12.09.2011

Nicolas Dupont-Aignan en route vers 2012

Ce week-end se tenaient les universités de rentrée de Debout la République. L’occasion pour Nicolas Dupont-Aignan de faire un point sur les parrainages et la campagne des présidentielles qui s’annonce.

Un candidat sur tous les fronts

Le moins que l’on puisse dire, c’est que notre candidat multiplie les initiatives. Il était invité la semaine dernière par Nigel Farage de UKIP : vous pouvez consulter un reportage exclusif sur le site d’Enquête et Débat. Et quelques jours auparavant, il commémorait la bataille de la Marne. Mais l’activité principale du mouvement est depuis le printemps concentrée sur la recherche des parrainages, le pré requis indispensable pour être présent le 22 avril 2012.

Grâce à une organisation très professionnelle, Nicolas a pu annoncé son 352ème parrainage. S’il reste encore beaucoup de travail, le travail de tous nous permet d’être largement en avance sur la position dans laquelle nous étions en 2006 à la même époque. Bref, en poursuivant nos efforts, cette étape sera franchie et nous permettra d’effacer le souvenir douloureux de 2007. Mieux, l’actualité économique est tellement en ligne avec nos analyses que NDA sera la surprise de l’élection.

De la chaleur militante

Si avoir le bon candidat est primordial pour une telle élection, il faut également avoir les bons militants et chaque université de rentrée de Debout la République est l’occasion pour moi de constater à quel point je me sens bien avec ceux qui sont devenus ma famille politique. C’est toujours un plaisir de discuter jusque tard dans la soirée, même s’il faudrait davantage de temps pour pouvoir en profiter davantage. Et cette édition n’a pas dérogé à la règle tant elle était réussie.

Tout d’abord, il est impressionnant de constater à quel point le mouvement se rajeunit. Chaque année, il y a davantage de jeunes, démontrant la vitalité du gaullisme et à quel point nos idées vont peser à l’avenir. Bref, tous les éléments semblent aujourd’hui réunis pour réussir l’élection présidentielle de 2012, qui nous permettra de faire renaître un grand courant gaulliste dans l’opinion, faisant oublier tous ces pseudo héritiers qui sont tellement néo qu’ils n’ont plus rien de gaullistes.

Je tiens donc à remercier tous les participants à ces universités et plus encore les organisateurs. Mais une campagne présidentielle coûte cher et pour la mener nous avons besoin de soutien. Votre aide nous donnera les moyens de défendre les idéaux gaullistes pour l’avenir.

29.08.2011

Rendez-vous les 10 et 11 septembre pour les universités d’été DLR

Dans un peu moins de deux semaines auront lieu les universités d’été de Debout la République. L’occasion de réunir les militants mais aussi pour tous les sympathisants de venir pour nous rencontrer et découvrir le parti présidé par Nicolas Dupont-Aignan à la veille de la campagne présidentielle.

Un moment essentiel dans la vie d’un parti

Depuis 2007, j’ai pu constater le changement de Debout la République. Chaque année, nous accueillons davantage de militants, notamment des jeunes. Les universités d’été sont donc toujours un moment fort car elles permettent de discuter avec les forces vives du mouvement, de prendre le pouls du terrain, de refaire le monde jusque tard dans la soirée du samedi. Des moments qui conjuguent politique et convivialité, sans l’aspect politicien que peut avoir la politique.

Mais ces universités ne s’adressent pas uniquement aux membres du parti. A quelques mois du rendez-vous crucial des élections présidentielles, où je suis convaincu que Nicolas Dupont-Aignan sera la révélation de la campagne, elles peuvent être le moyen pour vous de découvrir le parti en chair et en os. Et même si vous n’êtes pas adhérent, n’hésitez pas à passer, au moins dimanche pour le discours de NDA. Cela vous permettra de nous découvrir. Vous trouverez le programme ici.

Ce rendez-vous est important pour nous. Un immense travail a été réalisé depuis six mois pour récolter les signatures des maires. Une équipe aussi professionnelle qu’engagée nous a permis de tirer les leçons de 2007  et, même s’il reste du travail à faire, cela se présente bien comme l’a confié NDA au Figaro. Mais la présidentielle est une campagne où nous aurons besoin de l’aide de tous pour porter les idées que nous défendons et dont l’actualité montre chaque jour la pertinence.

L’euro, les banques, la mondialisation, l’arnaque du siècle

Après avoir fait pas mal de publicité pour de nombreux livres pendant tout l’été, j’en profite pour rappeler que le dernier livre de Nicolas Dupont-Aignan, « L’euro, les banques, la mondialisation, l’arnaque du siècle » est un gros succès puisqu’il en est au 4ème tirage et s’est déjà vendu à près de 10 000 exemplaires, un score considérable dans le milieu politique, d’autant plus qu’il n’a pas bénéficié d’une couverture médiatique extraordinaire, malgré un sujet d’actualité.

Avec cinq mois de recul, ce livre apparaît comme extrêmement actuel. Le plan de soutien aux créanciers du Portugal, le nouveau plan de soutien aux créanciers de la Grèce, le débat actuel sur la dette n’ont fait que le rendre plus encore d’actualité. En effet, outre le fait de démontrer les méfaits de la monnaie unique, que Jean-Jacques Rosa ou Alain Cotta dénoncent depuis longtemps, ce livre propose une réflexion plus globale sur l’économie et la mondialisation.

NDA y dénonce ce système financier qui vit comme une sangsue sur l’économie réelle et il fait le lien entre les excès de la financiarisation et l’affaiblissement du tissu productif de notre pays. La mondialisation est un processus global, où le monde financier, qui ne tourne qu’à son unique profit, pousse les délocalisations. Et parce que cette globalisation ne défend pas l’intérêt général, ce sont bien les nations qui seront les outils des peuples de briser cette grande régression sociale qu’on leur impose.

Je vous dis donc rendez-vous à Dourdan les 10 et 11 septembre, en espérant vous y voir très nombreux pour échanger en toute liberté. Et d’ici là, pour ceux qui ne l’ont pas encore lu, n’oubliez pas de vous procurer le dernier livre de Nicolas Dupont-Aignan.

13.08.2011

Aurélien Bernier développe sa vision de la « désobéissance »

Après avoir fait une synthèse bien balancée de toutes les carences de cette Europe, Aurélien Bernier analyse les propositions des autres partis puis détaille sa vision de « la désobéissance ».

L’Europe dans le débat public

Pour lui, « la social-démocratie utilise l’Europe pour justifier son inaction, après l’avoir construit telle qu’elle est », et ironise sur le programme du PS qui dit que : « nous ne voulons plus du dumping social et de la casse des services publics imposés par les gouvernements de droite au pouvoir à la Commission Européenne », comme si Lionel Jospin n’avait pas signé ces directives … Il n’est pas plus tendre pour les Verts, dont il dénonce les « réactions irrationnelles » sur une Europe aux mains des lobbies.

Pour lui, le PS et les Verts devraient indiquer dans leur programme : « nous prenons acte du fait que le droit européen s’impose aux Etats, et que bon nombre de nos propositions ne sont pas compatibles avec les textes communautaires. Nous voulons changer l’Europe de l’intérieur, ce qui prendra un temps certain, pour ne pas dire quelques décennies. D’ici là, nous renonçons à appliquer le programme que nous soumettons au vote des électeurs. Nous nous en excusons d’avance auprès du peuple ».

Le porte-parole du M’PEP aborde également la position de Debout la République sur l’Europe et nous accorde un satisfecit sur une partie du constat mais dénonce une certaine mollesse ainsi qu’une absence de remise en cause des ressorts de la mondialisation. Mais il faut dire qu’il ne se base pas sur les bons textes puisqu’il part d’un texte de 2006. Dommage qu’il n’ait pas pris en compte le programme des européennes ou plus encore la récente mise à jour de notre programme sur la question.

La désobéissance européenne en pratique

Il propose tout d’abord de refuser de transcrire les directives contraires à l’intérêt général et de refuser d’abonder au budget européen. Il propose de revenir sur la libre circulation des capitaux et mettre en place un protectionnisme anti délocalisation. Il souhaite un référendum pour restaurer la primauté du droit national sur le droit communautaire et supprimer toute référence au traité de Lisbonne dans la Constitution. Et pour lui, il n’y a pas besoin d’activer l’article 50 pour faire cela.

Il note que toutes les sanctions (notamment financières) qui pourraient être prises contre la France ne pèseraient pas grand chose car personne ne peut nous imposer de payer. En outre, notre contribution nette nous met dans une situation confortable, notre pays étant « arithmétiquement gagnant en refusant d’approvisionner le budget communautaire ». Notre poids économique nous protège de tout boycott où nos adversaires seraient perdants…

Il propose également de désobéir sur les services publics ou les marchés publics et de « mettre fin au libre-échange ». Il dénonce l’imbécillité de cette Europe qui impose à ses producteurs des normes sans se soucier de celles de ses concurrents étrangers, qui bénéficient alors d’un gros avantage compétitif. Il dénonce la monnaie unique, l’indépendance des banques centrales, et « le transfert de la création monétaire aux banques privées, qui peuvent faire tourner une planche à billets virtuelle ».

Face à la Chine et l’Inde, il soutient que « cette obsession de construire un espace économique totalement ouvert en Europe est une stratégie suicidaire » et il appelle également les collectivités locales à désobéir pour encombrer la machine européenne. Très gaullien, il dénonce « l’amalgame entre le nationalisme, indiscutablement condamnable, et l’exercice de la souveraineté populaire, qu’il faut défendre à tout prix ». Il dénonce le marché, cette « nouvelle religion », qui ne laisserait aucune alternative.

Après Jacques Généreux, il évoque également la charte de la Havane, alternative keynésienne au GATT devenu OMC, qui visait « le relèvement des niveaux de vie, le plein emploi et les conditions de progrès et de développement ». Il évoque ouvertement la question de la sortie de l’UE, reconnaissant que « la question se pose ». Il préfère la désobéissance en ce qu’elle facilite la négociation, qu’elle pourra plus facilement « contaminer » les autres pays et qu’elle placerait l’UE dans une position très difficile.

Ce petit livre assez dense et rempli d’exemples très clairs est hautement recommandable. Une bonne synthèse des carences de cette Europe et une vraie proposition pour la changer radicalement. Il faudrait en revanche remette à jour les fiches sur le programme de Debout la République

Source : Aurélien Bernier et le M’PEP, « Désobéissons à l’Union Européenne », 1001 Nuits, suite demain

23.07.2011

Comment Nicolas Sarkozy jette 90 milliards par la fenêtre

Avant-hier, les dirigeants européens ont concocté un plan de près de 160 milliards d’euros pour sauver les créanciers de la Grèce. Un plan illusoire qui ne règle en rien les problèmes d’Athènes et qui va coûter dramatiquement cher aux ménages européens.

L’austérité pour payer les créanciers

Comme le rappelle très clairement Nicolas Dupont-Aignan dans une tribune publiée dans le Monde (version longue sur le site de Debout la République), ces plans ne résolvent rien. Certes, les banques privées sont impliquées (ce qui est positif, car il aurait été immoral que seuls les contribuables paient), mais ils ne règlent en aucun les problèmes de la Grèce. Dans trois ans, le PIB grec aura encore baissé, la dette monté et le pays sera donc encore moins en position de payer.

En fait, les pays européens vont fournir l’argent pour assurer les échéances des trois prochaines années, mais rien n’est fait pour que la Grèce retrouve la croissance. Rendez-vous donc dans trois ans pour un bilan qui sera forcément mauvais. En revanche, les créanciers privés auront pu réduire leurs engagements (certes, pas autant qu’ils l’espéraient) et la dette grecque sera alors détenue à plus de 50% par des institutions publiques, qui devront alors assumer le probable défaut.

En outre, comme le montre Moral El Hattab dans une tribune publiée sur Agoravox, les dirigeants européens ont aussi sauvé de nombreuses institutions financières du dénouement de CDS sur la dette grecque. En fait, même si les banques devront contribuer à hauteur de 50 milliards au plan (220 pour les Etats au cumul des deux plans), ce sont bien pour elles que s’impose cette austérité sauvage dans tous les pays européens. Les contribuables paient encore pour sauver les banques.

Irresponsabilité financière

On a beaucoup glosé sur les 15 milliards qu’engage la France dans ce nouveau plan grec. Le problème est qu’il faut y ajouter notre contribution au premier plan grec (17 milliards) ainsi que celle aux plans irlandais et portugais. En clair, notre pays a engagé près de 60 milliards, qui servent uniquement à rembourser les créanciers de ces trois pays. 60 milliards, 3% du PIB, la moitié du déficit public prévu cette année, une augmentation d’environ 4% de notre dette publique !

Pire, il ne faut pas oublier que la France va emprunter ces 60 milliards et que nous allons devoir payer des intérêts aux marchés financiers puisque nous ne pouvons pas monétiser. Notre pays devra donc payer environ 2 milliards d’euros d’intérêt pendant quinze ans (puisque les prêts accordés par le fonds européen courent sur cette durée). En clair, on peut estimer que sur cette période, la France va donc payer 30 milliards d’euros d’intérêts. Au total, la facture atteint 90 milliards !

Bien sûr, si la Grèce remboursait cette somme et payait les intérêts, alors, ce serait relativement neutre pour nous (sauf que c’est nous qui avançons la somme). Mais le problème est qu’il est totalement illusoire de croire que nous retrouverons cette somme car la Grèce sera encore moins en position de rembourser dans trois ans qu’elle ne l’est aujourd’hui. Il est donc fort probable que l’argent que nous prêtons aujourd’hui ne sera pas récupérée, au alors, seulement de manière partielle.

Bref, il est totalement irresponsable d’engager de telles sommes. Mais le pire est que beaucoup de fédéralistes sont prêts à signer des chèques beaucoup plus importants. Jacques Attali évoque un fonds européen de 2000 milliards d’euros, soit 400 milliards pour la France. Ils ont vraiment perdu la tête !

18.05.2011

Oui, il y a bien une affaire France Trésor (et ce n’est pas la seule)

Georges Kaplan, collègue de Causeur, vient de publier un papier « Il n’y a pas d’affaire France Trésor », s’en prenant aux déclarations de Nicolas Dupont-Aignan dans une interview du même site. Mais sa réponse comporte beaucoup de simplifications abusives et d’amalgames douteux.

France Trésor ou le énième conflit d’intérêt du monde financier

Le point de conflit majeur vient de l’Agence France Trésor, chargée de placer les titres de la dette française sur les marchés financiers. Elle comporte un comité stratégique chargé « de donner sa lecture propre des principes qui gouvernent la politique d’émission de l’Etat et la gestion de sa trésorerie, ainsi que de se prononcer sur les pratiques en cours », selon son site, comme le rapporte NDA dans son livre « L’arnaque du siècle ».

Le candidat à l’élection présidentielle souligne qu’il y a un conflit d’intérêt majeur du fait de la composition de ce conseil, qui comporte un panel de banquiers français internationaux. Dans l’interview donnée à Causeur, il souligne que « c’est un peu comme si son conseil municipal, qui doit notamment décider des achats de la municipalité, était composé non pas d’élus, mais de fournisseurs ». En effet, contrairement aux dires de Georges, absolument tous les membres de ce comité ont travaillé pour des banques ou des institutions financières.

En outre, il faut noter que Jacques de Larosière, président du comité est également conseiller du président de BNP Paribas… premier acheteur de la dette publique française. S’il n’est pas illégitime de prendre conseil auprès de personnes travaillant dans des grandes banques internationales, ce qui est très contestable est de ne prendre conseil qu’auprès d’eux et pas de hauts fonctionnaires du Trésor ou de la Banque de France qui n’auraient jamais travaillé dans le privé, et ne pourraient donc pas être suspectés de conflits d’intérêts. Oui, il est parfaitement choquant que l’Agence chargée de placer la dette de la France se fasse conseiller par un aréopage de banquiers et financiers qui ont tous, à un moment ou à autre, travaillé dans le privé. Il ne s’agit pas de disqualifier un tel parcours. En revanche, faute est de reconnaître que l’homogénéité des parcours est totalement anormale.

D’ailleurs, les vrais libéraux, toujours très sensibles aux conflits d’intérêt, ne devraient pas être les derniers à s’étonner de la constitution d’un tel comité. La séparation des pouvoirs est un principe de base de la démocratie libérale. Ici, les personnes qui conseillent ceux qui vendent la dette de la France sont les mêmes que ceux qui l’achètent. Ce n’est donc pas normal.

L’affaire de la dette

Georges poursuit en essayant de démonter l’affirmation de NDA selon laquelle « la Banque centrale européenne prête aux banques au taux de 1%, et celles-ci prêtent à la France à 3% », soulignant que le taux à 1% est un taux à court terme alors que le taux à 3% est un taux à long terme, jugeant donc l’affirmation ridicule du fait du décalage temportel. La démonstration est habile, mais malhonnête. Georges sait parfaitement que les banques peuvent emprunter à court terme pour prêter à long terme et ainsi réaliser le bénéfice évoqué par Nicolas Dupont-Aignan. D’ailleurs, c’est ce décalage entre la maturité des emprunts et de dettes des banques qui explique en partie la crise de 2008, puisqu’il impose des besoins de trésorerie à court terme important qui ne pouvaient pas être satisfaits dans des marchés aussi instables.

Une banque peut donc parfaitement emprunter à court terme à 1.25% auprès de la BCE pour ensuite prêter à long terme à un Etat à 3% ou plus. Et cela, Georges le sait très bien. Il est bien évident que la dette publique française n’est pas uniquement détenue par des banques et qu’il y a une grande part d’assurance-vie dans les détenteurs, comme l’explique Nicolas Dupont-Aignan dans « L’arnaque du siècle » en parlant des intérêts payés « à des investisseurs privés ». En revanche, le chiffre de 10% est très largement sous-estimé puisque c’est plutôt un tiers de la dette qui est détenue directement par des banques, au niveau des investisseurs résidants selon les chiffres officiels (il n’y a pas de détails pour les non résidants).

Georges fait également preuve de malhonnêteté en parlant de la loi de 1973 qui a interdit à la Banque de France d’acheter des bons du Trésor. Tout d’abord, il faut noter que NDA n’a jamais parlé de « loi Rothschild », c’est Georges qui l’évoque, basculant dans un amalgame nauséabond. En outre, il oublie de dire que la monétisation n’est pas une pratique limitée à la République de Weimar ou au Zimbabwe, mais que des grands pays comme les Etats-Unis, le Japon ou la Grande-Bretagne y ont eu recours à différents moments de leur histoire depuis plus de soixante-dix ans, sans que cela ait forcément provoqué un dérapage inflationniste. Il faut rappeler ici que les Etats-Unis ont décidé l’an dernier de monétiser pour 600 milliards de dollars de dette sans que cela ait la moindre conséquence pour l’inflation aux Etats-Unis (qui reste équivalente à celle de la zone euro), car elle ne fait que contrebalancer la diminution de l’endettement privé.

En outre, Nicolas Dupont-Aignan précise dans son livre les conditions d’une émission monétaire directe par la Banque de France : « quand elle est gérée sans excès pour éviter un surcroît d’inflation ». Et outre le fait que d’autres grands pays capitalistes la pratiquent depuis des décennies sans dérapage inflationniste, cette idée était défendue par notre « prix Nobel d’économie », Maurice Allais.

En outre, invoquer la compétence des banquiers pour réguler la création monétaire est assez risible après la crise que nous avons vécue, où ce système financier « irresponsable et exubérant » (pour reprendre les mots d’Alan Greenspan, pas vraiment un communiste) a créé de la monnaie sans limite pour dégager toujours plus de profits, jusqu’à créer des bulles qui ont manqué mettre l’économie mondiale à terre quand elles ont explosé. Le suicide collectif, c’est justement de laisser la monnaie dans les mains des marchés et des financiers, comme nous le savons trop bien depuis trois ans.

Pour reprendre Henry Ford : « il est appréciable que le peuple de cette nation ne comprenne rien au système bancaire et monétaire, car si tel était le cas, je pense que nous serions confrontés à une révolution avant demain matin ». Il est parfaitement légitime pour un homme politique de proposer que l’Etat reprenne en partie la main sur la création de la monnaie, d’autant plus que d’autres grands pays capitalistes le font. 

06.02.2011

La reconstruction de l’école de la République

Hier se tenait la Convention Nationale sur l’école républicaine de Debout la République, qui réunissait Luc Ferry, Natacha Polony, Marc Le Bris, Claire Mazeron, Michaël Devaux et Olivier Arsac. Des intervenants de grande qualité qui ont dessiné ce à quoi pourrait ressembler notre école.

Un constat sévère

« Les pessimistes sont des optimistes bien informés » : c’est par cette citation que Natacha Polony a débuté son intervention. Et il faut dire que tous les participants partageaient une grande noirceur dans leur portrait de l’éducation nationale Française aujourd’hui. Luc Ferry voit quatre problèmes majeurs : l’illettrisme, qui touche de manière stricte 10% des enfants (30% étant en difficulté au sens large), la violence, le fait que 20% des élèves sortent sans rien et la crise des vocations scientifiques.

Claire Mazeron a parlé de « massification sans démocratisation » en soulignant qu’alors que les enfants de cadres représentent 11% de la population mais 47% des élèves de Grandes Ecoles (contre 25 et 3% pour les enfants d’ouvriers). Tous ont souligné la baisse générale du niveau pour atteindre 82% de réussite au bac (et 98% sur deux ans !). Elle a également souligné la baisse du nombre de candidats au CAPES et la baisse de niveau des futurs professeurs, comme Marc Le Bris.

Les raisons d’une telle déroute

Les intervenants se sont très largement accordés sur ce sujet. La suppression du redoublement a notamment été évoquée par Claire Mazeron qui souligne qu’en 1995, 11% des élèves de 5ème redoublaient, chiffre tombé à 3.6% aujourd’hui. Les intervenants ont  critiqué le fait de faire passer des élèves qui n’ont pas le niveau et qui ne rattrapent jamais le temps perdu (80% des enfants qui ne savent pas lire à la fin du CP ne rattraperont jamais ce retard).

Ils ont tous fortement attaqué les méthodes pédagogistes et l’idéologie de l’enfant roi que l’école devrait seulement permettre de s’épanouir. Olivier Arsac nous a montré des documents  ubuesques d’apprentissage à la lecture basés sur la forme globale des mots. Dans un brillant exposé, Natacha Polony a souligné le rôle de l’école pour faire des élèves des citoyens appartenant à une collectivité. Pour elle, l’épanouissement n’est pas le but, mais la conséquence.

Comment refonder l’école de la République ?

Là encore, les intervenants, malgré des cursus très différents, s’accordaient sur les solutions. Ils ont tous insisté sur la nécessité de revenir aux méthodes traditionnelles et réduire les enseignements exotiques qui diminuent les horaires des matières nobles jusqu’à l’absurde (4 heures de mathématiques en 1ère S à la prochaine rentrée contre 7 heures il y a dix ans, comme l’a dit Olivier Arsac). Tous ont également souligné le rôle du politique pour soutenir la réforme face à certains médias.

Luc Ferry a insisté sur le CP, parlant de son projet de dédoubler les classes pour les écoles en difficulté. Michaël Devaux a proposé trois grands axes : apprendre aux professeurs les raisons et l’exercice de l’autorité, développer leur jugement en matière de notation car les notes ont un rôle structurant, permettant de s’évaluer par rapport aux autres, et faire preuve d’humilité parce qu’enseigner est un art et que les sciences de l’éducation ne peuvent déterminer « la » meilleure façon d’enseigner.

Nicolas Dupont-Aignan a clôturé la convention par un discours très proche de celui des intervenants. Au menu : l’utilisation du référendum, la revalorisation du traitement des professeurs qui souhaitent travailler davantage, l’augmentation des horaires pour les savoirs fondamentaux (Français, Maths, Histoire) parallèlement à la réduction des matières accessoires, la promotion du redoublement pour les élèves qui ne sont pas au niveau, la fin du collège unique par la mise en place d’un examen fin 5ème et l’ouverture à partir de la 4ème de voies spécialisées de réussite, la restauration de l’ordre en permettant aux professeurs, avec le proviseur, d’exclure en cas de violence grave et enfin l’instauration d’un uniforme pour les écoles qui le souhaitent pour atténuer la surenchère vestimentaire. 

Ce résumé ne donne qu’un petit aperçu de la richesse des interventions toutes plus passionnantes les unes que les autres. La réforme de l’éducation nationale mérite définitivement d’être un débat majeur en 2012.

22.11.2010

Vers une renaissance gaulliste

Discours prononcé hier lors du Congrès de Debout la République

Mes chers compagnons,

Il y a deux ans, nous étions réunis pour notre premier Congrès. Ensemble, et derrière Nicolas, nous avons parcouru un chemin remarquable. Nous n’en avons pas assez conscience.

Il y a deux ans, nous étions un club. Un club qui avait présenté des candidats dans un peu plus de 10% des circonscriptions aux élections législatives. Un gros quart de ces candidats avaient dépassé 1% des suffrages. Aujourd’hui, nous sommes un parti national, qui a présenté des listes dans toute la métropole aux élections européennes, réunissant 2% des voix dans des circonstances difficiles. Et cette année, nous avons dépassé le Modem et le NPA aux élections régionales en Ile de France. Ce que nous avons accompli en deux ans est une immense réussite.

En seulement deux ans, nous nous sommes installés dans le paysage politique, avec très peu de moyens grâce au courage et à la motivation de tous. Bien sûr, nous pouvons encore avoir des frustrations, mais que sont-elles par rapport à ce magnifique parcours ? Aujourd’hui, nous sommes à la croisée des chemins. Si nous continuons à grandir, nous serons définitivement installés dans le paysage politique Français.

Et nous pourrons le faire lors de l’élection présidentielle qui se profile en soutenant Nicolas Dupont Aignan. La crise économique majeure que nous traversons depuis 2008 a bouleversé le paysage politique. Car cette crise est celle de la globalisation néolibérale que nous dénonçons depuis longtemps et qui est défendue par l’UMP comme le PS. Aujourd’hui, les Français ont compris que notre système économique est aussi inefficace, qu’injuste et instable.

En effet, cette crise est bien une crise de la globalisation. Car c’est la suppression des frontières qui explique que la crise du marché immobilier étasunien ait déclenché un tel chaos. En globalisant les économies, on a globalisé les crises. Pour reprendre l’image de Jacques Sapir, supprimer les frontières revient à supprimer les compartiments étanches de la cale du bateau économique mondial. La moindre voie d’eau menace alors de faire couler le navire.

Cette crise est aussi une crise du « laissez-faire » et du « laissez-passer » que le Général de Gaulle avait si souvent dénoncés. La déréglementation économique a abouti à une loi de la jungle, une triple anarchie néolibérale.

La première, c’est, depuis 1971, l’anarchie monétaire, un système où on laisse à ces marchés cupides et irrationnels le soin de fixer la valeur de ce bien collectif si précieux qu’est la monnaie. Un système où, depuis 1973 en France, ce sont les banques privées qui créent cette monnaie pour leur seul profit.

La deuxième, c’est l’anarchie financière, un système où les banques sont trop grosses pour qu’on les laisse tomber. Résultat, on collectivise les pertes alors qu’on a privatisé les profits. Un système où la finance s’est transformée en une sangsue qui extrait toujours plus d’argent de l’économie productive.

La troisième, enfin, c’est l’anarchie commerciale, un système où l’on met en concurrence les salariés des pays dits développés avec ceux des pays en voie de développement. Maurice Allais nous avait pourtant prévenu : dans de telles conditions, le libre-échange encourage les délocalisations, détruit nos emplois, et comprime les salaires.

Et parce que tout est lié, l’anarchie néolibérale et la globalisation sont les deux faces d’une même réalité, l’une soutenant l’autre. Elles ont un ennemi commun : les nations, qui sont encore les seuls moyens pour l’homme de construire une alternative. Comme le dit Frédéric Lordon, « en appeler au gouvernement mondial est le plus sûr moyen d’avoir la paix, à savoir pas de gouvernement du tout ».

En supprimant les frontières financières, commerciales et humaines, on a privé les États nations des moyens de choisir leur voie. Et cela représente un terrible recul démocratique. Car la nation, en plus d’être une communauté de destin culturelle et solidaire, est également le moyen pour les hommes d’agir sur leur destin. Affaiblir les nations, c’est retirer aux hommes la capacité d’influencer leur avenir. La globalisation telle qu’elle est conçue aujourd’hui entraîne une aliénation de l’homme et un affaiblissement de la démocratie.

Bien sûr, certains affirment qu’une mystérieuse main invisible protègerait l’intérêt général. Mais il suffit d’examiner l’évolution du partage de la valeur depuis trente ans pour réfuter cette thèse.  Toute la création de richesse est partie dans les profits des multinationales et les revenus des plus riches.  Le système actuel ne sert les intérêts que d’une minorité.

La France, l’Europe, le Monde ont besoin de construire un nouveau système, où la croissance profite à tous. Nous devons remettre le développement économique au service de l’homme et non pas asservir les hommes à des multinationales sans scrupules et assoiffées de profits. Et ce combat, nous devrons le mener en 2012 car il ne faut rien attendre des autres partis.

Les partis anticapitalistes semblent avoir oublié l’échec de l’URSS et les réussites du capitalisme colbertiste et keynésien des Trente Glorieuses. Le Front National s’est construit dans la haine des autres. Leurs extrémismes en font les idiots utiles du système.  En stérilisant l’opposition sans espoir d’arriver au pouvoir, ils prolongent le duopole PS-UMP.

La solution, ce n’est clairement pas l’UMP de Nicolas Sarkozy.  La France aura encore perdu cinq ans avec ce président au gant d’acier mais dont la main est faible.

Rien n’a été réglé. Les violences aux personnes, baromètre le plus fiable de l’insécurité, augmentent depuis huit ans. Le pouvoir d’achat recule. Près de cinq millions de Français sont privés d’emplois. Le financement de notre régime de retraites par répartition n’est pas assuré. Et en 2011, notre pays affichera le déficit le plus élevé de la zone euro, devant la Grèce ou le Portugal. Non, Nicolas Sarkozy n’a strictement rien réglé.

C’est sans doute pour cela qu’il a essayé de nous distraire pendant cinq mois avec le feuilleton interminable et ridicule du remaniement. Comme toujours, il parle beaucoup, mais ne fait pas grand chose. C’est la présidence crocodile que dénonçait Nicolas il y a deux mois. Ne prenons pas la brutalité de ses méthodes pour une capacité d’action. Presque tous les dossiers traités par le gouvernement l’ont été de manière superficielle.

La solution, ce n’est pas le Parti Socialiste non plus. C’est le parti qui préfère depuis vingt ans les sans-papiers aux chômeurs, un choix qui en dit long sur sa mentalité. Les derniers textes du PS montrent bien qu’ils n’ont toujours rien compris. Celui sur l’égalité réelle est absolument sidérant. Il propose de distribuer de nouveaux milliards comme s’il y avait une cagnotte fiscale, cachée on ne sait où…

En revanche, rien de crédible pour remettre en cause cette globalisation néolibérale qu’ils ont autant soutenu que l’UMP. Aucune remise en cause sérieuse du libre-échange, de la liberté de circulation des capitaux ou de la privatisation de la monnaie.

Le PS ne semble pas comprendre que cette mondialisation affaiblit dramatiquement notre économie. Pire, il feint d’ignorer qu’elle est responsable des délocalisations, du chômage de masse et de la paupérisation des classes populaires comme des classes moyennes. Ce n’est pas pour rien que le Parti Socialiste a perdu les classes populaires. Il est littéralement devenu un parti social-traître !

Le Général de Gaulle disait « je n’aime pas les socialistes parce qu’ils ne sont pas socialistes et je n’aime pas les miens parce qu’ils aiment trop l’argent ». Comment mieux décrire aujourd’hui le Parti Socialiste de Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy ou l’UMP de Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé ?

Mais le Général n’était pas seulement un commentateur lucide de la vie politique Française. Il avait également compris toutes les limites de la déréglementation quand il soutenait que « le laissez-faire, le laissez-passer appliqués à l’économie (…) a souvent donné (…) au développement  une puissante impulsion. Mais on ne saurait méconnaître qu’il en est résulté beaucoup de rudes secousses et une somme énorme d’injustices ».  Pire, aujourd’hui cette déréglementation ne contribue même plus à notre développement économique.

Enfin, il était le défenseur acharné de la souveraineté nationale, seule garante de l’intérêt général. Et c’est pourquoi les solutions à cette crise (le retour des souverainetés et le rejet du laissez faire et du laissez passer) sont profondément gaullistes.

Bien sûr, certains nous diront que le gaullisme, c’est dépassé. Mais que dire alors du socialisme, né au 19ème siècle, ou des théories libérales, qui ont plus de deux cent ans ? Non, le gaullisme est sans doute la pensée politique cohérente et globale la plus moderne. Et il nous offre deux moyens pour remettre l’économie au service de tous.

Le premier moyen, c’est rétablir des frontières pour restaurer la souveraineté des Etats sur le marché et stabiliser le système économique.

Nous devons dé-globaliser, conserver nos activités agricoles et industrielles sur notre territoire, comme les pays asiatiques l’ont bien compris.  Toute économie a besoin de ces fondamentaux. Il ne s’agit pas d’autarcie, mais comme le font le Japon, la Chine ou la Corée du Sud, s’assurer que nous conservons une économie diversifiée et indépendante. Ce rétablissement des frontières économiques nous permettra de reprendre notre destin en main tout en stabilisant notre économie.

Le second moyen consiste à remettre le développement économique au service de l’homme et non pas à y asservir l’humanité.

En premier lieu, nous devons quitter la monnaie unique, revenir sur la loi de 1973, et supprimer l’indépendance de la Banque Centrale. Puis, nous pourrons participer à la construction d’un nouveau système monétaire européen et international qui retirerait à la corbeille sa prééminence.

En second lieu, nous devons remettre la finance au service de l’économie productive. Cela passe par une limitation drastique de la spéculation, une forte contribution à la collectivité avec une taxe Tobin qui ne soit pas symbolique, et par la constitution d’un pôle public bancaire plus important.

En troisième lieu, nous devons mettre fin à cette anarchie commerciale mortifère qui instaure une loi de la jungle où le moins-disant salarial, social et environnemental est toujours gagnant. Nous devons encadrer le commerce mondial pour en supprimer les effets pervers, à savoir un appauvrissement général des classes populaires et moyennes des pays dits développés.

Plus globalement, nous devons reconnaître le rôle majeur de l’Etat pour diriger l’économie dans le sens de l’intérêt général car le laissez faire et le laissez passer n’aboutissent qu’à l’anarchie et à la loi du plus fort.

Bref, l’alternative que nous devons porter, dirigiste et souverainiste, est profondément gaulliste. Comme en 1940, comme en 1958, la solution ne sera pas de droite ou de gauche. Justement, il faudra casser cette globalisation néolibérale que droite et gauche ont construite conjointement. Il faudra abattre cette construction européenne anti-démocratique, anti-nations et dogmatiquement néolibérale pour construire une nouvelle Europe des coopérations entre Etats-nations.

2012 sera une étape cruciale pour le retour en force des idées gaullistes. Elle va transformer le petit parti que nous sommes en un parti établi. Ainsi, le moment venu, nous pourrons porter l’alternance dont la France a tellement besoin.

On aurait pu croire que cette crise allait provoquer un véritable changement, une prise de conscience. Mais aucun dirigeant de la planète n’a voulu remettre en cause ce système inefficace, injuste et instable. Cette crise n’aura été que l’équivalent de la guerre d’Indochine pour la 4ème République. Mais il y a fort à parier que la prochaine sera sa guerre d’Algérie, qui imposera un nouveau New Deal.

Et parce que nous, gaullistes, sommes les héritiers de la pensée politique qui détient les clés de la crise (souveraineté et refus du laissez-faire), nous sommes amenés à jouer un rôle majeur dans sa résolution. Nous sommes les dépositaires d’idées et de principes qui peuvent remettre la France et l’Europe dans la bonne direction. Et en 2012, rassemblés derrière Nicolas Dupont-Aignan, nous allons contribuer à une nouvelle renaissance gaulliste.

Car comme le disait le Général de Gaulle, « puisque tout recommence toujours, ce que j’ai fait sera tôt ou tard une source d’ardeur nouvelle après que j’aurai disparu ». Cette crise démontre toute l’actualité de cette pensée qui peut encore être la boussole de notre pays.

Chers compagnons, à nous de nous rassembler pour proposer un autre avenir à notre patrie. Pour que vive la République et vive la France.

16.11.2010

Congrès Debout la République ce dimanche 21 novembre

Ce dimanche 21 novembre se tiendra le deuxième Congrès de Debout la République à Paris, salle Olympe de Gouge, 15 rue Merlin dans le 11ème arrondissement. L’entrée sera libre à partir de 13H. L’après-midi commencera avec des interventions de Jacques Sapir, Paul-Marie Couteaux et Edwy Plenel. A 15h30, Nicolas Dupont-Aignan fera un discours en vue des élections présidentielles de 2012.

Venez nombreux à ce rassemblement républicain ouvert et festif qui marquera une étape importante dans la traduction politique des idées alternatives que nous défendons.

13.10.2010

La réforme des retraites ou l’échec de Nicolas Sarkozy

Hier, les Français se sont mobilisés en masse pour manifester contre la réforme des retraites du gouvernement. Cette vaste mobilisation est-elle un chant du cygne avant la victoire du gouvernement ou un prélude à un conflit dur où le président serait contraint de reculer ?

Une posture politique

Il faut le répéter : cette réforme est davantage un geste politique destiné à ranimer le clivage gauche-droite et tenter de mobiliser son électorat qu’une véritable réforme de fond destinée à équilibrer les comptes des retraites. Pour preuve, les comptes resteront déficitaires jusqu’en 2017 et ne le seront pas plus à partir de 2019. Seule l’année 2018 le serait, et encore, au prix d’hypothèses de croissance et de niveau de chômage qui apparaissent totalement irréalistes.

Nous sommes à mille lieues de la réforme de structure. Nicolas Sarkozy veut seulement montrer qu’il a du courage à son électorat et provoquer une querelle où il devait être soutenu par l’électorat de droite. Cette posture apparemment habile devait lui permettre de se replacer au cœur du débat politique et d’attaquer le manque de propositions alternatives du Parti Socialiste. Mais le beau scénario écrit par les communicants de l’Elysée a du plomb dans l’aile.

Une confrontation dangereuse

Le président a voulu l’affrontement en pensant rééditer le coup de la réforme des régimes spéciaux. Mais aujourd’hui, les sondages semblent indiquer qu’il ne gagne sur aucun front. La droite a pris conscience du manque de radicalité de la réforme. La gauche peut s’appuyer sur ses aspects injustes pour la dénoncer. En privilégiant la posture au fond (lire sur ce sujet le constat et les propositions de Debout la République), le président se met dans une position difficile.

En effet, il lui est totalement impossible de retirer son projet, sous peine de se démonétiser à droite, sans pouvoir espérer le moindre gain à gauche. Même en cas de conflit dur, l’option du retrait n’en semble pas une. Cela amène à se demander ce qui pourrait bien se passer si la mobilisation continuait à se renforcer et qu’un blocage du pays commençait. Bref, Nicolas Sarkozy semble pris dans le piège qu’il avait tendu à la gauche, ne contentant personne et ne résolvant rien…

La remobilisation d’hier et les sondages dessinent un scénario dangereux pour le président. Il semble avoir déjà perdu la bataille de l’opinion et les options qui lui restent semblent devoir revenir à un choix entre la peste et le choléra.

05.10.2010

Lettre ouverte à François Asselineau

 Je ne suis pas persuadé que les querelles entre DLR et l’UPR aient un quelconque intérêt pour les Français, mais il y a eu trop d’échanges aigres et d’impostures depuis quelques mois pour ne pas y répondre un peu plus formellement.

Le mauvais procès fait à Nicolas Dupont-Aignan

Le premier aspect qui me choque fortement, c’est l’avalanche de critiques que vous et vos troupes adressez au président de Debout la République. J’ai parfois l’impression qu’il est la personnalité politique que vous critiquez le plus, bien plus finalement que Nicolas Sarkozy ou les socialistes alors que le président de DLR s’est opposé au TCE ou au traité de Lisbonne. En tout cas, c’est ce qu’il ressort de l’examen de vos forums sur Facebook.

Et certaines phrases publiées par le modérateur en votre nom sont particulièrement révoltantes et outrancières. Vous écrivez « Imagine-t-on Charles de Gaulle réclamer en juin 1940 ‘une autre Europe hitlérienne’ » pour qualifier notre position sur l’Europe. Et vous comparez le vote de NDA en faveur de Nicolas Sarkozy en mai 2007 à un « appel à titre personnel à voter les pleins pouvoirs » (au maréchal Pétain en juin 1940). Ces dérapages sont aussi ridicules que celui de Viviane Reding.

Le mythe de la French American Foundation

Puisque cette boule puante ressort à intervalles très réguliers, il faut lui tordre le cou. Oui Nicolas Dupont-Aignan a participé en 2001 à un voyage d’étude aux Etats-Unis avec d’autres jeunes parlementaires. Cette participation lui a donné le titre de « Young Leader ». Mais depuis, il n’a jamais été en contact avec la FAF et il faut bien préciser qu’il n’a jamais demandé à devenir un « Young Leader » ni déposé le moindre dossier pour le faire, contrairement à ce que certains avancent sur vos forums.

Mais surtout, qui peut croire un instant que Nicolas Dupont-Aignan serait un agent double au service des intérêts étasuniens ? Tout dans son parcours montre que c’est le contraire absolu de sa pensée, lui qui s’est opposé vigoureusement au retour de la France dans le commandement militaire de l’OTAN, lui, qui n’a pas voulu du soutien de Libertas aux élections européennes du fait de l’atlantisme de ce parti. Tout ceci relève d’un fantasme conspirationniste  mal placé.

Le mythe du lien avec l’UMP

Ensuite, vous dites qu’il a soutenu Nicolas Sarkozy lors des élections présidentielles, sans préciser quand ni comment. Cette présentation des faits est abusive puisqu’il a seulement indiqué qu’il voterait pour lui après le débat d’entre deux tours (ce qui n’est pas la même chose qu’un soutien avant le premier tour). Et vu la prestation pitoyable de Ségolène Royal, un tel choix n’est pas incompréhensible (même pour moi, qui, à titre personnel, avais fait un choix différent).

Et lors des élections législatives, si l’UMP n’a pas présenté de candidat contre lui dans sa circonscription, c’est surtout parce que le parti présidentiel avait fait un sondage qui leur avait montré que cela était totalement vain, comme l’ont montré les résultats des élections régionales de 2010 où DLR a largement devancé l’UMP sur la circonscription.

Enfin, surtout, Debout la République n’a plus de lien avec l’UMP depuis début 2007 et est devenu indépendant, y compris financièrement. Cela représente le meilleur témoignage de notre autonomie, comme l’ont illustré nos campagnes pour les élections européennes et régionales et toutes les prises de position que nous avons pu prendre depuis lors.

Un mauvais procès sur l’Europe

Il est intéressant de débattre du moyen de sortir la France du carcan européen actuel. On peut croire qu’il est possible de réformer la construction européenne et de construire une nouvelle Europe où toute dimension supranationale serait supprimée. Après tout, le Général de Gaulle a réussi à obtenir cela avec la politique de la chaise vide qui avait abouti au compromis de Luxembourg, qui donnait aux Etats un droit de veto sur les politiques communautaires.

Si nous pensons que quitter l’euro est un objectif en soi du fait des méfaits catastrophiques de la monnaie unique, nous pensons que quitter l’Union Européenne n’est pas un objectif en soi mais que sa réforme radicale l’est, comme nous l’avons fait en proposant un traité alternatif lors de la campagne des élections européennes en 2009. Vous avez une opinion différente et considérez que la sortie de l’Union Européenne est un objectif en soi. C’est votre opinion, je ne suis pas d’accord, mais je la respecte.

En revanche, j’aimerais bien que vous respectiez la nôtre. Lors de multiples débats avec un de vos adhérents qui tient le blog La lettre volée, je me suis heurté à un mauvais procès ridicule concernant notre position. La théorie soutenue par vos adhérents est que, si DLR était au pouvoir, nos partenaires européens refuseraient nos propositions et que nous nous coucherions et accepterions de facto le statut quo. Là encore, je ne vois absolument pas ce qui peut vous faire dire cela.

Je n’ai aucun problème à débattre avec des personnes qui pensent que la sortie de l’Union Européenne est la seule solution, même si ce n’est pas ce que je crois. En revanche, je trouve extrêmement malhonnête de déplacer le débat comme vous le faites souvent sur le fantasme que vous vous faites du comportement que nous adopterions si nous étions au pouvoir. Trop souvent, le débat est impossible avec vous car vous divisez le monde politique en deux camps aussi irréductibles qu’artificiels, ceux qui veulent quitter l’Union Européenne et tous les autres.

Des clubs et des partis politiques

Et cela m’amène à un autre point qui me choque dans votre attitude. Debout la République est un parti ouvert. Le MRC de Jean-Pierre Chevènement a ainsi invité Jean-Pierre Gérard et moi-même à échanger lors de leurs universités, même si nous n’avons pas la même position sur l’euro. Et après Jean-François Kahn en 2009, nous avons invité Paul-Marie Couteaux à s’exprimer aux nôtres cette année. Cette façon de faire me semble la meilleure pour amener un jour nos idées au pouvoir.

Vous, à l’opposé, êtes quasiment exclusivement dans l’invective et la critique à l’égard de la sphère alternative. Outre les critiques régulières à l’encontre de notre mouvement, vous venez de vous en prendre au RIF dans une discussion sur votre page Facebook. Et si vous soulignez que nos militants viennent sur vos forums pour apporter la contradiction, c’est en général sur des discussions que vous avez débutées, dont vous ne trouverez pas l’équivalent chez nous.

Et puisque vous évoquez les différences entre DLR et l’UPR, je vais me permettre d’être un peu désagréable mais réaliste. Il y a une grande différence entre nous. L’UPR n’est qu’un club politique comme il en existe des dizaines voir quelques centaines en France. Debout la République est un vrai parti politique national qui a présenté des listes indépendantes aux élections européennes dans la métropole, devançant Lutte Ouvrière, malgré une campagne très courte.

Et aux élections régionales en Ile de France, nous avons dépassé les 4% et devancé le Modem et le NPA, devenant le sixième parti de la région grâce à un programme de fond sur les questions qui touchent la région. Bref, si nous sommes encore un petit parti, nous sommes un véritable parti politique national, en forte croissance, et avec un chef de plus en plus reconnu et populaire et qui est d’ors et déjà en position de commencer à bousculer les grands partis en 2012.

Je ne sais pas ce que vous cherchez à faire en agissant de la sorte, loin des réalités électorales. Mais en tout cas, je vous remercie d’exister car vous montrez par ricochet qu’il existe des formations alternatives plus ouvertes et plus à même d’accéder au pouvoir un jour, contrairement à vous.