqué
A l’entendre parler d’agriculture mardi soir sur Public Sénat, il était difficile de ne apprécier le discours du ministre. Loin des Jean-François Copé ou Manuel Valls, professionnels égotiques de la langue de bois dont le discours est tellement calibré pour plaire aux électeurs et contribuer à leur carrière qu’on ne sait jamais véritablement ce qu’ils pensent, Bruno Le Maire apporte paradoxalement une fraîcheur technocratique à l’équipe gouvernementale au pouvoir.
En fait, il semble directement venu des années 1960. On pourrait croire qu’il s’agit d’un secrétaire d’Etat du Général de Gaulle tant son style et son implication rappellent les serviteurs de l’Etat que notre administration a pu produire. On note une grande implication, une forte connaissance des dossiers, une vraie volonté de servir ses concitoyens. D’ailleurs, les agriculteurs semblent l’avoir adopté, malgré son manque de connaissance de la campagne.
Un alternatif en peau de lapin ?
Bruno Le Maire tient également fréquemment des propos assez proches des alternatifs, remettant en cause en parole le « laisser-faire » et le « laissez-passer ». Vendredi, il a déclaré que « Le libéralisme dans l’agriculture, c’est une faute économique et politique », rappelant déjà des déclarations assez offensives de 2009 où il remettait en cause la mondialisation dans des termes proches de ceux de Jacques Sapir aujourd’hui ou d’un Arnaud Montebourg.
Mais il y a un hic. Bruno Le Maire fait parfois la bonne analyse et semble indiquer la bonne direction, mais dans les faits, rien ou presque ne change, comme le soulignait récemment Nicolas Dupont-Aignan. Le ministre se contente d’être un infirmier des agriculteurs, prodiguant mots réconfortants et financements exceptionnels pour leur permettre de continuer à travailler. Mais jamais il n’a véritablement initié une réforme qui permettrait de changer la donne.
Technocrate vs politique
Tout se passe comme s’il était incapable de penser en dehors du cadre qu’on lui donne, se bornant à gérer à la marge les immenses problèmes de l’agriculture française. S’il dénonce les fruits et légumes importés d’Amérique du Sud ou d’Asie, il ne prend pas de mesures pour mettre fin à ses importations. S’il dénonce les prix trop bas de certains produits, il n’a pas remis en place des prix de soutien… Pourtant, on le sent sincèrement concerné par le sort des agriculteurs.
Le problème de Bruno Le Maire est sans doute qu’il est trop un technocrate se limitant à gérer ses dossiers, certes avec bonne volonté. Il n’est pas un vrai politique capable de remettre en cause le cadre établi pour en construire un nouveau. Il raisonne dans le cadre existant sans imaginer pouvoir le changer. En cela, il serait sans doute un très bon ministre pour un premier ministre ou un président lui donnant une direction remettant véritablement en cause le statut quo.
Bruno Le Maire est un des rares hommes politiques actuels qui semblent sincères. Son manque d’action ne vient sans doute pas d’un cynisme politicien mais d’un mode de raisonnement qui l’enferme dans un cadre trop étroit dans lequel il ne peut pas trouver de vraies solutions…
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14.06.2011
Oui au mariage pour tous !
Aujourd’hui, l’Assemblée devrait s’exprimer sur la proposition du Parti Socialiste de modifier le code civil, pour lequel le mariage est réservé aux couples hétérosexuels afin qu’il puisse être contracté par « deux personnes de sexe différent ou de même sexe ».
A droite, les lignes bougent
Il est loin le temps où la droite s’opposait très largement au PACS, laissant Roselyne Bachelot isolée au sein de sa famille, faire un discours émouvant applaudi par la gauche de l’hémicycle. Même si l’UMP conserve en soin sein des députés comme Christian Vanneste ou Brigitte Barèges, qui ne lui font pas honneur par leurs déclarations assez révoltantes, on constate que plusieurs députés de la majorité ont pris ouvertement position en faveur du texte socialiste.
Outre Roselyne Bachelot, Franck Riester a pris publiquement position pour le mariage homosexuel. Le Parti Radical de Jean-Louis Borloo s’est largement exprimé en faveur de cette loi, par la voix de son président, d’Yves Jego ou de Laurent Hénart. Mieux, Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture, qui coordonne la rédaction du projet majoritaire pour 2012, s’il ne s’est pas exprimé en faveur du mariage, s’est prononcé pour une égalité de droits entre tous les couples.
Bref, la défection d’une partie non négligeable des rangs de la droite pourrait bien rendre le vote de cette loi assez serré. Les mentalités bougent et si le texte ne passe pas aujourd’hui, cela ne semble qu’une question de temps. Du côté de la blogosphère, on note qu’Authueil s’est également prononcé en faveur du mariage homo dans une note publié samedi et que l’Hérétique est favorable à une égalité des droits, même s’il évoque davantage un contrat d’union civile.
Un véritable progrès sociétal
Il y a encore 18 mois, je n’étais pas favorable au mariage homo. Mais à force d’en discuter, je suis arrivé à la conclusion qu’une telle évolution est absolument nécessaire. Par delà le côté volontiers homophobe des opposants les plus virulents, comme Christian Vanneste ou Brigitte Barèges, qui a fait un parallèle assez répugnant avec la zoophilie, il faut se poser, à mon avis la question du sens de l’autorisation (ou non) du mariage pour tous les couples.
En effet, quel message envoie notre société, notre République en refusant d’accorder aux couples homosexuels le droit de se marier comme les couples hétérosexuels ? Implicitement, cela revient à dire qu’il y a deux poids, deux mesures, qu’il y a des couples de première catégorie et des couples de seconde catégorie. La loi telle qu’elle est aujourd’hui porte un jugement de valeur sur la sexualité en accordant moins de droits aux couples homosexuels.
Et ce jugement de valeur contribue sans doute aux discriminations, moqueries, voir même aux violences portées contre les homosexuels. Il me semble impératif que la République affirme haut et fort qu’elle ne distingue pas ses enfants en fonction de leur sexualité, qu’ils sont égaux en droits et en devoirs, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. En refusant tout jugement de valeur entre hétérosexualité et homosexualité, l’Etat enverrait un bien beau message de tolérance et de respect.
Nul doute que le mariage homosexuel, ou plutôt, le mariage pour tous, finira par s’imposer, tant il semble gagner l’opinion et une partie grandissante de la classe politique. Et aujourd’hui, si j’étais en position de m’exprimer à l’Assemblée, je voterais en faveur du projet de loi.
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25.02.2011
Bruno Le Maire, technocrate empathique
Le ministre de l’agriculture a tout pour plaire : il parle bien, présente bien, reste toujours calme, écoute ses interlocuteurs et tient un discours sensé. Mais sa prestation au Grand Journal de Canal Plus mardi dernier révèle quand même de sérieuses limites.
Plus technocrate que politique
Pendant l’émission, Ariane Massenet a proposé au ministre un test sur ses connaissances: l’époque où on récolte les poires (l’été) ; la race d’une vache (une blonde d’Aquitaine) ; le nom d’une machine agricole (un enjambeur) ; le nom de l’animal dont on faisait entendre le cri (un dindon) ; ce que représente un hectare (10 000 m2). Le ministre a récolté un zéro pointé, l’agriculteur invité affirmant que « si un jour, il avait à en acheter un (hectare), il saura que chaque mètre est important ».
Naturellement, il est ridicule d’attendre des ministres ou des hommes politiques qu’ils aient réponse à toutes les questions qu’on leur pose. Dans la vraie vie, ils ont un ministère qui les assiste. Mais là, le zéro pointé était un peu cruel pour un ministre qui avait passé son temps au Salon de l’Agriculture depuis quelques jours. Deux bonnes réponses auraient été un minimum. La déconnexion entre le ministre et les réalités du monde agricole ne pouvait pas être mieux illustrée.
Sa politesse, son écoute et sa façon de reconnaître son ignorance lui ont permis de ne pas trop mal faire passer la chose. Bref, on retrouvait bien l’auteur du livre « Des hommes d’Etat », ce technocrate vivant un peu trop en vase clos dans les bureaux de la République mais assez sympathique même s’il s'étalait un peu trop sur ses états d’âme. Bruno Le Maire semble le prototype du serviteur de l’Etat plus technocratique qu’idéologue, qui gère plutôt qu’il ne dirige, mais pas vraiment politique.
Empathique mais trop convenu
C’est sans doute pour cela que les agriculteurs semblent bien l’aimer malgré sa méconnaissance de leur métier. Il semble avoir le souci sincère de faire bouger les choses pour les agriculteurs. Fin 2009, il avait même tenu des propos sévères sur les conséquences du libre-échange pour le monde agricole qui avait vu ses revenus baisser de 34% en une seule année, à des niveaux indécents. Malheureusement, faute est de constater que rien n’a véritablement changé depuis.
Le problème est simple : même s’il est choqué par ce qui arrive et qu’il s’efforce de faire de son mieux, ne pas penser à remettre en cause la libéralisation du marché des produits agricoles le limite à poser des rustines sur un problème qui ne sera jamais réglé. La solution est assez simple. Nous la connaissons puisque c’était la façon dont nous fonctionnions avant : mettre en place des prix de soutien pour éviter que les agriculteurs ne vendent en dessous de leur prix de revient.
Naturellement, les opposants souligneront que cela aboutit à des conséquences fâcheuses (prix en hausse, stocks…). Mais il est possible de baisser les prix des produits qui sont en excès et monter ceux des produits dont on manque pour réajuster la production. Bref, si nous restons dans le seul cadre du marché libre, les agriculteurs subiront des variations de prix dévastatrices. C’est cette logique qu’il faut casser pour leur permettre de vivre de leur métier et non pas de subventions.
Bruno Le Maire a une bonne capacité d’écoute et sans doute de bonnes intentions. Mais en restant figé dans le cadre d’un marché agricole déréglementé, il se condamne à des rustines inopérantes pour traiter les problèmes du monde agricole.
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04.12.2010
L’agriculture, victime de la déréglementation européenne
La principale réussite de la construction européenne a longtemps été la Politique Agricole Commune, qui a assuré l’indépendance alimentaire du continent. Mais le dogmatisme néolibéral des instances européennes est en train de détruire le principal bienfait de l’Europe…
Une profession abandonnée
Certes, Bruno Le Maire adopte volontiers un discours offensif à l’égard de la politique agricole de l’Europe, dénonçant les conséquences d’une politique qui a abouti à une baisse de 34% du revenu des agriculteurs l’an dernier, à 14 500 euros, soit moins qu’en 1990 ! Mais, dans la réalité, il ne s’attaque pas aux causes de cette crise inhumaine et désastreuse. Car c’est bien l’ouverture commerciale à des pays à bas coûts et la fin des prix de soutien qui est la raison de cette crise.
En effet, le prix du porc dépasse à peine un euro le kilo alors que le prix d’équilibre pour les éleveurs se situe autour de 1,3 euros le kilo. Idem sur le lait, dont le prix de revient est estimé autour de 325 euros l’hectolitre, alors que les industriels l’achètent à peine plus de 300 euros. Les pommes ne sont vendues qu’autour de 2à centimes le kilo. Bref, beaucoup trop souvent, les agriculteurs vendent leur production à perte, ce qui pose la question de la pérennité de notre agriculture.
Revenir aux prix de soutien
Bien sûr, le ministre de l’agriculture vient d’annoncer que 4 milliards d’aides européennes vont être débloquées. C’est mieux que rien, même si ces aides étaient de toutes les façons dues… Mais je crois que ce que les agriculteurs souhaitent, c’est tout simplement pouvoir vivre de leur métier et arrêter de vendre à perte. Et si cela impose de mettre des droits de douane pour certaines importations ou remettre des prix de soutien, il ne faudra pas hésiter à le faire.
Car un pays doit pouvoir choisir l’indépendance alimentaire. D’ailleurs, il faut noter que la protection du secteur agricole fait partie du modèle de développement asiatique. En outre, une trop grande concentration de la production agricole est dangereuse car elle rendrait le monde dépendant d’aléas climatiques pour se nourrir alors que la diversification de la production, si elle entraîne des coûts sans doute plus élevés, a le mérite d’assurer une plus grande stabilité de l’approvisionnement.
Comme l’avait fait le Général de Gaulle dans les années 60, il ne faut pas hésiter à mener un bras de fer avec nos partenaires pour imposer un retour à un modèle qui permettra à nos agriculteurs de vivre du fruit de leur travail et non de subventions, tout en assurant une certaine indépendance alimentaire.
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23.10.2010
Nicolas Sarkozy : une main molle dans un gant de fer
Comme le disait Nicolas Dupont-Aignan lors des universités de rentrée de Debout la République, nous avons affaire à une « présidence crocodile, grande gueule et petits bras ». Le président de la République irrite sans obtenir grand chose, notamment vis-à-vis de l’Europe.
Deux charges justes, mais un peu vaines
Cette semaine, nous avons eu droit à deux sorties très critiques à l’égard de la Commission Européenne. Bruno Le Maire était sur le plateau de Canal Plus. S’il a très clairement indiqué qu’il soutiendrait le président sortant même si Dominique de Villepin se présentait, il a également violemment critiqué les instances européennes, et leur ignorance de la souffrance des agricultures. Mais, même s’il parle bien et juste, rien n’a véritablement changé pour les agriculteurs en trois ans et demi.
L’autre sortie de la semaine est à mettre au crédit de Nicolas Sarkozy qui a ironisé sur la fin de la procédure d’infraction de la Commission sur la question des Roms en France. Mais au final, même s’il a fait un esclandre (qu’il a curieusement nié) lors d’un conseil européen, le président de la République n’a même pas obtenu de véritables excuses publiques de Viviane Reding, qui a seulement exprimé des regrets sur l’interprétation de ses propos, qui étaient pourtant totalement abusifs.
Un problème de méthode
Bref, et notamment dans le cadre européen, le président semble incapable d’obtenir quoique ce soit. Il disait vouloir un « mini traité limité aux questions institutionnelles et tenant compte du ‘non’ », il signe un TCE bis. Il veut une Union de la Méditerranée, il accepte la création d’un machin inutile qui incorpore des pays riverains de la mer Baltique… En fait, Nicolas Sarkozy brasse beaucoup d’air, s’attribue beaucoup de mérites, mais quand on gratte, il cède beaucoup et obtient peu.
Le président réussit paradoxalement à beaucoup irriter nos partenaires, l’Allemagne en tête, tout en lui cédant sur la plupart des sujets (hormis sur le plan de soutien à la Grèce, où il a bénéficié du soutien d’une grande majorité des autres pays de l’Union Européenne). La réforme des retraites en est un autre exemple où il provoque un conflit social dur pour une réformette qui n’assure en aucun cas le financement de nos retraites pour les années à venir.
La prise de recul qui devrait intervenir lors de la campagne de 2012 risque d’être très cruelle pour le président de la République. Les Français comprendront encore plus clairement que créer des conflits, ce n’est pas réformer, loin de là.
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22.12.2009
Quand Bruno Le Maire remet en cause la mondialisation
« Nous, en Europe, nous sommes les champions d’un libre échange sans règles, sans contrôles, qui, à mon sens, est allé trop loin et doit être revisité ». Cette critique de l’Europe ne vient pas de Nicolas Dupont-Aignan, mais bien de Bruno Le Maire. Simple posture ou vraie remise en question ?
Une crise sans précédent
Il faut dire que la crise de l’agriculture est aujourd’hui particulièrement sévère. Le revenu des agriculteurs a ainsi baissé de 34% cette année, le ramenant à un niveau inférieur au début des années 1990 ! Et comme parallèlement, le prix des produits agro-alimentaires n’évoluent pas dans le même sens, il est parfaitement légitime que le ministre de l’agriculture affirme « qu’il faut une meilleure répartition de la valeur ajoutée, ce n’est pas normale qu’en période de crise, les seuls à trinquer, ce soient les producteurs ».
Cette nouvelle déclaration semble donc indiquer que la France veut sérieusement remettre en cause les réformes de la PAC, comme l’annonçait la réunion de 22 ministres de l’agriculture à Paris il y a quelques jours. Bruno Le Maire semble de plus en plus sérieux dans sa volonté de revenir sur la libéralisation excessive des marchés agricoles en Europe, au contraire de son prédécesseur, le très complaisant Michel Barnier, qui semblait avoir oublié qu’il ne travaillait plus à la Commission Européenne.
Posture ou remise en question ?
La réunion qui s’est tenue à Paris semble donc être le signe d’une véritable volonté de retour à une Politique Agricole Commune moins libérale et qui prendrait des libertés avec « la concurrence libre et non faussée », le Graal de la Commission. Car ce que nous annonce le ministre de l’agriculture est assez clair. Il prône un retour à la préférence communautaire et une relocalisation de la production, soulignant l’absurdité d’importer des pommes du Chili quand nous en produisons localement.
D’une part, on peut se réjouir qu’un ministre UMP rejoigne les positions de ceux qui dénoncent les ravages du tout-marché depuis près de 20 ans. Au moins, cela contribuera à populariser nos idées. En revanche, on peut toujours rester interrogatif sur la volonté réelle du gouvernement de changer les choses. Nicolas Sarkozy a trop souvent dit tout et son contraire. Là, il semble que la détresse du monde paysan permette une prise de conscience des politiques mais le doute reste permis.
Il faut espérer que les déclarations du ministre soient plus qu’une posture. A priori, cela semble le cas. Heureusement, car il y a urgence à agir pour sauver le monde agricole. Mais, il faudra passer sur le corps de vingt-cinq années de libéralisation sous l’égide de l’Europe.
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06.08.2009
Aide aux producteurs de fruits et légumes : l’horreur européenne
C’est la polémique de la semaine : la Commission Européenne demande aux producteurs de fruits et légumes Français de rembourser des aides étatiques perçues de 1992 à 2002. Après avoir accepté la demande de Bruxelles, le gouvernement tente de corriger le tir.
Le dogmatisme européen
Je vous conseille vivement de lire l’interview du porte-parole de la Commission Européenne dans le Monde, journal pourtant favorable à cette décision. On y discerne parfaitement la logique froide des Institutions européennes. Quand la journaliste rapporte l’argument d’un ministre de l’agriculture de l’époque, qui affirmait que « l’Etat (..) ne pouvait attendre que la production soit à l’agonie », le représentant de la Commission répond comme un robot administratif : « il y a toujours une flexibilité » et soutient une coopération étatique dont on comprend bien que la lenteur ne permet pas de répondre aux urgences…
La journaliste continue en évoquant la distorsion que représente la différence de coûts salariaux entre les Etats membres, et qui met à mal le principe de « concurrence libre et non faussée ». Il répond alors que « la question de la main d’œuvre n’est pas couverte par la politique agricole commune ». S’il a beau jeu de souligner que « nous sommes les arbitres des règles que les Européens se sont données », son raisonnement a au moins le mérite de souligner le côté ubuesque de règles européennes qui soumettent les hommes à des règles économiques mal conçues et abstraites.
Un gouvernement aux ordres de Bruxelles
Car s’il est important d’avoir des règles pour fonctionner ensemble, comment imaginer que les producteurs de fruits et légumes pourront rembourser des centaines de millions d’euros d’aides perçues de 1992 à 2002 ? La filière a une rentabilité plus qu’aléatoire depuis des années et ses revenus ont plongé en 2008. On note enfin que derrière les rodomontades habituelles du chef de l’Etat, la réalité est que le gouvernement Français cède aisément aux autorités européennes, comme sur de nombreux autres sujets (négociations avec la Turquie, Union pour la Méditerranée…).
Cette affaire a aussi le mérite de montrer à quel point certains médias orientent la présentation des faits. Ainsi, le Monde daté du 5 août sous-titre son article sur le sujet « la position du ministre, Bruno Le Maire, favorable à l’Europe, est incomprise ». Un concentré de pensée unique ! Le journal poursuit l’assimilation de toute décision des autorités européennes à l’Europe. Le ministre est ainsi « favorable à l’Europe » et pas à une décision de la Commission Européenne. Mieux, sa position est jugée « incomprise », ce qui sous-entend qu’elle est bonne, mais seulement mal expliquée…
Heureusement, beaucoup d’hommes politiques ont dénoncé la décision du gouvernement d’accepter l’oukase de la Commission Européenne. Nicolas Dupont-Aignan a ainsi publié un communiqué de presse pour dénoncer le « défaitisme de Bruno Le Maire ».
Source : http://www.debout-la-republique.fr/Remboursement-d-aides-...
http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/08/04/pour-la-c...
http://www.liberation.fr/politiques/0101583804-fruits-et-...
10:55 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : commission européenne, agriculture, pac, bruno le maire, nicolas dupont-aignan
22.02.2009
Nicolas le fainéant et Jacques le travailleur ?
Dans la mythologie élyséenne, Nicolas Sarkozy se présente comme un président qui travaille bien plus que les « rois fainéants » qui l’ont précédé. À presque chaque intervention, le président ou ses soutiens nous servent cette fable destinée à faire briller la couronne de notre nouveau roi soleil.
Nicolas le fainéant ?
Pourtant, cette semaine, deux faits ont permis de remettre en question ce mythe du travailleur acharné. Tout d’abord, Le Canard Enchaîné révèle que le président a passé son dernier week-end au ski, à Val d’Isère puis à Megève en pleines émeutes en Guadeloupe et à quelques jours du grand sommet social... Ensuite, mercredi, juste après sa nouvelle intervention télévisée, le président est allé assister au match du PSG : la résolution de la crise dans les DOM pouvait sans doute attendre le lendemain...
Ces deux épisodes font également ressurgir quelques souvenirs pas si anciens qui font également relativiser l’implication de notre omni président. En effet, n’avait-il pas écourter début 2008 une visite en Inde et annuler une visite aux Casques Bleus au Liban pour retrouver Carla ? S’il est normal qu’un président puisse avoir une vie privée, il faut noter que les priorités du président avaient eu des conséquences pour notre pays puisque les autorités indiennes avaient été très choquées par sa légèreté.
Nicolas Sarkozy entretient l’image d’un président très travailleur par son omniprésence médiatique et ses multiples annonces. Mais le prisme des médias est-il si révélateur du travail qu’abat un président au service de la nation ? En outre, cette omniprésence médiatique n’est-elle pas le signe d’une mauvaise gestion des priorités, où la communication l’emporte sur tout le reste, réduisant d’autant le véritable travail de fond ?
Jacques le travailleur
La destination de l’attaque sur les « rois fainéants » était transparente : Jacques Chirac. Nicolas Sarkozy ne semble jamais vouloir finir de tuer son père politique, dans une obsession qui semble frôler la névrose. Pourtant, le président actuel devrait se méfier des bons mots et d’une comparaison si hasardeuse. Car tous les livres sur Jacques Chirac, y compris les plus critiques, montre un homme dévoué corps et âme au service de son pays, travaillant jours et nuits sur les différents dossiers.
Le livre de Bruno Le Maire, « Des hommes d’Etat », était assez édifiant en ce sens que l’on y voyait un président toujours sur le pont, lors de nombreuses réunions les week-ends pour travailler sur les différents dossiers en cours. Bien loin de la légende que Nicolas Sarkozy souhaite s’écrire, on peut se demander si de nos deux derniers présidents, ce n’est finalement pas Jacques Chirac qui était le plus gros travailleur et le plus dévoué au service des Français, bien plus que l’actuel résidant de l’Elysée.
Bien sûr, Nicolas Sarkozy n’est pas un roi fainéant. Mais il devrait sans doute éviter de se lancer dans des comparaisons d’un goût aussi douteux. Car l’examen attentif du travail de nos deux derniers présidents ne sera pas forcément à sa faveur…
Source : http://fr.news.yahoo.com/5/20090214/ten-nicolas-sarkozy-l..., Le Canard Enchaîné
http://www.lefigaro.fr/international/2008/01/25/01003-200...
http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2008/06/...
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23.10.2008
Quand un villepiniste fait un pas vers l’autre politique
À dire vrai, le livre de Bruno Le Maire, Des Hommes d’Etat, était bien écrit, mais ne révélait pas vraiment sa pensée politique. Dans une tribune au Monde signalée par Malakine, il fait un pas décisif vers l’autre politique à travers son analyse de la crise actuelle.
L’explosion de la bulle financière a le mérite de faire bouger les lignes. Et ce mouvement, perceptible dans les discours de l’Elysée, vient de rattraper un parlementaire important de l’UMP, Bruno Le Maire, l’ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin. Dans une longue tribune au Monde, il livre son analyse de la crise et rend un coup de chapeau à Jean-Luc Gréau, l’auteur de « L’avenir du capitalisme », l’ancien économiste du Medef, qui était l’invité des universités de rentrée de Debout la République et qui est une figure importante des partisans de l’autre politique. Cet hommage est d’autant plus marquant que le député de l’Eure reprend en bonne partie les arguments de l’économiste sur le problème de la rémunération du travail, même s’il ne va pas jusqu’au bout de la logique de Gréau sur les conséquences.
Son analyse des raisons de la crise est très intéressante. Bruno Le Maire y voit trois raisons principales : la stagnation du revenu médian dans les pays occidentaux, la déréglementation de la finance via la titrisation et l’abandon par les politiques de toute volonté d’encadrer les pratiques financières. Le premier point semble directement tiré du livre de Jean-Luc Gréau tant l’argument est présenté de la même manière et notamment le fait que les gains de productivité ne se retrouvent pas dans les salaires. Le second point est traité un peu rapidement et fait l’impasse sur d’autres aspects de la crise financière (effet de levier, CDS, subprimes…). Le troisième est particulièrement intéressant : « les hommes politiques se sont peu à peu abstenus de la contrôler (la finance) ou de lui fixer des règles ».
Il dresse trois pistes pour résoudre la crise. La première est une réflexion pour permettre une hausse des salaires de manière à ce qu’elle suive les grains de productivité. Il pose la question du financement de la protection sociale, ce qui semble, en filigrane, indiquer un intérêt pour la TVA sociale qui permettrait de radicalement réduire le coût du travail. La deuxième piste est une meilleure régulation de la finance internationale, même s’il n’évoque pas de taxe sur les mouvements de capitaux. Enfin, il évoque le rôle de l’Etat en assurant qu’une meilleure coopération économique doit se mettre en place au niveau européen et plaide pour une politique économique commune et la création d’un Trésor Européen.
Cette tribune n’est pas complètement sans limites. Curieusement, Bruno Le Maire reprend telle quelle la première partie du raisonnement de Jean-Luc Gréau, qui dénonce la « déflation salariale » que créé la libéralisation des échanges. En revanche, il ne va pas jusqu’à envisager un meilleur encadrement du commerce international, qui est une cause importante de cette stagnation des salaires, balayant la voie protectionniste d’un revers de main, même si l’évocation d’une nouvelle fiscalité sociale pourrait agir de la sorte par la taxation qu’elle introduirait sur les produits importés. Enfin, il n’y a pas la moindre remise en question de l’agenda ultralibéral de l’Europe qui est une cause importante de la crise.
Son ampleur fait bouger les lignes idéologiques. Les graines de l’autre politique trouvent de nouveaux terrains. Mais, plus encore que les politiques, ce sont les Français qui seront sans doute les plus ouverts à une remise en cause du système qui nous a amenés dans le mur.
Source : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/10/20/l-europ...
10:55 Publié dans Actualités, Villepin | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : villepiniste, bruno le maire, jean-luc gréau



