07.03.2009

Chienlit socialiste contre chienlit élyséenne

La semaine passée a encore été marquée par une accentuation des travers traditionnels de la majorité, l’omni présidence de Nicolas Sarkozy, et de l’opposition, à savoir la guerre des chefs au Parti Socialiste. L’UMP et le PS font tout pour que les Français se détournent d’eux.

Nicolas Sarkozy droit dans ses bottes

Depuis quelques jours, Nicolas Sarkozy nous fait une véritable compilation express de tous les travers de sa présidence. On commence par la nomination de François Pérol à la tête du groupement des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires, par le seul fait du prince, qui a pris des légèretés avec la commission chargée de surveiller le pantouflage des hauts fonctionnaires. Et on peut questionner la pertinence d’un tel choix quand on sait que le conseiller du président avait supervisé la création désastreuse de Natixis…

La publication du rapport du comité Balladur sur la réforme des collectivités territoriales représente également une belle illustration de la manie du président de court-circuiter ses ministres pour réformer. Mais le style présidentiel évolue. On retrouve deux nouvelles tendances assez récentes, qui prennent de l’ampleur avec le temps : un décalage toujours plus grand avec la réalité (sa très décalée positive attitude sur la crise) et une capacité de plus en plus éprouvée à reculer (Antilles, décret Pécresse).

Un parti socialiste toujours aussi divisé et querelleur

Mais la situation n’est guère meilleure du côté de la rue de Solférino. Le congrès de Reims n’a rien réglé et les socialistes semblent de nouveau succomber aux délices de la critique entre camarades plutôt que de s’opposer au président. On a donc vu Vincent Peillon critiquer son parachutage comme tête de liste dans le Sud-Est au lieu du Nord où il avait été élu en 2004. Benoît Hamon, furieux d’avoir été rétrogradé en Ile de France, a taclé le compliment de Martine Aubry sur son physique.

Les barons régionaux, comme François Rebsamen et Gérard Collomb, ont également exprimé des critiques publiques contre la désignation des listes pour les élections européennes. Bref, dans un parti qui semble avoir définitivement oublié toute notion de collectif, les guerres intestines continuent de plus belle, sans que rien, pas même un vote dans un Congrès ne semble devoir y mettre fin. Il manque sans doute de véritables convictions collectives aux éléphants pour mettre leur ego au service d’un dessein qui les dépasserait…

Il n’y a pas besoin d’être devin pour prédire que le Parti Socialiste et l’UMP vont fortement reculer aux élections européennes par rapport à 2007. Comment les Français ne pourraient-ils pas en avoir assez de cet omni président agité et inconsistant et de ce regroupement d’éléphants narcissiques ?

Source : http://www.liberation.fr/politiques/0101472859-crise-de-courant-chez-royal

http://www.europe1.fr/Info/Actualite-France/Politique/Eur...

 

02.03.2009

Organisation territoriale, le débat : les réformettes du comité Balladur

Retrouvez le débat sur la réforme des collectivités territoriales sur les blogs Kiwis de Toréador, CaReagit (à venir) et Pierre Catalan (à venir) ainsi que sur le blog de Malakine, Horizons

Nicolas Sarkozy a confié à Edouard Balladur une nouvelle commission sur la réforme des collectivités locales. Une initiative bienvenue tant la plupart des commentateurs soulignent la nécessité d’une telle réforme. Revue de détails des propositions du comité.

De bonnes idées…

Communes, communautés (urbaines, d’agglomérations), pays, départements, régions : le mille-feuille administratif Français est à coup sûr un peu indigeste et ne facilite pas la vie des citoyens. En outre, il est de plus en plus coûteux, même quand on exclut l’augmentation des compétences. Pour le coup, le constat fait par le rapport est en général assez juste. La répartition des compétences est contestable : les écoles sont confiées aux communes, les collèges aux départements et les lycées aux régions…

Le rapport propose de nombreuses améliorations intéressantes. La proposition d’élire les délégués intercommunaux lors des élections municipales est une excellente suggestion qui permettrait de rendre ces structures plus démocratiques. L’idée de créer un Grand Paris est également la bienvenue tant elle faciliterait la gestion des transports en Ile de France. Et la convergence électorale entre les départements et les régions représente sans doute un moyen habile de préparer la fusion des deux structures sans le dire.

… et de moins bonnes…

En revanche, les recommandations du comité ne simplifient pas beaucoup nos collectivités territoriales. Si les cantons sont supprimés, cela n’a pas de conséquences administratives. Et au final, ils sont remplacés par une nouveauté, le territoire, une circonscription infra départementale. On peut regretter finalement que le comité n’ait pas osé proposer d’arbitrer en faveur de la région, quitte à conserver des réunions départementales pour garder un plus grand lien avec la population, mais au sein de l’instance régionale.

Avec l’ajout de la notion de métropole, notre système deviendrait encore plus complexe ! Il aurait mieux valu faire des métropoles des communautés urbaines spéciales pour ne pas ajouter un nouveau nom… En outre, l’obsession du regroupement des régions, des départements et des communes, s’il a le bon goût de se faire sur la base du volontariat, rappelle trop les restructurations d’entreprises. Faute d’avoir supprimer un échelon administratif, le comité propose aux Français de simplifier sur la base du volontariat.

En outre, le choix du mode de scrutin, s’il permet d’afficher la suppression du canton, est un pas en arrière pour la responsabilité politique. Il est dommage de vouloir revenir sur un scrutin de circonscription qui permet aux électeurs de demander des comptes à leur élu, alors que le scrutin de liste favorise les partis. Enfin, la proposition de réforme de la répartition des compétences accouche d’une souris puisque les compétences en matière d’éducation restent curieusement fragmentées de la même manière qu’aujourd’hui.

… et une méthode contestable

Mais outre un fond finalement assez léger, la méthode du président d’avoir recours à nouveau à une commission pose problème. Pourquoi faut-il que les ministres soient constamment court-circuités dans les projets de réforme ? Le président ne manque pas une occasion de confier la réforme à des commissions ou des médiateurs qui n’en finissent plus de réduire les compétences réelles des ministres. N’aurait-il pas été plus normal de confier cette réforme au ministre de l’intérieur et de la laisser piloter un comité exploratoire ?

En outre, le choix de mettre en avant les regroupements de régions et de départements (les deux premières propositions du comité) attirent les yeux sur des mesures optionnelles et contestables (les structures territoriales ne sont pas comme des entreprises que l’on fusionne) et qui ne semblent pas devoir survivre à l’examen du projet. Mais il est vrai que le reste des mesures ne vont souvent pas très loin.

Finalement, la montagne a accouché d’un constat assez juste, mais pas des propositions nécessaires. La restructuration régionale, un peu gadget, a peu de chances de voir le jour. Malheureusement, ce comité n’est pas allé assez loin, que ce soit sur les compétences ou la suppression d’un échelon administratif.

Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2009/02/27/01002-2009022...

http://www.humanite.fr/IMG/pdf/balla1.pdf