03.11.2010
Debré, Yade : la chienlit à la tête de l’Etat
De 2002 à 2007, Nicolas Sarkozy s’est essuyé les pieds sur Jacques Chirac sans réelle sanction de la part du président. Résultat, ce travers a tendance à s’accentuer plus encore : la chienlit majoritaire s’accentue. Plus personne ne respecte personne…
Quand Jean-Louis trahit Michel
Bien sûr, je partage les critiques de Jean-Louis Debré à l’encontre de Nicolas Sarkozy, et on pourrait y voir un juste retour des choses par rapport aux critiques sans cesse exprimées par l’actuel président vis-à-vis de son prédécesseur pendant cinq ans alors qu’ils étaient dans la même majorité. Cependant, est-il normal que le président du Conseil Constitutionnel s’oppose de telle manière au président en exercice ? Ne devrait-il pas s’astreindre à la même réserve que ses prédécesseurs ?
A titre personnel, et je n’emploie pas ce mot à la légère, je pense que le père du président du Conseil Constitutionnel se retournerait dans sa tombe s’il entendait les critiques publiques à peine masquées que son fils exprime dans un roman, comme il l’a lui-même confirmé sur le plateau du Grand Journal de Canal Plus. Sa fonction impose une retenue qu’il oublie totalement et en agissant de la sorte, il suit l’exemple de celui qu’il dénonce. Il est plus sarkozyste que gaulliste…
Rama Yade, mauvaise graine sarkozyste
C’est sa nouvelle incartade : interrogée sur le discours de Dakar, la secrétaire d’Etat aux sports n’a pu se retenir d’exprimer son désaccord en affirmant que « non seulement l’homme Africain est entré dans l’histoire, mais il a même été le premier à y rentrer (…) Je ne suis pas son professeur. Qu'est-ce que vous voulez que je fasse, que je saute sur la tribune et que je gifle le président de la République ? (…) C'est le président de tous les Français. C'est eux (pas elle alors ?) qui l'ont élu. »
Déjà, on peut penser qu’un secrétaire d’Etat devrait garder ses désaccords pour soi (« un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne » selon l’adage chevènementiste) mais évoquer le fait de gifler le président est proprement hallucinant. Il n’est décidemment pas normal que cette multirécidiviste des dérapages verbaux soit encore au gouvernement, après sa critique des bleus ou son manque de solidarité avec son ministre de tutelle. La seule chose qu’elle mérite, c’est la porte !
Bien sûr, on peut être d’accord avec ces critiques. Mais, en agissant de la sorte, le président du Conseil Constitutionnel et la secrétaire d’Etat ne font qu’imiter celui qu’ils critiquent et, quelle ironie, Nicolas Sarkozy, en tolérant de tels dérapages, agit comme le président qu’il dénonçait. Quel quinquennat misérable !
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : rama yade, nicolas sarkozy, jean-louis debré, chienlit
01.09.2010
La discorde chez la majorité
Alors que le PS retrouve une certaine unité, c’est l’inverse à l’UMP : Fadela Amara, Bernard Kouchner et François Fillon prennent leur distance, Jean-François Copé critique le premier ministre et Xavier Bertrand ; ce dernier réplique instantanément : c’est la chienlit dans la majorité !
Quand la désunion passe du PS à l’UMP
Il n’y a pourtant pas si longtemps, l’ensemble des troupes majoritaires récitaient comme des robots le même argumentaire pondu par l’Elysée. Si cela n’était pas sans limite, au moins, cela communiquait une unité que le Parti Socialiste était bien incapable de montrer entre les tirs de snipers de Manuel Valls ou ceux de Vincent Peillon. La discipline était clairement la force de la majorité et la désunion la caractéristique de l’opposition. Cela expliquait sans doute le fait que Nicolas Sarkozy avait encore de bons sondages présidentiels étant donné la faiblesse de sa cote personnelle.
Le PS a retenu la leçon et la belle unité affichée le week-end dernier rend clairement plus crédible l’opposition. Parallèlement, c’est l’UMP qui perd de sa superbe. Si, depuis le démarrage, la contestation a toujours était présente (Rama Yade…), ces derniers jours ont été une véritable farce. Alors que l’unité était essentielle pour reprendre pied après la descente aux enfers du printemps dernier, on assiste à une multiplication de déclarations de ministres critiquant un autre membre du gouvernement ou de parlementaires s’en prenant également à des ministres.
Nicolas Sarkozy a d’ors et déjà complètement raté sa rentrée, d’autant plus que la désunion de son camp contraste cruellement avec l’unité retrouvée du camp adverse. Il ne reste décidemment plus grand-chose à l’hôte de l’Elysée… La discorde chez la majorité commence à créer une atmosphère de fin de règne qui n’est pas sans rappeler les précédents de 1995 ou 2007, c’est dire ! Plus personne ne semble avoir d’autorité et chacun semble désormais jouer sa carte en fonction de ses intérêts propres sans jamais se poser la question d’un quelconque intérêt général.
Pourquoi un tel désordre ?
Après un printemps aussi calamiteux, il aurait fallu que le gouvernement et la majorité agissent parfaitement de concert, sans le moindre couac. Nicolas Sarkozy aurait pu opposer un professionnalisme de bon aloi à toutes les polémiques qui l’assaillent. Mais non, le gouvernement répond dans le désordre et en se tirant dans les pieds. On croirait revivre les pires heures de la rue de Solférino. Il est sidérant de constater l’incapacité du gouvernement à agir comme une équipe, le tout sans la moindre réaction du président qui laisse faire cette chienlit qui mine pourtant son quinquennat.
En fait, il faut dire que le désordre gouvernemental est en bonne partie la conséquence du comportement de Nicolas Sarkozy de 2002 à 2007 comme ministre de Jacques Chirac. Pendant cinq ans, la solidarité gouvernementale a été une option pour l’ambitieux candidat à la présidentielle qui faisait toujours prévaloir ses intérêts sur ceux de l’équipe gouvernementale. Il n’est donc pas étonnant que ses ministres fassent de même d’autant plus qu’il s’est montré incapable de sanctionner les ministres qui outrepassaient leur devoir de réserve ou de solidarité.
Il est assez incroyable que Nicolas Sarkozy passe à ce point à côté de sa rentrée. La chienlit gouvernementale donne l’impression d’une équipe à bout de souffle et d’un président inutile pour remettre de l’ordre. Même la perspective d’un remaniement ne parvient pas à les discipliner !
10:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, jean-françois copé, françois fillon, fadela amara, bernard kouchner, chienlit, discorde
27.03.2009
La chienlit politique, hommage à Nicolas Sarkozy
Il y a une dizaine d’années, on parlait encore de godillots. À quelques exceptions près, les hommes politiques avaient tendance à davantage respecter les consignes de leur parti. Aujourd’hui, tout semble prétexte à étaler les divisions, à l’UMP comme au PS.
Chienlit majoritaire et chienlit socialiste
On fait grand cas des divisions au sein du PS, mais l’UMP et le gouvernement n’en sont pas exempts, loin de là. Le débat sur l’OTAN a permis aux chiraquiens et villepinistes d’exprimer leur opposition au projet du président. La majorité s’est déchirée sur la contribution des plus riches et le possible aménagement du bouclier fiscal. On ne compte plus les déclarations acides entre ministres (Morano et Boutin, Yadé et Kouchner, Wauquiez et Fillon…). Ce n’est plus un gouvernement, c’est la chienlit au gouvernement !
Il faut dire que ce n’est guère mieux dans l’opposition. Les socialistes sont devenus les spécialistes du suicide collectif. Il semble quasiment impossible pour un dirigeant du PS de s’exprimer sans égratigner un camarade. La constitution des listes pour les élections européennes a été un nouvel exemple de cette extraordinaire capacité du PS à se déchirer en public et si possible devant un micro ou une caméra, sans jamais se poser la question des dangers d’une telle exposition de leurs rancoeurs.
Pourquoi les divisions s’étalent de la sorte ?
Se pose alors la question des raisons d’un tel comportement. Comment ne pas y voir une forme d’hommage à Nicolas Sarkozy ? Le président, convaincu en 2002 qu’il ne pourrait pas être élu s’il incarnait la continuité, a construit une stratégie d’opposition radicale au président dont il était le ministre (« la rupture »). Son succès en 2007 valide une telle stratégie et pousse donc les apprentis Sarkozy à imiter l’indiscipline de leur modèle, ce que Jean-François Copé fait de manière transparente.
Mais il y a une deuxième raison plus fondamentale à cette dérive des hommes politiques : la perte du sentiment collectif. La majorité des hommes politiques d’aujourd’hui ne sont plus que des ambitieux en quête d’une carrière à laquelle ils sacrifient tout. Si l’ambition n’est pas critiquable en soi, elle réduit à néant la notion de collectif quand elle n’est pas équilibrée par de fortes convictions personnelles ou un certain sens du service de l’Etat, comme pouvait l’avoir une majorité du personnel politique d’il y a 20 ans.
Quelles conséquences ?
Cette triste évolution du comportement politique pose de nombreux problèmes. Couplée avec la limitation à deux de mandats présidentiels, elle ferait du président qui serait réélu un « canard boîteux » dès le lendemain de son élection, comme cela se passe aux Etats-Unis. En effet, comment accorder de l’importance à un président qui prendra de toutes les façons sa retraite à la fin de son mandat. Nicolas Sarkozy a clairement savonné la planche d’un (très) éventuel deuxième mandat.
Imaginons un instant le comportement de tous ceux qui visent 2017 au sein même de sa majorité. Si leur élection passe par une critique en règle du président en place, ils ne s’en priveront pas, ce qui promettrait une chienlit gouvernementale bien pire qu’aujourd’hui, où le président reste le maître du jeu. Néanmoins, cette chienlit politique a au moins un avantage. Elle montre bien aux Français ce que sont devenus PS et UMP : de simples franchises électorales au service d’ambitieux dépourvus de convictions.
Les chienlits majoritaire et socialiste ne sont pas le fruit du hasard. Elles sont le symptôme d’un effacement du collectif au profit d’une ambition personnelle dépourvue de convictions fortes ou de volonté de servir l’Etat. Nicolas Sarkozy en est à la fois le meilleur exemple et l’inspirateur…
10:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, chienlit, ps



