03.05.2011
Le mauvais procès fait à Laurent Blanc
C’est peu de dire que les révélations du site Médiapart ont créé un emballement médiatique assez incroyable aboutissant à la suspension d’un dirigeant de la FFF et aux excuses du sélectionneur national. Mais cette polémique a été l’occasion de nombreux abus.
Les deux questions posées par la FFF
Lors de cette réunion de novembre 2010, deux questions semblent avoir attiré l’attention des dirigeants du football Français. La première est celle des binationaux formés par la FFF qui choisissent de défendre d’autre pays comme Didier Drogba ou Ludovic Obraniak. Pour le coup, il semble parfaitement légitime que la FFF se pose des questions sur les moyens de limiter le nombre de joueurs formés en France qui peuvent aller jouer à l’étranger et donc des quotas ou toute autre mesure.
La deuxième question qui semble avoir fait l’objet d’un débat est celle du profil physique des joueurs sélectionnés. Il semblerait que les critères actuels favorisent les jeunes les plus athlétiques, au contraire d’une filière espagnole, qui valorise la technique et l’agilité, avec le succès que l’on sait. Certains dirigeants auraient évoqué le fait que les premiers critères favorisaient les joueurs noirs.
Un traitement médiatique très différencié
Cette affaire constitue un cas d’école dans le traitement de l’information. Certains, comme le Monde ou Libération, ont évoqué des quotas raciaux, mélangeant les deux discussions pour dénoncer le racisme supposé des dirigeants du football Français. En revanche, TF1, dimanche soir, a évoqué la problématique des binationaux de manière équilibrée, rappelant ceux qui avaient choisi la France (Trézéguet) et ceux qui avaient choisi un autre pays (Drogba, …).
Pour le coup, il est profondément malhonnête de la part de certains journalistes de mélanger les deux discussions pour parler de quotas ethniques alors que la discussion sur les quotas ne concernait que les binationaux. En outre, les extraits (partiels) des conversations démontent les gros titres faits par Médiapart, comme le note RTL. Il est difficile de ne pas y voir une volonté de créer un bon gros scandale pour faire du bruit, comme le soutient justement Romain Pigenel.
Il est atterrant de voir la réaction de Chantal Jouanno qui parle de « propos graves » et soutient qu’il y aurait d’autres solutions pour régler le problème des binationaux tout en parlant de manière totalement contradictoire « d’exporter notre savoir-faire ». Pour elle, il n’est sans doute pas grave que la France paie en partie la formation de joueurs qui vont briller dans d’autres sélections et que cela limite également le nombre de joueurs formés pour notre sélection nationale… Martine Aubry a cédé bien facilement à la polémique en jugeant « inacceptable, terrifiant et imbécile » la question des quotas. Rien que cela !
Beaucoup trop de bruit pour rien
En fait, dans les extraits rapportés par Médiapart, Laurent Blanc précise bien qu’il n’y a aucune connotation raciste dans ses propos mais qu’il trouve anormal que la France forme des joueurs qui jouent après pour d’autres pays, ce qui semble être du simple bon sens. Il semble franchement abusif de lui faire un procès en racisme, comme le souligne David Desgouilles.
Enfin, il faut rappeler qu’il s’agissait d’une discussion privée, qui n’avait pas lieu d’être révélée ainsi au grand public. Si certains propos ont été maladroits et ont pu heurter certaines personnes, il faut rappeler qu’ils n’étaient pas tenus en public, mais dans le cadre d’une réunion de travail, ce qui est forcément l’occasion de simplifications et de propos un peu moins policés que devant les médias.
Bref, cette polémique est tout à fait ridicule. Les antiracistes peu précautionneux ont contribué à affaiblir leur cause en montant sur leurs grands chevaux pour des propos qui ne méritaient pas tout le foin qui a été fait. Oui, il faut lutter contre le racisme. Mais, si certaines de ces discussions privées (et qui n’avaient donc pas à être étalées de la sorte) peuvent sembler maladroites prises hors de leur contexte, elles ne sont pas condamnables.
Et face au déluge de réactions aberrantes de la part du Parti Socialiste comme du gouvernement, il faut remercier Nicolas Dupont-Aignan, le seul homme politique à avoir justement apporté son soutien à Laurent Blanc, en dépit de la vendetta irrationnelle d’une partie des médias.
10:55 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Société | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : médiapart, laurent blanc, fff, quotas, didier drogba, ludovic obraniak, romain pigenel, chantal jouanno, martine aubry, david desgouilles, nicolas dupont-aignan
21.06.2010
Carton rouge pour les bleus
Il n’y a pas besoin d’être un grand supporter de football pour être atterré par le spectacle donné par notre équipe nationale. On croyait le fond atteint avec l’exclusion en pleine compétition de Nicolas Anelka. Mais la tragicomédie de dimanche a battu tous les records.
Le cas Anelka
Bien sûr, l’ensemble de l’équipe ne mérite pas ce qualificatif comme le soulignait David Desgouilles sur son blog, mais un certain nombre le mérite. En premier lieu Nicolas Anelka. Certains le défendent encore en soulignant que son échange avec le sélectionneur aurait dû rester confiner aux vestiaires de l’équipe. Mais, c’est un peu trop facile d’accuser les journalistes et celui qui aurait raconté l’échange. La polémique n’aurait jamais existé si le joueur de Chelsea s’était abstenu de tenir de tels propos.
En outre, il faut rappeler que Nicolas Anelka n’en est pas à son premier coup d’éclat. Déjà, en 2003, rappelé par Jacques Santini suite à un forfait, il avait refusé de rejoindre le groupe France, estimant que sa sélection ne devait pas dépendre d’un tel événement. Il avait demandé à ce que le sélectionneur « se mette à genoux » pour lui demander de revenir. Ce dernier l’avait justement banni de l’équipe. Et cette fois-ci, il a refusé de s’excuser, ce qui justifie parfaitement son exclusion.
Une équipe de sales gosses
Malheureusement, il semblerait qu’il ne soit pas le seul sale gosse de la sélection. Il fallait voir Patrice Evra, capitaine (sic) de l’équipe dire en conférence qu’il n’y avait pas de problème Anelka, que le problème, c’est la « taupe » qu’il faut « éliminer ». De la sorte, il s’est désolidarisé de la décision de la Fédération Française de Football. Et hier soir, il n’a même pas eu le courage de lire la lettre des joueurs refusant de s’entraîner, demandant à Raymond Domenech de le faire à sa place.
En fait, certains joueurs semblent incapables de respecter la moindre autorité (en dehors de leurs clubs ou sponsors), que ce soit celle de leur sélectionneur ou même de la Fédération. C’est ainsi qu’ils critiquent dans leur communiqué le fait de ne pas avoir été consulté pour l’exclusion de Nicolas Anelka… Le refus de s’entraîner est totalement incroyable pour une équipe de sportifs professionnels et je comprends la décisions du président délégué de démissionner devant tant de désinvolture.
Domenech, l’autorité anéantie
Il y avait quelque chose de sidérant à voir le sélectionneur venir lire le communiqué des joueurs, alors que c’est bien un joueur qui aurait du normalement le faire. En effet, il a lu un communiqué où son équipe proteste de la décision de la Fédération de renvoyer un des leurs suite à un acte d’indiscipline à son égard. De deux choses l’une, soit il est d’accord avec la décision de la FFF et il devait refuser de lire ce texte, soit il n’était pas d’accord, et il n’aurait pas du rester.
Il faisait presque peine à voir, comme un otage des joueurs victime du syndrome de Stockholm, défendant ses bourreaux face à ceux qui cherchaient à l’aider. Il a une nouvelle fois montré qu’il n’était clairement pas à la hauteur de la situation et qu’il a malheureusement été une grosse erreur de casting, malheureusement maintenu plus que de raison à la tête de la sélection. La FFF a elle aussi fait une grosse erreur de jugement en le maintenant en 2008.
Que faire maintenant ? Face à des joueurs insoumis et n’acceptant aucune autorité, on peut se demander si la meilleure solution ne consisterait pas à mettre une fin à cette triste aventure et tout simplement déclarer forfait. L'équipe présente en Afrique du Sud est-elle digne de représenter la France ?
07:55 Publié dans Actualités, Société | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : equipe de france, fff, nicolas anelka, jacques santini, raymond domenech



