15.05.2009
Mon rêve d’Europe (3/3) : une Europe européenne
Il y a plusieurs visions de la construction européenne : celle qui consiste à construire un pôle continental complètement indépendant ou celle où l’europe n’est qu’un appendice des Etats-Unis.
Passer d’une europe Américaine…
Beaucoup pourront trouver une telle analyse outrancière. Et pourtant, quand on y regarde de plus près, beaucoup d’indices montrent bien que l’europe qui est construite aujourd’hui est une europe sous influence. Il est tout de même incroyable que la première puissance économique mondiale ressente le besoin d’indiquer dans son texte fondateur (TCE puis traité de Lisbonne) que l’instance de mise en œuvre de sa défense est l’OTAN, une organisation où un autre Etat décide de tout.
D’ailleurs, certains partisans de cette europe avance parfois à découvert, comme Edouard Balladur, qui a récemment affirmé que l’Union Européenne avait vocation à terme à inclure… les Etats-Unis. Beaucoup de fédéralistes ont rêvé d’étendre cette europe outre-Atlantique, dans une manœuvre qui aurait donné les clés du continent à Washington. Ceux qui veulent construire les Etats-Unis d’Europe veulent souvent construire l’europe des Etats-Unis…
À une Europe européenne
Cette idée repose sur une double erreur d’analyse. Tout d’abord, l’Europe est largement assez puissante pour s’exprimer seule. Ensuite, étant donnée la politique inutilement belliqueuse et impérialiste des Etats-Unis, le monde a besoin d’un pôle occidental plus modéré qui pourra servir de trait d’union entre les civilisations. C’est là que l’Europe a un rôle à jouer. Non pas une Europe bêtement alignée sur les positions américaines, comme beaucoup d’Etats en 2003, mais une Europe qui défend ses valeurs.
Cela ne signifie pas pour autant que l’avenir de la diplomatie européenne passe forcément par une diplomatie commune. L’échelon européen ne permettant pas de véritable contrôle démocratique, il revient uniquement aux nations de diriger leur diplomatie. L’Europe doit seulement offrir des instances de coordination pour peser davantage sans jamais remettre en cause le droit de chaque Etat à déterminer sa politique. Mais l’Europe a tout à gagner à garder une voix indépendante.
Le Général de Gaulle disait en privé qu’il était finalement plus européen que ses adversaires car lui était favorable à une « Europe européenne » alors qu’ils lui préféraient « une Europe américaine ». Depuis 2003, ce débat est toujours autant d’actualité.
10:58 Publié dans Actualités, Europe, Européennes 2009, Gaullisme | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : europe, diplomatie, tce, traité de lisbonne, europe européenne



