16.05.2011
Mauvais films politiques
Hier matin, la nouvelle est tombée, stupéfiante : Dominique Strauss-Kahn a été arrêté par la police étasunienne et inculpé pour « agression sexuelle ». Même s’il convient de respecter la présomption d’innocence, cet événement bouleverse la vie politique Française.
La descente aux enfers de DSK
Il y a à peine un mois, DSK était encore l’immense favori des sondages pour la primaire socialiste et pour la présidentielle. Rien ne semblait devoir arrêter celui qui se contentait de quelques signaux pour indiquer qu’il était bien intéressé sans pour autant véritablement rentrer en campagne, de manière à rester en fonction au FMI. Aucun rival socialiste n’avait émergé, Martine Aubry et Ségolène Royal se faisant distancer alors que François Hollande restait loin. Il semblait déjà presque élu.
Dans une séquence d’à peine quelques jours, la situation a été complètement bouleversée. François Hollande, longtemps soutenu par les médias, a fini par percer et devenir son principal rival, non sans un certain succès. Mais c’est surtout une série de trois scandales qui semblent pouvoir aujourd’hui abattre le favori d’hier. Cela a commencé par la Porsche de son conseiller en communication, puis par des « révélations » sur son train de vie.
Puis, le point culminant a été atteint hier avec son arrestation pour « agression sexuelle ». Cela peut rappeler le printemps 2006 où la candidature Villepin avait été définitivement hypothéquée par les protestations contre le CPE et l’affaire Clearstream, qui avait suivi. Ce rebondissement digne d’un film de Hollywood semble avoir de bonnes chances d’abattre la candidature de DSK tant il semble improbable que l’affaire soit réglée avant les primaires.
Un climat étouffant
Et mercredi sort le film « La conquête », sur l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Entre cinéma et réalité, tout se brouille, la politique semble être devenue un mauvais film dont on peut désormais attendre tous les rebondissements. J’avais préféré ne pas parler de la Porsche car même s’il s’agit d’une grosse erreur de communication de la part d’un conseiller en… communication, je ne pense pas que cela ait le moindre intérêt dans le débat public.
L’UMP avait sauté dessus de manière bien indécente, eux qui soutiennent un président qui avait annoncé vouloir se retirer pour « habiter » la fonction au soir du second tour, et qui avait fini sur le yacht de Vincent Bolloré. Quand des aveugles se moquent d’un borgne… La polémique sur son train de vie est aussi assez nauséabonde : oui, lui et sa femme ont de l’argent. Mais cet étalage (contesté par DSK, qui a porté plainte contre France Soir) est-il bien républicain ?
Aujourd’hui, les cartes politiques sont rebattues. Si DSK est très rapidement innocenté et qu’il le veut vraiment, il n’en reviendra que plus déterminé que jamais et pourrait s’en remettre. L’affaire Markovitch n’avait pas empêché Georges Pompidou en 1969. Mais, là, le scandale atteint des proportions inédites qui semblent lourdement hypothéquer ses chances. François Hollande pourrait bien tirer les marrons du feu étant donné le manque de leadership de Martine Aubry.
Quelle triste affaire en tout cas, quelle qu’en soit l’issue. Après quatre ans d’une présidence qui a lourdement déçu les Français, la vie politique Française vient de sombrer dans le fait divers glauque.
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11.04.2011
Jean-Louis Borloo entre sécession et dissuasion
L’ancien ministre de l’écologie a fait un grand pas vers le Rubicon la semaine dernière en annonçant sa décision de quitter l’UMP, de créer un nouveau rassemblement et d’envisager sa candidature pour 2012. Mais quelles sont ses véritables intentions ?
Embouteillage au centre
La perspective d’une candidature de Jean-Louis Borloo pour 2012 est à multiple tranchants. Bien sûr, beaucoup y voient le risque d’une division des voix de la majorité qui pourrait bien contribuer à éliminer Nicolas Sarkozy du second tour de l’élection présidentielle. Mais les implications sont peut-être plus complexes. En effet, beaucoup de candidats se bousculent autour du centre politique, pas forcément au détriment du président sortant par ailleurs.
En effet, outre François Bayrou et Hervé Morin, Jean-Louis Borloo chasse plus largement sur les terres de Dominique de Villepin, et même Eva Joly ou Dominique Strauss-Kahn. Tous ces candidats sont relativement proches sur l’échiquier politique, partagent une même acceptation de la mondialisation néolibérale ou de l’Europe, et un refus de la dérive sécuritaire et identitaire de l’UMP. Mais Jean-Louis Borloo présente la particularité d’être le seul à ne pas être hostile au président sortant.
Borloo, téléguidé par Sarkozy ?
On peut donc légitimement se poser cette question car l’ancien ministre est un ami du président et l’a vu très récemment, comme le soutient aussi Juan. Et son éventuelle candidature n’est pas forcément inutile à l’Elysée. En effet, rien ne dit qu’il ne touchera pas principalement des électeurs qui n’auraient de toutes les façons pas souhaité voter pour Nicolas Sarkozy. Il est possible qu’il tire son électorat des rivaux du président plutôt que de celui du président lui-même.
En outre, une candidature Borloo complique plus encore une éventuelle candidature de Villepin qui aurait un concurrent de plus, sachant qu’il affronte déjà DSK et Bayrou, qui sont sur des registres très proches. La menace d’une candidature de l’ancien ministre pourrait achever de dissuader l’ancien premier ministre d’y aller. Enfin, rien n’empêcher Jean-Louis Borloo de tester sa candidature et de la retirer au dernier moment s’il s’avèrerait qu’elle gêne plus le président qu’elle ne l’aide.
La déclaration de Jean-Louis Borloo est trop rapidement vue comme un affaiblissement de Nicolas Sarkozy. C’est peut-être le cas. Mais cela pourrait aussi être un ballon d’essai destiné à en dissuader d’autres et à créer une aile centriste pour contrebalancer une UMP droitisée.
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03.09.2010
Et si Villepin se préparait pour… l’après 2012 ?
Mais que veut l’ancien Premier Ministre ? Un jour, il reprend sa cotisation à l’UMP en versant la somme de cent euros. L’autre, on évoque la création possible d’un groupe parlementaire autonome et il fait une rentrée médiatique extrêmement dure à l’égard du président.
L’opposant peut-il devenir candidat en 2012 ?
Il faut dire que Dominique de Villepin a été un des premiers à attaquer son ancien ministre de l’intérieur, dès la rentrée 2007, alors que le président était encore populaire. Et les critiques portées à l’époque se sont révélées juste. Et s’il n’a pas été le seul (Nicolas Dupont-Aignan, François Bayrou ou certains socialistes ont également exprimé très tôt leur réserve à l’égard du locataire de l’Elysée), son statut de rival du président de la République, conjugué au procès Clearstream donnent une dimension toute autre à ses critiques, les replaçant dans le contexte d’une forte rivalité personnelle.
Mais cette critique fréquente du président ne signifie pas forcément que Dominique de Villepin sera candidat en 2012. Certes, il a fait ce qu’il faut pour pouvoir l’être le moment venu avec la création de République Solidaire. Cependant, je ne l’imagine pas un moment se présenter pour prendre quelques pourcents et juste gêner la réélection de Nicolas Sarkozy. Il ne se présentera que s’il a un espoir légitime d’être élu. Or, le contexte n’évolue pas à sa faveur. Le président conservera un socle solide et le centre est encombré avec Eva Joly, François Bayrou et surtout Dominique Strauss-Kahn.
La deuxième utilité de République Solidaire ?
En effet, le président du FMI hypothèque grandement les chances de l’ancien Premier Ministre. Face à Martine Aubry ou Ségolène Aubry, il aurait un espace politique conséquent, surtout s’il arrivait à marginaliser François Bayrou (ce qui n’est pas fait), mais Dominique Strauss-Kahn occupe un espace pas si éloigné du sien, limitant grandement son potentiel électoral. S’il est le candidat socialiste, je crois qu’il est très peu probable que Dominique de Villepin se présente, son potentiel électoral devenant de fait trop limité. L’aventure République Solidaire n’aura-t-elle servi à rien ?
Il est clair que si l’ancien Premier Ministre ne se présente pas à nouveau en 2012, son avenir politique pourrait bien être définitivement derrière lui. On imagine l’immense déception de ses supporters dans cette situation (après la déception de 2007). L’autre solution (qui pourrait expliquer son maintien dans l’UMP) serait de tenter une OPA sur le parti majoritaire après la présidentielle à partir de son mouvement. Certes, il trouverait sur sa route Jean-François Copé, Xavier Bertrand, François Fillon ou Brice Hortefeux, mais cela ne devrait pas l’arrêter. Après tout, il n’aura que 64 ans en 2017.
Maintenant que le Parti Socialiste est en ordre de marche et semble devoir se rassembler autour de Dominique Strauss-Kahn, l’avenir de Dominique de Villepin semble se compliquer extraordinairement. Pourra-t-il faire autre chose que ce qu’il a fait en 2007 ?
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09.05.2010
NDA, la seule alternative républicaine crédible
La crise actuelle a du bon. Elle permet d’éclaircir le paysage politique Française. D’une part, l’immense majorité de la classe politique s’acharne à vouloir sauver l’euro, fût-ce au prix d’une rigueur sauvage et dévastatrice. De l’autre, un gaulliste se lève pour proposer une véritable alternative.
La semaine où les chemins de NDA et DDV se sont séparés à jamais ?
Il y a encore quelques semaines, beaucoup glosaient sur le ralliement du président de Debout la République à l’ancien Premier Ministre, malgré les avertissements de beaucoup. La crise des dettes souveraines, qui a brutalement accéléré depuis quelques semaines pourrait bien marquer un point de non retour dans leurs relations si on en juge par les réactions et les propositions radicalement différentes que cette crise a suscité chez les deux hommes.
D’une part, Dominique de Villepin tient les mêmes propos que le Parti Socialiste ou l’UMP. Pour lui, le plan était « nécessaire », l’expression d’une « solidarité de l’Europe vis-à-vis de la Grèce ». Il plaide pour des efforts de réduction de déficit dans toute l’Europe. Il juge que le plan grec est sans doute un peu utopique et plaide pour un plan de réduction des déficits de la France sur douze ans, dans un large consensus qui permettrait de passer outre les éventuels changements de majorité.
De l’autre, Nicolas Dupont-Aignan a dénoncé l’adoption du « plan de sauvetage », votant contre la proposition du gouvernement, que le PS a soutenue. Parallèlement, il a osé lancer une pétition réclamant la sortie de la monnaie unique, estimant que pour sauver nos emplois, il faut sortir de l’euro, le boulet qui pèse sur les économies européennes depuis trop longtemps. Bref, le député-maire d’Yerres se place comme la véritable alternative à la politique menée par le PS comme l’UMP.
NDA 2012 : une nécessité !
C’est tout le paradoxe de la situation actuelle. Alors qu’un nombre sans cesse grandissant d’intellectuels de tous bords (Jean-Luc Gréau, Christian Saint-Etienne, Jean-Jacques Rosa, Gérard Lafay, Jacques Sapir, Frédéric Lordon mais aussi Paul Krugman ou Joseph Stiglitz pour n’en citer que quelques uns) dénoncent les méfaits de l’euro, tout comme Eric Zemmour dans sa chronique de vendredi sur RTL, la quasi-totalité de la classe politique est incapable de remettre en cause le dogme de l’euro.
Malakine faisait de Dominique de Villepin « l’ultime recours des républicains ». Sans négliger les grandes qualités de cet Homme d’Etat, avec qui les républicains partagent beaucoup, sur les Institutions, la vision de la République ou les affaires étrangères, l’ancien Premier Ministre ne propose strictement rien de différent de ce que proposent le PS ou l’UMP sur les questions économiques. Certes, il bénéficie d’une forte couverture médiatique et d’une grande prestance, mais il ne propose pas d’alternative.
Aujourd’hui, le seul et unique recours des républicains pour 2012 est bien Nicolas Dupont-Aignan. Lui seul pourra porter nos idées d’une véritable refonte du système économique pour le rendre à la fois plus juste et plus stable. Lui seul ose proposer de véritables idées alternatives, que ce soit sur la question du commerce international, de l’euro ou même de la gestion de la monnaie. Bien sûr, il part de plus loin, mais avec de telles propositions, il sera forcément la révélation de la campagne.
A titre personnel, je n’avais pas de doutes depuis assez longtemps mais les déclarations de cette semaine devraient achever de convaincre les derniers partisans d’une véritable alternative économique et sociale que le meilleur candidat pour porter nos idées en 2012 est bel et bien NDA.
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13.04.2010
La chienlit majoritaire
C’était malheureusement prévisible : après avoir semé la discorde dans la majorité de 2002 à 2007 en parlant de rupture et en critiquant sans cesse Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy se voit confronté à une rébellion similaire de ses troupes, qui suivent son exemple…
La discorde chez l’ennemi
Au sein de la « famille » UMP, le premier à tirer a été Dominique de Villepin, dès la rentrée 2007, alors que le président élu bénéficiait encore de l’état de grâce. Déjà, il critiquait l’esprit de cour, le non respect des institutions ou le choix hasardeux de certains débats ou mesures. Mais depuis la défaite cinglante de la majorité présidentielle lors des élections régionales (son plus mauvais score de toute l’histoire de la Cinquième République), les langues se délient, au point de créer la pagaille.
Car l’ancien Premier Ministre n’est plus le seul à émettre un jugement sévère sur l’équipe au pouvoir depuis trois ans. Alain Juppé a ainsi affirmé n’avoir jamais cru à la rupture et a déclaré qu’il serait candidat aux primaires de l’UMP si jamais Nicolas Sarkozy venait à ne pas se représenter. Une façon de dire que vu son bilan, il n’y aurait pas intérêt ? Pire, les députés se rebellent de plus en plus contre les mesures voulues par l’Elysée. Une partie grandissante de l’UMP est en rupture de ban sur la question du bouclier fiscal, qui a de grandes chances d’être remis en question à l’automne.
Jean-François Copé, après avoir joué l’accalmie avec le président, a repris une plus grande autonomie depuis quelques jours, que ce soit sur les questions fiscales ou même la fin de la publicité sur le service public. En effet, la majorité doute de l’opportunité d’une mesure qui va demander 400 millions d’euros de compensation à l’Etat alors que le budget est en lourd déficit. Les remises en cause se multiplient, au point de donner l’impression que la majorité détricote ce qu’elle a voté précédemment.
La mort du collectif
En fait, il était évident que l’expérience sarkozyste tournerait à la chienlit dès que sa popularité baisserait. En effet, après avoir montré le mauvais exemple de 2002 à 2007 et avoir gagné, tous les apprentis Sarkozy ont forcément envie de suivre le chemin qui l’a mené à l’Elysée. S’il y a toujours eu des tiraillements au sein des majorités présidentielles, nous atteignons aujourd’hui un niveau de discorde absolument inédit et qui tire vers une cacophonie générale qui affaiblit le gouvernement.
Nicolas Sarkozy a détruit la notion de collectif à l’UMP. Comme candidat à l’élection présidentielle et même comme ministre, tout ce qu’il a fait était uniquement destiné à assouvir son ambition. L’intérêt général était secondaire et l’intérêt de la majorité encore moins important. La solidarité est devenue plus que jamais accessoire et seuls les rapports de force et les intérêts personnels animent les membres du parti présidentiel. Il n’y a plus aucun sens d’un idéal qui pourrait transcender les individus…
Le fait que les critiques se durcissent contre le président de la République à proportion de la croissance de son impopularité ne fait que démontrer plus encore la petitesse de cette majorité. Mais le président ne fait que récolter ce qu’il a semé.
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26.03.2010
Dominique de Villepin suit Nicolas Dupont-Aignan
Hier, l’ancien Premier Ministre de Jacques Chirac a annoncé qu’il lançait un mouvement politique et qu’il tiendrait un premier meeting le 19 juin, un jour après les 70 ans de l’appel du Général de Gaulle. Une démarche qui rappelle, trois ans après, celle de Nicolas Dupont-Aignan.
Une critique acérée du président
Dominique de Villepin a été un des premiers à oser critiquer Nicolas Sarkozy, dès la rentrée 2007, n’hésitant pas à remettre en cause le style du président, sa vision de la Cinquième République, le retour dans le commandement militaire de l’OTAN, certaines dérives contraires à l’esprit de notre République, l’injustice du « paquet fiscal » ou le manque de priorités du gouvernement. Il avait osé formuler ses critiques alors que le président était encore en plein état de grâce, prenant date pour l’avenir. La plupart des critiques qu’il formulait alors ont malheureusement été confirmées par les faits.
Hier, il a poursuivi sur la même lancée, dénonçant le débat sur l’identité nationale, parlant de « politique de réformes éparpillées », dénonçant « la distribution de milliards », parlant de « la souffrance et l’incompréhension » des Français. Enfin, il a même attaqué le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique en soulignant qu’ « il faut faire des efforts, mais il faut faire des choix », se demandant s’il faut « moins d’infirmières, moins d’enseignants, moins de policiers ». Il a annoncé la création d’un mouvement politique libre et indépendant.
Une rupture avec sa « famille » ?
En fait, il n’est pas le premier à avoir pris ses distances avec le président de la République. C’est Nicolas Dupont-Aignan, en rompant dès la fin 2006 avec l’UMP, qui a souligné encore avant les limites de Nicolas Sarkozy, en prenant la décision courageuse de rendre Debout la République indépendant du parti présidentiel, quitte à perdre tout financement. D’ailleurs, lui-aussi avait signé l’appel de Marianne de février 2008. Alors que Dominique de Villepin a longtemps parlé de l’UMP comme de sa « famille politique », aujourd’hui, il se rapproche du Rubicon franchi il y a plus de trois ans par NDA.
Il semble donc aujourd’hui que l’ancien Premier Ministre suive son exemple. Bien sûr, il reste encore beaucoup de choses à préciser, notamment sur le plan des idées. Hier soir, sur Canal Plus, il ne fermait aucune porte vis-à-vis de l’UMP, affirmant qu’il voulait influencer la politique conduite pour les deux dernières années du quinquennat. Mais même s’il fait le choix de l’indépendance en juin, il sera moins éloigné de l’UMP que DLR, ne serait-ce que par la participation de deux de ses proches (Bruno Le Maire et Georges Tron) au gouvernement.
Hier, Dominique de Villepin s’est à nouveau rapproché du Rubicon en annonçant la création d’un parti indépendant et en critiquant de nouveau Nicolas Sarkozy. De la sorte, il s’est rapproché de la position de Nicolas Dupont-Aignan, qui avait été le premier à oser rompre avec le parti présidentiel.
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31.01.2010
La guerre Sarkozy-Villepin ira-t-elle jusqu’au bout ?
Jeudi soir, après avoir été relaxé, Dominique de Villepin avait adopté un ton très apaisé, relayé par ses soutiens. Mais avec l’appel du procureur (du président) de la République, le ton est monté vendredi soir au Grand Journal de Canal Plus. Désormais, la guerre entre les deux hommes semble inévitable.
Dominique, pacifiste poussé à bout
C’est tout le paradoxe de cet affrontement entre les deux hommes. L’ancien locataire de Matignon a semblé plusieurs fois être prêt à une paix des braves. Cela avait été le cas mi-2008, où des rumeurs bruissaient d’une possible nomination au gouvernement, avant que le déclenchement d’une procédure judiciaire ne le fasse revenir au ton qu’il avait adopté dès la rentrée 2007. Et même jeudi soir, on pouvait sérieusement douter de la volonté de Dominique de Villepin à engager un combat électoral en 2012 après avoir triomphé judiciairement en 2010. C’était le sens de mon papier de jeudi.
Mais la farce judiciaire que représente l’annonce sur Europe 1 de l’appel de la décision du tribunal, sans doute sur ordre de l’Elysée (on n’imagine difficilement Nicolas Sarkozy ne pas avoir au moins validé la décision) a dramatiquement modifié le discours de Dominique de Villepin. Apprenant la décision en direct sur RMC, l’ancien Premier Ministre s’est fait martial dénonçant la « haine » de Nicolas Sarkozy. Et le soir même, il a dénoncé la duplicité de l’Elysée et affirmé savoir que le président de la République avait pris lui-même la décision de l’appel lors d’une réunion tenue jeudi.
Sachant que le nouveau procès devrait se tenir dans un an, cela ajoute une cinquième année de calvaire judiciaire pour un homme que l’on sent d’autant plus blessé qu’il pensait avoir vu le bout du tunnel jeudi. Du coup, malgré un discours où il affirmait de ne pas ressentir de « rancune » ou de « rancœur », la violence des propos qu’il a tenu vendredi contre le président de la République peut indiquer une certaine volonté d’affrontement, par-delà l’expression d’un souci de faire des propositions pour la France. L’étirement du procès et les manœuvres élyséennes poussent à un combat en 2012.
Nicolas, guerrier machiavélique
La question qui se pose alors est pourquoi l’Elysée se comporte de la sorte. En effet, depuis septembre, la séquence judiciaire tourne clairement à l’avantage de Dominique de Villepin qui apparaît de plus en plus comme une victime de l’acharnement du président de la République. Et le dernier rebondissement renforce singulièrement cette impression. En outre, ces manœuvres ont toutes les chances de pousser le rival du président à se présenter en 2012 pour solder devant les électeurs leur affrontement judiciaire. Tout se passe finalement comme si Sarkozy voulait affronter Villepin.
Du coup, il est possible de se demander si, finalement, le président de la République ne cherche pas à provoquer son adversaire par tous les moyens pour le pousser à se présenter contre lui dans deux ans. Loin de vouloir éviter une candidature Villepin en 2012, Nicolas Sarkozy souhaite peut-être plus que tout l’affronter. Il imagine sans doute que son adversaire n’est qu’un amateur en politique et qu’il ne fera qu’une bouchée de lui. Car plus qu’une condamnation judiciaire, c’est bien un vote défavorable des Français à l’égard de son rival qui serait la sanction la plus terrible.
Autre hypothèse, plus machiavélique, Nicolas Sarkozy pourrait souhaiter une candidature Villepin pour faciliter l’accession d’un socialiste au second tour, surtout s’il s’agit de Martine Aubry. En effet, une candidature de Dominique de Villepin en plus de celle de François Bayrou ne permettra sans doute à aucun des deux d’accéder au second tour, ouvrant automatiquement les portes du second tour au candidat socialiste, quelques soient les plaies des primaires. Et un adversaire socialiste serait sans doute beaucoup plus facile à battre qu’un centriste ou un rival de droite.
Mais comme les enfants qui jouent avec le feu, Nicolas Sarkozy pourrait bien finir par se brûler. Pousser la candidature de Dominique de Villepin tout en lui donnant le statut de victime de l’affaire Clearstream est à double tranchant car cela renforce son adversaire…
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29.01.2010
L’affaire Clearstream tourne à la farce
A peine Dominique de Villepin relaxé de l’affaire Clearstream, l’affaire connaît deux rebondissements surprenants : Nicolas Sarkozy annonce qu’il ne fera pas appel, alors qu’il n’en a pas le pouvoir, et le procureur annonce, a contrario, qu’il fait appel.
Le retour du complot politique
Le commentaire de la présidence est scandaleux. Le Chafouin a bien raison de parler d’un « douteux mélange des genres ». En effet, une journaliste de l’AFP soulignait hier soir sur le Grand Journal de Canal Plus, que les attendus du jugement ne sont pas sévères à l’encore de l’ancien Premier Ministre, contrairement aux allégations de l’Elysée. Et le fait de dire qu’il renonce à faire appel est totalement ridicule étant donné qu’il n’en a pas le droit.
A moins que Nicolas Sarkozy n’ait cherché par avance à se dédouaner de la décision qu’il aurait suggéré à Jean-Claude Marin. Après tout, le timing est trop idéal, et la tribune choisie par le procureur de la république (bananière) beaucoup trop amicale pour le pouvoir, pour n’y voir qu’un hasard. Déjà, Jean-Claude Marin s’était exprimé de manière très forte sur cette même antenne. Toutes ces coïncidences font qu’il est de plus en plus difficile de ne pas y voir un procès politique.
Le dernier baroud de l’Elysée ?
Mais toute cette séquence ne devrait guère profiter au pouvoir. En effet, le fait de dire qu’il renonce à faire appel alors qu’il n’en a pas le droit décrédibilise un Nicolas Sarkozy pourtant avocat de formation. En outre, un soupçon tenace de pression sur Jean-Claude Marin subsiste. La précipitation de l’Elysée à dire qu’il ne souhaitait pas d’appel (quitte à faire une erreur juridique) prend une perspective bien différente avec l’appel du procureur. La présidence le savait et souhaitait sans doute se disculper.
Pire, pour l’opinion, il n’est pas sûr que l’effet recherché (le discrédit d’un des plus féroces adversaires du président) soit atteint. Il est difficile de ne pas voir dans ce procès une manipulation destinée à détruire un rival par tous les moyens mais la résistance de David Villepin face à Goliath Sarkozy pourrait finalement desservir le second. Qui pourra croire que l’Elysée n’est pas derrière l’appel annoncé ce matin au micro d’un des journalistes les plus proches du président ?
L’affaire Clearstream est une vraie honte pour notre République, tout juste bonne à servir de scénario à une série B qui nous aurait semblés bien invraisemblable si elle n’était pas réelle. Rendez-vous ce soir sur Canal Plus au Grand Journal pour écouter la réponse de Dominique de Villepin…
10:40 Publié dans Actualités, Sarkozy, Villepin | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : clearstream, dominique de villepin, nicolas sarkozy, jean-claude marin
28.01.2010
Villepin accusé, Villepin inculpé, Villepin humilié, mais Villepin relaxé !
Le croc de boucher se transforme en piédestal… Après près de 4 ans de polémiques, Dominique de Villepin vient d’être relaxé dans l’affaire Clearstream. L’affaire qui devait l’enterrer pourrait bien se retourner contre celui qui s’était constitué partie civile, Nicolas Sarkozy.
La défaite du président
L’affaire Clearstream restera dans les annales de la 5ème République. Pour la première fois, un président de la République s’est constitué partie civile dans une sombre affaire de dénonciation calomnieuse, impliquant un ancien Premier Ministre, ancien rival politique pour les élections présidentielles de 2007. Ce seul fait était à lui seul choquant. En effet, le tribunal de Nanterre avait souligné l’asymétrie anormale entre une partie civile protégée de toute poursuite et les accusés.
Ensuite, le fond de l’affaire était franchement abracadabrantesque puisque selon la version de l’accusation, Dominique de Villepin semblait forcément coupable. Il était pourtant naturel qu’un ministre de l’Intérieur fasse des investigations sur un tel listing. En outre, s’il y a eu manipulation médiatique, il semble clair aujourd’hui qu’elle a davantage été le fait de Nicolas Sarkozy que de son adversaire politique, ne serait-ce qu’en constatant le démarrage de l’affaire, quelques jours à peine après la fin du CPE.
Pire, le locataire de l’Elysée a lourdement dérapé en parlant de « coupables », démontrant une claire volonté politique derrière le procès, ce qui relativise les accusations qui étaient portées contre Dominique de Villepin. Au final, n’est-ce pas plutôt Nicolas Sarkozy qui a monté une machination pour éliminer son rival que l’inverse ? La question restera sans doute en suspens… Il est tout de même incroyable que le président ait persisté de la sorte étant donnée l’issue du procès.
L’après Clearstream
Car, même si l’affaire n’est pas complètement terminée et qu’un appel remettait Dominique de Villepin sur le grill, il ne serait pas difficile pour ce dernier de se présenter en victime d’un acharnement injuste de l’Elysée. Ce verdict devrait donc signer la fin des hostilités car toute poursuite des poursuites serait perçue comme abusive puisque quatre ans après le démarrage de l’affaire, la justice a relaxé l’ancien locataire de Matignon. Nicolas Sarkozy a perdu et persister l’enfoncerait.
Du coup, la voie est désormais libre pour le grand rival du président. Dominique de Villepin peut désormais se consacrer entièrement à la préparation des élections présidentielles de 2012, qui pourrait marquer sa revanche. Mais même s’il possède aujourd’hui un embryon de structure politique avec le Club Villepin, qui pourrait lui servir pour faire campagne, et même s’il déclare vouloir « se tourner vers l’avenir pour servir les Français », il est encore trop tôt pour savoir ce qu’il fera.
En effet, même si l’épreuve du bilan sera terriblement difficile pour Nicolas Sarkozy, l’UMP restera solidement derrière le président sortant. Certes, être le David qui affronte Goliath n’est sans doute pas pour déplaire à Dominique de Villepin, mais voudra-t-il jouer sa victoire judiciaire sur le terrain politique en 2012. La présence de François Bayrou complique singulièrement l’accès au second tour. En fait, sa candidature pourrait indirectement faciliter la tâche du Parti Socialiste.
Dominique de Villepin a désormais le champ libre pour affronter Nicolas Sarkozy. Il fait tout ce qui est nécessaire pour aller jusqu’au bout en 2012. Mais est-il si certain que cette belle victoire judiciaire le pousse à l’affrontement dans deux ans ?
17:00 Publié dans Actualités, Sarkozy, Villepin | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : dominique de villepin, nicolas sarkozy, clearstream
01.11.2009
Villepin : la clarification de NDA
Mardi, Nicolas Dupont-Aignan, qui avait déjà été interviewé par Villepin.com, a participé au premier meeting du Club Villepin à Paris. Une présence remarquée dont le sens a été clarifiée par le président de Debout la République sur son blog.
Le point de vue de Nicolas Dupont-Aignan
Forcément, cette présence pouvait être interprétée comme un ralliement du Président de Debout la République à l’ancien Premier Ministre, d’autant plus que ce dernier n’a pas fait grand mystère de sa volonté de se présenter à l’élection présidentielle de 2012. Mais Nicolas Dupont-Aignan a bien précisé sur son blog ce qu’il en était de sa participation à cette réunion. Pour lui, il s’agit « de réfléchir et d’échanger ensemble, bref de débattre » avec la « volonté d’une rupture gaulliste avec le pouvoir actuel ».
Le député-maire d’Yerres soutient que « s’il peut être fructueux d’y travailler à plusieurs », cela doit se faire « dans la limite de la fidélité à son intime conviction ». Il reconnaît d’ailleurs des « divergences sur l’Europe » et appelle à « rompre avec une construction européenne qui asphyxie notre pays ». Il écrit que « l’avenir dira si elles (les divergences), peuvent, ou non, être dépassées » et explique que c’est le dialogue qui permettra de le savoir, justifiant ainsi sa participation.
La conclusion est tout aussi claire : « ma présence mardi soir ne change rien à ma volonté de développer DLR qui doit être présent aux échéances électorales, car on ne construit jamais l’avenir en déviant de son idéal et de ses convictions. C’est parce que nous sommes libres et intransigeants sur l’essentiel que nous serons en mesure, le cas échéant, de prendre notre part, toute notre part, au débat pour la reconstruction d’une France libre ». En clair, il s’agit d’un appel au dialogue, pas d’une allégeance.
Ce que j’en pense
Non que cela ait beaucoup d’importance, mais étant donné que mon blog a été ouvert en janvier 2007 en soutien à Dominique de Villepin, puis que j’ai rejoint Debout la République et en suis devenu un des porte-paroles, je pense qu’il est nécessaire d’expliquer ma position sur ce sujet, position qui n’est pas celle du porte-parole, mais seulement la mienne. Certains lecteurs imaginent peut-être qu’il s’agit d’un rêve devenu réalité puisque les deux présidentiables que je respecte le plus se rapprochent.
Mais cela est plus compliqué. Pour moi, Dominique de Villepin est peut-être le mieux à même de battre Nicolas Sarkozy en 2012, comme je pensais qu’il l’était en 2007. Outre une prestance naturelle, je partage son sens de l’Etat, sa vision de la République et des relations internationales et j’ai noté un rapprochement de son constat avec celui des penseurs alternatifs. Cependant, il reste des divergences significatives sur les solutions à apporter à la crise ainsi que sur l’Europe.
Pour moi, ces différences sont fondamentales car elles sont au cœur de mon engagement politique, qui remonte au débat sur l’autre politique et Maastricht (mon premier vote). Cela fait bientôt 20 ans que je crois à une politique économique et européenne alternative. C’est pourquoi, si Dominique de Villepin ne dépasse pas son évolution sur le constat, j’espère que Nicolas Dupont-Aignan sera candidat en 2012, pour être le représentant de mes idées et de celles de beaucoup de Français.
Bien sûr, une double candidature peut sembler improductive. Cependant, je ne veux pas mettre un mouchoir sur mes idées en 2012, surtout après une telle crise. La France a besoin d’une véritable alternative. Si Dominique de Villepin ne la porte pas réellement, NDA en sera le digne représentant.
11:55 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Villepin | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : dominique de villepin, nicolas dupont-aignan, debout la république, présidentielles 2012



