27.01.2010
Merci Eric Besson !
Il est l’homme que tout le monde déteste. Le PS parce qu’il a changé de camp en pleine campagne pour soutenir l’adversaire tant honni auparavant. L’UMP, pour la place qu’il prend à un de ses membres et sa place dans la cour. Mais cet homme n’est pas dénué de tout intérêt…
Ce qu’il dit sur le Parti Socialiste
Car finalement, Eric Besson nous en révèle beaucoup sur le PS. Au début de la campagne de 2007, il fut l’un des critiques les plus virulents de Nicolas Sarkozy, l’affublant d’un « néoconservateur Américain à passeport Français » dans un petit livre attaquant radicalement le candidat. Pourtant, le simple fait d’être ridiculisé par Ségolène Royal (« Qui connaît Eric Besson ? ») lui a suffi pour tourner casaque et adorer ce qu’il brûlait hier. Il n’était pas le seul à ne pas apprécier la candidate que s’était choisie son parti, mais il fut le premier à oser une migration politique aussi radicale.
Et cela en dit beaucoup sur le PS, d’autant plus qu’il a été suivi... Cela montre que les différences idéologiques sont bien fines pour que la personne en charge du programme économique d’un camp puisse passer de l’autre côté. Ce sont bien les egos qui animent les « camarades ». Une vexation personnelle peut pousser un cadre du PS à l’UMP (cf Bernard Kouchner) ! Bref, il nous montre que le PS n’est aujourd’hui qu’une écurie au service d’ambitions personnelles et plus du tout un rassemblement idéologique. Merci Monsieur Besson de nous le révéler aussi crûment.
Ce qu’il dit de Nicolas Sarkozy
Dans la grande mythologie du président, les débauchages de mercenaires, pardon l’ouverture, étaient nécessaires pour s’entourer des meilleurs. Voilà ce que Nicolas Sarkozy nous a vendu. Les mois qui passent nous montrent bien qu’Eric Besson n’est qu’un second couteau socialiste qui ne doit sa place qu’au fait d’avoir trahi avant les autres, d’être le principal alibi de cette fausse ouverture que le président persiste à vouloir nous vendre comme un progrès politique.
Car le renégat socialiste est un homme politique médiocre. Sur la forme, a-t-on déjà vu un ministre aussi peu à l’aise pour défendre son travail ? Eric Besson semble porter sur son dos le fardeau de sa trahison. Elle transpire à chacune de ses interventions. Mais ce n’est guère mieux sur le fond, comme le rapporte cet article de l’Express. Le ministre de l’immigration et de l’identité nationale, qui organise un débat sur cette question est capable de dire une énormité comme « la nation Française est un conglomérat de peuples », ce qui démontre une impréparation dramatique.
Bref, loin de démontrer la capacité de Nicolas Sarkozy à s’entourer de talents, il démontre surtout sa capacité à s’entourer d’une cour d’hommes sans foi ni loi. Et pour cela, et ce qu’il révèle sur le Parti Socialiste, merci monsieur Besson !
10:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : eric besson, ouverture, débauchages, nicolas sarkozy, ségolène royal, identité nationale
18.08.2009
Après les pin’s de gauche, les pin’s de droite de Nicolas Sarkozy
Il est comme ça Nicolas Sarkozy. Il a besoin de plaire et d’amasser les soutiens, même si c’est au prix de la cohérence. C’est ainsi qu’après avoir attiré Jean-Marie Bockel, Michel Rocard ou Eric Besson dans ses filets, il vient de prendre les chasseurs et Philippe de Villiers…
Un président attrape-tout
L’évolution politique de Nicolas Sarkozy est assez incroyable. Après s’être fait le défenseur du modèle étasunien alors qu’il faisait partie d’un gouvernement qui s’y opposait, il a fini par se raviser en partie dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle. Réceptif à ceux qui annonçaient qu’il perdrait l’élection en se présentant ainsi, il a infléchi son discours en recrutant Henri Guaino, qui lui a apporté une rhétorique républicaine et gaulliste. Se contredire d’un discours à l’autre en fonction du parolier qui lui avait concocté la sérénade pour la cible électorale du moment ne l’a pas effrayé outre mesure...
Avant son élection, Nicolas Sarkozy moquait la proposition de François Bayrou de faire travailler ensemble des personnes de gauche et de droite. Mais après l’élection, il a compris que le président du Modem pourrait être un adversaire bien plus redoutable que n’importe quel socialiste en 2012. Il a donc décidé de copier la proposition de son adversaire pour lui retirer un argument électoral. C’est ainsi qu’il s’est embarqué dans le débauchage (pardon, on dit « ouverture », selon la rhétorique du pouvoir) de personnalités socialistes : Eric Besson, Bernard Kouchner, Jean-Marie Bockel, Jean-Pierre Jouyet, Michel Rocard...
Les carriéristes parlent aux carriéristes
En fait, il n’était pas compliqué de débaucher ces quelques mercenaires. Nicolas Sarkozy détient le pouvoir pour cinq ans, et le Parti Socialiste est truffé d’ambitieux pour qui les honneurs de la République comptent plus que les idéaux ou les combats passés. L’ancien candidat de l’UMP le comprend mieux que les autres, lui qui n’est obsédé que par le pouvoir. Dès lors, il a facilement repéré les frustrés de l’ambition du camp d’en face et les a traité avec tellement d’honneurs que leur ego en souffrance a cédé, quitte à servir celui qu’ils dénonçaient avec tant d’ardeur quelques mois auparavant…
Mais après avoir favorisé l’émergence de deux groupuscules de gauche, Nicolas Sarkozy a compris qu’il avait intérêt à rassembler à droite en vue des élections régionales. C’est pour cela qu’il vient d’intégrer à la majorité les chasseurs et le MPF de Philippe de Villiers. Le député de Vendée n’est pas à une incohérence près, lui qui dénonçait il y a quelques mois encore la politique du président sur la Turquie ou l’OTAN. Mais, après tout, pourquoi s’attacher aux idées quand on peut obtenir des postes en les reniant ? La crédibilité du député souverainiste vient sans doute d’en prendre un coup fatal.
S’il est aisé de comprendre les motivations de Nicolas Sarkozy, qui prépare 2012, le grand écart entre les pin’s du président montre bien qu’il ne s’agit qu’un rassemblement d’ambitieux en déshérence. Pas sûr que ce soit un atout le moment venu…
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/08/06/%C2%AB-La-petite-soupe-%C2%BB
10:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : ouverture, nicolas sarkozy, débauchages, philippe de villiers, mpf, cpnt, jean-marie bockel, alain joyandet, michel rocard, eric besson
27.05.2009
Le rideau de fumée de "l’ouverture", ou plutôt des débauchages
C’est le sujet dont tous les médias parlent depuis deux semaines : Claude Allègre serait aux portes du gouvernement, sur le point de prendre la responsabilité d’un MITI à la Française. Mais que cache donc cette volonté de débaucher de nouveaux socialistes ?
Une manœuvre machiavélique
Avec un peu de recul, on se rend compte que ce débat sur l’entrée de l’ancien ministre de l’éducation nationale de Lionel n’est sans doute pas un hasard. En effet, quoi de mieux qu’une bonne polémique sur la possible entrée d’un nouveau socialiste au gouvernement pour escamoter un débat d’idées sur les élections européennes. Car l’UMP ne souhaite pas mener de débat pour éviter d’être mis en face de ses contradictions, que ce soit sur la Turquie ou la PAC, avec le problème de la filière laitière.
Outre le fait d’escamoter le débat d’idées pendant la campagne, ces débauchages qu’on appelle bien paradoxalement « ouverture », ont surtout pour objectif d’affaiblir les adversaires principaux de l’UMP. En effet, le débauchage de quelques mercenaires socialistes, sans scrupules mais pas sans ego, a un double intérêt : provoquer des débats sans fin au sein des socialistes tout en gênant le Modem de François Bayrou qui avait fait de cette ouverture un argument en 2007.
Ce que les débauchages révèlent
Car il faut le répéter : Nicolas Sarkozy n’avait jamais parlé, ni même promis, d’ouverture pendant la campagne présidentielle. Au contraire, l’UMP moquait cette association des talents de gauche et de droite dans une même équipe, la jugeant même impossible. Le virage à 180° a été effectué sous l’œil bien indulgent de la plupart des médias, qui ne rappellent pas cet épisode, pour contrer le succès de François Bayrou, sans doute l’adversaire le plus redoutable du président pour 2012.
Cependant, ces débauchages présentent un certain intérêt. En effet, ils révèlent la proximité idéologique du PS, du Modem et de l’UMP, qui peuvent parfaitement travailler ensemble dans le même gouvernement tant ils sont finalement d’accord sur plus de 90% des sujets, notamment sur la question européenne. Ces trois partis ont soutenu le système économique qui nous a mené au désastre actuel. Ainsi, si les Français cherchent une alternative, ils devront regarder ailleurs.
Les débauchages de personnalités socialistes représentent une des manœuvres les plus machiavéliques de notre histoire politique. Mais elle a l’intérêt de révéler la très grande proximité de pensée des trois principaux partis, UMP, Modem et PS et montre donc que l’alternative devra être cherchée ailleurs.
Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2009/05/26/01002-2009052...
11:16 Publié dans Actualités, Parti Socialiste, Présidentielles 2007, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ouverture, débauchages, claude allègre, modem, nicolas sarkozy



