16.01.2009
Le mini remaniement qui fait « pschitt »
Ça y est ! Après des semaines de rumeurs, finalement assez fondées, Nicolas Sarkozy a annoncé un remaniement léger mais révélateur de son équipe gouvernementale qui se limite essentiellement à la promotion de son meilleur ami et du judas socialiste Eric Besson.
Il humilie beaucoup mais ne sanctionne pas assez
Comment ne pas penser au mot qui a été attribué à Joséphine à l’égard de Napoléon quand on examine ce remaniement a minima. Finalement, toutes les déceptions du gouvernement (Christine Lagarde et ses bourdes, Rachida Dati, détestée par le parquet, Rama Yadé, indisciplinée comme son patron…) sont maintenues à leur poste, dans une forme de paralysie du pouvoir devant la décision. Il faut dire qu’il est difficile de virer les « stars » de la diversité du gouvernement, car cela serait reconnaître une erreur de casting. Finalement, Jacques Chirac était plus prompt à sortir les erreurs de casting (Madelin, Ferry…).
Mais ce remaniement marque tout de même quelques bons points et des mauvais. Du côté des promotions, Brice Hortefeux est le principal vainqueur car il gagne des grades et hérite d’un ministère encore étoffé par l’ajout de la politique de la ville. Tout semble indiquer que le président le prépare pour Matignon. Eric Besson passe du statut de secrétaire d’Etat à celui de ministre. Le judas du PS semble prêt à tous les reniements pour grimper dans la hiérarchie du gouvernement et de l’UMP. Il est la chose du président, il lui doit tout et donc accepte une fonction pourtant surprenante par rapport à son passé.
Parmi les mauvais points, on note la sanction à l’égard de Christine Boutin, qui perd la ville et ne conserve que le logement. Cette demi-mesure la laisse sans secrétaire d’Etat, plus faible que jamais. Bernard Laporte a également été sanctionné avec l’élargissement du champ d’action de Martin Hirsch puisqu’il a perdu la responsabilité de la jeunesse, qu’il n’a pas animée avec une grande vigueur il est vrai, entre deux bourdes indignes d’un ministre. Enfin, le changement de Nathalie Kosciusko-Morizet est diversement apprécié tant il semble avoir été décidé en dernière minute puisqu’elle n’a pas de remplaçant.
Une méthode Sarkozy balbutiante
En fait, selon Le Monde, Philippe de Villiers se serait opposé en dernière minute à la nomination d’un de ses proches à l’ancien poste d’Eric Besson, contraignant l’Elysée à la nomination de NKM. Au global, cet épisode de remaniement n’a pas été très glorieux. Une fois que la secrétaire d’Etat à l’environnement sera remplacée, il aura fallu la bagatelle de quatre annonces différentes pour remanier le gouvernement, entre l’annonce du remplacement de Jean-Pierre Jouyet par Bruno Le Maire, puis l’annonce de la promotion de Martin Hirsch et l’annonce globale d’hier. Cela fait beaucoup et pas très sérieux.
En outre, la plupart des annonces étaient attendues, ce qui rend leur dispersion surprenante et assez peu professionnelle. En tout cas, ce remaniement technique ne pourra en aucun cas donner un nouveau souffle à l’action du gouvernement. Il faut dire que Nicolas Sarkozy préfère sans doute conserver des cartouches en vue des prochaines échéances électorales. Un très mauvais score de l’UMP lors des élections européennes conjugué à l’approfondissement de la crise pourrait le pousser à un remaniement plus important en juin ou à la rentrée 2009. C’est sans doute cette perspective qui a limité cet ajustement.
Comment faire d’un remaniement annoncé un non événement ? Voilà ce que Nicolas Sarkozy a réussi à faire en laissant fuiter l’essentiel des changements et en tardant un peu trop pour les officialiser. Le président a préféré reculer pour mieux sauter. Les vrais changements auront lieu plus tard.
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/01/15/mini-r...
10:59 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : remaniement, gouvernement, nicolas sarkozy, brice hortefeux, eric besson, christine boutin
28.12.2008
Subprimes contre maison à 15 euros
La livraison de la première maison à 15 euros par jour n’a pas été accueillie avec un grand enthousiasme malgré le progrès social que peut représenter l’accession à la propriété des ménages modestes. Pourtant, ce dispositif montre bien la différence entre notre pays et celui des subprimes.
Bien sûr, les critiques habituels du gouvernement souligneront toutes les limites du dispositif de Christine Boutin. Ils pourront souligner que la maison Borloo (à cent mille euros) n’a pas fonctionné. Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, critique dans Le Monde, les « positions dogmatiques » du gouvernement sur l’accession à la propriété. Il souligne que ce sont les aides publiques qui permettent d’atteindre un tel coût et que l’emprunt peut durer quarante ans si l’on ajoute le terrain, comparant le programme gouvernemental avec la situation Espagnole.
Pourtant, on peut se demander si cette critique n’est pas exagérée. En effet, la comparaison avec la situation Espagnole est doublement abusive. En Espagne, le niveau des prix s’expliquait en bonne partie par un déséquilibre du marché immobilier. Ensuite, les difficultés des ménages à rembourser leurs emprunts viennent notamment de l’utilisation de prêts à taux variables, alors que dans ce cas, les taux sont fixes. Enfin, le dispositif Borloo a été victime de l’envolée du prix des matières premières, qui en a bouleversé l’équilibre économique. Enfin, le point sur la stabilité des revenus d’un ménage sur 10 ans est lui aussi abusif, puisque l’inflation devrait mécaniquement permettre une progression d’au moins 20%…
En revanche, on peut noter qu’un tel dispositif représente un vrai programme gouvernemental d’accession social au logement puisqu’il cible les ménages gagnant 1500 à 2000 euros par mois. Ce programme permet à ces ménages de bénéficier d’aides et d’échapper aux emprunts à taux variables ou punitifs que les banques pourraient leur proposer. En cela, il représente un progrès par rapport au programme du candidat Sarkozy, qui défendait alors des subprimes à la Française…
Aux Etats-Unis, les ménages modestes se voyaient proposer des prêts à taux variables, avec des premières mensualités artificiellement réduites pour les attirer dans un piège financier contre lequel les banques s’assuraient… En France, les ménages modestes disposent maintenant d’un programme gouvernemental d’accession à la propriété dont le coût est adapté à leurs revenus (moins de 30%). La différence entre les deux pays nous fait honneur.
Bien sûr, on pourra toujours trouver des disfonctionnements dans le dispositif proposé, mais beaucoup de critiques semblent injustes ou terriblement biaisées. Cette initiative est un pas dans la bonne direction, qu’il convient sans doute d’encourager et d’aider à améliorer.
Source : http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2008/12/23/maison-...
11:03 Publié dans Actualités, Sarkozy, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : maison à 15 euros, christine boutin, nicolas sarkozy, subprimes



