25.10.2008
Pour un encadrement radical du crédit
C’est un des paradoxes les plus incroyables d’aujourd’hui que de voir nos économies sombrer dans la récession pour avoir trop consommé à crédit et de continuer à voir fleurir les publicités pour des crédits à plus de 15% à la télévision comme dans nos boîtes aux lettres.
Nous vivons une époque formidable. Le Crédit Agricole propose sa nouvelle carte bancaire Double Action, une carte de paiement qui permet de choisir de payer chaque achat comptant ou à crédit. Le Crédit Agricole convoque même un pseudo économiste dans son petit film promotionnel pour en vanter les mérites. Dans le site dédié à ce nouveau produit, la banque qui vient d’obtenir plus de 3 milliards d’euros de prêts de l’Etat, présente sa carte avec quatre grandes rubriques : ses avantages, son fonctionnement, où la trouver et un questions réponses. Et là, de manière incroyable, jamais le taux du crédit appliqué n’est expliqué. Le consommateur doit donner son accord pour prendre un crédit sans même en connaître le taux ! En lisant les petits caractères du bas, on se rend compte qu’il ne dépassera pas les… 17,5%, soit pour un emprunt de 600 euros sur deux ans, un coût du crédit de plus de 100 euros, hors assurances facultatives.
Bref, le Crédit Agricole semble vivre dans une dimension parallèle, où il n’y aurait pas eu de crise des subprimes, à moins qu’avec un taux aussi élevé, il puisse sans doute gagner sa vie, même si un nombre important de consommateurs n’arrivent pas à payer… Le problème est que toutes ces sollicitations pour prendre un crédit créé un système complètement aveugle où les engagements des consommateurs ne sont pas consolidés et peuvent aboutir au surendettement. Bien sûr, la responsabilité est partagée entre les consommateurs qui vivent à crédit et les organismes qui vendent ses produits. Néanmoins, comment ne pas être choqué devant la multiplication des occasions de vivre à crédit ou les publicités qui poussent à s’endetter. Heureusement, les Français ont une approche beaucoup plus saine que les Américains ou les Anglais et nous n’avons pas trop cédé aux sirènes du crédit facile.
Se pose néanmoins la question de l’encadrement de ces pratiques quand on voit les extrêmes auxquels peut amener le surendettement. Aux Etats-Unis, ce sont plus de 3 millions de ménages qui ont perdu leur maison, piégés par des formules où les premières mensualités sont réduites et où les taux sont variables. Les ravages du surendettement sont tels qu’il faut sans doute prendre des mesures radicales pour l’encadrer. Il revient sans doute à l’Etat d’interdire toute publicité pour le crédit, que ce soit dans les médias ou par courrier. C’est au consommateur de prendre l’initiative. Il faut également interdire l’utilisation de taux variables, car ces crédits constituent des bombes à retardement en cas de hausses des taux. Enfin, on peut se demander s’il ne faudrait pas créer un fichier centralisant tous les crédits d’une même personne, ou alors demander à la banque principale de chacun de centraliser cette information pour éviter les abus.
Le crédit peut être très utile pour le développement économique. En permettant l’investissement, il permet de construire l’avenir. Mais non encadré, il peut devenir toxique pour l’économie et les citoyens. C’est pourquoi il faut l’encadrer de manière radicale pour éviter les excès anglo-saxons.
Source : http://www.credit-agricole.fr/modules/cartecomptantcredit...
11:22 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : crédit, crédit agricole, subprimes



