05.12.2009
François Fillon, nouvelle doublure cascade de Nicolas Sarkozy
Il fut un temps où Nicolas Sarkozy ne rechignait jamais à faire ses cascades gouvernementales lui-même. Mais depuis quelques jours, il découvre tout l’intérêt du fait d’avoir un Premier Ministre en lui confiant les tâches un peu délicates.
Courage, Fillon !
Il y a quelques jours, Nicolas Sarkozy était bien content de sécher le congrès des maires pour éviter les sifflets des élus locaux, furieux contre la réforme des collectivités et de la taxe professionnelle. Il avait donc prétexté un voyage en Arabie Saoudite et envoyé le Premier Ministre défendre les projets du gouvernement. Une telle attitude est nouvelle pour le président, qui affirmait il y a un an qu’il ne manquerait sous aucun prétexte une telle réunion et qui ne manque pas une occasion de glorifier son courage…
Hier, le président a décidé d’annuler sa participation à un débat tenu par l’institut Montaigne sur l’identité Française, préférant y envoyer de nouveau François Fillon. Il faut dire que le grand débat voulu par le gouvernement fait un flop. Les instructions envoyées aux préfets font le délice des journalistes qui montrent la superficialité du débat. Personne n’en comprend l’intérêt à un tel moment, si ce n’est pour des objectifs de tactique politicienne, qui se retournent contre le président.
Vers un nouveau président ?
Du coup, las d’affronter la colère des Français, le président rompt avec sa rupture en revenant à une pratique institutionnelle où le Premier Ministre est en première ligne et le Président arbitre. Cela lui permet de confier à François Fillon les sujets qui fâchent, comme la réforme des collectivités territoriales ou le débat sur l’identité nationale. Toute la question est de savoir si cette nouvelle pratique sera durable ou s’il s’agit seulement d’une pause dans sa pratique.
Car la démonétisation de sa parole pourrait pousser Nicolas Sarkozy à se réinventer en un président moins présent, plus arbitre. Si cela peut sembler un reniement de la première partie de son mandat, il pourrait trouver une tournure positive à une telle rupture. En effet, il pourrait soutenir que le gros des réformes ayant été conduit, il doit prendre du recul pour déterminer les nouvelles priorités du pays et que le gros du travail encore à faire doit être un suivi des réformes en cours, et donc plus du ressort de Matignon.
Aujourd’hui, quand Nicolas Sarkozy ne participe pas à un évènement, cela sonne comme une reddition en rase campagne. De deux choses l’une, soit il revient à sa pratique antérieure, plus naturelle, soit cela devient une nouvelle posture, mais cela sera très difficile à vendre !
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, françois fillon, congrès des maires, identité nationale



