09.04.2011

Les deux familles de l’ordo-souverainisme*

Une partie de la classe politique, des médias, et même de ses sympathisants pratiquent l’amalgame entre les souverainistes. Pourtant, il y a des différences fondamentales entre deux grands courants.

Ordo-souverainisme et libertaro-mondialisme

Le terme « souverainiste » n’est pas sans poser de gros problèmes dans l’analyse de l’offre politique. En effet, il recouvre des personnes complètement différentes. Il est autant applicable au régime communiste de la Corée du Nord qu’aux conservateurs ultralibéraux de Grande-Bretagne. En fait, il n’est qu’une composante des idées politiques d’un courant et ne saurait être le seul adjectif utilisé pour l’analyser, à moins de réaliser une étude très superficielle du courant concerné.

Malgré tout, l’opposition souverainiste / mondialiste a un sens aujourd’hui. Aujourd’hui, le PS, l’UMP, le Modem et les Verts (et dans une certaine mesure le PG et le NPA) sont clairement des mondialistes, qui ne voient plus dans le cadre national le cadre naturel de l’exercice du pouvoir, qu’ils préfèrent faire glisser dans des cénacles supranationaux. Au global, les mondialistes sont en général plutôt libéraux alors que les souverainistes sont plus sensibles à l’ordre.

Comme le souligne Frédéric Lordon : « en appeler à un gouvernement mondial est le plus sûr moyen d’avoir la paix, à savoir pas de gouvernement du tout ». En effet, la libéralisation conduit à la mondialisation, qui, elle-même favorise la libéralisation. En fait, toutes deux organisent l’absence de prise des gouvernements sur le réel. Au contraire, les ordo-souverainistes pensent que le maintien du cadre national est essentiel pour la démocratie et que les peuples gardent leur destin en main.

J’ai adopté le terme « libertaro » plutôt que « liberalo » car il y a un profond refus des règles, des entraves à la circulation des biens, des personnes et des capitaux de la part des mondialistes, qui me semble davantage relever du libertarisme que du libéralisme (ce qui permet d’y intégrer la gauche de la gauche). Naturellement, il y a plusieurs tendances : sociaux, libéraux, interventionnistes ou identitaires. Mais les deux derniers feignent d’ignorer la contradiction avec leur mondialisme…

Les deux ordo-souverainismes : identitaires contre progressistes

Dès lors, on pourrait conclure que le clivage qui compte est bien celui entre les libertaro-mondialistes et les ordo-souverainistes. Mais cette deuxième famille est profondément coupée en deux, comme me l’ont montré plusieurs discussions récentes. En effet, le retour à la nation et à un certain ordre (autant économique que social) n’ont pas du tout les mêmes motivations pour les deux familles de l’ordo-souverainisme, les identitaires et les progressistes.

En effet, il suffit de discuter un peu longuement avec des militants de ces deux familles pour distinguer une profonde fracture entre les deux. Les ordo-souverainistes identitaires sont principalement motivés par la protection de leur identité, qui serait menacée par des flux d’immigrés aux cultures différentes. Cette prédominance des questions identitaires explique qu’ils réunissent à la fois des libéraux et des dirigistes sur les questions économiques. En France, ils sont dans un réduit limité.

A l’inverse, les ordo-souverainistes progressistes sont motivés par les questions économiques et sociales. Ils voient dans la mondialisation néolibérale la cause d’une explosion des inégalités, du chômage de masse, d’une nouvelle forme d’exploitation  des masses et d’un affaissement de certaines valeurs. Parce qu’ils sont attachés à la nation, les ordo-souverainistes progressistes sont aussi attentifs aux questions d’identité, mais pas de la manière volontiers xénophobes des identitaires.

On reconnaîtra dans les identitaires le FN et le MPF et dans les progressistes DLR et le MRC. Cela explique aussi la séparation (a priori surprenante) entre MPF et DLR, qui peuvent sembler proches à un œil non averti. On peut voir dans l’évolution du discours de Marine Le Pen un souci de s’adresser à ces deux tendances, ce qui est logique étant donnés la sociologie de son électorat et le potentiel beaucoup plus limité de l’identitaire. Mais les racines du FN sont identitaires.

La distinction entre les ordo-souverainistes identitaires et progressistes n’est pas une simple figure de style. Quelques discussions avec les membres des deux familles l’éclaire formidablement bien. En un sens, on y retrouve l’opposition de toujours entre l’extrême-droite et le gaullisme, entre le nationalisme et le patriotisme.

* terme emprunté à Malakine

05.10.2010

Lettre ouverte à François Asselineau

 Je ne suis pas persuadé que les querelles entre DLR et l’UPR aient un quelconque intérêt pour les Français, mais il y a eu trop d’échanges aigres et d’impostures depuis quelques mois pour ne pas y répondre un peu plus formellement.

Le mauvais procès fait à Nicolas Dupont-Aignan

Le premier aspect qui me choque fortement, c’est l’avalanche de critiques que vous et vos troupes adressez au président de Debout la République. J’ai parfois l’impression qu’il est la personnalité politique que vous critiquez le plus, bien plus finalement que Nicolas Sarkozy ou les socialistes alors que le président de DLR s’est opposé au TCE ou au traité de Lisbonne. En tout cas, c’est ce qu’il ressort de l’examen de vos forums sur Facebook.

Et certaines phrases publiées par le modérateur en votre nom sont particulièrement révoltantes et outrancières. Vous écrivez « Imagine-t-on Charles de Gaulle réclamer en juin 1940 ‘une autre Europe hitlérienne’ » pour qualifier notre position sur l’Europe. Et vous comparez le vote de NDA en faveur de Nicolas Sarkozy en mai 2007 à un « appel à titre personnel à voter les pleins pouvoirs » (au maréchal Pétain en juin 1940). Ces dérapages sont aussi ridicules que celui de Viviane Reding.

Le mythe de la French American Foundation

Puisque cette boule puante ressort à intervalles très réguliers, il faut lui tordre le cou. Oui Nicolas Dupont-Aignan a participé en 2001 à un voyage d’étude aux Etats-Unis avec d’autres jeunes parlementaires. Cette participation lui a donné le titre de « Young Leader ». Mais depuis, il n’a jamais été en contact avec la FAF et il faut bien préciser qu’il n’a jamais demandé à devenir un « Young Leader » ni déposé le moindre dossier pour le faire, contrairement à ce que certains avancent sur vos forums.

Mais surtout, qui peut croire un instant que Nicolas Dupont-Aignan serait un agent double au service des intérêts étasuniens ? Tout dans son parcours montre que c’est le contraire absolu de sa pensée, lui qui s’est opposé vigoureusement au retour de la France dans le commandement militaire de l’OTAN, lui, qui n’a pas voulu du soutien de Libertas aux élections européennes du fait de l’atlantisme de ce parti. Tout ceci relève d’un fantasme conspirationniste  mal placé.

Le mythe du lien avec l’UMP

Ensuite, vous dites qu’il a soutenu Nicolas Sarkozy lors des élections présidentielles, sans préciser quand ni comment. Cette présentation des faits est abusive puisqu’il a seulement indiqué qu’il voterait pour lui après le débat d’entre deux tours (ce qui n’est pas la même chose qu’un soutien avant le premier tour). Et vu la prestation pitoyable de Ségolène Royal, un tel choix n’est pas incompréhensible (même pour moi, qui, à titre personnel, avais fait un choix différent).

Et lors des élections législatives, si l’UMP n’a pas présenté de candidat contre lui dans sa circonscription, c’est surtout parce que le parti présidentiel avait fait un sondage qui leur avait montré que cela était totalement vain, comme l’ont montré les résultats des élections régionales de 2010 où DLR a largement devancé l’UMP sur la circonscription.

Enfin, surtout, Debout la République n’a plus de lien avec l’UMP depuis début 2007 et est devenu indépendant, y compris financièrement. Cela représente le meilleur témoignage de notre autonomie, comme l’ont illustré nos campagnes pour les élections européennes et régionales et toutes les prises de position que nous avons pu prendre depuis lors.

Un mauvais procès sur l’Europe

Il est intéressant de débattre du moyen de sortir la France du carcan européen actuel. On peut croire qu’il est possible de réformer la construction européenne et de construire une nouvelle Europe où toute dimension supranationale serait supprimée. Après tout, le Général de Gaulle a réussi à obtenir cela avec la politique de la chaise vide qui avait abouti au compromis de Luxembourg, qui donnait aux Etats un droit de veto sur les politiques communautaires.

Si nous pensons que quitter l’euro est un objectif en soi du fait des méfaits catastrophiques de la monnaie unique, nous pensons que quitter l’Union Européenne n’est pas un objectif en soi mais que sa réforme radicale l’est, comme nous l’avons fait en proposant un traité alternatif lors de la campagne des élections européennes en 2009. Vous avez une opinion différente et considérez que la sortie de l’Union Européenne est un objectif en soi. C’est votre opinion, je ne suis pas d’accord, mais je la respecte.

En revanche, j’aimerais bien que vous respectiez la nôtre. Lors de multiples débats avec un de vos adhérents qui tient le blog La lettre volée, je me suis heurté à un mauvais procès ridicule concernant notre position. La théorie soutenue par vos adhérents est que, si DLR était au pouvoir, nos partenaires européens refuseraient nos propositions et que nous nous coucherions et accepterions de facto le statut quo. Là encore, je ne vois absolument pas ce qui peut vous faire dire cela.

Je n’ai aucun problème à débattre avec des personnes qui pensent que la sortie de l’Union Européenne est la seule solution, même si ce n’est pas ce que je crois. En revanche, je trouve extrêmement malhonnête de déplacer le débat comme vous le faites souvent sur le fantasme que vous vous faites du comportement que nous adopterions si nous étions au pouvoir. Trop souvent, le débat est impossible avec vous car vous divisez le monde politique en deux camps aussi irréductibles qu’artificiels, ceux qui veulent quitter l’Union Européenne et tous les autres.

Des clubs et des partis politiques

Et cela m’amène à un autre point qui me choque dans votre attitude. Debout la République est un parti ouvert. Le MRC de Jean-Pierre Chevènement a ainsi invité Jean-Pierre Gérard et moi-même à échanger lors de leurs universités, même si nous n’avons pas la même position sur l’euro. Et après Jean-François Kahn en 2009, nous avons invité Paul-Marie Couteaux à s’exprimer aux nôtres cette année. Cette façon de faire me semble la meilleure pour amener un jour nos idées au pouvoir.

Vous, à l’opposé, êtes quasiment exclusivement dans l’invective et la critique à l’égard de la sphère alternative. Outre les critiques régulières à l’encontre de notre mouvement, vous venez de vous en prendre au RIF dans une discussion sur votre page Facebook. Et si vous soulignez que nos militants viennent sur vos forums pour apporter la contradiction, c’est en général sur des discussions que vous avez débutées, dont vous ne trouverez pas l’équivalent chez nous.

Et puisque vous évoquez les différences entre DLR et l’UPR, je vais me permettre d’être un peu désagréable mais réaliste. Il y a une grande différence entre nous. L’UPR n’est qu’un club politique comme il en existe des dizaines voir quelques centaines en France. Debout la République est un vrai parti politique national qui a présenté des listes indépendantes aux élections européennes dans la métropole, devançant Lutte Ouvrière, malgré une campagne très courte.

Et aux élections régionales en Ile de France, nous avons dépassé les 4% et devancé le Modem et le NPA, devenant le sixième parti de la région grâce à un programme de fond sur les questions qui touchent la région. Bref, si nous sommes encore un petit parti, nous sommes un véritable parti politique national, en forte croissance, et avec un chef de plus en plus reconnu et populaire et qui est d’ors et déjà en position de commencer à bousculer les grands partis en 2012.

Je ne sais pas ce que vous cherchez à faire en agissant de la sorte, loin des réalités électorales. Mais en tout cas, je vous remercie d’exister car vous montrez par ricochet qu’il existe des formations alternatives plus ouvertes et plus à même d’accéder au pouvoir un jour, contrairement à vous.

 

21.01.2010

Présentation de la liste DLR - Ile de France aux régionales ce dimanche

Ce dimanche 24 janvier sera présentée la liste de Debout la République pour les élections régionales d’Ile de France. Rendez-vous à 16H à l’auditorium Georges V – Eurosites,8, avenue Georges V, à Paris dans le 8ème arrondissement. L’entrée est libre, alors venez nombreux !

03.06.2009

Le gaullisme, boussole de notre combat

Intervention écrite pour le meeting de fin de campagne DLR

Mes chers compagnons,

Le 29 mai 2005, nous avons gagné une belle bataille avec le « non » au référendum sur le TCE. Le 20 février 2008, nous en avons perdu une, lors de la ratification du traité de Lisbonne par le Congrès. Mais le 7 juin, nous allons gagner une bataille importante. En effet, Debout la République sera devenu un véritable parti national, avec des listes présentes dans toutes les régions de la métropole.

Cette élection est également un nouvel épisode de notre combat pour une autre Europe. Un combat contre cette Europe, technocratique et irrespectueuse de la volonté des peuples. Un combat contre cette Europe qui asservit l’homme à la finance et promeut l’anarchie économique et la loi de la jungle. Enfin, un combat contre l’Europe Américaine telle qu’elle est inscrite dans les traités.

Et ces combats, c’est bien le Général de Gaulle qui nous les inspire. C’est lui qui nous a montré l’exemple en se battant contre une Europe supranationale et technocratique. C’est lui qui a imposé le compromis de Luxembourg par la politique de la chaise vide. C’est lui qui a également proposé une voie alternative, celle de l’Europe des Etats Nations, avec le plan Fouchet.

Mais c’est aussi le Général de Gaulle qui est notre boussole en économie. De son temps, « la politique de la France ne se faisait pas à la corbeille ». En 1965, il a prononcé cette phrase qui trouve une actualité criante aujourd’hui. Je le cite: « le laissez-faire ! le laissez passer appliqué à l’économie (…) a souvent, (…) donné au développement une puissante impulsion. Mais on ne saurait méconnaître qu’il en est résulté beaucoup de rudes secousses et une somme énorme d’injustices ». Lui avait conscience des travers naturels du laissez faire ! et du laissez passer !, les anciens noms de la « concurrence libre et non faussée ». Une phrase que beaucoup devraient méditer aujourd’hui.

C’est lui également qui s’est battu pour construire une Europe européenne et non pas une Europe Américaine.

Aujourd’hui, nous sommes les soldats d’une Europe démocratique et respectueuse des nations, d’une Europe européenne et indépendante qui s’inscrit dans un monde multipolaire, et d’une Europe qui mettrait enfin l’économie au service de l’homme et non l’inverse.

Notre combat d’aujourd’hui est donc profondément gaulliste. Et c’est moi, qui suis né après la mort du plus illustre des Français, qui vous le dit. C’est moi, qui n’ai pas été éduqué dans une famille gaulliste qui vous le dit. Si je suis heureux de militer à Debout la République et pour Nicolas Dupont-Aignan, c’est parce que nous partageons le même groupe sanguin politique : la croix de Lorraine !

Je sais que certains d’entre nous ne veulent pas forcément brandir la référence au gaullisme dans notre combat. Certains de nos compatriotes jugent la référence vieillotte, inadaptée à la situation actuelle. À nous de leur montrer que ce n’est pas vrai !

Le Général de Gaulle était un visionnaire. Dans les années 30, il annonçait que la force mécanique déterminerait l’issue de la guerre à venir. Le 18 juin 1940, il expliquait comment la guerre allait finir. Dans les années 60, il parlait de la « Russie de toujours » et annonçait la construction du monde multipolaire qui est apparu. Et comment ne pas reconnaître aujourd’hui l’actualité de sa pensée qui évoquait les « rudes secousses et une somme énorme d’injustices » comme conséquences du laissez faire et du laissez passer ?

Car le gaullisme est finalement beaucoup plus actuel que les deux grands courants de pensée qui structure notre vie politique. N’oublions pas que le libéralisme est né au 18ème siècle et le socialisme au 19ème alors que le gaullisme est une idéologie de la 2ème moitié du 20ème siècle ! C’est pourquoi la pensée politique du Général de Gaulle est parfaitement à même d’être la boussole de notre pays dans les années à venir.

C’est pourquoi, dans la guerre politique que nous menons, n’hésitons pas à brandir la croix de Lorraine. C’est elle qui unit notre pensée et clarifie ce que nous proposons aux Français. Le 7 juin, nous allons remporter une bataille décisive pour commencer à établir notre parti comme une force politique alternative. Mais cette bataille n’est que le prélude à d’autres combats auxquels nous devons nous préparer, pour que vive la République et vive la France !

04.12.2008

Premières tendances pour les élections européennes

Hier, Paris-Match a publié un sondage sur les élections européennes. Il place PS et UMP au coude à coude avec 22%, devant le Modem, à 12% et les Verts à 11%. La liste DLR de Nicolas Dupont-Aignan atteint seulement 1%. Quelles indications cette enquête donne-t-elle ?

Il n’est pas très difficile de soutenir qu’un sondage réalisé en décembre pour un scrutin qui aura lieu en juin n’a qu’une valeur très relative. Six mois avant le scrutin, une telle évaluation de l’opinion ne prend absolument pas en compte l’impact de la campagne et est davantage le reflet de la présence médiatique des différents partis. Il est donc logique que le PS et l’UMP viennent en tête, suivis du Modem, des Verts, du  NPA d’Olivier Besancenot, du Front National, du MPF de Philippe de Villiers, puis du PCF, LO et de Debout la République. Après tout, cet ordre correspond peu ou prou à l’exposition médiatique des dits partis. On peut néanmoins noter le score finalement très faible de la majorité (26% avec Philippe de Villiers contre 49% à la gauche, en comptant les Verts), ce qui montre à nouveau que Nicolas Sarkozy est sauvé par l’absence d’alternative crédible. Le score des Verts est plus surprenant : ils bénéficient sans doute de l’intérêt renouvelé des questions environnementales et de l’état du PS.

De manière assez surprenante, les listes nonistes ne réunissent que 33% des sondés, alors que 55% des Français avaient voté « non » en 2005. Il y a donc une très forte déperdition de l’électorat qui avait exprimé le désir d’une autre Europe. Il ne se retrouve donc que très imparfaitement dans l’offre, pourtant importante, des listes qui avaient également soutenu le non : PCF, LO et NPA à gauche, MPF et FN à droite et DLR. Finalement, l’offre politique proposée est sans doute perçue comme trop extrême pour un électorat alter européen qui ne se retrouve pas dans des partis essentiellement protestataires et qui peinent à articuler un véritable plan B pour l’Europe. Certes, 60% de cet électorat se reporte sur ces listes, mais la déperdition de 40% des nonistes sur des listes favorables au traité de Lisbonne montrent les limites de ces listes qui n’arrivent pas à attirer un électorat qui, s’il souhaite un changement radical dans la construction européenne, reste relativement modéré dans son approche politique.

Et c’est bien pour cela que le petit 1% de DLR n’est pas disqualifiant pour le parti de Nicolas Dupont-Aignan. Après tout, sa très faible exposition médiatique par rapport aux autres listes explique en bonne partie le résultat. Or, la campagne électorale, dans la dernière ligne droite, permettra une égalité de traitement qui lui permettra d’émerger. En outre, il est parfois préférable de partir de bas car il est alors plus facile d’avoir une dynamique positive. Enfin, et c’est de loin le plus important, Debout la République peut rassembler les partisans d’une construction européenne vraiment alternative, venus de droite comme de gauche autour d’un véritable plan B. Cela ne sera pas facile car les bribes d’information sur sa campagne pourraient uniquement se focaliser sur des saillies verbales contre l’Europe actuelle. Dans un tel scénario, DLR ne serait alors que la 6ème liste protestataire du scrutin et présenterait donc un intérêt limité. En revanche, en devenant la liste d’une autre Europe, elle pourrait être la surprise de juin.

Les élections européennes ont toujours permis l’émergence d’une liste surprise venue de loin (FN en 1984, les Verts en 1989, Philippe de Villiers en 1994 ou Charles Pasqua en 1999). En se concentrant sur la présentation d’un véritable projet alternatif au lieu de protester, DLR peut être la surprise de 2009.

Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2008/12/03/01002-2008120...