18.05.2009

Le piège de l’abstention et du vote blanc

À l’approche des élections européennes, de surprenantes prises de position se font jour. Certains « nonistes », comme le comité Valmy, appellent à l’abstention. Jean-Pierre Chevènement appelle à voter « blanc ou nul ». Mais ne font-ils pas ainsi le jeu de l’Europe qu’ils dénoncent ?

Des appels surprises

Après le Général de Gaulle, Jean-Pierre Chevènement est avec Philippe Séguin l’homme politique qui m’a le plus influencé, quand il a ferraillé contre la politique dite de « franc fort » ou contre le traité de Maastricht. C’est donc avec une certaine incompréhension que j’ai découvert sa prise de position pour le scrutin du 7 juin. Son refus de participer au front de gauche pour des raisons programmatiques était courageux. Mais comment comprendre son appel au « vote blanc ou nul » ?

Le comité Valmy, qui avait également fait campagne pour le « non » au TCE en 2005, appelle carrément à l’abstention. Le fait que l’Europe ait continué son cours sans quasiment aucune modification après les « non » Français et Néerlandais est certes décourageant. En outre, le front des partisans d’une autre Europe est disparate, mais il y a d’autres moyens d’exprimer son opposition au cours actuel de l’Europe.

La possibilité d’un vote alternatif

Car l’abstention et le vote blanc sont un véritable piège pour les alter européens. Toutes ces formes de protestation électorale ne font que faire remonter mécaniquement le score des trois plus gros partis, l’UMP, le PS et le Modem, qui ont ratifié le traité de Lisbonne malgré le vote des Français en 2005. Alors que si les « nonistes » de 2005 réitéraient leur vote d’il y a quatre ans, le séisme politique pourrait faire bouger les choses. Le vote du 7 juin est un vote crucial pour l’avenir de l’Europe.

Qui plus est, il y a des offres politiques alternatives, et notamment Debout la République. Bien sûr, le parti est bas dans les sondages, mais cela vient pour parti du fait que n’y est pas associé le nom de Nicolas Dupont-Aignan, bien plus connu. Et surtout, nous proposons une véritable construction alternative, avec un projet de traité qui bouleverserait les institutions européennes afin de les rendre plus démocratiques et une remise de l’économie au service de l’homme, notamment à travers le protectionnisme.

Ne pas voter ou voter blanc revient à accorder un blanc seing à l’Europe telle qu’elle se construit depuis un quart de siècle. Alors, si vous pensez qu’une autre Europe est possible, plus démocratique, plus humaine, plus respectueuse du mode de vie de chacun, venez voter le 7 juin !

Source : http://horizons.typepad.fr/accueil/2009/05/la-triste-fin-...

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article254