30.03.2010
Barack Obama écrit l’histoire avec sa réforme de l’assurance-maladie
Cela aura été extrêmement difficile et à un moment, il aura semblé que le président des Etats-Unis n’allait pas être en mesure de faire passer sa réforme du système de santé étasunien. Pourtant, Barack Obama a tenu sa promesse, en démontrant son caractère.
Une bataille juste
Le 22 mars 2010 restera une date historique dans les histoires des Etats-Unis puisque le Congrès a voté le texte initialement adopté par le Sénat. Les républicains ont tenté une dernière manœuvre en utilisant un vice de forme pour imposer un second vote jeudi qui a malgré tout confirmé le vote de dimanche. Cette réforme majeure de l’Assurance Maladie va permettre aux Etats-Unis de rejoindre la plupart des pays occidentaux avec un système de couverture maladie généralisée, tout en empêchant les assureurs de refuser de couvrir les personnes en mauvaise santé.
Comme le soulignait Paul Krugman dans « L’Amérique que nous voulons », il s’agissait sans doute d’un des derniers combats à mener pour faire des Etats-Unis un grand pays comme les autres. Après tout, il était choquant qu’un pays aussi riche (et qui dépense plus que quiconque pour sa santé), ne soit pas capable d’assurer l’ensemble de sa population. Avant la réforme Obama, des dizaines de million d’étasuniens n’avaient pas les moyens de se soigner et devaient parfois vendre leur maison pour payer une opération vitale, situation inacceptable pour un tel pays.
Une bataille de Verdun
Pourtant, le débat sur cette réforme a été l’occasion d’un débat hallucinant pour des européens. Barack Obama a été comparé à Adolf Hitler. Il a été qualifié de communiste. Bref, les opposants du Président n’ont reculé devant aucun abus pour disqualifier cette réforme qui a été desservie par le fait qu’elle est venue après le sauvetage du système financier et de l’économie, qui a engendré des dépenses massives qui ont rendu méfiante la population à l’égard de toute nouvelle extension du rôle de l’Etat ou de toute nouvelle dépense publique.
Après d’innombrables compromis, le Sénat avait adopté un texte cet hiver mais l’élection d’un sénateur républicain au Massachussetts a fait perdre aux démocrates la super majorité qui les protégeait du « fillibuster », une manœuvre permettant à une minorité d’au moins 41 sénateurs de bloquer tout projet de loi. A un moment, il semblait que l’ensemble de la réforme allait tomber à l’eau tant la conjonction du blocage législatif et de l’opposition d’une petite majorité de l’opinion publique menaçaient l’ensemble de la réforme pourtant promise par Barack Obama pendant sa campagne.
Le président a fait preuve de caractère et de pragmatisme en utilisant la procédure dite de réconciliation, au grand dam d’élus républicains qui ont dénoncé la manœuvre, même s’ils y ont eu recours dans le passé. Ceci était rendu nécessaire pour prendre en compte les remarques de la Chambre sur le texte du Sénat. En effet, la Chambre des Représentants a adopté tel quel le texte du Sénat avant que les deux chambres ne passent les modifications avec une simple majorité. Le président a choisi de passer en force et les démocrates l’ont suivi, comprenant bien qu’un échec serait dramatique.
Après un feuilleton incroyable et malgré une opposition redoutablement agressive, Barack Obama a tenu bon. Il faut dire qu’il jouait en partie son mandat sur cette réforme. Il restera dans l’histoire le président qui a fait avancer les Etats-Unis vers une couverture maladie universelle.
10:55 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, assurance-maladie, fillibuster, couverture universelle



