11.07.2009

Faut-il s’inquiéter de la baisse de la bourse ?

Hier, le CAC 40 est repassé sous la barre des 3000 points, pour la première fois depuis près de trois mois suite à la publication d’un indicateur de confiance des consommateurs étasuniens décevants. Faut-il s’inquiéter de cette baisse ?

Un prélude à une nouvelle étape de la crise

Beaucoup de prévisionnistes l’annoncent : nous n’avons vu que le début de la crise et l’automne devrait être le théâtre d’une nouvelle étape dévastatrice. La baisse des places boursières depuis un peu plus d’un mois semble confirmer leurs sombres pronostics. En effet, après avoir touché un plus bas de 2465 points en mars, le CAC est remonté début juin au-delà de 3400 points avant de chuter à nouveau. Le Dow Jones, tombé à 6469 points, puis remonté à plus de 9000, est aujourd’hui à 8146 points.

Cette baisse est somme toute assez logique. En effet, depuis de longs mois, les investisseurs constatent la violence de cette crise économique, sans égale depuis 80 ans. Le taux de chômage s’envole dans la plupart des pays, malgré quelques premiers signes de reprise (hausse de la production industrielle depuis deux mois dans plusieurs pays). Du coup, une certaine nervosité se fait jour, qui explique l’ajustement actuel des cours de la bourse.

Des raisons de ne pas tout voir en noir

De manière ironique, on pourrait relativiser la capacité des marchés boursiers à bien juger l’état de la situation économique tant ils se sont trompés depuis dix ans. Mais plus sérieusement, il est parfaitement logique que les marchés soient aussi nerveux car la plupart des nouvelles économiques restent très négatives malgré les progrès sur quelques indicateurs. Les chiffres du PIB du second trimestre (qui seront publiés en août) seront d’une importance capitale…

Malgré tout, cette baisse des bourses peut avoir un effet positif pour l’éventuelle reprise. En effet, la baisse des cours rend les actions moins chères et peut faciliter une hausse des cours à l’automne, au moment crucial où se nouera l’avenir de cette crise : approfondissement ou sortie (illusoire). En ce sens, la baisse des cours, à un moment plus anodin, l’été, pourrait finalement jouer un rôle positif dans la sortie de la crise cet automne, surtout si les profits des entreprises se tiennent.

Bien sûr, cette baisse des cours pourrait être le prélude à un nouveau krach cet automne si l’économie ne se reprenait pas. Mais au contraire, je crois que cet ajustement des cours pourrait favoriser la reprise, aussi illusoire et chaotique soit-elle.

Source : http://www.lefigaro.fr/marches/2009/07/10/04003-20090710A...

20.04.2009

Ils sont en train de sauver le système !

La semaine dernière, les bourses du monde entier ont salué les bons résultats des banques, permettant au CAC 40 de repasser la barrière des 3000 points et au Dow Jones celle des 8000, indiquant une probable (quoique illusoire) sortie de cette crise. L’occasion de revenir sur mes prédictions de début d’année.

Un grand pas vers la sortie de crise

Depuis un peu plus d’un mois, une déconnexion majeure s’est faite entre l’économie réelle et le monde financier. Aux Etats-Unis, il y a 600 000 chômeurs de plus tous les mois, ce qui a provoqué une envolée du taux de chômage à 8,5%. En France, ce sont 170 000 personnes de plus qui gonflent les rangs des demandeurs d’emploi depuis le début d’année. Les plans de licenciement font la une des informations tous les jours dans le monde entier. Pourtant, en quelques semaines, les bourses ont monté de 20 % !

À première vue, on pourrait croire à un nouveau signe de l’exubérance irrationnelle des marchés. Pourtant, il ne faut pas oublier que les marchés ont toujours tendance à précéder la reprise de l’économie réelle. Et si cette hausse des bourses annonçait simplement la sortie à venir de cette crise ? En effet, il y a des raisons de croire qu’une telle sortie (aussi illusoire soit-elle) est possible : les marchés avaient trop baissé, les Etats ont injecté des milliards dans l’économie et, à partir du 4ème trimestre, le comparatif sera favorable.

Dès lors, s’il est sûr que les chiffres du premier trimestre 2009 seront très mauvais, on peut imaginer que les chiffres du PIB seront à nouveau positifs à partir du 4ème trimestre 2009, permettant une sortie officielle de la crise. D’ailleurs, même les banques touchées par la crise renouent avec des profits spectaculaires, que la hausse des bourses va renforcer. On peut objecter à certaines pratiques comptables, mais les résultats sont là : Citigroup a dégagé plus de 1,6 milliards de profits au premier trimestre.

Premier point d’étape sur le grand choc de 2017

Début janvier, j’avais publié une série de 7 articles de politique-fiction exprimant mes prévisions pour les années à venir pour mieux expliquer ma vision des évènements à venir. Ma théorie, qui se trouve (pour l’instant) largement confirmée est que le système néolibéral va se sauver avec quelques réformettes, mais que ce sauvetage ne remettra pas en cause ses travers, ce qui aboutira à la fois à une sortie de crise illusoire et à la gestation d’une nouvelle crise qui aboutirait à un vrai changement de système.

À dire vrai, pour l’instant, je n’ai pas trop à rougir de mes prédictions, même si cela est plus facile à court terme. En effet, les baisses de PIB annoncées se sont révélées exactes. Et le sommet imaginé de Bretton Woods ressemble à celui du G20 de Londres. Les mouvements de la bourse correspondent à la réalité à quelques semaines de décalage puisque le CAC est bien passé sous les 2600 points et le Dow Jones sous les 7000 avant de rebondir à leur niveau de fin 2008…

Du coup, pour l’instant, je maintiens l’ensemble de mes prévisions du début d’année, à l’exception près de la réélection de Gordon Brown. En effet, j’avais largement sous-estimé la volonté de changement de la Grande-Bretagne après douze années de mandat travailliste. Malheureusement, je crois que nous allons connaître une sortie de crise qui laissera le système économique néolibéral quasiment intact, comme le montre le ridicule des conclusions du G20 sur les paradis fiscaux ou la titrisation.

Même si l’on ne peut pas encore exclure un nouveau rebond de la crise, il est probable que nous allons en sortir, de manière illusoire car nous n’avons pas les bons dirigeants pour changer le système. L’alternative reste à construire. Rendez-vous sur Horizons pour lire des réflexions passionnantes sur le sujet.

Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/04/18/le-soul...

http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/04/18/les-ban...

Le Grand Choc, épisode 1 : http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2009...

Épisode 2 : http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2009...

04.05.2008

Le gros de la crise est-il devant ou derrière nous ?

Cette semaine, plusieurs bonnes nouvelles ont permis aux bourses mondiales de retrouver des couleurs. Mais cette éclaircie ne doit pas occulter des nuages qui peuvent laisser circonspect sur la situation à venir.

En quelques jours, les marchés financiers ont nettement progressé et franchi des seuils symboliques. A Wall Street, le Dow Jones est passé au-dessus de 13 000 points et à Paris, le CAC 40 a dépassé le cap des 5 000 points. Ce sursaut des marchés tient notamment à deux nouvelles. Tout d’abord, la croissance des Etats-Unis au premier trimestre s’est élevée à 0,6% en rythme annuel. Certes, la hausse des stocks est pour beaucoup dans cette petite croissance, mais jusqu’à présent l’impact de la crise financière sur l’économie est moins fort que prévu puisque l’économie américaine n’est pas rentrée en récession. En outre, la Fed a à nouveau baissé ses taux d’intérêt à 2% et affirmé que cela pouvait être la dernière baisse, sous-entendant que le pire était peut-être passé. Ainsi, le dollar est remonté face à l’euro.

Mais tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes… La crise immobilière est loin d’être finie aux Etats-Unis puisque la chute du prix des maisons vient d’atteindre un nouveau sommet fin février. L’indice Case-Shiller du prix des maisons dans les vingt plus grandes villes américaines a atteint la baisse record de 12.7% en glissement annuel. Les économies mondiales sont également affectées par la hausse du prix des matières premières, qui réduit le pouvoir d’achat des ménages, et donc la consommation. En outre, si les entreprises ont bien résisté en 2007, quelques mauvaises surprises en ce début d’année indiquent que la crise pourrait les frapper de plein fouet en 2008.

Même si les dernières nouvelles peuvent tempérer le pessimisme ambiant, il est encore beaucoup trop tôt pour dire que le gros de la crise est derrière nous. Ce n’est pas avant la rentrée que la situation s’éclaircira.

Source : The Economist 2 mai