08.07.2009

Alain Juppé et Michel Rocard remplacent le gouvernement

Ignorant à nouveau son gouvernement, Nicolas Sarkozy a décidé de confier à deux anciens Premier Ministre la mise au point du grand emprunt annoncé il y a quelques jours. Pour le meilleur et pour le pire…

Un véritable emprunt ?

Je faisais partie des sceptiques lors de l’annonce par Nicolas Sarkozy de ce grand emprunt car j’avais l’impression qu’il s’agissait uniquement d’un emprunt pour combler les déficits courants, à la manière de l’emprunt Balladur. Finalement, il semble bien que cet emprunt serve à financer un nouveau plan de relance pour le début de l’année prochaine. Etant donné que j’avais critiqué la taille limitée du premier plan Français, il faut reconnaître que Nicolas Sarkozy semble se montrer pragmatique.

Néanmoins, tant que les détails ne sont pas connus, il est impossible d’évaluer précisément la pertinence du nouveau dispositif. Et plusieurs points semblent déjà inquiétants. Le fait d’attendre 2010 peut sembler surprenant vu que 2009 devrait être le pic de la récession. Il eut été souhaitable d’agir plus tôt, même si le choix d’attendre 2010 peut favoriser un rebond plus fort l’an prochain. On peut également se poser des questions sur le choix des animateurs, très orthodoxes, de la Commission

Les limites de la démarche

Comment interpréter la tribune assez incohérente publiée dans Le Monde par Michel Rocard, qui affirme qu’en votant pour la droite, les électeurs européens ont « voté pour que la crise continue » mais qui va finalement travailler pour cette droite qu’il critique... Il dénonce le manque d’investissement dans l’avenir et le manque de régulation des marchés alors qu’il a passé une bonne partie de sa vie à pousser la gauche vers une conversion assez radicale aux mécanismes de marché et à la déréglementation.

Mais surtout, et cela n’a guère été mis en avant, le choix d’une énième commission est un nouveau soufflet pour le gouvernement. À quoi peuvent donc servir les ministres de l’économie, du budget et plus encore, de la relance s’ils ne semblent même pas associés à la préparation d’un grand emprunt pour financer des investissements pour l’avenir du pays. Le président a encore réduit son gouvernement à pas grand-chose en montrant bien qu’il est le seul décisionnaire.

Le fait que ce grand emprunt serve à financer des dépenses d’investissement est une bonne nouvelle. En revanche, le timing et le choix de faire à nouveau plancher des « experts » en dehors du gouvernement révèle une bien curieuse conception de la République et du rôle du gouvernement.

Source : http://www.lefigaro.fr/economie/2009/07/06/04001-20090706...

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/07/06/m-rocar...