23.06.2009
Le roitelet bavarde à Versailles
Hier, Nicolas Sarkozy s’est adressé à l’ensemble des parlementaires, réunis en Congrès à Versailles pour un discours de politique générale. L’occasion de fixer les priorités pour les mois à venir.
Des annonces positives
Le président de la République a ouvert quelques chantiers bienvenus. Il a notamment lancé une nouvelle réforme des retraites qui aboutira mi-2010 en indiquant que toutes les questions étaient ouvertes, y compris l’âge de départ, la durée de cotisation ou la pénibilité. En effet, il est naturel de travailler plus longtemps étant donné l’allongement de la durée de la vie. Comment imaginer ne travailler que 40 ans tout en maintenant le niveau des pensions alors que l’espérance de vie progresse d’un trimestre tous les ans ?
Nicolas Sarkozy a également pris parti contre le port de la burqa, qui soulève « un problème de dignité et de respect de la femme ». Il a affirmé que « ce n’est pas un signe religieux, c’est un signe d’asservissement (…) Elle ne sera pas la bienvenue sur le territoire de la République française ». L’annonce d’une taxe carbone est également un point positif mais sans en préciser les modalités, qui en feront l’intérêt, ou non.
Un emprunt en trompe l’œil
En revanche, l’annonce d’un grand emprunt, annonce la plus spectaculaire avec la réforme des retraites, relève essentiellement de la communication. En effet, le président a annoncé que cet emprunt servirait à financer les « priorités stratégiques pour l’avenir ». Mais cette présentation des faits est très ambiguë : elle peut donner l’impression que le gouvernement va lancer un nouveau plan de relance, qui serait financé par l’emprunt alors qu’il n’en est rien en réalité.
En fait, Nicolas Sarkozy cherche à communiquer sur quelque chose que l’Etat fait depuis des lustres : emprunter quand il est en déficit. La seule différence sera sans doute de proposer un emprunt aux Français, comme l’avait fait Edouard Balladur il y a 15 ans. Bref, ce grand emprunt, dont les modalités ne sont même pas fixées, c’est beaucoup de bruit pour rien ! Il est uniquement destiné à financer les déficits existants, ce qui ne représente pas une nouvelle très intéressante.
Une forme toujours aussi mauvaise
Mais par-delà le fond, la forme n’évolue pas. Tout d’abord, comment ne pas être choqué par la dépense complètement inutile que représente cette réunion du Congrès ? En effet, ce discours de Nicolas Sarkozy n’était guère différent des dizaines d’autres discours dont il nous a gratifiés depuis deux ans. Avions-nous réellement besoin de dépenser au moins 500 000 euros pour que le président puisse s’exprimer devant les parlementaires ? Faire un discours ailleurs n’aurait rien changé.
Sauf que le président de la République avait envie de s’exprimer à Versailles et que son ego commande tout. D’ailleurs, son discours est toujours aussi encombré de phrases destinées à tresser ses louanges. La rhétorique sarkozyste est toujours la même : le président se présente comme un héros qui, seul, a le courage d’entreprendre ce que les autres n’avaient jamais osé.
Bref, ce discours finalement assez limité sur le fond ne méritait clairement pas le déplacement des parlementaires à Versailles. Il n’aura sans doute servi qu’à faire les titres des journaux aujourd’hui.
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/06/22/sarkoz...
http://www.lefigaro.fr/politique/2009/06/22/01002-2009062...
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, congrès de versailles



