13.06.2009
Discours de Dakar : merci Jacques Chirac
Autant Nicolas Sarkozy se montre assez peu soucieux des traditions, autant Jacques Chirac s’en est toujours fait un ardent défenseur. Il montre notamment un souci très républicain de ne pas émettre la moindre critique à l’égard de son successeur. Il vient néanmoins de faire une petite exception à cette règle.
L’homme africain
Cette première critique porte sur le discours de Dakar, où Nicolas Sarkozy affirmait que « le drame de l’Afrique, c’est que l’homme Africain n’est pas assez entré dans l’Histoire » ou que « dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable, où tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ».
Jacques Chirac y a répondu de manière élégante, sans directement évoquer son successeur, mais de manière transparente néanmoins : « l’homme Africain est entré dans l’Histoire. Il y est même entré le premier. On ne peut avoir à son égard que du respect, le respect que l’on a pour un ancêtre commun ». Cette remise au point est la seule entorse que l’ancien président de la République s’est autorisée par rapport au respect républicain qu’il estime devoir au président de la République.
Autres temps, autres mœurs
Cette petite pichenette à l’égard de Nicolas Sarkozy permet de mieux comprendre pourquoi Jacques Chirac est, deux ans après son départ de la présidence de la République, l’homme politique préféré des Français, dans une forme de critique adressée à celui qui voulait rompre avec le passé et les pratiques de son prédécesseur. Car on retrouve beaucoup de ce qui faisait Jacques Chirac dans cette petite phrase.
On retrouve sa passion pour les autres civilisations et l’Histoire, sa politesse, qui peut être empreinte d’une grande fermeté néanmoins. Bref, tout le contraire de ce président agité, manquant de culture, parfois vulgaire et dont l’agressivité verbale n’est parfois que la compensation d’un manque de fermeté… Pas étonnant que les Français soit nostalgique de cette époque où notre Président de la République se comportait comme un Président et non comme un parvenu.
C’est pourquoi je dis merci à Jacques Chirac d’être sorti pour la première fois de sa réserve républicaine pour montrer que décidemment, ce n’était pas la voix de la France qui s’exprimait le 26 juillet 2007.
Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2009/06/12/01002-2009061...
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2009...
10:55 Publié dans Actualités, International, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jacques chirac, discours de dakar, nicolas sarkozy
08.04.2009
Merci Ségolène Royal
Je n’aime pas Ségolène Royal quand elle utilise les mêmes ficelles de la victimisation que son adversaire de 2007 ou lorsqu’elle ne se montre pas à la hauteur du débat du second tour, mais pour le coup, à Dakar, en répliquant aux propos de Nicolas Sarkozy, elle a fait honneur à la France.
La voix de la France était ailleurs
Prononcé suffisamment tôt dans le quinquennat, en plein été, le discours de Dakar n’a pas provoqué la polémique qu’il aurait dû engendrer. Je vous laisse en juger : « le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.
Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.
Le problème de l’Afrique et permettez à un ami de l’Afrique de le dire, il est là. Le défi de l’Afrique, c’est d’entrer davantage dans l’histoire. C’est de puiser en elle l’énergie, la force, l’envie, la volonté d’écouter et d’épouser sa propre histoire. » Ce discours aux relents néocolonialistes est une véritable honte pour notre pays et la relation que nous entretenons avec l’Afrique. À quoi donc ont pu penser Henri Guaino et Nicolas Sarkozy pour aller insulter l’Afrique en étant invités à Dakar ?
À Dakar, la voix de la France était poitevine
Ségolène Royal, qui est née à Dakar, a profité d’un voyage au Sénégal pour demander « pardon pour ces paroles humiliantes et qui n’auraient jamais dû être prononcées et qui n’engagent pas la France. Car vous aussi, vous avez fait l’histoire, vous l’avez faite bien avant la colonisation, vous l’avez faite pendant, et vous la faites depuis. ». Bien sûr, la candidate de 2007 ne représente pas notre pays, mais je la remercie pour cette intervention qui tempère les propos outrageux du président.
Bien sûr, elle ne représente pas notre pays, mais le débat sur cette question n’est-il pas un moyen un peu habile pour détourner la conversation. Car qu’est-ce qui est le plus choquant : les propos de Nicolas Sarkozy ou le fait que Ségolène Royal s’en excuse ? Pour moi, il n’y a pas photo et le gaulliste que je suis comprend que les paroles et les actes de nos dirigeants peuvent occasionnellement ne pas engager notre pays. Pour moi, c’est Ségolène Royal qui porte la voix de la France en cette occasion.
D’autres lui reprochent de parler bien tard. Mais le poids de cette excuse est tout autre à Dakar même, et je trouve au contraire remarquable qu’elle le fasse à l’endroit même où Nicolas Sarkozy avait tenu ces propos. De toutes les façons, le plus important est clairement le fond du sujet : le président avait-il raison ou non de tenir ses propos « maladroits » selon Bernard Kouchner ? Et sur le fond du dossier, je crois qu’elle a raison de dénoncer des propos que Dominique de Villepin avait déjà critiqués.
Malgré tout, je ne regrette pas d’avoir voté Ségolène Royal au second tour de l’élection présidentielle en 2007. En s’excusant pour les propos tenus par Nicolas Sarkozy à Dakar, elle me conforte dans ce choix. Pour la France, et pour l’Afrique également, merci Ségolène Royal.
Le débat entre Kiwis: http://frednetick.fr/04/2009/ouaf-ouaf-ouaf-ouaf-couchee-...
http://careagit.blogspot.com/2009/04/la-france-ce-hochet-...
http://frednetick.fr/04/2009/voir-dakar-et-ecouter-les-ph...
http://www.nickcarraway.fr/2009/04/07/madame-je-sais-tout/
L’intégralité du discours de Dakar : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20071...10:55 Publié dans Actualités, International, Parti Socialiste, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : discours de dakar, ségolène royal, henri guaino, nicolas sarkozy, l'homme africain
17.02.2009
Nicolas Sarkozy, diplomate de pacotille
Diplomatiquement, Nicolas Sarkozy bouge beaucoup. Dès qu’il y a un événement, il se déplace, en rajoutant souvent dans l’emphase sur son rôle. On pourrait croire qu’il fait progresser la voix de la France. Pourtant, un examen plus approfondi montre que c’est tout le contraire.
Le président qui se fâche avec tout le monde
En effet, les quinze derniers jours ont été l’occasion pour Nicolas Sarkozy de se fâcher avec de nouveaux dirigeants. Lors de son intervention télévisée et radiodiffusée, le président a ainsi critiqué nommément la baisse de la TVA de Gordon Brown et attaqué les délocalisations de nos constructeurs automobiles à l’Est, s’attirant les foudres du Premier Ministre Tchèque. Quel que soit ce que l’on en pense, il était possible de présenter les choses de manière moins agressive vis-à-vis de nos partenaires.
Mieux, Nicolas Sarkozy, sans doute contrarié par le peu d’empressement du nouveau président Américain à le rencontrer, s’est permis une critique ad hominem de Barack Obama, lui conseillant d’attendre l’élection du 12 juin pour ouvrir des discussions avec l’Iran alors que les Etats-Unis souhaitent aller plus vite. Il a dit « souhaiter qu’Obama engage ses discussions avec l’Iran dans un esprit de dialogue et d’une certaine fermeté ». La nouvelle administration Américaine doit particulièrement goûter de tels conseils…
Mais l’impair diplomatique le plus grave de la présidence Sarkozy est le refroidissement inédit de nos relations avec l’Allemagne. À cause de sa familiarité bien peu diplomatique et de son manque de considération pour Angela Merkel, nous sommes entrés dans une phase où l’Allemagne ne semble plus vouloir construire grand chose avec la France et s’est repliée sur la simple défense de ses intérêts, chose d’autant plus aisée que Nicolas Sarkozy est prêt à toutes les concessions pour un accord.
Une diplomatie Française à la dérive
Pire, en acceptant de rejoindre à nouveau le commandement militaire intégré de l’OTAN plus de quarante ans après la décision du Général de Gaulle, Nicolas Sarkozy réduit la France au rang de énième vassal des Etats-Unis. En effet, à quoi sert l’OTAN aujourd’hui ? Cette organisation, conçue pour protéger l’Europe de la menace soviétique, n’est pas adaptée au monde d’aujourd’hui, à part comme instrument de l’impérialisme Américain, auquel trop de pays sont malheureusement heureux de céder.
Dans les pays émergents, la position de la France n’est guère meilleure. Le président a fâché les Indiens en écourtant un séjour pour rejoindre Carla. Il a réussi l’exploit de beaucoup céder à la Libye (le fameux séjour de Kadhafi à Paris) et à la Chine sans pour autant gagner le moindre avantage diplomatique (nos relations sont en froid avec les deux pays). Enfin, son scandaleux discours de Dakar, aux relents colonialistes, a durablement abîmé nos relations avec l’Afrique.
Pire, Nicolas Sarkozy se fâche sans obtenir grand chose. Alors qu’il déclarait vouloir un « mini traité » limité aux questions institutionnelles, il a signé un traité constitutionnel bis, comme le souhaitaient les Allemands. Son Union pour la Méditerranée, bonne idée, a été diluée en une énième politique de l’Union, comprend des pays qui bordent la mer du Nord et n’a toujours rien réalisé de concret. Enfin, les contrats qu’il se vante de signer sont trop souvent du réchauffé.
Entre une brutalité bien peu diplomatique, un ego fatiguant et un trop grand empressement à trouver un accord pour assurer une belle photo, Nicolas Sarkozy a réussi le tour de force d’à la fois énerver tous nos partenaires sur la forme tout en étant incapable de défendre les intérêts de la France sur le fond.
Source : http://tf1.lci.fr/infos/monde/moyen-orient/0,,4254052,00-...
10:55 Publié dans International, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, diplomatie, angela merkel, libye, chine, discours de dakar, otan, barack obama, gordon brown



