15.01.2009

Il est temps de faire cesser la guerre de Gaza !

Il y a eu désormais environ mille morts depuis le déclenchement de la guerre de Gaza par Israël, à peine plus de deux ans après celle du Liban. Il est temps que la communauté internationale fasse réellement pression pour mettre fin à ce conflit.

Une guerre encore plus sanglante qu’on ne le croit

Deux cent mille morts et six cent mille blessés : voici l’équivalent du bilan du conflit à date pour un pays qui serait de la taille des Etats-Unis. À l’échelle de la France, le nombre de victimes à Gaza revient à quarante mille morts et plus de cent mille blessés. En effet, il ne faut pas oublier que le millier de victimes et les près de trois mille blessés le sont pour un territoire qui ne compte qu’un million et demi d’habitants, quarante fois moins que la population Française ou deux cent fois moins que la population Américaine. Bref, le bilan réel est proportionnellement beaucoup plus lourd qu’on ne le croit.

Soyons clairs, l’Etat hébreu a parfaitement le droit de se défendre quand il est agressé. Mais, d’une part, il entretient la colère des Palestiniens en maintenant les territoires occupés sous sa coupe, en permettant la construction scandaleuse de colonies ou en construisant un mur au sein même de la Cisjordanie, dans un comportement dont l’impérialisme rappelle volontiers celui des Etats-Unis en Irak. Et de l’autre, sa réponse complètement disproportionnée, que même une partie de la presse anglo-saxonne condamne, ne va pas abattre le Hamas et risque même de le renforcer à terme.

Une communauté internationale impuissante

Si Nicolas Sarkozy a eu raison de se démener pour essayer d’aboutir à une solution diplomatique, le moins que l’on puisse dire est que ses initiatives n’ont pas porté le moindre fruit. Les commentaires triomphalistes de la diplomatie Française lors de son voyage n’en apparaissent que plus indécents quand on constate que rien n’a changé et que le nombre de victimes continue à augmenter. Certes, les Nations Unies ont voté une résolution demandant un arrêt du conflit, mais comme avec la guerre du Liban, il semble clair aujourd’hui qu’Israël maîtrise son agenda et n’arrêtera que quand bon lui semblera, même si les diplomates expliqueront sans nul doute qu’ils auront obtenu la fin des opérations quand elles cesseront.

La communauté internationale et la France doivent maintenant se poser une question très simple : devons-nous accepter sans rien dire l’agression disproportionnée d’Israël à l’égard de Gaza, et par là même se faire les complices de cette guerre ? Ne pouvons-nous la dénoncer autrement ? Il y a des solutions pour signifier clairement notre opposition à cette guerre : la France pourrait par exemple renvoyer l’ambassadeur d’Israël et mettre une fin temporaire à nos relations diplomatiques avec l’Etat hébreu pour montrer que nous ne restons pas complètement passif à l’égard de cette guerre.

La guerre de Gaza est un conflit grave par le nombre de ses victimes et ses conséquences. L’Europe et la France ne devraient pas s’en montrer complices. Par-delà les gesticulations diplomatiques, il existe des gestes qui marqueraient notre réelle opposition mais je doute que Nicolas Sarkozy les saisissent.

Source : http://www.lemonde.fr/la-guerre-de-gaza/article/2009/01/1..., The Economist

08.01.2009

Israël, « sûr de lui et dominateur »

En 1967, l’emploi de ces adjectifs par Charles de Gaulle au sujet du peuple israélien lors de la guerre des 6 jours avait provoqué une polémique. Pourtant, comme souvent, ses propos gardent une grande actualité, plus de 40 ans après avoir été prononcés.

Israël enferme le conflit dans le cercle vicieux de la violence

Car comment qualifier autrement le comportement de l’Etat hébreu ? Bien sûr, les Israéliens ont un besoin particulier de sécurité puisqu’à peine leur Etat créé, ils furent attaqués par plusieurs pays et que certains de leurs voisins leur dénient toujours le droit d’exister. Enfin, nul pays ne peut accepter de recevoir tous les jours des roquettes qui peuvent faire des morts dans sa population civile. Pourtant, depuis quelques années, on peut se demander si Israël n’est pas le premier responsable du climat actuel.

Le comportement de l’Etat hébreu n’est pas dénué d’ambiguïtés en effet. Il demande aux autorités palestiniennes d’assurer sa sécurité mais prive, par son blocus, l’Etat Palestinien des moyens nécessaires à son autorité. Pire, l’évacuation de Gaza, une partie de Palestine contrôlée par le Hamas, pouvait représenter une prime aux palestiniens les plus extrémistes : n’aurait-il pas été plus logique d’évacuer la Cisjordanie, contrôlée par le plus modéré Fatah ?

Israël veut-il seulement la fin du conflit ?

Cette question peut paraître stupide a priori, mais on peut s’interroger au regard de l’action de l’Etat hébreu. Comment l’installation de colons en pleine Cisjordanie, qui continue, peut-elle aider le règlement du conflit ? Comment la construction d’un mur, toujours en pleine Cisjordanie, mordant plus de 10% du territoire qui devrait être sous contrôle palestinien, va-t-elle pacifier les esprits ? Comment le blocus des territoires palestiniens, qui affame la population, peut contribuer à la paix ?

Il y a des terrorismes complètement aberrants, comme au Pays Basque, où les locaux ne sont plus opprimés depuis longtemps. En Palestine, même si le terrorisme ne peut pas se justifier, il est difficile de ne pas comprendre que le comportement d’Israël l’encourage fortement. L’invasion de cette semaine, comme celle du Liban en 2006, ne règlera rien. Elle ne fait qu’encourager les extrémismes côté palestinien. Pire, la proximité des élections en Israël conduit à s’interroger sur les éventuels motifs politiques du conflit….

Israël doit faire le premier pas

Parce que son action mène le conflit dans une impasse, comme le dit Nicolas Dupont-Aignan, parce qu’il est le plus puissant, c’est à l’Etat hébreu de faire le premier pas. En prenant un peu de perspective, l’attitude d’Israël prend un autre aspect quand on considère que l’Autorité Palestinienne en Cisjordanie conserve une attitude finalement plus pacifique que Tel Aviv qui mène sa deuxième guerre en quelques années. À ce titre, c’est bien à Israël de faire le premier pas, même si le Hamas a sa part de responsabilités.

Et il revient à la communauté internationale de faire davantage pression pour faire reculer l’Etat hébreu. Au lieu de ne rien dire comme Barack Obama (qui ne dit mot consent ?) ou de se faire balader comme Nicolas Sarkozy sans presque rien obtenir, la France, l’Europe et les Etats-Unis devraient demander formellement à Israël de cesser ce conflit, retirer ses colonies, détruire le mur qu’elle construit en pleine Cisjordanie et enfin laisser l’Etat Palestinien se construire au lieu de l’affaiblir sans cesse.

Une intervention d’Israël contre le Hamas n’est pas forcément illégitime en soi, mais dans le contexte actuel, et par sa disproportion, elle l’est. Si l’Etat hébreu pratiquait également la politique de la carotte, alors une politique du bâton pourrait être acceptable en cas d’agression. Là, elle ne l’est pas.

Source : http://www.chevenement.fr/Entretien-de-Jean-Pierre-Cheven...

http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/2008/12/30/3...

29.12.2008

La nouvelle faute d’Israël en Palestine

C’est pendant les fêtes de fin d’année qu’Israël a décidé de lancer une vaste opération dénommée « plomb durci » contre des objectifs du Hamas à Gaza. L’opération aurait déjà fait plus de 300 victimes selon les autorités palestiniennes.

Israël a justifié son intervention, la plus violente depuis longtemps, par la fin, le 19 décembre, de la trêve acceptée par le Hamas six mois plus tôt et le tir de plus de deux cents roquettes et obus de mortier sur Israël en seulement dix jours. Cette intervention pourrait n’être que la première étape d’une opération beaucoup plus importante qui pourrait comporter une opération terrestre sous peu. Bien sûr, la position d’Israël n’est pas facile. Le pays a essuyé des guerres et est entouré de voisins dont certains lui dénient même son existence, mais cette nouvelle escalade de la part de l’Etat hébreu accentue encore la responsabilité d’Israël dans la perpétuation du conflit.

Car le comportement d’Israël ne fait que mettre de l’huile sur le feu et entretenir le cercle vicieux de la violence dans la région. Des décennies de conflit montrent que ce ne sont pas de telles opérations qui font faire cesser la violence à son égard et qu’elles ont au contraire toutes les chances de l’accentuer, accélérant le cercle mortel de la violence. De tels bombardements sont du pain béni pour le recrutement de terroristes et entretiennent le climat d’oppression dans lequel les palestiniens vivent.

Bien sûr, le Hamas soutient le terrorisme contre Israël, mais l’Etat hébreu ne porte-t-il pas une lourde responsabilité dans le comportement de la partie la plus extrémiste des palestiniens ? N’est-ce pas Israël qui s’est retiré de la région dominée par le Hamas, Gaza, au lieu de se retirer de Cisjordanie, dominée par le Fatah ? N’est-ce pas Israël qui asphyxie économiquement la Palestine ? N’est-ce pas Israël qui poursuit l’installation de colons en Cisjordanie et construit un mur qui empiète largement dans le territoire palestinien ? N’est-ce pas Israël qui n’a pas hésité à mettre le Liban à feu et à sang ?

Malheureusement, le comportement de l’Etat hébreu nourrit depuis trop longtemps le terrorisme palestinien plus sûrement que le fondamentalisme islamique. Tous les jours, la population palestinienne a des motifs de rébellion. Et même si la violence n’est pas la solution, comment ne pas comprendre que les méthodes d’Israël ne sont pas un perpétuel appel à la violence qui entretient un cercle vicieux sans issue. Il revient aux Etats-Unis et à l’Europe d’agir pour mettre fin à cette nouvelle escalade meurtrière.

En pleine campagne électorale, l’état hébreu se montre une nouvelle fois « sûr de lui et dominateur ». Plutôt que de chercher l’apaisement, il s’enferme dans une logique de violence qui ne fait que renforcer les comportements les plus extrêmes à son égard.

Source : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/12/28/is...

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/12/26/un...

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/12/27/la...