09.06.2009
François Bayrou est-il rayé de la carte politique ?
Devant le très mauvais score du Modem aux élections européennes, beaucoup tirent un trait définitif sur les ambitions présidentielles de François Bayrou. Cette conclusion est tentante devant un tel échec, mais peut-être un peu rapide.
Le troisième homme devenu quatrième
Et il faut dire qu’avec à peine 8% des voix, le Modem est à la peine. La moitié seulement du score d’Europe Ecologie et du Parti Socialiste. Le capital électoral de François Bayrou, qui avait approché les 19% en 2007, a fondu de plus de moitié en seulement deux ans, ce qui laisse mal augurer pour 2012. Des fissures semblent apparaître au Modem et comment imaginer un meilleur contexte pour que Dominique de Villepin trouve un espace politique, forcément concurrent de celui du leader centriste.
Et il faut dire que la campagne de François Bayrou n’a pas été brillante. L’Europe n’était sans doute pas le meilleur sujet pour lui, qui a voté depuis 25 ans de la même manière que le PS et l’UMP. Résultat, il a essayé de faire de cette élection une répétition de la présidentielle, sans grand succès. Mal à l’aise, le président du Modem s’est discrédité dans une polémique avec Daniel Cohn Bendit qui lui a sans doute coûter des voix dans la dernière ligne droite.
L’expérience Mitterrand et Chirac
Alors, mort politiquement François Bayrou ? On pourrait être tenté de le dire, d’autant plus qu’il a de nouveau montré des limites qui peuvent sembler rédhibitoires pour atteindre l’Elysée. Mais finalement, le chef du Modem ne suit-il pas les exemples de François Mitterrand et Jacques Chirac, arrivés à l’Elysée après d’innombrables échecs, qui avaient poussé de nombreux commentateurs à les compter pour morts politiquement ? Ce premier indice permet de prendre du recul sur cette défaite.
Une équation politique pas si défavorable
Tout d’abord, l’énorme succès des écologistes aura du mal à se traduire aux élections présidentielles, d’autant plus qu’il n’y a pas de présidentiable incontestable rassemblant l’ensemble de la famille écologiste. Comme nous l’avons vu avec Philippe de Villiers, c’est une chose de voter pour une liste aux élections européennes, c’en est une autre de voter pour son chef lors d’une élection présidentielle. Ce constat devrait dégeler une partie importante de l’électorat en 2012.
Si Daniel Cohn-Bendit plaît comme député européen, il séduirait moins comme président de la République. En outre, il a déclaré ne pas vouloir être candidat. Et on voit mal Dominique Voynet, Yves Cochet ou Cécile Duflot jouer les troubles fêtes de l’élection présidentielle de 2012. En outre, le succès de l’UMP est à modérer par la faible participation, concentrée sur son électorat. L’équation de Nicolas Sarkozy pour un second tour semble toujours très fragile.
Mais surtout, le Parti Socialiste sort en lambeaux de cette élection. Il a fondu de près de 10 points en seulement deux ans, signe de la lassitude des Français devant ses querelles internes. Avec encore deux années de lutte pour la candidature, la situation aura sans doute encore empirée. Et comment ne pas imaginer que le camp perdant (les pro ou anti-Ségolène) joue contre le camp gagnant tant des horreurs auront été dites pendant six ans, fracturant un électorat déjà réduit ?
Et c’est pourquoi, malgré toutes ses limites, François Bayrou ne doit pas être oublié. Le Parti Socialiste arrivera en charpies aux élections de 2012 et Nicolas Sarkozy devra assumer un bilan peu glorieux. Par défaut, François Bayrou garde sa chance.
Source : http://horizons.typepad.fr/accueil/2009/06/cétait-bien-un...
10:55 Publié dans Actualités, Européennes 2009, Parti Socialiste | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : françois bayrou, élections européennes, élections présidentielles, europe ecologie



