13.12.2009
Le scandale du crédit revolving
C’est à n’y rien comprendre. La grande crise financière de l’année dernière est en bonne partie la conséquence du surendettement des ménages étasuniens. Pourtant, les gouvernements en restent à des mesurettes pour éviter les excès du passé.
Les excès du crédit revolving
Comme le montre Slovar dans un papier très détaillé, le crédit revolving est un véritable scandale. Ces crédits à la consommation, dont les TEG dépassent parfois les 20%, ont une part de responsabilité colossale dans le surendettement des ménages. Bien sûr, on pourra argumenter qu’il est de la responsabilité individuelle de ne pas céder à la facilité de ces crédits pour des achats qui ne sont pas toujours de première nécessité, mais cette présentation des faits reste partielle et partiale.
En effet, les sociétés de crédit ont une grande part de responsabilité. Tout d’abord, elles font de la publicité pour ces crédits, signe certain que, même s’ils ont un taux d’incident supérieur à la moyenne, ils restent extrêmement profitables pour les banques. Ensuite, les institutions financières ont considérablement simplifié le recours à ces crédits, avec notamment les réserves permanentes qui peuvent être mobilisées d’un seul geste, comme avec la carte double action du Crédit Agricole.
En fait, tout le problème de ces crédits est qu’ils sont extrêmement juteux pour les banques étant donné l’écart incroyable avec les taux de marché. Du coup, les banques cherchent par tous les moyens à faciliter leur utilisation, quelques soient les conséquences pour leurs clients. On pourrait dire qu’il faut laisser faire la main invisible du marché mais il y a une terrible asymétrie entre les banques et leurs clients, les premières arrivant toujours à présenter les choses d’une manière positive…
Le laissez faire des politiques
La responsabilité du surendettement dans la crise offrait les meilleures circonstances pour une prise de conscience des politiques. Après tout, la bulle du marché immobilier s’expliquait en bonne partie par le fait d’avoir accorder de manière complètement inconsidérée des prêts à des ménages peu solvables, dont la capacité de remboursement ne dépendait que d’une poursuite de la hausse de prix de l’immobilier qui avaient pourtant atteint des records historiques…
Du coup, les hommes politiques devraient être sensibilisés aux dangers du crédit quand celui-ci est accordé de manière déraisonnable. Pourtant, aucun gouvernement dans le monde, et surtout pas celui de Nicolas Sarkozy, ne semble vouloir accorder de l’importance à l’impact potentiel des crédits revolving sur l’économie réelle. Christine Lagarde affirme même ne pas vouloir mettre de restrictions pour ne pas freiner la consommation, ce qui montre bien leur caractère artificiel.
En outre, les crédits revolving ne donnent qu’un coup de fouet temporaire à l’économie. Très rapidement, ils peuvent au contraire étrangler financièrement les personnes qui les ont contractées. C’est pourquoi il serait important de mieux encadrer les pratiques bancaires dans ce domaine : interdire la publicité et tout démarchage, rendre plus strictes les règles d’attribution, interdire le déclenchement automatique d’un crédit et sans doute diminuer le taux maximum autorisé.
Il y a d’innombrables idées pour moraliser le crédit. Malheureusement, le gouvernement préfère un « laissez faire » dont de nombreux ménages paient les conséquences aujourd’hui. Un nouvel exemple de dogmatisme ultralibéral mal placé.
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : crédit revolving, slovar, carte double action, surendettement



