09.04.2008
Nicolas Dupont-Aignan relève la croix de Lorraine
Hier, le Parlement examinait la motion de censure, déposée par le parti socialiste, contre la politique étrangère de Nicolas Sarkozy. Nicolas Dupont-Aignan a dignement représenté les idées gaullistes en votant la motion, par-delà les clivages traditionnels.
Bien sûr, c’est le parti socialiste qui a déposé la motion de censure du gouvernement et il est assez piquant qu’il se pose en défenseur de la politique internationale définie par le Général de Gaulle, contre les dérives d’un pseudo héritier du gaullisme qui se recueille occasionnellement à Colombey… François Hollande a repris l’argumentaire développé par Dominique de Villepin à l’ESSEC jeudi et dimanche sur Canal Plus. Il a dénoncé l’atteinte à l’indépendance de la France et l’erreur politique qui consiste à s’aligner sur un Georges Bush, dont les initiatives ont pourtant toutes échoué et qui est même discrédité dans son propre pays.
Il était pour le moins paradoxal de voir alors François Fillon, un temps considéré comme un gaulliste social, défendre le retour dans le commandement militaire de l’OTAN et l’envoi d’un nouveau contingent de soldats français en Afghanistan. Plutôt que de chercher à défendre ces deux décisions, le premier ministre a eu recours à une mauvaise foi incroyable pour répondre à la motion de censure. Il a dénoncé le pseudo « anti-américanisme » des socialistes, ce qui est un peu simpliste quand on voit le débat que créé aux Etats-Unis même l’intervention en Irak. Ensuite, il a souligné que ce sont Jacques Chirac et Lionel Jospin qui avaient décidé l’envoi du premier contingent. Mais cet argument est assez douteux étant donné que cette décision avait été prise en 2001, que la situation a beaucoup changé depuis et que l’intervention est un échec.
Alors que François Bayrou s’est une fois de plus réfugié dans la neutralité, Nicolas Dupont-Aignan a fait preuve d’un véritable courage politique en votant la motion de censure socialiste. Ce vote est cohérent par rapport à ses convictions, mais il a le courage de voter contre l’UMP, dont il reste forcément plus proche que du PS. Ainsi, il rejoint les leaders de caractère que sont Philippe Séguin, Jean-Pierre Chevènement ou Dominique de Villepin qui n’ont jamais hésité à affirmer leurs convictions, même quand celles-ci allaient dans un sens différent de celui de leur camp. En cela, le président de Debout la République fait honneur au courant gaulliste dont il devient chaque jour un peu plus un leader naturel.
Pendant la campagne, Nicolas Sarkozy avait promis la rupture sur la croissance et le pouvoir d’achat, et la continuité sur les affaires étrangères. Faute de réussir les premiers, la rupture se fait sur une politique étrangère qui avait pourtant fait l’objet d’un large consensus depuis cinquante ans. Merci à NDA de le dénoncer haut et fort.
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/04/08/l-assemblee-rejette-la-motion-de-censure-deposee-par-l-opposition_1032463_823448.html#ens_id=1025757
11:42 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nda, censure, otan, afghanistan



