13.05.2009
Mon rêve d’Europe (2/3) : une Europe qui met l’économie au service de l’homme
Aujourd’hui, quand on lit les traités européens ou que l’on entend les commissaires ou les banquiers centraux européens, il n’est question que de flexibilité, de modération salariale. En fait, il semble que l’Europe d’aujourd’hui cherche à mettre l’homme au service de l’économie.
L’Europe comme agent de l’asservissement de l’homme
Dans le Traité Constitutionnel Européen, « la concurrence libre et non faussée » était promue objectif de l’Union Européenne. Si cette aberration a disparu du traité de Lisbonne, l’esprit n’a pas changé, à savoir que c’est à l’homme de s’adapter aux contraintes économiques, en étant plus flexible pour s’adapter aux conséquences de la lilbéralisation et sa destruction créative. Toutes les barrières protectrices doivent être levées pour permettre à la « main invisible » de s’exprimer.
Cette constatation se retrouve dans la volonté de l’Europe de mettre fin aux services publics, quelles que soient les conséquences en matière d’emploi ou de sécurité. Elle se retrouve également dans la volonté de ne mettre aucun frein à la liberté de commercer, quelles que soient les conséquences en matière de délocalisations ou de déflation salariale. Alors que les institutions européennes se montrent totalement indifférentes au chômage, elles volent au secours des banques en difficulté.
L’Europe pourrait être au service d’un projet humaniste
Pourtant, le projet européen pourrait être au service des hommes et non des multinationales, bancaires ou non. Car l’addition des pays européens pourrait nous permettre de remettre l’économie au service de l’homme au lieu de les asservir à une pensée économique darwinienne. Ensemble, les pays européens pourraient mettre en place un protectionnisme raisonné afin d’éviter que la loi du moins-disant social, salarial et environnemental ne l’emporte et ne pousse à un nivellement par le bas généralisé.
Ensemble, les pays européens pourraient également remettre la finance au pas en imposant une taxe Tobin qui limiterait les bulles spéculatives et ferait davantage contribuer à la collectivité le monde de la finance, qui extrait aujourd’hui beaucoup trop de valeur. Ensemble, les pays européens pourraient également remettre en cause le règne de l’étalon dollar, en s’alliant avec les pays asiatiques pour remettre en place un véritable système monétaire international.
L’Europe d’aujourd’hui, soutenue par le PS, l’UMP comme le Modem, enfermée dans ses dogmes néolibéraux met l’homme au service d’une économie abstraite et darwinienne. Il sera important de les sanctionner le 7 juin pour remettre l’Europe dans la bonne direction.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe, Européennes 2009 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : europe, traité constitutionnel européen, concurrence libre et non faussée
15.04.2009
La concurrence vue par la Commission Européenne
C’est une information qui est à peine passée dans les flashs actualité des grands médias et que l’on retrouve avec difficulté quelques heures après sa publication. Il vaut mieux car elle révèle un peu trop bien la réalité de la « concurrence libre et non faussée » vue par la Commission Européenne.
La fin de l’encadrement des poids et volumes
Jusqu’à présent, les industriels ne pouvaient pas choisir librement le poids de certains produits. Une plaque de beurre devait peser 125, 250 ou 500 grammes par exemple. Cette libéralisation concerne également le café, la bière, le riz, la farine, le fromage, les eaux minérales, les huiles… À première vue, on pourrait facilement souscrire à l’argument probable des libéraux, à savoir que ce n’est pas à l’Etat de déterminer le poids des plaquettes de beurre, ce qui recèle une part de bon sens.
Mais les conséquences de cette nouvelle déréglementation sont prévisibles. Ainsi, lors de la hausse des prix du blé et du lait, certains industriels avaient préféré réduire la taille de leurs paquets pour éviter ou limiter la hausse des prix. Il est donc clair qu’aujourd’hui, il sera possible pour les industriels de lancer une nouvelle variété de beurre, en plaque de 230 grammes au lieu de 250, vendu au même prix pour augmenter leur marge. Après tout, cette liberté existe ailleurs et les consommateurs peuvent regarder le prix au kilo.
Dogmatisme néolibéral contre consommateurs
Mais la Commission Européenne va trop loin quand elle évoque la stimulation de la concurrence et le choix des consommateurs pour justifier sa directive. En quoi le fait de permettre de produire des plaques de beurre de 230 grammes va stimuler la concurrence ou favoriser le choix des consommateurs ? Nul doute que ce sont les lobbys agro-alimentaires qui ont fait pression pour faire passer cette directive qui va leur donner un nouveau moyen d’augmenter leur marge à peu de frais.
Car même s’il ne revient pas à l’Etat de fixer le poids des plaques de beurre, cette libéralisation ne profitera pas aux consommateurs mais uniquement aux industriels qui savent se faire entendre à Bruxelles. La Commission Européenne ne pouvait qu’être réceptive à ce mouvement de libéralisation. Mais c’est une chose de croire aux bienfaits de la suppression de toute contrainte, c’en est une autre que d’évoquer un bienfait concurrentiel tout théorique, pour ne pas dire plus.
Bien sûr, il est difficile de défendre dans l’absolu le fait que l’Etat réglemente le poids des plaques de beurre, mais faute est de constater que ce changement ne va profiter qu’aux industriels et en aucun cas aux consommateurs. En cela, il s’agit d’un mauvais changement.
Source : http://www.wexmap.info/2009/04/13/poids-et-volumes-des-pr...
http://inventerre.canalblog.com/tag/libération%20des%20vo...
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : commission européenne, concurrence libre et non faussée



