02.05.2010
L’insupportable one-man-show de Nicolas Sarkozy
Avec un humour involontaire ( ?), Le Figaro annonce que Nicolas Sarkozy « rode son nouveau style présidentiel » en Chine. Comme tous les six mois, le président de la République change pour faire plus président. Il faut dire qu’il en a bien besoin.
Arthur à l’Elysée
Est-ce le fait d’avoir une femme mannequin ? Nicolas Sarkozy me fait souvent penser à l’animateur de télévision et humoriste. Quand ils étaient ensemble, Arthur faisait souvent des blagues sur le couple qu’il formait avec sa femme Estelle. Nicolas Sarkozy lui a emboîté le pas et il n’y a quasiment pas un mois où il ne résiste pas à la tentation de faire une petite blague sur sa femme Carla, abolissant alors les frontières entre vie privée et vie publique.
Ce mélange a commencé dès le début. Le lendemain de son mariage, en déplacement à Gandrange, il annonçait que c’était un lieu idéal pour une lune de miel. Fin mars aux Etats-Unis, on a eu droit au mémorable « entre les Français et les Italiens, ça a toujours bien fonctionné Carla » avec un grand sourire un peu gras. La semaine dernière, il a affirmé « j’aurais voulu être savoyard. Je me suis rattrapé en épousant une savoyarde de l’autre côté ».
Le gagnant de la Star Academy présidentielle
Fondamentalement, Nicolas Sarkozy ne semble pas avoir compris la différence entre une star et un homme politique. Pour lui, l’accession à l’Elysée semble davantage un statut personnel qu’une mission dont on il aurait la charge. Il est très gênant de le voir se répandre ainsi tel un comique lambda sur sa vie privée qu’il étale quand cela l’arrange, comme une vulgaire star de la télé réalité. La fonction présidentielle devrait lui imposer une retenue qu’il semble incapable d’acquérir…
Pire, le président adopte une attitude volontiers schizophrène, évoquant sans cesse sa relation avec sa femme mais critiquant toute évocation de sa vie privée quand cela ne cadre pas avec l’histoire qu’il veut projeter aux Français. La récente tragi-comédie sur les rumeurs aurait pourtant du lui rappeler qu’il ne fait pas bon exposer ainsi sa vie privée. Mais non, c’est plus fort que lui, comme s’il lui était impossible de faire l’effort de se retenir.
Pour faire un minimum président, Nicolas Sarkozy devrait renoncer à toute évocation publique de sa vie privée. Cela lui donnerait alors un droit au respect de son intimité et il éviterait à l’occasion de ressembler à un comique faisant son one-man-show…
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08.04.2010
Rumeurs et inconséquence
J’avais décidé de ne pas en parler car ce qui relève de la vie privée doit rester privé et de toutes les façons, il ne s’agit que de rumeurs dont il est probable qu’elles sont infondées. Mais encore une fois, l’entourage de Nicolas Sarkozy a maladroitement mis le sujet sur la table.
La théorie du complot
En effet, ce début de semaine a été l’occasion d’un scénario tellement incroyable qu’un réalisateur de cinéma n’en voudrait pas pour faire un film. Tout s’est accéléré avec le bruit selon lequel Rachida Dati serait responsable de la rumeur sur les déboires conjugaux du couple présidentiel, ce qui aurait provoqué la dérisoire suppression de sa voiture de fonction. Ensuite, tout s’est accéléré mardi avec deux proches du président de la République qui ont publiquement évoqué un complot contre Nicolas Sarkozy et annoncé des suites judiciaires pour « que la peur change de camp ».
Après cette sortie de Pierre Charon, c’est son avocat, Thierry Herzog, interviewé sur RTL qui a affirmé « je ne peux pas exclure une machination ». Rachida Dati est également venue s’expliquer à la radio, ajoutant à la confusion. Puis, devant les réactions peu favorables, finalement, il semble que l’Elysée ait décidé de revenir en arrière, avec l’intervention de Carla Bruni-Sarkozy sur Europe 1 pour dire que les rumeurs sont infondées, qu’il n’y a pas de complot ni d’enquête (ce qui semble contredit par les services secrets) et que Rachida Dati n’est pas en disgrâce.
Amour, gloire et beauté à l’Elysée
Bref, encore une fois, l’Elysée en a trop dit, ne résistant pas à la tentation d’utiliser sa vie privée. Le mandat de Nicolas Sarkozy est décidemment encombré de polémiques indignes de la fonction présidentielle. Entre l’escapade à Disneyland en plein conflit social, le « Carla et moi, c’est du sérieux » de la conférence de presse de début 2008, le dérapage ridicule de Bernard Laporte sur la grossesse de Rachida Dati ou les innombrables blagues du président sur la proximité de la France et de l’Italie (la semaine dernière encore devant les étudiants de Columbia), cette présidence est chaque jour plus ridicule.
Car finalement, Nicolas Sarkozy n’a pas renoncé à la « people attitude ». S’il se tient un peu mieux que durant les premiers mois de sa présidence, il continue à exploiter le filon quand cela lui chante. Finalement, les médias Français sont bien généreux de le traiter de la sorte quand on écoute ses digressions et ses mauvaises blagues sur l’Italie, qui n’ont rien à faire dans la bouche d’un président de la République et qui rappellent les blagues qu’Arthur faisait au sujet de sa femme Estelle, ancienne top model elle aussi. Quel spectacle navrant l’Elysée nous offre depuis trois ans !
Il est vraiment navrant que le gouvernement en soit réduit à de telles trivialités à un moment où les conséquences de la crise se font durement sentir pour les Français, à travers le chômage ou la baisse du pouvoir d’achat. Nul doute que cela pèsera lourd en 2012.
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, carla bruni-sarkozy, rachida dati, rumeur
03.04.2010
Le mythe de la non-candidature de Nicolas Sarkozy
Depuis son élection, Nicolas Sarkozy entretient savamment le mystère sur ses intentions pour 2012. Officiellement, il ne serait pas du tout évident qu’il se représente. Pourtant, même si les perspectives se compliquent, tout laisse à croire qu’il sera candidat.
Pourquoi il entretient le doute
Marianne 2 a publié un papier très juste cette semaine sur les raisons qui poussent Nicolas Sarkozy à évoquer et faire évoquer publiquement la possibilité de s’en tenir à un mandat. L’idée des communicants de l’Elysée est d’en rajouter sur la difficulté de la fonction présidentielle, sur les risques que cela fait même peser sur sa santé pour présenter l’image d’un homme qui sacrifie tout, sa vie avec sa nouvelle femme, sa santé, pour le bien des Français. La ficelle est très grosse, mais elle vise à humaniser le président, à le rendre plus sympathique et à créer du désir.
C’est la technique que François Mitterrand avait utilisé en 1988 en ne se déclarant candidat à sa succession qu’à peine un mois avant le premier tour de l’élection présidentielle. Mais malgré les interventions de Carla Bruni-Sarkozy et de son père, la crédibilité d’une non candidature est aujourd’hui très faible. En effet, pour qui suit un peu l’actualité politique, les coulisses de l’Elysée révèlent tous les jours de nouveaux préparatifs pour l’élection de 2012. La nomination de François Baroin et Georges Tron au gouvernement montre au contraire une volonté d’écouter ses électeurs et de rassembler son camp.
Un contexte de plus en plus difficile
Et outre le bruit des coulisses, qui infirme ce mythe, comment imaginer que Nicolas Sarkozy renonce à se présenter. Populaire, comment pourrait-il résister à la tentation de rester cinq ans de plus président. Impopulaire (ce qui est plus probable), comment pourrait-il assumer le fait de se défiler devant le jugement des Français dans un acte qui serait sans nul doute présenté comme un manque de courage caractérisé ? Bref, quelque soit le scénario, il semble impossible au contraire que le président de la République ne se présente pas à sa réélection, comme l’ont fait ses trois prédécesseurs…
En revanche, le contexte sera sans doute difficile. Si le PS ne convainc guère les Français, il leur semble bien préférable à la majorité actuelle. Comme le note Reversus, sentant le vent des sondages et des urnes, les média sont de plus en plus durs avec le président. Et la majorité tangue de plus en plus, puisque, suivant le modèle sarkozyste, les rebelles n’hésitent plus à étaler chaque jour leurs doutes et leurs critiques, comme vient de le faire le sénateur Alain Lambert. Certains n’hésitent plus à évoquer d’autres candidatures (Villepin, Juppé, Fillon), signe que le président n’est plus intouchable.
Nicolas Sarkozy sera candidat en 2012. Une non-candidature serait un aveu d’échec qui semble difficilement compatible avec son caractère. Mais il fera campagne avec un lourd passif, une majorité revêche et des médias beaucoup moins favorables. Tous les ingrédients pour perdre.
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, 2012, françois mitterrand, carla bruni-sarkozy
27.11.2009
Le dérapage de Carla Bruni-Sarkozy
« Pas vu, pas pris », c’est ainsi que Carla Bruni-Sarkozy a commenté la main de Thierry Henry dans le Grand Journal de Canal Plus. Une nouvelle fois, le mauvais exemple vient d’en haut.
Un geste qui devait être sanctionné
Je n’arrive pas à comprendre pourquoi le football persiste dans sa volonté de ne pas utiliser l’arbitrage vidéo, contrairement à ce qui se pratique dans le rugby. Après tout, il est complètement ridicule de donner la possibilité au téléspectateur de disséquer chaque seconde d’un match et de le refuser à des arbitres, dont un d’entre eux pourrait simplement suivre le match depuis une cabine vidéo qui lui permettrait de voir et revoir des actions afin d’en tirer la bonne appréciation.
Résultat, le football est un sport où les attaquants font mine de tomber pour obtenir des fautes imaginaires et où un contrôle de la main permet de marquer un but, sans la moindre sanction pour peu que l’arbitre soit trop loin du ballon ou dans un mauvais angle de vue. Il serait pourtant tellement simple d’éviter de tels comportements en instaurant un arbitrage vidéo qui permettrait de sanctionner plus justement les mauvais gestes. Ainsi, le football s’épargnerait des polémiques inutiles.
Un mauvais exemple
Mais plus encore que des polémiques qui ne le servent pas, le football éviterait de donner un si mauvais exemple à la société. Et cela est important car il s’agit du sport le plus populaire. Il est d’autant plus regrettable que ce sport montre que la tricherie peut décider du sort d’un match que tous les téléspectateurs la constatent à travers les innombrables ralentis que leur offre la télévision. Il est curieux de vouloir conserver l’asymétrie de l’information entre arbitre et spectateurs.
Et c’est pourquoi il est scandaleux que la première dame de France s’en tienne à un commentaire du type « pas vu, pas pris » au sujet de la main de Thierry Henry. Quel exemple pour la jeunesse ! Cela veut-il dire que du moment que l’on est pas pris, on peut tricher, ou même voler ? La présidence de la République doit avoir une certaine exemplarité que Carla Bruni-Sarkozy piétine allégrement en ne condamnant pas la tricherie qui a permis à l’équipe de France de se qualifier.
Nicolas Sarkozy avait été en partie élu sur la question des valeurs. Pourtant, depuis son élection, lui et son entourage ont tendance à les fouler au pied. En voici un nouvel exemple.
08:55 Publié dans Actualités, Sarkozy, Société | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : thierry henry, carla bruni-sarkozy



