28.04.2011
« Pourquoi la France a tort d’être morose »
Il y a une semaine, le parfois francophobe The Economist a publié un long papier sur le malaise de notre pays. Mais à ma grande surprise, ils affichent un « pourquoi la France a tort d’être morose », dressant un portrait, certes contrasté, mais assez positif de l’hexagone.
Le malaise Français
L’hebdomadaire anglais souligne avec justesse que notre pays souffre d’un vrai malaise que l’on retrouve dans toutes les enquêtes d’opinion mondiales, qui dessinent un pays plus pessimiste que tous les autres : moins de 20% des Français pensent que 2011 sera une meilleure année que 2010, un score plus bas que celui du Japon après deux décennies de stagnation, de l’Islande, après un krach spectaculaire, ou que la Grande-Bretagne, en proie à une austérité sauvage.
Le magazine libéral empile les raisons d’une telle morosité : une croissance faiblarde, un chômage élevé, des déficits importants, un modèle social en question, une opposition à la réforme qui s’est exprimée cet automne sur les retraites. Il souligne également le poids de nos charges sociales, qui pénalise l’emploi en le rendant plus cher qu’en Allemagne, la petite taille de nos entreprises en dehors des grandes multinationales et le poids de l’Etat, sa critique traditionnelle.
Les atouts de la France
Cependant, The Economist souligne également que notre pays a de puissants atouts. Il souligne que notre démographie devrait faire de notre pays le premier par la population en Europe dès 2037, ce qui relativise notre morosité puisque nous continuons à faire des bébés. Ensuite, il souligne que nous profitons d’un bon système de santé et d’une alimentation plus saine que les autres qui fait que nous vivons plus longtemps et en meilleure santé (les Français sont les plus minces d’Europe).
Mieux, l’hebdomadaire souligne nos forces économiques, soulignant que les réformes successives ont permis à notre pays de favoriser l’entreprenariat : il faut sept jours pour créer une entreprise contre quarante et un en 2004, moins qu’au Royaume Uni ou en Allemagne. The Economist souligne également la force de nos multinationales dont de nombreuses dominent leur secteur (seuls les Etats-Unis en ont plus que nous) mais aussi nos nombreux entrepreneurs sur Internet.
En effet, la France peut compter sur de nombreux leaders continentaux, comme Priceminister, Meetic, Vente privée, Pixmania ou Free qui sont partis de rien et sont aujourd’hui des groupes qui se développent dans l’Europe entière. Bref, le magazine britannique vante notre esprit d’innovation et souligne que les entreprises qui font rêver les jeunes Français sont davantage Apple, Google et Microsoft que l’administration, malgré notre hostilité relative au capitalisme.
Croire en la France
La France a beaucoup apporté au monde, et elle apportera encore beaucoup, même dans un monde où de nouvelles puissances émergent. Notre démographie va faire de nous le pilier de l’Europe et, à plus long terme, devrait même nous permettre de dépasser le Japon. Plus encore, dans un monde où les excès du modèle économique anglo-saxon sont tous les jours plus criants, nous pourrions bien jouer un rôle majeur dans la réorganisation majeure à venir.
En effet, aujourd’hui, c’est la lecture néolibérale et anglo-saxonne qui a paradoxalement gagné, mais les déséquilibres majeurs du système vont nous mener à une nouvelle crise. Et là, l’Europe continentale, avec la France et l’Allemagne à sa tête pourront alors chercher à construire un nouveau système plus stable et plus juste avec les émergents non anglo-saxons (Chine, Brésil, Russie). Et nos atouts sont considérables, tant économiquement que culturellement.
Comme souvent dans notre passé nous traversons une phase difficile. Mais un grand pays ne meurt pas. Il hiberne en vue de jours meilleurs. Et comme dans le passé, nous aurons à nouveau l’occasion de nous redresser, pour le bienfait de tous les Français, mais aussi du monde.
10:55 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : the economist, france, démographie
22.01.2011
La France, la démographie et l’euro
Nous ne nous en rendons pas encore bien compte, mais les questions démographiques vont littéralement bouleverser les équilibres de notre continent. Il y a 25 ans, la France, l’Italie et la Grande-Bretagne avaient exactement la même population. Aujourd’hui, notre pays sort du lot.
Une démographie vibrante
Alors que quasiment tous nos voisins présentent une démographie anémique, la France fait plus de deux enfants par femme. En 2010, nous avons fait 838 000 bébés, un record depuis près de trente ans et une progression de plus de 85 000 naissances par rapport au point bas de 1993. On peut désormais s’attendre à ce que le record de 1971 finisse par être battu. Résultat, la population de notre pays vient d’atteindre le cap des 65 millions d’habitants.
Ce résultat est venu tempérer les commentaires sur la « dépression nationale » qui avait été mesuré par BVA et qui place la France parmi les peuples les plus pessimistes du monde. Le fait de continuer à faire des enfants est une contradiction avec cette analyse, qui montre que les Français sont sans doute un peu plus râleurs que la moyenne. En outre, notre pays touche les dividendes d’une politique familiale ambitieuse et coûteuse mais efficace, et rentable.
Une nouvelle Europe
C’est entre 2040 et 2050 que notre pays devrait ainsi dépasser l’Allemagne comme pays le plus peuplé d’Europe. En effet, même si l’Allemagne compte 82 millions d’habitants, elle fait déjà 150 000 bébés de moins que nous. Si les jeunes générations reproduisent le comportement de leurs mères, dans à peine trente ans, l’Allemagne pourrait bien faire moitié moins d’enfants que la France. Certaines études Allemandes anticipent une population de 40 millions en 2100…
Le point positif est que cette grande divergence démographique va considérablement accroître le poids de notre pays en Europe. La France va redevenir le pays le plus peuplé d’Europe. Mais si cela a des avantages, cela pose un problème monétaire. En effet, le grand écart démographique avec l’Allemagne accentue la divergence dans l’inflation des biens immobiliers (dont la valeur n’a pas bougé en Allemagne depuis la fin des années 90 alors qu’elle a triplé en France).
Bref, la démographie seule explique en partie pourquoi France et Allemagne auront du mal à partager la même monnaie à l’avenir. Une population en hausse créé un peu plus d’inflation structurellement. De même, la France devra forcément financer un effort d’éducation proportionnellement beaucoup plus important que l’Allemagne. Bref, la démographie va accélérer la divergence de nos pays, nécessitant des politiques monétaires différentes, ce que l’euro interdit.
La forte démographie de la France est un immense atout pour notre pays, un atout qui va bouleverser le visage de l’Europe. Mais cet atout est aussi un immense inconvénient pour maintenir une monnaie unique avec des pays dont les démographies sont aussi divergentes.
11:55 | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : démographie, euro, allemagne, france
27.07.2010
Quand la France toisera l’Allemagne et l’Europe
1er janvier 2100 : alors que la population de la France se rapproche de plus en plus du cap des cent millions d’habitants, le Japon n’en compte plus que 65 millions, l’Allemagne compte moitié moins d’habitants que l’Hexagone. Les évolutions démographiques ont bouleversé l’Europe.
La révolution démographique à venir
Les chiffres sont impressionnants. Pendant les Trente Glorieuses, l’Allemagne comptait plus d’un million de naissances par an, contre plus de huit cent mille en France. Aujourd’hui, notre pays fait toujours plus de huit cent mille enfants par an. En revanche, notre voisin d’Outre-Rhin n’a accueilli que 675 000 nouveau-nés en 2008, près de 20% de moins que chez nous. Si les tendances restent les mêmes, ce sont moins de cinq cent mille naissances que l’Allemagne devrait compter dans trente ans !
C’est vers 2040 que notre pays devrait devenir le premier pays d’Europe par la population quand nous atteindrons 75 millions d’habitants, comme notre voisin d’outre Rhin. Dès 2050, l’écart devrait se creuser puisque la population Allemande devrait tomber à moins de 70 millions d’habitants. Cette étude prévoit seulement 45 millions d’Allemands en 2100, moitié moins que la France. Notre pays sera alors plus peuplé que le Japon, qui compte pourtant aujourd’hui deux fois plus d’habitants !
Un bouleversement européen
Le paysage européen devrait être bouleversé dans les décennies à venir, à moins que les pays à la population déclinante ne recourent massivement à l’immigration. Il faut noter que ces prévisions sont basées sur une reproduction par les prochaines générations des comportements actuels ce qui les rend très crédible. Mieux, même si la prochaine génération Allemande adoptait la fertilité Française, à terme, notre population dépasserait quand même celle de notre voisin.
Dans quarante ans, la France sera le pays le plus peuplé d’Europe, devant le Royaume Uni (s’il n’a pas éclaté) et l’Allemagne ne pointera plus qu’en troisième position. L’Italie pourrait compter moitié moins d’habitants que la France. Bref, le dynamisme démographique de la France pourrait bien redonner à notre pays la prééminence qu’il a déjà eu dans le passé. Il faudra néanmoins savoir traduire l’opportunité démographique en opportunité économique.
A tous ceux qui croient que la France est trop petite pour influencer le cours du monde, ces quelques chiffres devraient les faire réfléchir. Le dynamisme démographique de notre pays devrait bouleverser les équilibres politiques au sein de l’Europe dans les décennies à venir.
10:55 Publié dans Europe, Société | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : démographie, france, allemagne, japon
17.04.2009
La victoire démographique à venir de la France
Jacques Chirac a parfois été critiqué pour l’adoption du vote en fonction de la population en Europe. Si cette décision favorise encore pour quelques années l’Allemagne à notre détriment, elle ne tardera pas à rapidement avantager le pays européen à la meilleure démographie, la France.
France Allemagne : 3-0
D’un côté, la France, soixante-quatre millions d’habitants. De l’autre, l’Allemagne, quatre-vingt-deux millions d’âmes. Le nombre de naissance des deux pays est de 820 000 et 675 000, à la faveur de… la France. Alors que nous comptons plus de 20% d’habitants de moins que notre voisin d’outre-Rhin, nous faisons plus de 20% de bébés de plus par an. Résultat, la France devrait dépasser l’Allemagne en nombre d’habitants d’ici à 2050 avec plus de 80 millions d’habitants contre 70 à 75 pour nos voisins.
La violence du krach démographique allemand va s’accentuer dans les prochaines années, car il y a de moins en moins de femmes en âge d’avoir des enfants et elles continuent à avoir peu d’enfants. L’article du Figaro note bien qu’en Allemagne, les femmes font généralement un choix entre avoir des enfants et mener leur carrière. Dans le meilleur des cas, elles arrivent à concilier vie professionnelle et vie personnelle en ayant un enfant sur le tard pour ne pas entraver leur progression dans l’entreprise.
Une tendance de fond
La tendance n’est pas prête de changer puisque même si les femmes Allemandes se mettaient à avoir autant d’enfants que les femmes Françaises, elles seront bientôt presque 20% moins nombreuses. Cela ne ferait que stabiliser la population de l’Allemagne à long terme à 80% de celle de notre pays. Il faut dire que nos voisins d’outre-Rhin n’ont pas mené une politique familiale aussi dynamique que notre pays, qui a tiré les leçons de notre malthusianisme du 19ème siècle.
La France tient sa revanche démographique avec l’ensemble de l’Europe puisque tous les grands pays du continent souffre du même syndrome que l’Allemagne, comme l’Italie ou l’Espagne. La péninsule Italienne pourrait compter moitié moins d’habitants que la France en 2050 alors que nous étions au coude à coude dans les années 80. D’une part, cette évolution va renforcer le poids de notre pays, mais de l’autre, elle pourrait contribuer à un moindre dynamisme économique du fait de la situation de nos voisins.
Si nous sommes passés à côté du 19ème siècle d’un point de vue démographique, le 21ème sera celui d’une forme de revanche, pacifique bien sûr, mais qui ne manquera pas de bouleverser les équilibres du continent européen par son ampleur en nous mettant sur le devant de la scène.
Source : http://www.lefigaro.fr/international/2009/04/15/01003-200...10:55 Publié dans Actualités, Europe, Société | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : démographie, allemagne, france
27.08.2008
La France, première puissance démographique européenne
Lors de la négociation du traité de Nice, beaucoup avaient critiqué Jacques Chirac quand il avait accepté d’introduire le vote en fonction de la population. Pourtant, si cela donne aujourd’hui plus de poids à l’Allemagne, cette réforme est principalement à l’avantage de la France. Démonstration :
Déjà en 2004, la France était de loin championne d’Europe des naissances avec 800 000 naissances, devant le Royaume Uni (716 000), l’Allemagne, seulement troisième, (705 000) et l’Italie (563 000). Cet ordre diffère très largement de la hiérarchie des populations puisque là, l’Allemagne arrive en tête avec 82,5 millions d’habitants, devant la France (62,3), le Royaume-Uni (59,9) et l’Italie (58,2). Cela tient à l’écart très important du nombre de naissances par femme puisque le taux de fécondité atteignait alors 1,91 enfants par femme en France, contre 1,74 au Royaume Uni, 1,37 en Allemagne, 1,33 en Italie et 1,32 en Espagne. Mieux, depuis, ce taux de fécondité a progressé dans notre pays puisque nous avons atteint le cap des 2 enfants par femme en 2006, avant de redescendre à 1,98 en 2007.
Mieux, comme le montre cet article du Figaro, et comme l’explique Emmanuel Todd, le taux de fécondité est un indicateur imparfait puisqu’en mesurant le taux de natalité en fonction du nombre de naissance de l’année, il ne prend pas en compte le fait que les femmes ont des enfants plus tardivement, ce qui contribue à sous-estimer la fécondité réelle du pays. Par exemple, les femmes nées en 1956 ont eu 2,14 enfants alors que le taux de fécondité a oscillé entre 1,7 et 1,9 pendant toute la période où elles ont eu des enfants. Autre exemple, les femmes nées en 1966 avaient 1,97 enfants en 2006 mais n’en avaient qu’1,76 à 35 ans contre 1,96 pour celles nées en 1956. Au final leur descendance finale dépassera le cap de renouvellement des générations. Ce décalage est le même dans tous les pays.
Nous ne sommes qu’au début des conséquences démographiques de cette évolution. On peut anticiper qu’autour de 2040, alors que la France devrait toujours compter plus de 800 000 naissances, si la fécondité de nos voisins remonte autour d’1,5 enfants par femme, il n’y aurait plus que 525 000 naissance outre-Rhin (du fait d’un nombre beaucoup moins important de femmes en âge de procréer) et 420 000 en Italie ! À horizon 2050, la France devrait compter environ 80 millions d’habitants, contre 75 pour notre voisin allemand, 70 pour les Anglais et moins de 50 pour l’Italie (certains scénarios parlent de seulement 40…). Ces prévisions, aussi surprenantes soient-elles, sont assez réalistes, dans la mesure où les phénomènes démographiques sont largement culturels et évoluent lentement.
Cela nous amène aux raisons de cet écart qui va bouleverser les rapports de force au sein d’une Europe vieillissante où la France, et dans une moindre mesure, le Royaume Uni, vont tirer leur épingle du jeu. La politique familiale joue un grand rôle bien sûr puisque les ménages Français profitent d’un réseau de crèche beaucoup plus développé que dans le reste de l’Europe et d’avantages fiscaux importants. Cette politique a un coût (2,6% du PIB) mais il s’agit d’un investissement pour l’avenir. Mieux, cet effet devrait durer car il y a désormais un véritable écart culturel entre la France, où la norme sociale est la famille de deux enfants (et où autant de foyers ont trois enfants qu’un seul) et l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne, où la norme oscille entre 1 et 2.
Résultat, dans quelques décennies, la France va devenir le premier pays d’Europe par la population, ce qui ne devrait pas être sans conséquence sur notre poids et dynamisme économiques.
Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/08/21/01016-...
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/08/21/01016-...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Démographie_de_l'Union_europ...
11:20 Publié dans Actualités, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : démographie, europe, natalité



