23.04.2008
Le scénario rêvé de John McCain
La victoire d’Hillary Clinton sur Barack Obama en Pennsylvanie relance à nouveau la sénatrice de New York tout en ne modifiant pas l’issue désormais plus que probable d’une victoire aux points du sénateur de l’Illinois. John McCain pouvait-il rêver mieux ?
Les commentateurs étaient formels avant l’élection dans cet Etat qui était a priori acquis au camp Clinton. Une courte victoire était insuffisante car, en ne modifiant pas réellement la donne au niveau du décompte des délégués, sa campagne serait apparue comme inutile. Avec dix points d’avance, Hillary Clinton peut continuer sa campagne, mais son retard en nombre de délégués est seulement passé de 150 à 130. Aujourd’hui, il semble établi que cet écart ne pourra pas être comblé à l’issue des primaires. Les prochaines élections, le 5 mai, ne devraient pas lui permettre de changer la donne puisque la Caroline semble promise à son rival et que le duel en Indiana s’annonce très serré. Mais pour être honnête, si les primaires de Floride et du Michigan avaient été comptées, alors le duel serait sans doute très serré.
Ce énième « come back » d’Hillary Clinton montre une capacité de combattant rarement vu dans les campagnes américaines où le vainqueur se dessine généralement plus vite. En outre, Barack Obama a dépensé trois fois plus que sa rivale dans les médias, fort d’un trésor de guerre largement supérieur. Mais, encore une fois, Hillary Clinton a davantage attiré l’attention avec des messages plus agressifs à l’égard de son concurrent. Elle a diffusé un nouveau film soulignant que le prochain Président devrait affronter les risques terroristes et qu’elle serait, elle, prête dès le premier jour à gérer les crises les plus difficiles. Ses attaques répétées sur les capacités de son rival à diriger les Etats-Unis creusent chaque jour davantage le fossé entre les deux camps, d’autant plus que Barack Obama se laisse lui aussi tenter par les attaques.
Résultat, 20% des partisans de chaque camp déclarent aujourd’hui qu’ils voteront McCain plutôt que de rallier le camp qu’ils auront combattu avec tant de férocité pendant de si longs mois. Et c’est bien tout le problème de cette campagne difficile pour les démocrates. Le système de répartition proportionnel des délégués n’a pas permis l’émergence rapide d’un vainqueur alors que les républicains ont tranché depuis longtemps. Les attaques d’Hillary Clinton sur les qualités de chef de Barack Obama sont autant de munitions que John McCain pourrait utiliser efficacement contre son adversaire. Quant à Hillary Clinton, il est difficile de croire que ses attaques répétées et une victoire à la Pyrrhus ne pousseraient pas une partie des partisans d’Obama vers un candidat républicain qui a toujours plu aux modérés.
John McCain était déjà un candidat redoutable pour les démocrates, quel que soit son adversaire. En se déchirant de la sorte, ils prennent le risque de partir avec un sérieux handicap pour le final de novembre.
Source : http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2008/04/23/les-bureaux-de-vote-ont-ferme-en-pennsylvanie_1037268_829254.html#ens_id=904503
15:17 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : clinton, obama, primaires, pennsylvanie, mccain
11.03.2008
La proposition indécente d’Hillary Clinton
Les Clinton sont décidemment prêts à tout (et n’importe quoi) pour gagner les primaires. Dernière trouvaille : proposer à Barack Obama, en tête de la course à l’investiture, la place de N°2 pour un ticket avec Hillary. Un piège habile dans une campagne qui quitte le débat d’idées pour les combines politiciennes.
Cette proposition est assez habile. En effet, Hillary Clinton fait en apparence un geste vers son concurrent en montrant qu’elle serait prête à travailler avec lui. Un tel ticket aurait aussi l’immense avantage d’unir l’ensemble des démocrates autour d’un ticket qui ne laisserait personne de côté. Ainsi, la sénatrice de New-York espère attirer les indécis du parti démocrate en leur montrant qu’ils pourraient également avoir Barack Obama en votant pour elle, certes pas comme président, mais comme vice-président. Cette proposition est d’autant plus machiavélique qu’aucune réponse de Barack Obama n’est sans danger pour lui. Qu’il accepte et il risque de perdre des électeurs hésitants qui se diront qu’après tout, ce ticket serait sans doute la meilleure solution pour le parti. Qu’il refuse formellement, et il risque d’apparaître comme le « méchant » qui refuse la main tendue.
C’est pourquoi sa position est pour l’instant assez floue puisque s’il a raillé la proposition de sa rivale, il n’a pas vraiment exclu de prendre la place de vice-président tout en déclarant ne pas être intéressé. Cette position peu claire risque de le desservir à un moment où Hillary Clinton bénéficie d’une meilleure dynamique malgré sa défaite dans le Wisconsin ce week-end. Barack Obama traverse un léger moment de flottement dans sa campagne puisqu’il a dû renvoyer un membre de son équipe suite à des déclarations ambiguës sur l’Irak, et qu’il affronte une presse d’autant plus critique qu’il est devenu le favori et que l’équipe Clinton accuse les médias d’un biais pro Obama. En outre, il doit également faire face au scandale des affaires d’une de ses connaissances.
Tout cela montre à nouveau que l’équipe Clinton a recours à des moyens bien peu recommandables pour abattre son concurrent. Après avoir ressorti une dissertation du primaire du petit Barack pour montrer qu’il n’était qu’un ambitieux, puis fait tout un flan sur le fait qu’un paragraphe d’un de ces discours était très proche des écrits de quelqu’un d’autre (Hillary avait lancé un cinglant « shame on you Barack Obama »), le clan Clinton a à nouveau recours à des procédés douteux. Car la proposition par Hillary Clinton d’un ticket avec Barack Obama comme numéro deux, alors qu’il est en tête, n’est qu’un procédé électoraliste qui éloigne les électeurs du véritable débat d’idées. Si ce procédé est habile, il illustre à nouveau les dérives agressives de la campagne d’Hillary Clinton pour contrer un concurrent qui, lui, évite la plupart du temps ce genre de mauvaises manières.
Le sénateur de l’Illinois serait bien inspiré de refuser la proposition en évoquant un manque de confiance vis-à-vis d’une candidate aux pratiques douteuses. En répondant du tac au tac, il renverrait la sénatrice de New York dans une position de challenger dont elle aura du mal à sortir.
Source : http://www.lemonde.fr/web/video/0,47-0@2-829254,54-1021475@51-904503,0.html
20:36 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : clinton, obama, primaires
05.03.2008
Les conséquences du retour d’Hillary Clinton
Les primaires de l’Ohio et du Texas marquent un véritable tournant dans la campagne présidentielle américaine. Après la dizaine de victoires consécutives de Barack Obama, une nouvelle défaite de la sénatrice de New York aurait sonné le glas de sa candidature. Ses victoires relancent la campagne.
Malgré les changements opérés dans son équipe, l’ancienne « first lady » a conservé la même ligne : une valorisation de son expérience et une attaque en règle de son concurrent (son inexpérience, son manque d’action au Sénat, ses discours creux…). Cette campagne assez négative est très différente de la tonalité plus positive de celle de Barack Obama, qui concentre ses attaques sur le système et Washington pour plaider pour un changement global. Hillary Clinton persiste à expliquer qu’elle sera prête dès le premier jour (sous-entendu, pas son concurrent). Le fait de se battre en position de challenger l’a sans doute aidé en lui donnant un côté plus humain, d’autant plus qu’elle se bat comme un acharnement peu commun.
Mais cette victoire complique la situation côté démocrates puisqu’il est désormais probable que l’élection se jouera cet été pendant la convention. Les supporters d’Hillary Clinton soulignent que cela n’avait pas empêché son mari de gagner face à un président sortant rapidement investi. Néanmoins, cette situation peut porter préjudice aux démocrates. Tout d’abord, Barack Obama et Hillary Clinton peuvent s’abîmer l’un l’autre en se critiquant avant la dernière ligne droite, et fournir des munitions à John McCain. Plus dangereux encore, le résultat final risque de ne pas être clair et de souffrir de contestations. Déjà, Hillary Clinton réclame la prise en compte des résultats (favorables pour elle) de la Floride et du Michigan, refusés par la direction du parti car ces Etats avaient avancé la date des primaires. Les délégués non élus pourraient également trancher la primaire. Le parti démocrate souffre de son mode de scrutin proportionnel qui ne dégage pas de majorité claire, contrairement aux républicains.
Car, à la base, cette élection se présentait bien pour les démocrates, vu le bilan de la présidence Bush. Mais l’élection claire et rapide de John McCain, son opposant de l’intérieur, populaire auprès des indépendants et des démocrates modérés, change la donne. Son expérience et son caractère en font un candidat redoutable pour Hillary Clinton, qui perdrait face à lui son principal atout, la compétence. Du coup, tous les sondages la donnent perdante face au sénateur de l’Arizona, contrairement à Barack Obama. Ce dernier offre l’avantage de la jeunesse et d’être plus en accord avec le peuple américain sur l’Irak. Mais le candidat républicain peut choisir un colistier jeune pour compenser et il a déjà commencé à recentrer son discours sur l’Irak en évoquant le retrait des troupes américaines, même s’il souligne que cela doit être fait une fois la situation stabilisée.
Si Hillary Clinton a sauvé sa campagne en évitant la sortie de route définitive, Barack Obama reste favori pour la nomination, d’autant plus que les prochaines primaires devraient lui être plus favorables et qu’il reste sans doute le meilleur candidat pour battre John McCain.
Source : http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2008/03/05/hillary-clinton-a-sauve-sa-candidature_1018865_829254.html#ens_id=829615
14:05 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : primaires, etats-unis, clinton, hillary, obama, mccain



