17.09.2009

Merci Nicolas Sarkozy pour la commission Stiglitz

La Commission Stiglitz a rendu ses conclusions cette semaine. Ce n’est pas sans un certain plaisir que j’ai pu découvrir le travail de ce prix Nobel d’économie, travail qui a animé Internet cette semaine, notamment au sein des Kiwis, avec les papiers de ça réagit, Toréador et H16.

Une réflexion passionnante

En 1968, Robert Kennedy disait déjà que : « notre PIB prend en compte dans ses calculs, la pollution de l’air, la publicité pour le tabac et les courses d’ambulances qui ramassent les blessés sur nos routes. (…) Il comprend la production de napalm, (…). En revanche, le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la qualité de leur instruction, ni de la gaîté de leurs jeux. Il ne mesure pas la beauté de notre poésie, ou la solidité de nos mariages (…) Il ne prend pas en compte notre courage, notre sagesse, ou notre culture. Il ne dit rien de notre sens de la compassion, ou du dévouement envers notre pays. En un mot, le PIB mesure tout sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue ».

Même si on ne peut pas exclure la posture communicante du chef de l’Etat et même si l’on peut douter légitimement du suivi de ce vaste projet, je suis fier que la France relance une réflexion sur la mesure du progrès humain. Comment ne pas reconnaître que, s’il est un indicateur utile, le PIB n’est qu’un indicateur mesurant la production du pays, avec tous les avantages et les inconvénients que cela représente. Le malheur humain peut gonfler le PIB...

C’est pourquoi il est important d’arriver à mesurer différemment le progrès de l’humanité qu’avec le PIB. Bien sûr, il y a l’Indicateur de Développement Humain, qui existe déjà. Cependant, faute est de constater que cet indicateur n’a pas vraiment réussi à devenir un contrepoids au PIB. Et comme la commission Stiglitz le souligne, le PIB a été une sorte de mirage qui a empêché nos dirigeants de prendre conscience des graves déséquilibres économiques qui ont mené au désastre récent.

Merci Nicolas Sarkozy, pour une fois

C’est pourquoi, quelques soient les motifs du président, et même s’il oublie ce dossier dans le futur, je tiens à le remercier d’avoir réuni une telle commission et d’avoir provoqué une réflexion juste et nécessaire. C’est un honneur pour notre pays de marcher dans les pas de Robert Kennedy. C’est une réflexion que le G20 devrait également mener et il faut espérer que notre président partage ce travail avec les dirigeants de la planète lors du sommet à venir.

En revanche, j’ai du mal à comprendre certaines critiques qui attaquent le chef de l’Etat, dans une attitude d’opposants irréductibles incapables de reconnaître s’il fait quelque chose de bien. Bien sûr, il reste encore un travail immense à faire et il n’est pas garanti qu’il le poursuive, mais c’est bien lui qui a ouvert la voie et fait progresser un débat qui était au point mort. Comment ne pas voir dans l’article d’Alternatives Economiques une opposition stérile ? Quand à ceux qui soulignent qu’on ne remplacera pas le PIB facilement, c’est juste, mais cela n’enlève rien à la nécessité d’un autre indicateur.

Pour une fois, je remercie Nicolas Sarkozy pour avoir lancé une telle commission. Il a lancé un débat juste et nécessaire sur la mesure du progrès humain, avec des personnalités de renom et parfaitement qualifiées. J’espère que ce débat se poursuivra dans les années à venir pour aboutir à un autre indicateur.

Source : http://www.alternatives-economiques.fr/commission-stiglitz---un-diagnostic-juste--des-propositions--encore--timides_fr_art_633_43418.html