27.09.2009

Un G20 trop lent et trop limité

Cette semaine, l’actualité a été dominée par la réunion du G20 sur la crise et ses conséquences. Comme d’habitude, les déclarations des dirigeants ont été bien plus enthousiastes que la réalité des décisions prises.

Un bilan bien léger

Pour être honnête, il y a tout de même deux points positifs dans ce sommet. Tout d’abord, le remplacement du G8 par le G20 est entériné, ce qui consacre un forum bien plus adapté pour la gouvernance mondiale puisqu’il associe les principaux pays émergents de la planète. Ensuite, le G20 a pris position en faveur du maintien des plans de soutien tant que le chômage n’aura pas cessé de monter. Les velléités de réduction des déficits sont donc intelligemment remises à plus tard.

Mais ces points positifs ne doivent pas camoufler la légèreté du bilan. Tout d’abord, comment ne pas être surpris qu’un an après la crise, les dirigeants de la planète en restent à des déclarations de principe et non pas à de vraies mesures. C’est bien beau de dire que « nous n’autoriserons pas un retour aux pratiques bancaires antérieures » mais on souhaiterait tout de même pouvoir étudier la réalité des mesures afin de juger les conclusions de ce sommet.

Une méthode qui limite la réforme

Le problème est que les dirigeants de la planète sous-traitent beaucoup trop la résolution de la crise à des comités d’experts qui ont failli… Le meilleur exemple est le fait que ce soit le comité Bâle 2 qui soit en charge de proposer de nouvelles règles prudentielles, alors que c’est ce comité qui avait mis en place les normes précédentes, largement insuffisantes, et qui avait poussé au passage au « marked to market » (l’évaluation des actifs au prix du marché) qui a eu un effet dramatique il y a un an.

Bref, peut-on espérer la moindre mesure positive d’un comité qui s’est tant trompé dans le passé ? Pire, il faut souligner que les lobbys bancaires des différents pays cherchent à s’assurer un avantage dans la réforme à venir tout en limitant la portée des changements en affirmant que des mouvements trop brutaux pourraient compromettre la reprise. Quand à la réforme des bonus, si la déclaration de principe n’est pas mauvaise, elle semble indiquer qu’on ira vers une réforme a minima.

Bref, ce G20 n’a été celui de la refondation du capitalisme, loin de là. Le système économique mondial sera légèrement ajusté et parce que les mêmes causes produisent les mêmes effets, nous pouvons nous attendre à une nouvelle crise sous 5 à 10 ans.

Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/09/21/les-principaux-points-du-g20-de-londres-analyses-le-systeme-financier-international_1242878_3234.html#ens_id=1198047

http://www.marianne2.fr/Ces-vraies-reformes-que-le-G20-ne-fera-pas_a182226.html

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/09/26/g20-un-bilan-en-demi-teinte_1245444_1101386.html#ens_id=1198047