23.01.2010

Les Français ont tout compris à la crise !

A défaut d’avoir été compris par les dirigeants de la planète, toujours incapables de proposer la moindre réforme significative de notre système économique, et qui se contentent de donner quelques gages sur les bonus, la crise semble avoir provoqué une véritable révolution mentale chez les citoyens.

Une très bonne analyse économique

Le sondage du Cevipof montre que la défiance est désormais forte à l’égard de l’Union Européenne, du gouvernement, du Parlement, de l’OMC ou du G20 (35 et 30% de cote de confiance). En outre, les Français n’ont jamais été le peuple le moins critique à l’égard du fonctionnement du capitalisme. Il y a chez nous une méfiance naturelle à l’égard de l’argent qui ne se retrouve pas dans la plupart des pays anglo-saxons. Cette crise accentue largement cette vision de l’économie.

Car la défiance des Français ne se limitent pas aux dirigeants de la planète. Elle touche également les grandes entreprises et les banques puisque nous ne leur faisons confiance qu’à 43 et 37% respectivement. Ces chiffres sont confirmés par une étude du Monde, qui montre que les Français, s’ils sont favorables à la taxe sur les bonus, pensent à 75% « qu’elle ne sera pas efficace car les banques mettront en place d’autres systèmes pour rémunérer leurs traders ».

Et si deux-tiers des Français approuvent le soutien aux banques au cœur de la tempête, 80% pensent que les banques n’en ont pas tiré les leçons et 73% pensent qu’elles n’accordent pas suffisamment de crédit à l’économie. Enfin, 83% estiment qu’une nouvelle crise pourrait se produire « dans les prochaines années ». En clair, les Français croient que les gouvernements ont apporté les bonnes réponses pour éviter que la crise ne dégénère mais ne croient pas que le système ait été vraiment réformé.

Un sondage lourd de conséquences

Bref, l’analyse générale de la crise de nos concitoyens correspond tout à fait à l’analyse faite par les intellectuels alternatifs (Gréau, Sapir, Lordon…). Comme eux, ils jugent majoritairement que l’action des dirigeants de la planète a permis d’éviter une Dépression du style de celle de 1929, mais que rien n’a été fait pour réformer un système économique et financier qui n’a pas changé et qui est donc, par conséquent, aussi susceptible de provoquer une grave crise qu’il y a quelques années.

Du coup, ceci explique sans doute en partie la piètre image des principaux partis politiques, incapables de proposer une réforme un peu significative du système. Les Français se rendent compte qu’ils se contentent de gesticulations sur les bonus. C’est pourquoi, en proposant une analyse approfondie et claire de la crise, ainsi que de véritables solutions structurelles, un autre parti pourra, en 2012, véritablement émerger tant UMP, PS, Modem ne proposent rien de concret.

C’est en cela que Nicolas Dupont-Aignan représente à la fois une chance pour la France car il est le seul présidentiable à avoir véritablement compris la crise et à proposer des mesures radicales pour changer. Patience, les élections présidentielles nous donneront la parole.

19.01.2010

Vers la fin du clivage gauche-droite

C’est un sondage passionnant que le Cevipof a fait réaliser par la Sofres. Il mesure l’opinion des Français à l’égard des institutions politiques et économiques. Il recèle de nombreuses pépites qui montrent que les ingrédients pour un big bang politique semblent se rassembler.

Un rejet très fort des élites

En effet, si 69% des Français font confiance à leur conseil municipal et 65% à leur conseil général ou régional, 55% ne font pas confiance à l’Union Européenne, 64% à l’Assemblée Nationale, 65% à la présidence de la République et 68% à l’égard du gouvernement. En clair, deux tiers des Français ne font plus confiance aux hommes politiques nationaux. Il faut dire que 78% de la population pense que les responsables politiques se préoccupent peu ou pas du tout de ce qu’ils pensent.

La défiance à l’égard des institutions se retrouve partout. Les Français ne font plus confiance aux banques, ni aux grandes entreprises, qui ne pensent qu’à leur profit. Le constat est sévère et produit une crainte pour l’avenir. Paradoxalement, cette crainte est moins forte pour l’avenir immédiat, où seule une petite majorité relative pense que sa situation va se détériorer, que pour l’avenir plus lointain, puisque 73% des Français pensent que la situation sera moins bonne pour leurs enfants.

Le dépassement du clivage gauche-droite

Mais l’enseignement sans doute le plus intéressant de ce sondage est la démonstration éclatante de la démonétisation du clivage gauche-droite. 67% des Français ne font confiance ni à la gauche, ni à la droite pour gouverner le pays. Seulement 16% font confiance à la droite et 14% à la gauche. Des chiffres dérisoires qui montrent l’étendue de la défiance à l’égard du PS et de l’UMP, qui ne semblent avoir pour mérite que de ne pas avoir encore d’alternative crédible.

Mieux, à peine 25% des Français se classent à gauche ou à l’extrême gauche, 19% à droite ou à l’extrême-droite, alors que 38% se déclarent ni à gauche ni à droite. En poussant un peu plus, 31% se disent « plutôt de gauche », 26% « plutôt de droite » mais 40% « ni de gauche, ni de droite ». Bref, les Français semblent avoir intégré que ce ne sont plus les clivages traditionnels qui ont du sens, même s’ils ne semblent pas encore en avoir trouvé un de substitution.

Mais surtout, comment ne pas voir dans ce sondage une profonde attente de gaullisme ? En effet, le Général de Gaulle refusait le clivage gauche-droite et sa politique serait difficilement classable sur l’échiquier actuel. Le gaullisme a encore de beaux jours devant lui.