08.07.2010
Grèce : la victoire de l’austérité
L’information est passée de manière relativement inaperçue mais la Grèce vient d’annoncer une réduction de son déficit budgétaire de plus de 40% pour le premier semestre, qui devrait passer de 14 à 8% du PIB cette année. Une information aux multiples conséquences.
Comment la rigueur s’est imposée
Alors que notre ministre de l’économie n’a pas craint le ridicule en parlant de « rilance », contraction aussi ridicule que maladroite de rigueur et relance, les Grecs vont au bout de la politique annoncée ce printemps. Alors que beaucoup pensaient que la population ne suivrait pas, même s’il y a des protestations, il faut constater que le gouvernement a obtenu des résultats assez spectaculaires. Le déficit budgétaire a baissé de 41.6%, de 19,7 à 11,45 milliards d’euros.
La potion amère « fonctionne » si l’on considère que les recettes augmentent, que les dépenses diminuent et que la population accepte. Mais ce que cet article oublie de dire, c’est que le PIB devrait reculer de 4% cette année, et encore pareil l’année d’après, que le chômage touche officiellement 11.6% de la population et que l’inflation dépasse 5%, ce qui, avec les baisses de salaire, se traduit par une baisse brutale et sauvage du pouvoir d’achat de la population.
Des conséquences multiples
Le respect du plan de marche extrêmement sévère imposé par Bruxelles et le FMI va avoir beaucoup de conséquences. Tout d’abord, cela devrait faciliter la poursuite de cette politique. En effet, en seulement un an, la Grèce parvient à faire plus de la moitié du chemin entre les 14% de déficit de 2009 et l’objectif de 2013. Athènes démontre qu’il est possible de faire beaucoup en peu de temps, fût-ce au prix de conséquences sociales redoutables.
Mais les résultats de la Grèce pourraient bien rapidement mettre de la pression sur d’autres pays européens. En effet, si le déficit d’Athènes tombe à 8%, que va-t-il se passer pour l’Espagne, dont le déficit annoncé sur cette année est de 9.9% et… pour la France, à 8.4%. En effet, les marchés ne vont pas longtemps demander qu’un peu plus de 3% de rendements à Paris et plus de 10% à une Grèce dont le déficit serait inférieur à celui de notre pays…
La réussite de la Grèce à vigoureusement réduire son déficit est une mauvaise nouvelle. Elle montre que la soumission des Etats aux diktats des marchés fonctionne. Le reste de l’Europe va suivre. On peut parier sur quelques années de croissance très très molle…
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : grèce, austérité, rigueur, déficits publics
13.05.2010
L’empire (européen) contre-attaque
« L’euro est le moyen pour contraindre les Etats-nations à construire l’Europe sur un modèle fédéral » : voilà ce que certains esprits éclairés avaient compris en 1992 lors du référendum sur le traité de Maastricht. Les propositions d’hier de la commission de Bruxelles l’illustrent malheureusement à nouveau.
Europe : la croissance en panne… avant la rigueur
Pourtant, plus que l’organisation des pouvoirs, c’est plutôt de la croissance que José Manuel Barroso devrait se soucier. Les résultats du premier trimestre 2010 viennent de tomber et ils sont très mauvais. Autant les Etats-Unis sortent vigoureusement de la crise, avec 3% de croissance, autant l’Europe aura du mal à faire plus de 1%... En effet, l’Union Européenne a enregistré une croissance de son PIB de 0.2%, soit le rythme dérisoire de moins de 1% en rythme annuel.
Le chiffre Français est encore plus décevant, avec seulement 0.1% et la révision à la baisse des chiffres de 2008 (-0.2 contre 0.1%) et 2009 (-2.5 contre -2.2%). Pourtant, cette déception était prévisible. En effet, les bons chiffres du deuxième semestre 2009 s’expliquaient par la prime à la casse, responsable d’une envolée du marché automobile. Les chiffres du second trimestre seront donc également décevants…
La croissance fantôme
Dans les années 2000, le PIB de la zone euro a cru de seulement 1.4% par an contre 1.9% aux Etats-Unis. Et pour preuve que son modèle est un leurre, le PIB Allemand n’a progressé que de 0.8% en moyenne… Bref, la zone euro est de plus en plus une zone économique où la croissance n’est plus qu’un lointain fantôme. Et ce n’est pas tout : le pire semble devant nous étant donnés les plans de rigueur qui s’accumule.
En effet, outre une Allemagne qui a théorisé l’absence de gain de pouvoir d’achat comme modèle (ce qui empêche toute croissance de la consommation intérieure), les pays européens annoncent les uns après les autres des plans de rigueur extrêmement sévères. Après l’Irlande, la Grèce et le Portugal, c’est au tour de l’Espagne d’annoncer une baisse du traitement de ses fonctionnaires de 5%. La France a annoncé un gel de ses dépenses publiques accompagné d’une baisse des aides.
Il y a bien quelques farfelus qui annoncent que cette « bonne gestion » des deniers publiques va accélérer la croissance. Mais cela est complètement faux dans notre situation car la réduction des dépenses publiques sert uniquement à réduire les déficits et représente donc une baisse de la consommation de l’Etat, sans le moindre espoir que la consommation privée prenne le relais avec des impôts en hausse.
Bref, on ne voit pas comment la croissance pourrait reprendre en Europe avec le cocktail de ces Hoover du 21ème siècle. Et cela pose un immense problème de solvabilité des Etats puisque le PIB va stagner alors que les dettes progressent, ce qui va rendre leur situation budgétaire encore plus délicate dans quelques années. Il est difficile de ne pas voir dans les politiques mises en place une réplique de la politique japonaise, alors qu’il existe pourtant des solutions alternatives…
La tentative de putsch de la Commission
C’est dans ce contexte, où toutes les énergies devraient être concentrées pour trouver des moyens de relancer la croissance européenne que la Commission a proposé une nouvelle gouvernance pour l’approbation des budgets nationaux. José Manuel Barroso veut imposer un examen des budgets nationaux par la Commission Européenne avant même leur débat dans les parlements nationaux, avec des possibilités de sanctions allant jusqu’à la suspension des aides européennes.
Alors que la Commission met la pression sur l’Italie et la France, cette proposition représente une véritable perversion démocratique. En effet, la Commission n’est qu’une administration composée de hauts fonctionnaires et non de politiques responsables devant un peuple. Il est donc extrêmement choquant de vouloir donner la primeur de l’examen des budgets nationaux à cet aréopage de technocrates apatrides et coupés des réalités par rapport à des parlements démocratiquement élus.
Heureusement, Nicolas Dupont-Aignan a souligné que "la proposition de la Commission européenne de s'arroger le droit de vérifier en amont les budgets des Parlements est inacceptable car cela porterait atteinte à notre démocratie". Mais il est difficile de ne pas voir dans cette tentative de prise de pouvoir la réalisation des plus sombres pronostics d’Emmanuel Todd dans son dernier livre ou une illustration du récent et brillant papier de Malakine sur le « Munich financier ».
La proposition de la Commission est extrêmement choquante car voici une administration qui réclame encore et toujours plus de pouvoir, sans la moindre légitimité et sans devoir rendre de compte à quiconque. Encore une fois, cette Europe ne cherche pas à répondre à la crise mais uniquement à gagner du pouvoir.
11:42 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : commission européenne, josé manuel barroso, déficits publics, dette, budget
12.02.2010
La Cour des Comptes dénonce les mauvais comptes du gouvernement
Le dernier rapport de la Cour des Comptes supervisé par Philippe Séguin vient d’être publié. Outre l’habituelle dénonciation des gaspillages de l’Etat, il s’en prend assez vigoureusement à la gestion des deniers publics par l’actuelle équipe au pouvoir.
La France entre deux eaux
Nicolas Sarkozy et le gouvernement attribuent volontiers le niveau record des déficits publics à la grave crise économique que nous traversons. Ce serait elle qui expliquerait que nos comptes présentent un solde négatif de 8% du PIB en 2009 et en 2010. Et il faut dire que quand on constate le niveau des déficits dans les autres pays, cette thèse semble crédible. Après tout, l’Irlande, la Grèce, l’Espagne mais aussi les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont un déficit de plus de 10% du PIB.
Du coup, la France apparaît comme un pays presque modéré. Mais ce n’est pas si simple. L’Allemagne se contente d’un déficit de 3% et les Pays-Bas ou même l’Italie se sont limités à 5%, soit nettement moins que dans l’Hexagone. En outre, il faut reconnaître que la récession est un peu moins forte chez nous que dans les autres pays occidentaux, ce qui devrait permettre de limiter le dérapage des comptes publics. C’est exactement ce sur quoi la Cour des Comptes s’est penchée.
La crise a bon dos
En effet, selon la Cour des Comptes, moins de la moitié du déficit national serait la conséquence de la crise économique. En clair, le déficit structurel des comptes publics dépasse aujourd’hui les 4%, sachant que le budget 2006 s’était soldé par un déficit d’un peu plus de 2% du PIB. En trois ans, Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont donc doublé le déficit structurel de la France, une piètre performance qui fait relativiser les promesses actuelles de retour à un déficit de moins de 3% en 2013.
Bien sûr, le gouvernement actuel ne remplace pas un fonctionnaire qui part à la retraite sur deux, mais le rapport souligne que l’équipe au pouvoir a multiplié les exonérations fiscales (« paquet fiscal », baisse de la TVA dans la restauration…) tout en augmentant fortement les dépenses publiques (+2.6% en volume) et ce, malgré la baisse du nombre de fonctionnaires. Bref, comme de 1993 à 1995, alors qu’il était ministre du budget, Nicolas Sarkozy laisse filer les comptes publics.
Bien sûr, il était souhaitable que l’Etat intervienne pour soutenir l’économie et éviter que la récession ne se transforme en dépression. Mais ce rapport montre que depuis 2007, les comptes de l’Etat dérapent de manière structurelle, soulignant le peu de cas que fait Nicolas Sarkozy des deniers publics.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, cour des comptes, philippe séguin, déficits publics
23.12.2009
Nicolas Sarkozy, champion des déficits
Nicolas Sarkozy se présente souvent comme le grand sauveur de la France, grâce à son plan de soutien, de l’Europe, avec le traité de Lisbonne, du monde, quand il intervient à Copenhague. Mais dans la réalité, il est surtout le champion des déficits.
Des années 90 aux années 2000
Il y a un précédent avec 1994 et 1995. Certes, à l’approche des élections législatives, et en pleine récession mondiale, les gouvernements socialistes avaient laissé filer les comptes avec un trou de 6% du PIB. Mais le gouvernement Balladur, avec Nicolas Sarkozy comme ministre du budget, pensant à 1995, avait évité toute mesure difficile, laissant les déficits au même niveau, à tel point qu’Alain Juppé, Premier Ministre, avait dénoncé l’état catastrophique des finances publiques…
Ce qui nous amène à la situation actuelle. En 2009 et 2010, le déficit des comptes publics bat le record des années 90 et atteint 8% du PIB. Paradoxalement, ce chiffre n’inquiète pas trop : en effet, les Etats-Unis, la Grande Bretagne ou l’Espagne naviguent entre 10 et 12%... En revanche, au niveau de la zone euro, la France est clairement un des moins bons élèves puisque l’Allemagne se contente de 4,6% et même l’Italie se limite à 5,3%.
Du coup, l’écart de taux à dix ans entre la France et l’Allemagne, loin de se resserrer depuis la crise, continue à augmenter puisqu’il atteint aujourd’hui 100 points de base : 3,41% contre 2,4% pour l’emprunt d’Etat à 10 ans. L’Italie paie 3,91%, mais avec une dette largement supérieure à la nôtre, l’Espagne 3,74%. Concrètement, étant donné que la dette publique dépasse aujourd’hui 1400 milliards d’euros, cela représente potentiellement un surcoût de 14 milliards d’euros par an !
Du bon usage du déficit
Après, il faut être honnête, les besoins d’emprunt annuel de la France atteignent 350 milliards sur 2 ans, le surcoût se « limitera » à 3,5 milliards par an. En outre, étant donnée la violence de la crise que nous avons traversée, il était nécessaire de laisser jouer les stabilisateurs automatiques du budget et même de relancer pour éviter de tomber dans le piège de la déflation. Limiter le déficit aujourd’hui, comme l’avait fait Hoover en 1929, aurait sans doute eu des conséquences bien pires.
En revanche, tout dépend des raisons du déficit. En effet, faire 8% de déficit avec un plan de relance massif qui permet de réduire la dureté du ralentissement économique, cela est une bonne politique. Cela est d’autant plus vrai si les dépenses de relance sont non récurrentes, ce qui permet une amélioration mécanique et rapide des comptes publics. Mais ce n’est pas vraiment la voie qu’a choisi Nicolas Sarkozy depuis son arrivée au pouvoir en 2007.
En effet, le déficit public 2009 n’a été gonflé que d’une dizaine de milliards par des éléments exceptionnels. La dégradation des comptes publics doit beaucoup plus aux innombrables exonérations fiscales que le gouvernement accorde (paquet fiscal, baisse de la TVA dans la restauration, bonus-malus, baisses de charges en tout genre…). Le problème est que l’immense majorité de ces exonérations ne sont pas exceptionnelles : notre déficit structurel a beaucoup augmenté en deux ans et demi.
L’ampleur de notre déficit ne serait pas un problème si elle était la conséquence d’une bonne politique économique. Malheureusement, ce n’est pas le cas et Nicolas Sarkozy s’illustre à nouveau par une bien mauvaise gestion des deniers publics. Nous le paierons cher et longtemps.
Source : The Economist 5 décembre
11:08 Publié dans Actualités, Economie, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, déficits publics, dette
02.10.2009
Le gloubi-boulga budgétaire du gouvernement
Le gouvernement a annoncé cette semaine son budget pour 2010. Si Le Figaro et le Monde rapportent consciencieusement le message du gouvernement « laisser filer les déficits pour soutenir la croissance », la réalité diffère de ce que les médias veulent bien dire…
L’anarchie fiscale
Le gouvernement a beau jeu de dire que c’est la crise qui explique l’envolée du déficit budgétaire (140 milliards d’euros en 2009 et encore 115 prévus en 2010). Pourtant, si les recettes baissent depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, c’est aussi à cause des nombreuses baisses d’impôt qu’il a décidées. Le paquet fiscal (baisse droits de succession, exonération d’impôt pour l’immobilier, exonération de charges sociales des heures supplémentaires, bouclier fiscal) a coûté 15 milliards.
Se sont également ajoutées la baisse de la TVA pour la restauration et la suppression de la taxe professionnelle, soit un total d’environ 25 milliards, plus de 20% du déficit prévu l’an prochain ! Du coup, le gouvernement invente de nouveaux impôts et taxes pour compenser en partie les baisses… Cette politique fiscale sans claire direction est malheureusement la conséquence logique de la façon de faire du président de la République, qui multiplie les annonces sans se soucier du sens global.
Un gloubi-boulga indigeste
La première conséquence est clairement de renforcer les inégalités. Le paquet fiscal a très largement bénéficié aux ménages aisés (baisse de l’impôt sur les grosses successions, bouclier fiscal). Et c’est bien toute l’injustice de la politique fiscale du gouvernement Sarkozy de privilégier des ménages aisés qui avaient déjà disproportionnellement profité de la croissance des dernières années. La multiplication des mesurettes (réduction de l’impôt sur le revenu, chèques divers) n’y change rien.
Pour beaucoup, la seconde conséquence est un endettement très dangereux, même s’il faut bien constater que les pourfendeurs de la dette sont souvent moins bien inspirés pour expliquer ce qu’ils feraient à la place. Les déficits sont sans doute la seule solution pour éviter une nouvelle Grande Dépression. Qui plus est, malgré le montant historique des déficits, la France sera un des pays les moins endettés à la fin de la crise… Mieux, le poids de la dette, par rapport aux recettes fiscales, reste largement inférieur à 1945.
Bien sûr, les déficits publics pourraient être plus bas, mais plus que leur niveau, c’est surtout l’incohérence et l’injustice de la politique fiscale qui est choquante. Ce n’est que l’accumulation de baisses d’impôt mal ciblées et de nouveaux impôts souvent injustes.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique fiscale, paquet fiscal, nicolas sarkozy, déficits publics, dette
21.07.2009
Dette, déficits : cessons le catastrophisme !
Avec l’envolée des déficits, d’innombrables interventions se font jour pour dénoncer la dette, les déficits et l’irresponsabilité de nos politiques qui font porter un fardeau financier sur les futures générations. Un procès beaucoup trop catastrophiste.
Catastrophisme n’est pas vertu
Cette remise au point ne signifie pas qu’il ne faille pas prêter attention aux déficits publics, ni même aux dépenses publiques. La dépense de l’argent de la collectivité doit savoir être faite avec parcimonie et en se posant à chaque fois la question de l’intérêt de son emploi. En outre, il faudra un jour être capable de sortir du cycle infernal des déficits quand la croissance sera revenue, ne serait-ce que pour donner des marges de manœuvre à l’Etat.
Aujourd’hui, de nombreux journalistes et politiques dénoncent avec vigueur l’envolée des déficits en France (autour de 7% du PIB). Cependant, leur croisade du moment n’est souvent que pure posture puisque aucun d’entre eux ne se risque à avancer des propositions concrètes de baisse de dépenses ou de hausses d’impôt. Or dans le contexte économique actuel, il revient à l’Etat d’intervenir massivement pour éviter que l’économie n’entre dans une dépression comparable à celle des années 30.
L’herbe est moins verte ailleurs
Et aujourd’hui, on pourrait même argumenter que la réaction de la France n’est pas assez forte, puisque les Etats-Unis et la Grande-Bretagne n’hésitent pas à recourir à un déficit deux fois supérieur au nôtre pour relancer leur économie. En fait, la France fait plutôt partie des pays conservateurs en matière de plan de relance et présente donc un déficit public dans la norme plutôt basse.
Et concernant la dette, notre position va plutôt s’améliorer à l’issue de la crise. À l’origine, nous étions aussi endettés que les Etats-Unis et l’Allemagne (autour de 65% du PIB), plus que la Grande-Bretagne et l’Espagne (40-45%) et moins que l’Italie et le Japon. Mais l’énormité des déficits espagnols et britanniques vont les amener à des niveaux comparables au nôtre, alors que les Etats-Unis pourraient finir dans le peloton de tête des pays les plus endettés.
La France, un pays plus prudent
La France devrait donc être un des pays les moins lourdement endettés dans quelques années. Qui plus est, cette analyse est partielle dans la mesure où elle ne prend pas en compte le fait que notre Etat dispose de beaucoup plus d’actifs que les autres pays, ce qui fait que notre dette nette est d’ors et déjà parmi les plus faibles (autour de 40%). Mieux, les ménages et les entreprises Françaises sont très peu endettés, ce qui fait que nous sommes déjà au global le pays le moins endetté des grands pays occidentaux.
Ensuite, il faut relativiser le niveau de l’endettement public par rapport au niveau des recettes publiques. En effet, les Etats ont déjà atteint des niveaux très élevés d’endettement, au sortir de la seconde guerre mondiale (au-delà de 100% du PIB), qu’ils ont réussi à gérer malgré des recettes publiques infiniment plus limitées (de l’ordre de 5% du PIB aux Etats-Unis). S’il a été possible de gérer une dette équivalente à 20 fois les recettes annuelles, il est possible de gérer une dette équivalente à 2 à 4 fois ces mêmes recettes.
Sans renier le danger de l’endettement, il est important de relativiser certains commentaires exagérément catastrophistes. Les déficits actuels sont nécessaires pour relancer l’économie et le niveau de la dette reste parfaitement gérable dans le futur.
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : déficits publics, dette publique



