16.09.2009

Sectes : coïncidences troublantes…

Avant-hier, nous avons appris qu’une disposition de loi passée récemment pourrait permettre à l’Eglise de Scientologie d’échapper à une condamnation. Michèle Alliot-Marie a promis de tout faire pour revenir dessus, mais cet incident est-il si indépendant de la volonté politique ?

Un président ambigü

Ce n’est un secret pour personne, Nicolas Sarkozy ne semble pas avoir un comportement très hostile vis-à-vis de la scientologie. Alors ministre des finances, il avait reçu en grande pompe Tom Cruise, un des premiers défenseurs de cette secte, sans émettre la moindre critique à son égard, alors qu’il savait clairement que tout le monde allait interpréter cette rencontre sous  cet angle-là. En outre, dans un livre « La République, les religions, l’espérance », il avait adopté une attitude très anglo-saxonne à l’égard des mouvements religieux, avec tous les excès que l’on y connaît…

Mais ce n’est pas tout. Sa directrice de cabinet, Emmanuelle Mignon, avait déclenché une vive polémique en déclarant que pour elle, les sectes étaient un « non problème » ! Certes, l’Elysée avait fait publier un communiqué pour revenir sur ces propos. Mais le mal était fait. Il y a un faisceau d’indices qui peuvent laisser penser que l’attitude de l’Elysée n’est pas forcément hostile à l’égard de la scientologie, au sein de l’entourage du président comme pour le président lui-même.

Une lumière différente sur ce dérapage législatif

Il serait sans doute complètement abusif de penser que Nicolas Sarkozy en personne est intervenu pour faire passer un article dans un projet de loi pour permettre à la scientologie d’échapper à une condamnation. En revanche, comment ne pas avoir des doutes sur l’influence possible d’un membre de l’équipe présidentielle dans cette affaire ? Ne peut-on pas imaginer que les scientologues aient pu trouver un relais au sein de l’Elysée ou des allées du pouvoir pour modifier un projet de loi anodin en leur faveur ?

Car la thèse du hasard semble bien difficile à justifier. Peut-on vraiment croire que le législateur a pu passer un article exonérant la scientologie de toute condamnation dans un projet de loi, sans le savoir, et sans la moindre influence du milieu scientologue ? Peut-on imaginer que le hasard fasse si bien les choses qu’une petite ligne exonère la secte sans que celle-ci ne soit intervenue pour s’assurer que la formulation lui permette bien d’échapper à la condamnation ?

Il faut être clair : on ne saura jamais le fin mot de l’histoire. Mais on peut surpris que personne ne fasse le rapprochement entre certains dérapages élyséens passés et cet accident judiciaire qui profite à la scientologie.

Source : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/emmanuelle-mignon-les-sectes-sont-un-non-probleme_470375.html

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/09/15/pas-de-repit-pour-la-scientologie_1240425_3224.html