17.03.2009

Que faire contre les déserts médicaux ?

Comme dans la plupart des pays, la liberté d’installation des médecins aboutit à des déséquilibres dans l’offre médicale sur l’ensemble du territoire, certaines zones rurales se retrouvant avec un déficit chronique de praticiens. Comment assurer le service public de la santé dans de telles conditions ?

Un vrai problème pour les zones rurales

Les médias regorgent d’exemples de petites villes qui manquent cruellement de praticiens et qui doivent parfois avoir recours à des médecins étrangers pour assurer la succession du précédent, parti à la retraite. La réduction du numerus clausus au début des années 1980 a malheureusement créé une pénurie dont les zones rurales sont les premières victimes. Certaines municipalités et conseils généraux utilisent ainsi des méthodes originales pour attirer des jeunes médecins : bourse ou logement de fonction.

L’examen de la loi Bachelot a ravivé ce débat, au sein même de l’UMP comme du PS puisque certains élus proposent des solutions assez radicales pour assurer le service public de la santé. Certains proposent en effet que les médecins généralistes soient contraints d’exercer 2 à 3 ans dans une zone rurale alors que d’autres préfèrent utiliser des méthodes plus douces, d’encouragement à l’installation dans les zones rurales ou en poussant les médecins de zone dense à y faire des vacations.

Roselyne Bachelot sur la bonne ligne

Pour une fois, je me retrouve en accord avec la ligne du gouvernement. La position de la ministre de la santé me semble juste et pragmatique : juste parce qu’elle n’impose pas aux jeunes médecins d’exercer dans un site précis de manière arbitraire, mais pragmatique parce qu’elle cherche à mettre à place suffisamment de mesures pour combattre les déserts médicaux. Le projet actuel me semble atteindre le bon équilibre entre la liberté d’installation des médecins et le nécessaire service public.

Certains pourront soutenir que s’agissant d’un service public et d’un métier bien rémunéré, il pourrait revenir à l’Etat de décider de l’implantation géographique des jeunes médecins. Cependant, les hommes ne sont pas comme des scanners. Il n’est pas humainement acceptable d’imposer aux médecins un lieu de résidence contre leur volonté. Cela ne sera profitable à personne car un médecin coupé de ses racines contre sa volonté sera forcément moins bon pour ses patients.

Alors, bien sûr, c’est la façon dont l’éducation nationale fonctionne. Tous ceux qui ont des amis ou de la famille dans le corps enseignant connaissent des exemples de personnes envoyées à des centaines de kilomètres de leur ville d’origine ou d’étude. Certains peuvent trouver ce brassage géographique républicain. A titre personnel, je le retrouve irrespectueux des jeunes professeurs qui sont coupés de leurs racines, de leurs amis alors qu’ils débutent leur carrière et en auraient sans doute bien besoin.

Pour une fois, je vais plutôt me retrouver du côté de ceux qui défendent la liberté individuelle. Mais je crois que dans ce cas précis, l’intérêt général consiste à respecter les individus et leur donner les meilleures facilités pour s’installer plutôt que de leur imposer une implantation qu’ils ne souhaitent pas.

Source : http://www.lefigaro.fr/economie/2009/03/03/04001-20090303...